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samedi 28 juillet 2007

Le fantasme: sous la pluie?


Daniel Boucher pourrait-il vivre son fantasme ce soir?


Extrait d'un texte publié il y a quelque semaines dans le ici. À ce moment, nous croyions que Dan devait livrer le show de clôture...



La dernière fois que nous l’avons rencontré, il affichait un profil taciturne, songeur. Même si on se connait plutôt bien, l’homme regardait ailleurs ou dessinait sur la table en répondant aux questions. Comme s’il était en proie au doute ou en plein processus de remise en questions. Ses deux cd/dvd s’apprêtaient à sortir. La campagne électorale du PQ battait de l’aile… Et, Daniel Boucher, même s’il le camouflait tant bien que mal, semblait plutôt à côté de ses pompes.
La semaine dernière, c’est un tout autre artiste que nous avons eu le bonheur de retrouver.
Dès notre arrivée au rendez-vous, on aperçoit un gamin de trois ans qui gambade partout autour. Derrière, son papa qui se prête de bonne grâce à la séance de photos. Il lui aura suffit de m’adresser son sourire grand comme le bar du Ritz pour rapidement me rassurer quant à la nature de l’atmosphère de la rencontre qui s’amorçait. Nous avons alors entamé la discussion dans cette salle vide de l’hôtel Godin sise dans ce même immeuble où jadis Dédé Fortin faisait les 400 coups. Et, en effet, le Dan était en forme.


C’est que le vent souffle en poupe pour le bummer funambule par les temps qui courent et
c’est peut-être aussi pour cela qu’il a choisi de ne pas être de l’aventure Dracula en France:
« Le gros stage man, en solo, c’est quelque chose… », lance –t-il d’emblée après que nous nous
fûmes installé au bar de l’hôtel. Puis, je lui ai fait remarquer que ces spectacles de fermetures,
tel celui des Francos, sont, depuis peu, officiés par des artistes de sa génération. « J’ai
35 ans, on arrive, nous autres-là, à l’âge où on va bientôt se mettre à contrôler le monde. Il
Faudra cependant qu’on se réveille, qu’on finisse par la prendre notre place», raconte Boucher qui bien qu’il soit ravi de voir sont statut changer craint néanmoins d’y laisser une part d’audace. Et puis, n’y aura-t-il pas toujours des plus jeunes des plus fous pour faire danser les bougalous ?


«Je ne suis plus un jeune chanteur qui monte mais, en même temps, il y a le risque de s’asseoir là-dessus. Chose que je veux absolument éviter. Car ce qui se produit dans ce temps là, c’est que tu te mets à dater. Tu commences à sonner standard et tu arrêtes d’innover. Tu te complais un p’tit peu toi-même dans ta propre case…», analyse Boucher.

Éviter l’embourgeoisement

« Oui, c’est ça, il faut éviter l’embourgeoisement. Je pense que ça ne donne rien d’essayer de devenir quelqu’un d’autre à chaque disque», lance Boucher tandis que le petit Émile, flambant nu, vient tenter de grimper sur le fauteuil qu’occupe son ancêtre. « Habille toi Émile, ici on ne peut pas se mettre tout nu. Je sais que t’es bien là mais on n’est pas à la maison… Ah pis reste donc de même. Tu va pouvoir dire que tu t’es promené tout nu à l’hôtel Godin». «Et tu pourras ajouter que tu étais à jeun », rétorque votre serviteur. On rigole. « Si sont pas content, ils viendront nous le dire mais je pense qu’il y a pire que ça dans la vie ». Et voilà notre Dan qui repart sur la notion d’embourgeoisement à éviter, de la difficulté d’évoluer tout en restant soi-même.


