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lundi 24 décembre 2012

Les 100 commentaires : un certain couple médiatique.....

Aujourd'hui dans la série Les 100 commentaires dessinée par l'excellent Bruno Rouyère, c'est votre serviteur qui fait office de scénariste invité.

samedi 22 décembre 2012

Les 100 commentaires : Manuel Foglia

Aujourd'hui dans la série «100 commentaires» dessinée par Bruno Rouyere (quelle publication aura la bonne idée de la recruter ?), le scénariste invité est l'ami documentariste Manuel Foglia.

mercredi 19 décembre 2012

Les 100 commentaires : scénariste invité André Sauvé


Salut,

long time no see... 

Voici le tout premier d'une série de dessins éditoriaux réalisés pas l'ami Bruno Rouyère et scénarisés par un invité différent à chaque fois. Voici celui de notre comique préféré : André Sauvé

ps: pour une résolution maximale, cliquez sur le dessin. 

samedi 19 mai 2012

Red Ketchup : 30 ans dans les dents !


30 ans dans les dents !

Avant le désormais très célèbre Paul, la bédé québécoise a enfanté un autre personnage qui a fait le bonheur de milliers de lecteurs : Red Ketchup! Pour souligner les 30 ans du réputé agent du FBI qui carbure à la coke et à l’antigel, la Pastèque réédite l’intégrale de l’œuvre qui a vu le jour dans le défunt et regretté magazine satirique Croc. Entrevue croisée avec Pierre Fournier (scénariste) et Réal Godbout (dessinateur et coscénariste) à l’occasion de la parution du couteau Aztèque et du tome 1 des recueils.


Dans le conflit entre le gouvernement Charest et les étudiants, qu’aurait fait Red Ketchup?
Godbout : Généralement, il est du côté du pouvoir, ce qui n’en fait pas quelqu’un de toujours sympathique. Il taperait probablement sur des manifestants dans la rue. C’est un peu ça le personnage.

En relisant les Red, on se rend compte que la coke était dans l’air du temps des années 80. Faisait-elle partie du matériel créatif?
Godbout : Dans mon cas, non. Avant même que je fasse Red Ketchup, j’ai gouté au cannabis et si cela a été un moment un déclencheur, je me suis dit qu’il me fallait en sortir car j’étais davantage productif lorsque je n’en prenais pas. Quant à la coke, ça m’a toujours tombé sur les nerfs. Beaucoup de gens autour de nous en consommaient à l’époque du Croc et je n’aimais pas l’effet désagréable que cela produisait chez eux. Si on fait des allusions à cette substance dans Red, c’est plutôt par dérision.

Quel parallèle pourrait-on brosser entre Red, qui évoluait à l’époque de Reagan et Tatcher, et notre contemporanéité?
Fournier : Bien que Red fût conçu pour divertir, il s’agissait quand même une charge contre les films d’action un peu cons et bruyants. Effectivement, nous évoquions l’actualité par la bande. On a connu Bush et les montées de la droite un peu partout à l’époque et cela est encore en plein dans l’actualité. Bref, c’est un peu comme si nous avions fait un cycle complet.

Vous ne semblez pas avoir vraiment joué la carte commerciale à l’époque : dessins animés, figurines, t-shirt, etc.
Fournier : Non, nous nous sommes tenus éloignés de ça. Je crois que Croc, où nous travaillions, a lancé un t-shirt pendant quelques mois en guise de promo. Nous n’étions pas trop partisans d’une exploitation commerciale qui aurait sans doute eu pour effet de diluer le personnage.

L’état de la bédé au Québec?
Godbout : On voit des auteurs qui commencent à être connus et qui obtiennent une belle reconnaissance. On peut établir un parallèle avec le cinéma québécois. Au début des années soixante, il y avait quelques fous qui faisaient des films et on s’efforçait un peu, par patriotisme, d’aller les voir. Aujourd’hui, un grand nombre de films québécois sont produits et on ne se pose plus de questions avant d’y aller. Je crois qu’avec la bédé on se dirige vers cela.

Est-ce que Red, tout comme Paul, sera un jour adapté au cinéma et quel acteur le personnifierait dans vos fantasmes?
Fournier : Nous avons des pourparlers à ce sujet tous les ans et cela depuis longtemps. C’est très long et dispendieux une adaptation au cinéma. On le ferait en personnages réels et non en dessins animés. L’acteur? Quand on a écrit Red Ketchup, on s’est inspiré de l’acteur Jack Lord, la vedette de la télésérie Hawaï 5-0  mais là, aucune idée. Tu as des suggestions ?



