mercredi 27 décembre 2006

Nowel

24 décembre cafardeux sans Noa, mon ultime fulgurance, mon bébé. L'était avec sa mère qui n'en a absolument rien à glander des fêtes chrétiennes, mais c'est une autre histoire.
Me suis secouer le paquet d'os et ai accepté l'invite de tonton Daniel et hop, me voilà à la messe de minuit dispensée à 21h30 à l'église Saint-Jean Baptiste, rue Rachel. Mes emmerdes aux communautés culturelles si j'offense ici quelqu'un...
L'organiste Jacques Boucher, titulaire du grand orgue Casavant opus 615 est, ma foi, un sacré coquin. Il nous balance ses liturgies avec un aplomb digne des shows rock tandis que le curé en scandales et chaussettes sous sa froque blanche fait tanguer son encens pour un tango assez puissant merci, après qu'il eût terminé son prêche altermondialiste.
Twilight Zone que cet apparat chrétien pour moi qui n'ai pas mis les pieds dans une église depuis l'exil de mon Marcel, y'a un an. D'ailleurs, c'est toujours la mort qui me ramène en ces lieux honnis de mon enfance.
C'est Claude-Marie Landré, ma tendre cousine, qui dirige le quatuor. Les paroles des chansons de Nowel ne sont pas les mêmes que celles du livret mais qu'essafout... Le geste est précis et gracieux et elle fait preuve d'un aplomb qui m'étonne derrière sa voix d'outre ciel.
Après la messe, ladite cousine nous invite à traverser l'hôtel histoire de rencontrer la jet set locale: la petite famille cléricale des lieux. En général, quand j'ai monté des hôtels dans ma vie, c'était pas tout à fait pour les mêmes raisons...
Parle parle, jase jase avec soeur Denise, une franciscaine. Si j'ai bien compris, son rôle dans la vie consiste à servir de domestique aux prêtres. Elle est contre leurs éventuels mariages et s'oppose à l'ordination des femmes. Ne sommes pas sur la même planète, mais je me sens quand même privilégié d'être là. Surtout en voyant arrivé ce type qui schlinguait l'alcool cheapo. La misère rôde même à Nowel.
Suis parti sans oser signaler à Soeur Denise que si les prêtres pouvaient se marier, l'église catho ne serait peut-être plus la plus grande organisation pédophile au monde.
Puis me suis souvenu de cette phrase glanée je ne sais plus à quel endroit: "La religion, c'est pour ceux qui ont peur de l'enfer. La spiritualité, c'est pour ceux qui en reviennent".

1 commentaire:

Tonton a dit…

Bien d'accord avec tout ça.

L'encens me rapellait surtout les souvenirs d'enfance, mail il y en avait un peu trop pour s'étouffer ce soir-là, surtout à la première rangée. Puis, j'ai dit à Claude d'arrêter de faire du "air orgue" en entendant la prestation de Jacques Boucher, car toute l'église bondée le regardait faire ses gammes immaginaires... Mûr pour " l'gros show " à Musique pluche?

Tonton.