Puis, il évoque Elvis, un de ses mentors, qui, selon lui, serait parmi ceux qui ont le mieux réussi à demeurer eux-mêmes, lorsqu’il a recommencé à présenter des spectacles en 69-70 avant qu’il ne soit happé par des problèmes de santé. On causera de Dylan aussi, Jagger,

Lennon, Iggy Pop… « Parmi les chanteurs de ma génération, il n’y en pas gros qui n’aurait pas aimé, en tant que showman, être un de ceux-là ». Parlant de showman, ça prend une méchante paire de couilles pour oser affronter tout seul un public composé de plusieurs dizaines de milliers de personnes comme il le fera bientôt, non ? «Écoute, c’est peut-être parce que je n’approche pas ça comme un affrontement genre vous allez rester icitte, m’a vous tenir… Il s’agit plutôt d’un échange. Mais si je sais que je suis capable de tenir une salle avec ma guitare, ben là, la seule différence c’est que le système de son est plus gros ». « Donc jouer dans ton salon ou devant 150 000 personnes, c’est la même chose ? ». « Non, tu as raison, j’ai exagéré un p’tit peu mais je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas possible car, au fond, l’important c’est qu’on entende la guitare et la voix du gars et qu’on sente son énergie », analyse-t-il candidement comme pour atténuer la pression qu’implique une telle responsabilité.

Le fantasme

Car il le sait bien qu’il s’agira là peut-être du plus grand challenge de sa carrière. Toujours sûr de ses capacités, chose trop souvent perçus comme de l’arrogance dans nos contrées, Daniel Boucher rêve même depuis toujours d’une telle proposition. «C’est un fantasme qui me poursuit depuis des années et des années », confie-t-il. «Ça a commencé bien avant que je ne sorte mon premier disque. Le fait d’avoir une présence tout seul avec ta guitare, ça veut dire que ta toune se tient », lance avec justesse celui qui a néanmoins déjà tâté ce genre d’atmosphère en offrant des prestations de son spectacle solo Chansonnier dans des festivals. « On s’est rendu compte qu’il se dégageait une énergie très brute ». Puis je reviens avec notre précédente rencontre en lui confiant qu’elle m’avait laissé un sentiment plutôt étrange en raison de ce sentiment d’amertume qu’il dégageait, du moins à mes yeux. «Ben oui, c’est normal man. Écoute, la situation est simple, je n’ai écrit qu’une seule toune depuis que mon gars est venu au monde. À un moment donné, le doute s’installe. Mais je pense qu’il ne faut pas forcer les choses et c’est peut-être ça que j’essayais de faire. Ma vie a changé et j’ai besoin d’adaptations. Genre : tant que je n’aurai pas fini de construire mon ostie de maison, je ne pourrais pas me concentrer sur l’écriture comme je le faisais dans le temps où j’étais sur le bs et je n’avais rien d’autre que ça à faire. Et que c’était ma seule chose à faire pour m’en sortir. Il y a quelque jours j’ai soupé avec un de mes chums et il m’a dit de prendre le temps de vivre ce que vis là histoire de faire de la place dans ma tête. On est comme on est. Moé, chu faites pour avoir des idées dans la vie. Chu pas faites pour transporter des frigidaires…J’ai compris, il y a seulement une couple de jours donc, que, tel un boxeur, il fallait rouler avec le coup que l’on reçoit sur la gueule. Si tu essaies de te battre contre lui, ça va faire encore plus mal. Pis là, la vie me fait rouler d’une façon et à un moment donné, la vague avec de la mousse, ça va revenir».


On quitte l’hôtel en taxi. Dan, après que j’eus abordé la question du mysticisme en raison de ce gaminet à l’effigie du Christ qu’il porte, m’assure qu’il l’a acheté simplement par dérision, parce qu’il le trouvait beau. Puis me confie qu’il a récemment rêvé à son défunt papa : « On s’en allait en Gaspésie en train. Je fini toujours par lui demander : comment ça se fait que t’es là même si cela fait 19 ans que tu es mort ? Faut que tu m’expliques là… ».


Comme l’impression que Dan ne sera pas tout à fait seul sur scène ce soir.

Marie-Jo l'exlatée

C'est qui qui assistera au concert de sa copine ce soir ?

Entrevue parue dans le Ici lors de la parution de son dernier disque en terre d'Amérique.

Touchée par les fées qui se sont penchées sur son berceau, Mar-Jo Thério nous chamboule à nouveau avec la parution de l’album Les matins habitables. Un disque important qui se retrouvera au panthéon de la chanson.