Pierre Fournier et Réal Godbout, les créateurs de Red Ketchup.


mercredi 25 avril 2012

André Pratte, l'homme de tous les services

Un éditorialiste toujours Pratte à servir la bonne cause...


                                      Une autre caricature de l'excellent  Yvon Roy

jeudi 1 mars 2012

Mile End : la bédé


Une bédé et un bébé

Un nouveau tirage de sa bédé Mile End, une nomination aux prix Bédélys et un bébé qui gazouille dans ses bras : la vie est belle est pour Michel Hellman!

Claude André

Dans son appart situé juste au-dessus du légendaire et passéiste resto Wilensky, dans ce même appartement qui sert de repaire à sa bédé, Michel Hellman a le ton joyeux sous la grisaille de février à l’ombre du Mont-Royal.

Tenant dans ses bras sa dernière création – son poupon, qu’il évoque d’ailleurs dans sa réjouissante œuvre artisanale –, celui qui est également illustrateur (voir pochettes CD de son frère Thomas et de la chanteuse Bïa) et critique d’art a raison de se réjouir malgré l’embourgeoisement du quartier.

Phénomène qu’il distille par petites touches de nostalgie dans l’album divisé en quatre saisons.

« C’est une bédé qui parle de ma vie sans être autobiographique. Une espèce de chronique inspirée de mon quartier, un peu comme le fait Guy Delisle (Chroniques de Jérusalem) lorsqu’il part à l’étranger. Je fais la même chose, mais je rentre aussi dans le côté absurde, le rêve et la fantaisie. Je ne voulais pas créer un journal intime qui n’intéresserait que les seuls gens du quartier. Je pars donc de celui-ci pour parler de sujets universels, comme la vieillesse, l’amour, la mort, la naissance de mon bébé et de choses aussi banales que le déneigement des rues de Montréal », analyse l’artiste à propos de son livre paru en novembre dernier.

D'abord conçu pour son blogue, les petites tranches de vie dans ce lieu à la fois bigarré et multiculturel qu’est le Mile End ont rapidement trouvé preneur et créé un petit buzz qui dépasse les « frontières » du quartier.

Réédition

Après avoir vu s’écouler les 1200 exemplaires du premier tirage en deux mois, la petite maison d’édition Pow Pow a dû procéder à un nouveau tirage dont la sérigraphie (lire les lettres rouges du titre de la couv’) a été effectuée à la main à l’aide des bons vieux rouleaux. Ce qui confère un petit cachet encore plus intimiste à l’affaire.

« Je suis très étonné du succès et évidemment très heureux. Lorsque je vois les noms qui sont en lice pour les prix Bédélys qui seront remis en avril à la Grande Bibliothèque, dont celui de Michel Rabagliati (auteur de la série Paul), je me rends compte que c’est quand même quelque chose », s’étonne encore Hellman. Un sympathique personnage dont la propension à la procrastination est également un des éléments centraux de cette bédé, à la fois réaliste et frivole.

Notamment dans la façon dont son auteur s’y prend pour détourner les clichés sur l’hiver (clin d’œil au lectorat de l’Hexagonie), le Québec et ses habitants à travers un style inspiré de Lewis Trondheim, un bédéiste français qui dessine la quotidienneté en mettant en scène des animaux.

« Je pense que ce que je fais se rattache à l’expérience de cette école franco-belge qu’on appelle aussi la nouvelle bédé », avance le titulaire d’une maitrise en histoire de l’art qui s’attaquera à la vie des Premières Nations dans le Grand Nord du Québec pour sa prochaine œuvre. Avant de revenir au Mile End, mais de façon plus historique cette fois. Entre deux biberons, bien entendu.

Mile End
Michel Hellman
Éditions Pow Pow, 136 p

mardi 27 décembre 2011

Magasin Général Tome 7

Des cases et des bulles raffinées 

Depuis la parution du premier numéro en 2006, le cercle des amateurs de Magasin Général ne cesse de s’agrandir ici comme en Europe. C’est qu’en plus de plaire aux bédéphiles, le rythme cinématographique de la série, son humanisme, sa grande beauté ainsi que ses thèmes universels touchent un public ordinairement peut familier avec le 9ième art.

Campée dans le Québec rural de l’entre-deux guerre, cette chronique sociale est articulée autour de Marie. Une jeune femme qui se retrouve seule à gérer le magasin général de son village suite au décès de son mari. Autour d’elle, se déploie une galerie de villageois savoureux dont la truculente tranquillité sera un jour ébranlée par l’arrivée d’un étranger raffiné et bienveillant.

