vendredi 23 mars 2007

Mes top chansons au Québec des eighties


Il y a quelques années, les magasins Archambault m'ont demandé d'établir un palmarès des 4 dernières décennies en matière de chanson d'ici pour leur site ouèbe. Voici les années 80.

Échec de l’option souverainiste au référendum de mai 80. Une longue déprime s’ensuit. La chanson francophone est quasiment à l’index. On se tait ou on chante en anglais. Reagan arrive, la guerre froide bat son plein. Années sombres et clinquantes. Heureusement, quelques chansons pour nous faire oublier tout ça.

1-Le blues du business man : Claude Dubois
Tiré de Starmania, le célèbre opéra rock signé Luc Plamondon- Michel Berger, cette chanson est devenu un classique chez-nous comme en France. Où elle a été créée par un Claude Dubois épuisé qui revenait d’un séjour aux États-Unis. C’est en appelant son copain Georges Thurston (Boule Noire) qui lui conseillé de “ blower ” les fins de strophes que Dubois a rendu cette mélodie si accrocheuse. Qui ne s’est jamais reconnu dans ce texte fabuleux ?

2-Le cœur est un oiseau : Richard Desjardins
Chanteur engagé, Desjardins marque le retour du genre. Lui qui a longtemps parcouru les sentiers de l’oppression, notamment en Amérique Latine, s’est sans doute inspiré de ses voyages pour composer cet hymne universel à la liberté. Révélé par l’album “ Tu m’aimes-tu ? ” en 1990, Desjardins roulait déjà sa bosse avec la formation Abbittibbi depuis 1975.
Cette chanson a été interprété par son auteur lors des funérailles de Dédé Fortin, ex-Colocs.

3-I’ m Your Man : Leonard Cohen
On ne pouvait passer sous silence l’indéniable apport de ce Montréalais au patrimoine musical tant d’ici que d’ailleurs. Musicalement bien ancré dans le son des années 80, ce tube démontre l’indéniable polyvalence de ce poète-prophète aujourd’hui reclus dans la prière et le mysticisme. Aune femme ne peut demeurer insensible à ce texte ambitieux et à cette voix profonde et étreignante. I’m Your Fan.

4-Ils s’aiment : Daniel Lavoie
Plus de deux millions de fois vendus et autant de fois entendu, ce méga succès a également été traduit en anglais. Ce qui n’a pas altéré la modestie légendaire du beau ténébreux.
Ses références à la menace nucléaire du moment ont fait de cette chanson le catalyseur de toutes les angoisses. Parce qu’en chanson, on peut se faire croire que l’amour triomphe toujours de l’horreur.

5-Alger : Jean Leloup
Avec Jean Leclerc (Leloup), la chanson québécoise s’ouvre pour une des premières fois à des rythmes arabisants. Dans ce texte où fleure bon la joie de vivre et l’innocence pré-pubère, Leloup raconte son enfance en territoire algérien. Même si le principal intéressé reniera l’album “ Menteur ” par la suite (à tort), cette chanson demeure encore aujourd’hui fort en demande sur les pistes de danse et dans les partys bien arrosés.


6-Si j’étais un homme : Diane Tell
En pleine période de désarroi amoureux, Diane Tell a su exprimer le fantasme de nombreuses femmes. «Je l’ai écrite pour me délivrer de mes frustrations», dira-t-elle un jour. Et elle sont nombreuses à s’y être reconnu tandis que les hommes rêvaient, en silence, de se faire embarquer dans cette histoire de soirs de galas et d’amour sur la plage. Une ballade qui a littéralement marqué son époque.

7-La chasse-galerie : Claude Dubois
1981. Séance d’enregistrement de l’album Manitou. Manque une chanson. Dubois s’asseoit et songe à la légende de la Chasse-Galerie (un conte québécois). Après 10 minutes, la chanson, un rock corrosif, est réalisée. Dubois ira à l’ombre et en thérapie quelques temps après pour une histoire de drogue. La GRC lui a sans doute sauvé la vie. À moins que ce ne soit le Grand Manitou. En 84, retour triomphal au Forum en costume de boxeur. Encore aujourd’hui, Dubois est debout.


8-llégal : Corbeau
Avant de poursuivre la remarquable carrière solo qui est la sienne, Marjo était l’égérie de la formation Corbeau. Du rock, du vrai. À la limite du punk. La fougue et l’audace de Marjolaine Morin, ex-mannequin, s’exprimaient tant dans le contenu que dans la forme. «Tu m’fais faire des bêtises dans les rues d’Montréal...» Jamais chose illégale nous aura fait autant de bien.

9- Sunglasses at Night : Corey Hart
Avant d’enfiler l'anneau à Julie Masse, Corey Hart à eu le temps de faire tourner bien des têtes. Ce hit reflète bien l’époque où comme le disait un personnage du film Un zoo la nuit : «Vous autres les jeunes, vous pensez avoir tout inventé parce que vous portez des lunettes soleil la nuit ». No comment.

10- Sheferville : Michel Rivard
Avec cette poignante chanson, Rivard nous raconte comment les spéculateurs ont fermé cette ville minière laissant des centaines de familles sur la paille. Personnage très important de la chanson d’ici, certain lui reproche son opportunisme (retours de Beau Dommage) et son côté boomer parvenu. Quoi qu’il en soit, on ne peut douter de sa sincérité en écoutant Sheferville. Et puis n’a –t-il pas tenu le flambeau allumé pendant les années sombres de la chanson québécoise ?

3 commentaires:

Dianerythmes a dit…

Et bien moi j'étais plutot jeune a cette époque!..Alors oui je connai ces chanson je les chante aussi dailleur sauf qu'a cette époque je n'écoutait pas ce genre de musique, puisque je suis née en 1971 j'était plus du genre à....(dans le fond je n'écoutait pas vraiment de musique étant donné le milieu difficile dans lequel je vivais..)Bref merci clod j'ai appris des choses en te lisant aujourd'hui...merci..a bientot..xox

Mistral a dit…

Vivement les 90's, et gare à ta pomme si tu m'oublies!

Blague à part, j'ai beau bénéficier de ton savoir musical encyclopédique depuis plus longtemps qu'il n'est bon pour nous deux de s'en rappeler, tu persistes à m'épater: cette liste, ces notices dressent un saisissant portrait polaroïd d'une décennie sonore.

klod a dit…

Merci, touchant,

Nineties? Demain ou mercredi...

A+