Claude André

Elle arrive, irradiante, sur la terrasse du resto avec sa crinière peroxydée, sa chienne « la Chèvre » et son look néo-baba. « Tout le monde qui la rencontre en tombe amoureux » lit-on à l’intérieur du dossier de presse. Pour l’auteur de ces lignes, voilà déjà 5 ans. Peu après la parution de l’album lunaire et magnifique La Maline qui devait la consacrer sous le ciel de la francophonie. La discussion était décousue et difficile à suivre par moment. Je l’avais écrit. Elle s’en souvient. Cette fois, la femme avec laquelle je partage un kawa sur la pelouse face au fleuve (le resto n’acceptait pas les chiens) s’ouvre davantage.
Une question et hop, la voilà qui s’envole dans un soliloque au sujet de l’espace habité. Thème récurant chez l’Acadienne actuellement exilée en France depuis un an et demi. Le rire est franc. Le bonheur lui fait des guili-guili. Bientôt quadra, la femme est encore une gamine de 5 ans. Elle peut encore être trop timide pour aller s’acheter un sac de chips au coin de la rue et se disséquer l’âme une heure après sous les projecteurs d’une salle subjuguée…
Et si elle est demeurée naïve et spontanée sa garde remonte à quelques rares occasions. Malgré une place désormais acquise au sein du gotha, Marie-Jo Thério est toujours en proie à l’insécurité, au doute. « Cette légitimité m’a permis d’acquérir une grand liberté. C’est pas Hollywood, (rires) mais c’est beaucoup en rapport à mes besoins à moi. Même si je ne jamais cesser de douter cette reconnaissance m’a légitimé le droit de faire des erreurs et d’improviser. Elle m’a également permis de comprendre que j’avais des choses à célébrer sur le plan musical avec des musiciens comme Bernard Falaise ou Michel Côté. Je me suis retrouvé dans le sens du rythme qu’ils possèdent et leur façon si particulière de réagir à la seconde à quelque chose. Ce sont de véritables improvisateurs. Et avec eux, je me suis rendu compte que j’étais vraiment à la maison. Cela a été, et demeure encore, aussi simple que ça ».

Amoureuse hystérique?
Marie-Jo, qui avait elle même confectionné sa tenue du jour, est d’une certaine simplicité volontaire donc. Si elle semble aujourd’hui paisible lorsqu’elle raconte ses excusions dans les îles de la Rive-Sud avec sa barque à moteur, on s’imagine bien qu’il n’en fut pas toujours ainsi. Comédienne, elle incarne aussi le phantasme de l’amoureuse hystérique qui court la nuit pieds nus dans la neige qui plait à certains garçons dans les salles de rédaction. La bohémienne, voyageuse, mystérieuse, lunaire, n’a-t-elle pas choisi l’exil, encore une fois? « La sensation d’exil à 40 ans…faut en avoir envie. Quitter une carrière pour essayer d’en établir une autre…. Il y avait tout ça mais aussi un enracinement qui étais très réel. J’étais aussi une femme amoureuse là-bas. Et c’est probablement ma relation la plus sereine jusqu’à maintenant. Chose dont je n’ai pas l’habitude pour revenir à ton image des pieds nus dans la neige. On vieillit, le corps ne suit plus tout à fait dans la passion non plus », révèle-t-elle.