Conçue par les Français Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, le tout s’avère réaliste et le niveau de langage utilisé, grâce à l’apport du  Québécois Jimmy Beaulieu, parvient à distiller une certaine parlure tout en demeurant intelligible pour les lecteurs étrangers. Eux qui tombent aussi sous le charme opéré par le rythme et l’ambiance. «Tel un escalier, la série est conçue de manière à faire succéder un album horizontal (ambiance) à un album verticale (action). Le but était de demeurer proche de la vraie vie avec des éléments de transitions entre des événements plus marquants», explique Tripp avec son accent du Sud.

Le prochain numéro ? «Il va s’appeler Charleston. Il y aura  de la musique et beaucoup de choses autour de cela» poursuit le bédéiste. «Et si la venue du personnage de Serge avait donné aux villageois le goût de la bonne bouffe, ils se retrouveront dans un immense plaisir de gros party» conclut-il depuis son atelier montréalais avant de préciser que la série s’arrêtera au huitième tome, celui après Charleston.


Le tome 7 de la série Magasin Général, Charleston, sera disponible dans les librairies du Québec dès le 12 janvier 2012.

lundi 31 janvier 2011

Les Québécois : bédé

Les Québécois

Avec son adaptation coquine de  L’«homme de Vitruve», le célèbre dessin de Léonard de Vinci, pour illustrer l’album Les Québécois (tuque du CH, Poutine, bière, pelle), le caricaturiste Yohann Morin (Yoh) de Safarir frappe fort. 

À l’intérieur toutefois le contenu s’avère plutôt juvénile. Certaines planches font sourires, on y reconnaît tous un beau-frère, mais on se désole de voir réapparaître certains gags qui ne changent que de décor ou des clichés tenaces (les BS) sortis tout droit de la radio-poubelle de Québec. 

Une suite est en préparation, souhaitons à YOH de se dénicher un co-auteur qui l’aiderait à relever d’un cran la teneur de son propos d’autant qu’il tient là un excellent filon. 

jeudi 16 décembre 2010

Bédé : Blacksad

Atmosphère, atmosphère

Apparu il y a dix ans, le personnage de John Blacksad, un chat au museau blanc fringué à la Humphrey Bogart, évolue dans un monde peuplé d’animaux antropomorphes. 

Rapidement, il a suscité l’enthousiasme chez les bédéphiles. 

Notamment grâce à une atmosphère de films noirs habilement rendue par le graphisme exquis des dessins à l’aquarelle. 

Dans ce quatrième album, on plonge encore dans l’Amérique des fifties mais cette fois en Nouvelle-Orléans en plein Mardi gras où notre héros, embauché par un directeur d’une maison de disques, est chargé de retrouver un pianiste fétiche qui porte un lourd secret et tente de le fuir en se fixant à l’héro. 

*** 

Blacksad
L’enfer, le silence
Diaz Canales et Guarnido.

vendredi 26 novembre 2010

Lucky Luke, retour en force

Lucky Luke contre Pinkerton

Enfin, une relève convaincante pour le légendaire cowboy.

Claude André

Depuis le décès du scénariste René Goscinny en 1971, quelques auteurs ont tenté de reprendre le flambeau de la série Lucky Luke dont l’humoriste et imitateur Laurent Gerra.  Hélas, aucun n’est  parvenu à atteindre l’esprit raffiné, l’humour subtil et l’étoffe scénaristique de celui qui signait aussi les Astérix en compagnie du dessinateur Uderzo. 

Or, avec Lucky Luke contre Pinkerton, les  bédéphiles retrouvent enfin une nouvelle aventure de «L’homme qui tire plus vite que son ombre» sans avoir l’impression qu’il s’agit d’un imposteur.

Si elle ne s’avère pas aussi exquise que La Diligence (album préféré des lecteurs), cette histoire signée par les écrivains Daniel Pennac et Tonino Benacquista est non seulement délicieuse mais également, au second degré, porteuse d’une réflexion sur l’ingratitude du vedettariat et sur les dangers de dérapages inhérents à la délation. 

Surtout à une époque où tout le monde peut connaître la vie de son voisin en quelques clics de souris diront les plus pessimistes.

