mardi 27 mars 2007

PQ: la fin pour Boisclair ?


Oui, je sais, il a mené une bonne campagne. En fait, meilleure que cette chronique d'une mort annoncée par les observateurs.

Mais, sur le plan de son leadership, il est évident qu'André Boisclair vit désormais sur du temps emprunté.

Cruel? Oui, mais c'est la politique.

La nature humaine étant ce qu'elle est, il est plus qu'assuré que les militants du Parti québécois exigeront un sacrifice humain symbolique...

Les membres de l'organisation fondée par René Lévesque ne se gêneront pas pour indiquer la sortie, dans les jours qui suivent, à cet homme qui incarne trop l'urbanité branchée.

Et ce désir sacrificiel devrait également se manifester chez les libéraux qui ont néanmoins subi un cuisant échec hier.

Les penseurs de ce parti se demanderont assurément si Jean Charest pourra leur redonner la victoire dans 18 mois.

Soit lorsque ce gouvernement minoritaire tombera, comme c'est le cas en moyenne, pour les gouvernements qui ne détiennent pas une majorité de sièges.

L'avenir du PQ

Il est évident que Gilles Duceppe lorgne déjà de ce côté-ci de la rivière des Outaouais.

Comme, modestement, je le subodorais en ces pages ouèbes le 20 février dernier, la question n'est plus de savoir si Boisclair quittera le PQ mais bien lequel de Duceppe ou Curzi le remplacera.

Pour ma part, je crois que Duceppe à laissé passer sa chance lorsqu'il à refusé de répondre à l'appel du pied d'une partie de l'establishment du parti à la démission de Bernard Landry.

En plus, bien qu'il ait pris du gallon à cet égard, il n'est pas de ce bois dont ont fait les héros, les sauveurs pour ce peuple québécois encore fortement marqué, dans son inconscient collectif, du sceau de la judéo-chrétienté. Donc des messies.

Or, je le répète, je demeure convaincu que Pierre Curzi, après avoir affûté ses armes à la présidence de l'Union des Artistes où il a fait un boulot admirable selon la plupart de ses pairs, ne s'est pas lancé en politique active pour jouer les seconds rôles.

L'homme a beau afficher une certaine modestie, et c'est ce qui fait notamment son charme, il n'est pas dupe pour autant et possède une envergure certaine comme ses récentes apparitions télés l'ont démontrées.

Dimanche dernier d'ailleurs, le chroniqueur Richard Martineau, qui était de la grand-messe Tout le monde en parle, ne disait-il pas, en évoquant sa récente tournée des régions québécoises en sa qualité d'observateur de la campagne électoral, que les "régions attendent Curzi"?

Ces mêmes régions qui ont donné l'opposition officielle à l'Action démocratique.

Surtout en réaction face aux accommodements raisonnables et de la fameuse position "autonomiste".

Mais le leurre de cette posture de l'ADQ ne saura résister à l'épreuve des faits.

Mario Dumont devra un jour expliquer comment il entend s'y prendre lorsque ses vis à vis d'Ottawa lui brandiront des refus catégoriques à ses revendications en matière d'impôts, par exemple.

C'est un peu comme si un chef syndical se présentait à une table de négociations en annonçant à l'employeur: "on veut des bons salaires mais on ne souhaite surtout pas aller en grève ou vous froisser!".

Il ferait quoi le patron? Il achèterait une dinde à Noël aux employés et dirait au leader syndical: "voilà, tu as eu tout ce que tu voulais, maintenant, laisse-moi vaquer à mes occupations plus sérieuses..."

Bref, pour revenir donc à l'avenir du PQ, bien qu'il aurait déclaré aujourd'hui à Paul Arcan à la radio qu'il était, à 60 ans, trop vieux pour devenir chef de parti, je crois que M. Curzi a surtout fait preuve d'élégance envers celui qui est encore son chef.

Mais n'en croyez que dalle. Lorsque j'ai eu la chance et le privilège de le voir à mes côtés, il y a deux semaines, sur le plateau de l'émission Ici et là, M. Curzi n'a pas bronché lorsque j'ai fait, en ondes, allusion à son éventuel statut de premier ministre.

Et, je crois qu'il ne m'en voudra pas trop d'en parler ici, mais lorsque nous avons causé politique ensemble en nous dirigeant au spectacle de Zachary Richard, M. Curzi m'a semblé, et c'était frappant, l'homme de la situation.

À la fin du concert, après qu'une dame soit venue l'encourager à apporter une part d'âme à la chose publique, je lui ai lancé: "Pierre, téléphonez-moi lorsque vous serez candidat à la direction du PQ".

L'ancien comédien de haut voltige n'a rien répondu et m'a salué dans un grand éclat de rires.

Or, c'est bien connu, au PQ, lorsqu'on ne dit pas non, c'est qu'on dit oui!

6 commentaires:

Dianerythmes a dit…

Allo clod, tu sais moi je sens que Mr.Curzy pourrait tres bien porter l'étoffe d'un premier ministre.Ce n'est pas donné a tout le monde de porter ce vêtement!..Il a cette solidité que le PQ a besoin,et comme tu le mentionne il a fait de mains de maitre aupres des membres de l'union des artistes..Il peut le faire!...a bientot clod..xox

Mistral a dit…
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klod a dit…
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Mistral a dit…
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klod a dit…

Je fais un test

Anonyme a dit…

Tout à fait d'accord avec toi, Kamarade. Curzi c'est de la race qui dirige un pays, du moins un petit pays comme le Québec. Juste se souvenir de son discours lors de la soirée des Jutras, c'est assez pour se convaincre. Boisclair? Un bon second, sans plus. Ce n'est pas son orientation sexuelle, ni ses histoires de drogue, mais son incapacité à émouvoir qui frappe. Voilà un des problèmes. Certains lui reprochent d'être hautain. Foutaise ! Trudeau était arrogant et il imposait néanmoins l'admiration. Le problème est ailleurs chez Boisclair. Boisclair c'est l'incapacité à assumer ses choix avec passion. Mangez dont d'la... avait dit Trudeau. Boisclair c'est le gars juste assez gentil, juste assez tout, en fait. Boisclair c'est le vide, c'est le rien.