Avant de confier qu’elle envie des gars comme Dan Bigras qui ont pu aller loin dans les excès de dope, de relations amoureuses, d’alcool, bref dans l’abandon. Elle qui aurait aimé goûté à ces fruits défendus mais que sa nature trop frêle ne lui permettait pas. Enivrez-vous de vin, de poésie ou de vertu disait le poète. Marie-Jo aurait elle trouver sa salvatrice mélancolie dans la tristesse de l’exil comme d’autres pleurent des vers en vidant des verres? « Je ne la recherche pas. J’ai une affection pour elle comme pour le bonheur, la légèreté, l’humour, la fête. C’est certain que la couleur du piano, la pluie, dégage cette impression. Quand j’avais 20 et que je vivais des histoires tragiques genre tomber en amour avec un Russe qui était au bout du monde, le piano devenait toujours le rival. Je creusais ma tombe avec le piano. J’ai eu un rapport avec cet instrument qui était très lourd mais j’ai tenté de m’en détacher au fil du temps. »
L’absolu identitaire
S’il est une chose dont la chanteuse de Moncton ne pourra jamais se détacher, c’est assurément cette acadienneté qui l’habite comme une épiderme. C’est d’ailleurs sous les auspices de son pote le poète Gérald Leblanc qu’elle a réalisé Les matins habitables, du titre d’un de ses recueils de poésie. Un album conçu d’abord pour le marché français. Ce qui fait en sorte qu’on y retrouve des chansons que le public d’ici connaît déjà telles : Café Robinson, Arbre à fruits, arbres à fruits et Moncton revisitées histoire de les dépoussiérer et d’ajouter la saveur des cordes de Bernard Falaise

« Si les réorchestrations des vieilles chansons ont été fortement suggérés par les producteurs français? On vit dans l’absolu quant on peu et puis à un moment ou se rend compte que oups…Quand on a terminé l’enregistrement de La Maline, il y a cinq ans on s’est retrouvé avec un autre album dont on nous a dit : « c’est très bon mais qui va l’écouter. Où est le hit en quelque sorte. Il fallait donc un minimum de garanti. Comme je n’avais ni notoriété ni compagnie de disque. J’ai fait des concessions par survivance. Je m’étais dit je vais
« Cet album a été enregistré pour les Français. Je ne croyais pas le sortir ici. Puis, la chose terminé on a démontré l’intérêt de la sortir ici.»
Veinards que nous sommes.

vendredi 27 juillet 2007

Marjo blessée !


Reçu ce communiqué des Francos.


Point sur l’état de santé de la chanteuse Marjo


Montréal le 27 juillet 2007 – Alors qu’elle donnait un concert à Saguenay dans le cadre de Jonquière en musique, la chanteuse québécoise Marjo s’est blessée en chutant de la scène.


Le fâcheux incident s’est produit au moment du rappel quand Marjolène Morin s’est avancée sur la scène pour tendre son micro à la foule et la faire chanter. Elle a alors perdu pied et est accidentellement tombée en bas de la scène. Elle a été immédiatement conduite au Centre hospitalier de la Sagamie où elle a été traitée pour de multiples fractures au pied gauche.


Au moment d’écrire ces lignes, la chanteuse, âgée de 53 ans, se trouvait en salle d’opération où elle subissait une intervention chirurgicale.

Les détails concernant l’évolution de son état de santé et de sa participation à l’événement spécial des Francofolies seront communiqués ultérieurement.

Nos meilleures pensées l’accompagnent.

Êtes-vous Saule ce soir ?


Libres ce soir? Je vous exhorte à découvrir le Belge Saule à 18h00 aux Francos. Gratos. Les textes qui suivent sont également publiés dans l'édition courante du Ici.


commentaire cd

Saule
Vous êtes ici
Anubis/Outside
Si le cynisme est la vérole de notre époque, l’ironie demeure un bonbon délectable. Cet ancien punk issu du pays du même pays que Mannenken Pis le sait et il nous propose des chansons qui observent le quotidien pour le moins savoureuses : De Madame Pipi qui fait, musicalement, dans la chanson classique à Le Boss qui évoque Les Négresses ou Minimum qui n’est pas sans rappeler les inflexion aigus de M et sa grandiloquence pop, Saule explore un éventail de style musicaux plutôt large qui va de la chanson au rock sur des vocalises toujours variés. Hyper sympa au téléphone, il proposera son autodérision et son sens de la répartie sur une scène
extérieur le 27 juillet et le 28 avec Jeanne Cherhal à la PdA. On y sera. *** 1/2 /5


Entrevue

Saule rieur

Capturé alors qu’il venait tout juste de triomphé sur une scène des Francofolies de Spa, c’est avec un souffle encore haletant et un taux d’adrénaline quasi prohibé que le nouveau venu Saule s’est prêté au jeu des questions loufoque histoire de nous sustenter un peu avant sa venue en formule trio. Parions qu’il possède sur scène le même sens de la répartie digne de sa belgitude. Tirons-nous une bûche et rigolons avec Saule.