Relégué au rang de vacher à la retraite par l’arrivée spectaculaire d'un nouveau héros en la personne du détective Pinkerton (fondateur de l’agence du même nom) qui vient d’appréhender les Dalton en plein hold-up, notre poor lonesome cowboy voit son étoile pâlir jusqu’au jour où il découvre les véritables manœuvres de Pinkerton. De leur côté, les Dalton sont libérés en raison de la nouvelle surpopulation carcérale !  Savoureux et réjouissant. ****/5 

Lucky Luke contre Pinkerton
Scénario : Pennac et Benacquista
Dessin : Achdé

mercredi 20 octobre 2010

Logicomix: La vie des idées


Logicomix


Alecos Papadatos
Christos Papadimitriou
Annie Di Donna
Apostolos Doxiadis

Acclamé dans plusieurs pays, ce roman graphique met en scène une équipe de bédéistes grecques qui tentent via une conférence du professeur Bertrand Russel (Histoire de la philosophie occidentale), d’expliquer les fondements de la vérité scientifique à un auditoire composé d’étudiants pacifistes à l’aube du déclanchement de la seconde guerre mondiale. 

Une quête d’absolu qui a obsédé d’éminents mathématiciens et logiciens dont quelques uns sont devenus fous. 

On y croise Pointcarré, Hilbert, Wittgebstein… mais aussi la démence hitlérienne et la mythologie grecque. 

Si les concepts sont parfois complexes malgré la vulgarisation, la vie des idées et de leurs porteurs demeures fascinante et ce malgré les dessins lignes claires d’approche un peu vieillotte. Éd. Vuibert, 2010, 348 p. 

***/5

mardi 12 octobre 2010

Bédé: Le retour de Binet, créateur des Bidochon






Drôle de musique

Parmi les nombreuses bédés qui paraissent ces temps-ci, les amateurs de la cultissime collection Les Bidochon, genre de La Petite Vie à la française, seront fort heureux de découvrir Haut de gamme


Une nouvelle série signée Binet qui met en scène les tribulations d’un pianiste concertiste sur le déclin qui tente d’améliorer l’ordinaire en dispensant des leçons à toute une galerie de personnages.


Passionné de musique classique, Binet a puisé dans ses propres expériences pour caricaturer ce milieu qu’il connaît bien. On sourit, on s’esclaffe et on passe un bon moment en savourant les 47 planches en noir et blanc de cet auteur reconnu pour son regard caustique et incisif.      *** 1/2

Haut de gamme
(Volume 1)
Bas de gamme
Ed. Dargaud

lundi 12 avril 2010

Sus aux pédos !




Bédé et catharsis

Avec une économie de mots et un crayon noir au style graphique, le bédéiste reconnu Philippe Girard livre un récit captivant de sa propre adolescence.

Claude André

En raison du divorce de ses parents, Philippe se voit contraint de changer de ville, d’école et d’amis.  Comme il s’ennuie dans son nouveau décor, sa mère décide de l’inscrire dans les Oies blanches. 

Peut-être y trouvera-t-il la même fraternité que lorsqu’il était louveteau, pense –t-elle au sujet de ce groupe de jeunes qui s’adonne à plusieurs activités sous la férule d’un prêtre top cool qui arbore jeans et running shoes.

Déjà méfiant en regard de certains comportements de l’ecclésiastique, Philippe se joint néanmoins au groupe qui partira passer un week-end dans une maison de Dannaconna. 

C’est là que le prêtre fait visionner des diapositives de l’été d’avant au groupe en demandant aux jeunes de se tenir cois face à leurs parents «qui ne comprendraient pas». 

Le religieux, qui avait déjà amorcé son stratagème en disant à Philippe qu’il devait tuer son Vélasquez intérieur, ce peintre conservateur inféodé à l’église catholique, au profit du libre-penseur Picasso, dévoile la vraie nature de son ouverture d’esprit...

Puis il invite les jeunes, par groupe de deux, à partager son lit.

Mort de peur avant que son tour ne vienne, Philippe s’enferme dans sa chambre et puise du courage en lisant des vieux romans de Jack Bowore. Un aventurier qui affronte avec panache les pires situations. 

À l’heure où les scandales sexuels s’abattent encore une fois sur l’église catholique, voici une bédé qui, sans tomber dans le discours CLSC,  démontre qu’art et catharsis font souvent très bon ménage.

Tuer Vélasquez. Éd. Glénat Québec

samedi 10 avril 2010

Spécial Gainsbourg (4) : La bédé bible


 
Une bible pour un film

Une bible du film format bédé en guise de collector

Claude André

Pour les amateurs de bédé, Joann Sfar fait figure de rock star. Sa série Le chat du Rabbin, en plus de le propulser au sommet du panthéon des fadas, a vraisemblablement beaucoup contribué à convaincre les héritiers d’en faire le réalisateur de Gainsbourg (une vie héroïque).

Eux qui avaient refusé toutes les propositions jusque là.

Outre le fait qu’il soit bien placé pour comprendre la sensibilité juive de Gainsbourg, Sfar est sans doute ce qui nous était arrivé de mieux depuis Goscinny ou Pratt.

Sa maitrise du rythme ainsi que son imaginaire mystico-ludique en font un artiste qui peut aspirer plus souvent qu’à son tour à l’œuvre culte. Il a donc entrepris le tournage du film avec cet objectif en tête. Rien de moins. Si le tribunal de l’histoire artistique juge qu’il n’y est pas parvenu, personne ne pourra lui reprocher de ne pas avoir tout tenté.

Aussi, pour diriger ses acteurs et leur faire comprendre exactement ce qu’il attendait d’eux, Sfar a entrepris de tout expliquer : scènes, émotions et décor par des illustrations  et de créer en quelque sorte le «story board» ou la bible du film en 43 carnets  pour un total de 1 800 dessins et 12 kilos de papier.

Résultat? Un brique qui réjouira ceux qui ont aimé le film et ne sont pas réfractaires au style nerveux de Sfar. 

Légèrement diffèrent du long métrage sur le plan scénaristique, notamment par une plus grande permissivité quant aux allusions sexuelles, on se délecte de  cette méga bédé comme d’autres d’une interminable sucette à l’anis.


Gainsbourg
(Hors champs)
Joann Sfa
Éd. Dargaud 480 p.






samedi 27 mars 2010

Bédé : Nemi, une gothique qui a du chien



«Si j’étais Dieu, je changerais tous les bouchers en porcs. Comme ça je pourrais recommencer à manger de la viande», lance Nemi dans l’une de ses réflexions cyniques.

Ce n’est pas qu’elle soit violente outre mesure mais la gothique norvégienne au teint blafard et aux cheveux de jais possède le sens de la formule et ses fantasmes sont parfois des plus étonnants.

Née il y a une dizaine d’année en Norvège, Nemi fait désormais figure de personnage culte en Scandinavie où ses aventures sont publiées dans plusieurs journaux.


Veinards que nous sommes, elle est arrivée chez nous voilà quelques mois bien que sur la pointe des pieds cependant.

 Dans la tradition des comics strip à l’américaine où les sketchs se livrent en 3-4 cases, ce sympathique personnage de jeune femme d’environ 25 ans que certaines aimeront détester craque pour Darth Vader,  Batman et autres Alice Cooper.

 Et si elle a débutée sa carrière en noir et blanc, elle décline aujourd’hui ses remarques parfois assassines sur les potes, la vie, l’amour et les petits boulots dans une ambiance intensément colorée où les décors, sobres, respirent énormément.



Collectionneuse de mecs qu’elle vire au réveil,  très portée sur l’alcool et fumeuse Nemi est une rockeuse dans l’âme qui se fout de tout et ne verse assurément pas dans le sentimentalisme mièvre.

Malgré quelques chutes parfois surréalistes, on se laisse prendre au jeu de Nemi grâce à ses moues qui font toujours mouche.

Et, comme le dit Tori Amos sur la jaquette de l’album numéro 1 publié chez nous «il y a une petite Nemi» en chacun de nous.

Nemi 1
Lise Myhre
Éditions Milady

lundi 18 janvier 2010

Comic Strip

Voici quelques parutions bédéesques qui m'ont fait passé de sacré bons moments au cours des dernières semaines. Recension destinée originellement au journal Accès Laurentides tout comme les petits guides culturels qui paraissent en ces pages web d'ailleurs.



Blessure d’amour propre
Attention coup de cœur. Les lecteurs habitués aux œuvres du génial et regretté Gérard Lauzier craqueront littéralement pour cette étude de mœurs décapante aux dessins gras et exempte de toute rectitude où hommes et femmes en prennent pour leur grade. Un créateur en panne d’inspiration, camouflée en code d’éthique, qui a connu jadis le succès avec une bédé sur le point G se retrouve, au gré des circonstances, à la fois impuissant et promu grand prêtre dudit point après qu’une jeune et jolie journaliste l’eût approché pour un reportage. Créateur de L’amour propre ne le reste jamais très longtemps il y a 25 ans, Martin Veyron possède le sens de la répartie et incarne ce que l’on aime de l’esprit français. À quand le film ? **** 1/2
Martin Veyron
                                                                 Ed. Dargaud 86.p