Claude André

Tu affirmes dans une chanson que pour faire l’amour il faut être deux, minimum. Or, Woody Allen disait que la masturbation c’est faire l’amour avec la personne qu’on aime le plus au monde…
(Éclat de rires). Ce n’est pas faux non plus. Quand on a goûté au champagne, il est difficile de revenir à la bière. Quoique c’est difficile à dire pour un Belge.

Justement, tu es Belge et tu t’appelles Saule : souvent la gueule de bois ?
Ça m’arrive assez régulièrement mais je suis bien enraciné pour pouvoir me contrôler (rires).

De quel bois te chauffes-tu ?
De tous les bois. Pourvu qu’ils soient bien combustibles.

Ta chanson Le boss évoque Les Négresses Vertes et Minimum le chanteur «M», serais-tu de ce bois dont on fait les héros ?
En tout cas ce sont des artistes que j’aime beaucoup. Pour moi, M est un guitariste fantastique et il a une très belle voix. Je pense que, comme moi, il a aussi beaucoup écouté Jeff Buckley. Et c’est vrai que j’adore les Négresse. Ce sont deux groupes qui n’on rien à voir ensemble mais on pourrait en citer plein d’autres : j’adore Brassens, Ferré, Gainsbourg…

Tu as joué récemment à Paris plage, tu en as profité pour aller visiter la faune ( !) du bois de Boulogne… ?
(Rires). Non, c’est triste hein, pour un saule. Pas le temps, j’ai trop de bouleaux…

Tes chansons, elles sont faites de quel bois ?
Le bois du cœur. Et elles n’ont pas la langue de bois (rires). Ma philosophie est de rester le plus simple possible et d’essayer d’y trouver la beauté. C’est vers quoi j’ai envie de tendre.
Mais il est vrai que je m’offre aussi la possibilité de critiquer certaines choses et d’être un peu satirique.

Est-ce que tu as rencontré la belle au bois dormant ?
Oui. Et elle n’a plus l’occasion de dormir tant que cela parce que je fais du bruit quand je joue, hein…

Et il y a un bébé aussi, non ?
Deux. Il y en a un depuis un mois. Tu es bien renseigné, toi. Ah oui, c’est vrai j’en parle dans le blogue (rires). Je joue le mec étonné alors que c’est moi qui ait vendu la mèche.

Salut vieille branche….

Lynda Thalie et la miouse

Cet entretien a été publié dans le Ici de la semaine dernière.


Si elle mélange le miel et le sirop d’érable, comme l’indique son site Web en faisant allusion aux sonorités orientales et occidentales qu’elle déploie, la très raisonnablement accommodante Lynda Thalie est également aussi sucrée qu’un loukoum lorsqu’elle cause musique avec le journaliste.



Il nous sera loisible de déguster le chant et de savourer le baladi de la plus québécoise des algériennes lors de son spectacle complet qu’elle livrera à l’extérieur le 27 juillet (ce soir) à 20h.

Premier disque acquis ?
C’était une cassette, à l’époque. Ça me vieilli un petit peu. Il s’agissait de Like A Virgin de Madonna.



En Algérie ?
Oh oui, oui. Tout comme le premier spectacle auquel j’ai assisté d’ailleurs. Ça se passait à Alger dans un superbe amphithéâtre romain vieux de 2000 ans sur le bord de la mer. Je crois qu’il s’agissait de La Compagnie créole. J’ai déjà fait un spectacle là-bas et c’est assez impressionnant.



Certains la trouve complètement ethnocentriste, toi que penses-tu de l’épithète : «musiques du monde ?»
Merveilleux. Je ne trouve pas ça castrant. Mais je sais que certaines personnes considèrent cela limitatif. C’est une très très belle image : une musique qui peut aller partout dans le monde. Et c’est ce que j’essaie de faire.



Oui mais n’est-ce pas comme s’il y avait eux les twits, pour reprendre Claude Dubois que cela indigne, et nous ?
Moi, j’essaie de voir en chaque chose, la belle connotation. Je pense que nous avons moins de limites dans ce temps là.