Magasin Général (Tome 5) : Montréal
C’est devenu une tradition pour les adeptes du 9ième art, avec les premières neiges on savoure son nouvel album de la très belle série Magasin général. Après avoir succombée «au péché de la chair», Marie se voit contrainte de quitter le village de Notre-Dame-des-Lacs lasse des pressions exercées sur elle. Laissant ainsi le magasin général aux bons soins de son ami Serge. Un homosexuel raffinée qui ne semble pas trop porté sur le zèle au boulot. Cet épisode qui nous fait pénétrer du bout des pieds dans le Montréal des années folles tangue encore une fois entre l’humour et l’émotion, la truculence et les mots d’esprit, se révèle à la hauteur des attentes. Et cela dans une langue qui sans renier le «joual» saura, encore une fois, interpeller les lecteurs de toute la francophonie. Magnifique. ****
Régis Loisel
Jean-Louis Tripp
76 p. Ed. Casterman







La malédiction des trente deniers (Tome 1)
Échaudé par les suites de Lucky Luke et d’Astérix à la mort de leurs créateurs, je n’avais pas, contrairement à des milliers d’aficionados, osé lire celles imaginées par les successeurs d’Edgard P. Jacobs pour la série culte Les aventures de Blake et Mortimer. Or, je me suis laissé tenter avec cette nouvelle histoire publiée à 550 000 exemplaires signée Jean Van Hamme qui nous transporte dans l’Athènes des années 50 à la recherche d’un coffret ayant appartenu à nul autre que Judas l’Iscariote. Coffret dont le contenu recèle toute la colère divine et qui pourrait assurer à son possesseur le pouvoir absolu. Dans un cadre familier où les dessins demeurent fidèles à la tradition grâce à René Sterne (décédé avant d’avoir terminé), on y retrouve le flegme britannique, les nombreuses références historiques et ce savoureux manichéisme qui oppose toujours nos héros à Olrik. Génial mégalomane du mal que l’on retrouve d’ailleurs flanqué d’un milliardaire nazillon tandis que Blake est cette fois plutôt affairé ailleurs. E.P Jacobs n’aurait pas renié.*** 1/2
Jean Van Hamme (scénar)
René Sterne (dessins)
Chantal De Spiegeleer (dessins)
Ed. Blake et Mortimer 56 p.





Veena et les spectres du temps
Suite à la recommandation de l’ami Lucien Francoeur, c’est avec un intérêt amusé que je me suis plongé dans le Montréal alternatif des années 80 de la pulpeuse Veena. Une étudiante de l’Université McGill qui, au gré de 4 courtes histoires, voyagera dans le temps à la rencontre de légendes et de spectres à travers un style de dessins inspiré des cartoons des fifties américains. Si le personnage de Veena et ses références à la musique et à la culture underground demeure très intéressant, c’est celui du garçon qu’elle rencontre à la fin et qui lui relatera son adolescence inhibée et marginale, sans doute inspirée de la vie de l’auteur, qui s’avère le plus touchant. M’est avis que le bédéiste Éric Thériault devrait aussi développer ce filon en parallèle. ***1/2
Éric Thériault
Ed. Les 400 coups. 72 p.


Le tour des géants

Amateurs de vélo, il faut mettre la main sur cette bédé qui nous entraîne dans le Tour de France de 1910 où des 110 coureurs du départ seuls 41 «chanceux» franchirent la ligne d’arrivée. Outre les duels historiques, l’auteur nous fait plonger dans le froid, la boue, les magouilles, les sabotages, les erreurs d’itinéraire et, déjà, le dopage a travers une France dont l’Alsace et la Loraine sont occupées par les Allemands. On y apprend entre autre d’où vient le maillot jaune qui couronne le vainqueur d’une étape, comment les coureurs devaient se débrouiller seuls face à l’adversité et les pneus crevés et ça se lit d’un seul trait. ***
Nicolas Debon
Ed. Dargaud 78 p.

mardi 5 janvier 2010

Salut Tibet !

Voici un communiqué de presse publié intégralement au sujet de la carrière du célèbre bédéiste Tibet co-créateur du héros journaliste de La Rafale, Ric Hochet



Né le 29 octobre 1931 à Marseille, pays de la galéjade et du soleil, le petit Gilbert Gascard devient TIBET par la grâce d'un frère aîné -de 18 mois- qui prononce plus facilement 'ti-'bet que Gilbert. Il n’a pas 5 ans lorsque sa famille émigre en Belgique et 10 ans lorsque elle s'installe au centre de Bruxelles, tout près de la petite rue du Bon-Secours où figure maintenant une fresque murale illustrant sa BD fétiche «Ric Hochet». A 16 ans, il débute comme assistant dessinateur au studio de graphisme de Tenas & Rali. Il y collabore ainsi à «Mickey Magazine» et s’y lie d’amitié avec le jeune romancier André-Paul Duchâteau qui s'applique à inventer des énigmes. En 1949, l’hebdo «Héroïc-Albums» accueille son premier héros personnel: un privé coriace, tendance Série Noire, «Dave O'Flynn».


En 1950, Tibet devient maquettiste-illustrateur au journal «Tintin» et, sur un scénario (non signé) de Duchâteau, il crée la première histoire complète jamais publiée dans ce périodique: «Yoyo s’est évadé ». Il enchaîne avec divers personnages éphémères comme «Titi et son chien Tutu», «La Famille Petitoux», etc. Toujours avec son compère A.P. Duchâteau, il publie sa première aventure à suivre dans le périodique flamand «Ons Volkske»: «De Avonturen van Koenraad» («Les Aventures de Conrad»), une bande humoristico-chevaleresque.



En 1953, répondant au souhait de Raymond Leblanc, directeur-fondateur des Editions du Lombard, Tibet publie «Les Aventures de Chick Bill en Arizona» dans cette même revue et dans son équivalent francophone «Chez Nous – Junior». Outre le cow-boy Chick Bill, ce western destiné au très jeune public met en scène l’Indien Petit Caniche, le shérif Dog Bull et son souffre douleur Kid Ordinn, des personnages à tête d’animaux dans le style de Disney. Progressivement, Tibet humanise les traits de ses personnages. Dès le quatrième épisode («Kid Ordinn, le Rebelle»), les héros prennent les visages qu’on leur connaît aujourd'hui. Tout en continuant cette série dans «Chez Nous Junior / Ons Volkske», Tibet dessine des histoires plus brèves de «Chick Bill», puis de «Kid Ordinn» (ces dernières intitulées «Kidordinneries») dans l’hebdomadaire «Tintin». L’ensemble compose un véritable petit théâtre de comédies sur fond d'Ouest américain. A l'heure actuelle, la série «Chick Bill» compte 70 albums édités par Le Lombard.





A partir de 1954, Tibet intensifie sa collaboration avec «le Journal de tous les Jeunes de 7 à 77 ans». Il réalise alors un unique récit avec Pat Rick et Mass Tick («El Moco le Terrible»). En 1955, sur un scénario d’André-Paul Duchâteau, il met en images la première enquête de «Ric Hochet», petit crieur de journaux puis reporter au quotidien «La Rafale». D’abord personnage d’histoires complètes et d’énigmes illustrées, le perspicace et téméraire journaliste d’investigation connaît ses premières affaires policières à suivre à partir de 1961. Il a désormais à son actif 76 énigmes résolues en autant d’albums édités par Le Lombard. Le tome 77 de « Ric Hochet » est prévu pour mars 2010.



Parallèlement, en 1956 et 1957, Tibet dessine les éphémères «Globul le Martien », «Alphonse» (avec René Goscinny) et «Mouminet» (avec Greg). Fin 1958, Tibet imagine le personnage de «Junior», le jeune président du «Club des Peur-de-Rien», une série qui se poursuit dans «Chez Nous - Junior/ Ons Volkske» jusqu’en 1976, puis, le temps d’un dernier épisode, dans «Tintin», en 1979. De 1962 à 1967, il dessine les personnages des «3 A», une bande animée par Mittéï, pour les décors, et par Michel Vasseur (alias André-Paul Duchâteau), pour le scénario. Caricaturiste de talent, Tibet réalise également, de 1971 à 1972, sa célèbre «Tibetière» où il croque les vedettes du cinéma, de la BD, du sport et du spectacle. Il n'est pas rare de reconnaître dans ses BD, des personnages dont la physionomie rappelle furieusement celle de personnalités connues de tous... ou de son entourage.



En 2006, osant ainsi une toute première infidélité au Lombard en plus de 50 ans de carrière, Tibet a publié le premier tome de «La Révolte d’Aldo Remy» chez Glénat.