Dernier coup de cœur musical ?
Oh la la. J’écoute tellement de musique. Surtout des trames sonores de films. Ce qui est sûr, c’est que parmi les artistes québécois, j’adore Yann Perreau. J’ai d’ailleurs participé à son dernier album que je trouve absolument sublime. J’adore mon ami Marco Calliari aussi pour son énergie, notamment. Florence K, également. Ce sont tous des bons amis et des artistes exceptionnels. Pour ce qui est de mes musiques de films, j’ai toujours aimé Hans Zimmer. C’est un immense compositeur : Black Hack Down, The House of the Spirits, Black Samouraï, Geisha… Il les fait toutes.



Le disque pour un exil sur Lune ?
Merci d’avoir choisi la lune, c’est tellement mon astre. Disons le dernier disque que j’ai acheté, celui de Rachid Taha «Diwan 2». En fait, j’apporterais mon I Pod.



Une idole ?
Céline Dion.



La question sera difficile pour toi : le pire disque que tu as acheté ?
Ah non, je ne peux pas. On peut revenir plus tard.



Qu’est-ce que tu écoutes et n’oserais pas avouer à tes amis ?
Ah mon dieu seigneur, je vais me faire crucifier pour ça. Ce que j’aime écouter parfois sur mon I pod et personne ne le sait ce sont des vieilles tounes de Dalida et d’autres de Mireille Mathieu. Je d’ailleurs repris Histoire d’un amour qui a beaucoup joué à la radio. Ça bien fonctionné. Je suis contente d’avoir foncé avec cette chanson là, honnêtement.



Pourquoi ne reprends-tu pas Mourir sur scène, cette autre superbe et poignante chanson ?
Je la comprends Dalida. J’ai parfois l’impression de ressentir toute sa tristesse, tout son chagrin, tout ce qu’elle a voulu avoir et n’a pas obtenu, dans sa voix. Et c’est très très lourd à supporter. Cette chanson, je ne pourrais pas la chanter. Je ne veux pas mourir sur scène.



Où alors ?
Sur le bord de la Méditerranée entre des branches d’oliviers en voyant mes arrières petits-enfants en train de courir nus pieds sur le carrelage en écoutant une belle musique.



Laquelle ?
Ça serait le bruit des vagues.

mercredi 25 juillet 2007

Plaisirs solitaire

Mickael Furnon embrasera-t-il les FrancoFolies, lui qui livrera le premier concert en salle de cette édition 2m7?

Demain s'ouvriront les FrancoFolies de Montréal. Premier spectacle inscrit à ma liste : Mickael Furnon, leader de Mickey 3 D qui officiera en vedette américaine de Barbara Carlotti. Voici ce que j'ai écrit dans l'hebdo Ici sur Mick devenu seul.



Mick est tout seul
Les chansons perdues
Virgin/Fusion 3
On le sait, Mickey 3D compte parmi ce qui se fait de mieux en matière de rock français depuis Noir Désir. Or ce n’est pas sans une certaine excitation que plusieurs trépignaient à l’idée d’une version solo de celui qui constitue l’âme de la formation : Mickael Furnon. Avec l’enfance stéphanoise pour toile de fond et l’aura du papa parti depuis peu qui plane, l’album s’amorce puissamment. Notamment la superbe J’te jure qui cause, justement, au paternel avec cette singulière manière de dire les choses propres à celui qui écrit aussi pour Indochine, Birkin et Eicher. La mélodie qui tue accomplit son boulot et le propos, pas con, y est toujours aussi bien amené que chez Mickey 3D bien que beaucoup plus personnel que social. Les arrangements, aussi minimalistes que sophistiqués, font mouches… on se dit qu’on va adorer cet opuscule qui musicalement, bien qu’il aille dans plusieurs directions, ne nous dépayse pas du son 3D. Hélas, la pop surdouée du début se transforme en balades lourdes et lancinantes pour les trois derniers titres dont on se seraient bien passé. *** 1/2 (3.5/5) Claude André



Entretien


Plaisir solitaire


Socio-réaliste avec la bande de Mickey 3D, Mick maintenant seul s’est malaxé à la casa un album poético-sentimental intimiste.