En octobre 1998, dans le cadre de son émission annuelle «Philatélie de la Jeunesse», la Poste belge a émis un timbre «Chick Bill/Ric Hochet». En septembre 2000, en hommage aux 50 ans de fidélité dont Tibet a fait preuve à son égard, Le Lombard a édité «Tibet, la Fureur de Rire» (collection «Auteurs Lombard»), une luxueuse monographie abondamment illustrée de dessins inédits rédigée par Patrick Gaumer (co-auteur, entre autres, de l'incontournable «Larousse de la BD»). Deux mois après, Jack Lang, alors ministre de l’Education nationale, a remis à Tibet, au nom du gouvernement français, les prestigieux insignes de Chevalier des Arts et des Lettres. En septembre 2002, le maire de Roquebrune-sur-Argens (Var), lieu de villégiature préféré de Tibet, a inauguré un Boulevard «Ric Hochet». En mai 2005, à l’occasion des 50 ans de carrière de «Ric Hochet», Tibet a été fait Citoyen d’Honneur de Bruxelles par le bourgmestre de la Ville. En octobre 2006, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre français de la Culture, a élevé Tibet au rang d’Officier des Arts et des Lettres. Ajoutons à ces prestigieuses distinctions, une multitude de «Grand Prix» décernés dans la plupart des Festivals de la BD en Belgique, en France et au Québec.



En février 2007, Tibet a changé totalement de registre et surpris les bédéphiles et les amateurs de vraie littérature en publiant, sous le titre «Qui fait peur à Maman ?» (Editions «L’Esprit des Péninsules»), un recueil de souvenirs de jeunesse sans aucun dessin. Préfacée par son ami Salvatore Adamo, cette chronique douce-amère empreinte de pudeur, de nostalgie et d’humour révèle, en une suite de courts chapitres, ce que fut son enfance et son adolescence.

vendredi 25 décembre 2009

Bédé de luxe



Magasin Général (Tome 5) : Montréal

C’est devenu une tradition pour les aficionados du 9ième art, chaque hiver, tels les cadeaux de Noël, on attend son nouvel épisode la sublissime série. Après avoir succombée «au péché de la chair», Marie se voit contrainte de quitter le village de Notre-Dame-des-Lacs lasse des pressions exercées sur elle laissant ainsi le magasin général aux bons soins de son ami Serge. Un homosexuel raffinée qui ne semble pas trop porté sur le zèle au boulot. Cet épisode qui nous transportera dans le Montréal des années folles tangue encore une fois entre l’humour et l’émotion, la truculence et les mots d’esprit et se révèle à la hauteur des attentes dans une langue qui sans renier le «joual» saura interpeller le lecteur d'outre francophonie. Magnifique. ****

Régis Loisel
Jean-Louis Tripp
76 p. Ed. Casterman


lundi 7 septembre 2009

Partir sur une bulle 6... Fin



Amateurs de polars, on ne saurait trop vous recommander de mettre la main sur Britten et Associé de Hannah Berry (Casterman, 104 p.). Avec ses magnifiques dessins tirants vers le vert, le héros, un détective privé, mène une enquête haletante et remplie de rebondissements. Coup de maitre, enfin de maitresse qui rend hommage à Agatha Christie et aux films noirs genre Bogart et Bacall.



Après sa très décevante Tétralogie des monstres, les amateurs du grand maître de la science fiction Enki Bilal et ses cases qui sont de véraitables tableaux en soi, seront heureux d’apprendre qu’il est récemment revenu en force avec la parution d’Animal’Z. Une bédé d’anticipation sur, notamment, l’avenir du corps humain et de la planète.



Les nostalgique de Snoopy, Boule et Bill et autres Spirou devraient se délecter à la lecture de Cash-Cache. Le dernier opus des aventures de Madame Louise, signé André Geerts et Sergio Salma, où la gamine, qui ignore son statut de millionnaire, découvre le monde et nous fait réfléchir sur le sens des valeurs.

dimanche 6 septembre 2009

Partir sur une bulle 5: 184 rue Beaubien



184 rue Beaubien
Cyril Doisneau

Un Français, l’auteur et dessinateur Cyril Doisneau, décide après quelques voyages chez-nous de s’installer à Montréal. À l’instar de son célèbre homonyme photographe, le bédéiste, dont le dessin nerveux évoque Reiser, s’attarde surtout sur les détails de la quotidienneté.
Le lecteur ami de la France s’amusera avec ce carnet de bord divisé en quatre saisons qui recèle de nombreuses observations sur les différences entre les deux cultures mais, hélas, oubliera aussi très rapidement ce court récit néanmoins fort agréable. 3/5
184 rue Beaubien
Éd. La Pastèque 64 pages. $ 16.95