Claude André

Drôle de boulot que le notre : on écoute dans le noir les chansons-confidences d’un type qui parle de la mort de son papa et de ses souvenirs d’adolescence puis, soudainement, on se lève de bon matin à 7h30 et on le rejoint par téléphone de l’autre côté de l’Atlantique histoire de causer de son album. Ensuite, on s’étonne que le type qui ne nous connait ni des lèvres ni des dents ne nous parle pas comme si nous avions passé la nuit ensemble.


Avec l’enfance en toile de fond, tu utilises néanmoins sur plusieurs chansons des références à la mort, jeunesse difficile ?
Non, au contraire. Mais j’étais dans une période un peu noir.


Tu possèdes un style d’écriture très particulier, par exemple : «On se maquille la figure avec de la confiture/on ressemble à des bonbons qu’on écrase sur les murs », travaillé ou inné ?
Non, ce n’est pas forcément travaillé. Je laisse toujours venir les choses et lorsqu’elles viennent j’aime bien mélangé à la fois le sens et la poésie.


Ton dernier album s’intitule «Les chansons perdues». Est-ce parce que les autre membres les trouvaient trop perso qu’elles ne se sont pas retrouvées dans le répertoire de Mickey 3D ?
Non, je les ai enregistrés tout seul à la maison avec beaucoup de souvenirs et de sentiments très personnels. J’ai voulu les sortir telles qu’elles étaient, qu’elles avaient été faites sans y retoucher.


Et ce disque tu nous le présenteras seul ou avec des musicos ?
Je le présente seul. C’est pour cela que j’ai choisi ce nom. J’aurai la guitare et les boucles pour m’accompagner… La dernière fois que nous sommes venus, c’était pour faire la première partie des Cowboys fringants au Spectrum. Une très belle soirée. Ensuite nous avons joué dans la rue à Québec dans un festival. Je reviens avec plaisir.


Quel est l’avenir de Mickey 3 D ?
Je ne sais pas du tout. Nous somme en stand by.


Qu’est-ce qui te branche musicalement par les temps qui courent ?
Eh bien beaucoup de choses qui viennent de Montréal : Arcade Fire, Les Breastfeeders, Karkwa, Le Nombre…Je n’écoute pas beaucoup de rock en ce moment parce que je n’arrive pas à trouver des choses qui ne ressemblent pas à ce que j’écoutais avant mais, justement, je trouve cela dans certains groupes qui viennent de là-bas. Il me semble qu’actuellement la fraîcheur arrive vraiment du Québec. Il y existe une scène très intéressante qui est en train de s’internationaliser. On m’a donné plusieurs noms à découvrir comme Patrick Watson…


Tu les as rencontrés, tu les connais ?
Non, pas du tout. J’écoute ça comme j’écoute Neil Young, quoi ! Je vais être là pendant quelques jours, si je peux aller en voir quelque uns…


Ça te demande beaucoup d’adaptation que de passer d’une formation avec laquelle tu as des balises à une formule solo sans filet ?
Oui, je ne l’avais et il fallait que je le fasse un jour. J’avais envie de vivre cette peur. C’est excitant, c’est autre chose. J’aime bien les nouvelles expériences. Et je ne joue pas 1h30. Je fais des concerts d’à peine une heure. Là, j’effectuerai la première partie de Barbara Carlotti et c’est aussi pour cela que j’y vais aussi.


J’ai visionné le clip de La clé des chants dans lequel ont voit des p’tits vieux s’encanailler, super bonne idée, la tienne ?
Ces des humoristes français qui ont créés un truc qui s’appelle le Groland, un pays qui n’existe pas. Il s’agit d’une émission à la télé caricaturale de la politique. Ils m’ont contacté en me proposant cette idée. Et voilà.

Nous est avis que Mick ne sera plus longtemps tout seul. Nous est également avis que nous savons à quoi on veut ressembler quand on sera des «aînés»…

www.myspace.com/mickesttoutseul