Journaliste culturel au «Journal Métro» (ex «24 H», «Ici», «Ici et là»...) et recherchiste, je cause cd, ciné et livres entre des commentaires politiques, des entrevues et un zeste d'humour frelaté.
jeudi 16 juin 2011
L'hymne national du Québec ?
Plusieurs observateurs de l'actualité se sont acharnés à tirer sur l'ambulance cette semaine en attaquant la proposition d'hymne national signée par le tandem Raoûl Duguay/Alain Sauvageau «Ô Kébek».
Chanson écrite, on s'en souvient, à l'invitation de la Société Saint-Jean-Baptiste.
Pour ma modeste part, je crois que le répertoire québécois contenait déjà la chanson idéale pour cela : «Le coeur est un oiseau» de Richard Desjardins qu'il nous est loisible d'écouter ci-haut.
À la fois transcendante et riche sur le plan métaphorique, cette oeuvre a aussi l'immense avantage de s'avérer porteuse d'espoir et rassembleuse et de sonner moins strictement nationaliste que la néanmoins magnifique et beaucoup plus connue «Le plus beau voyage» de Claude Gauthier.
La photo de l'année !
Photo : Rich Lam, Getty Image.
C'était hier à Vancouver pendant les émeutes qui ont suivi la défaite des Canucks face aux Bruins de Boston pour l'obtention de la Coupe Stanley.
vendredi 10 juin 2011
Été 67 : À découvrir
Passer la frontière
Contrairement à ce que le nom de leur groupe pourrait laisser supposer, ces 6 musiciens belges dont la voix du chanteur évoque celle de celui du soliste de Noir Désir font dans un rock festif teinté d’Americana et non dans le yéyé.
On y entend des textes minimalistes mais bien ficelé, en français, sur des influences musicales qui vont des Strokes à Neil Young en passant par Ennio Morricone dans une ambiance qui ne déplairait certainement pas au Têtes Raides.
Et plus j'écoute, plus je deviens accro à cette miouse trempée dans le glutamate monosodique. *** 1/2
Et plus j'écoute, plus je deviens accro à cette miouse trempée dans le glutamate monosodique. *** 1/2
À voir sur scène lundi 13 juin à 21 h aux FrancoFolies sur la scène Loto-Québec
jeudi 9 juin 2011
Salut Claude Léveillé !
Claude Léveillé interprétant «Frédéric» à Québec en 1962.
C'est une partie de l'identité québécoise qui s'éteint avec Claude Léveillé aujourd'hui. Victime d'un accident cardio vasculaire (ACV) à l'âge de 78 ans, le grand artiste avait connu de nombreux ennuis de santé ces dernières années.
Parmi ses nombreux faits d'armes artistiques, soulignons qu'il avait été invité par Édith Piaf en 1959 à se joindre à son groupe d'auteurs/compositeurs. Quatre chansons sont nées de cette collaboration : «Boulevard du crime», «Ouragan», «La voix» et la musique de «Les vieux pianos» que Léveillé a intégré ensuite à son propre répertoire.
Je n'ai jamais eu la chance de l'interviewer mais je me souviens que le chanteur français Raphaël me demandait de ses nouvelles il y a quelques mois. Lui qui confiait chanter souvent «Frédéric» avec son ami et mentor Gérard Manset.
Parmi les autres souvenirs que Léveillé évoque à l'auteur de ce petit blogue, outre les soirées animées de l'enfance, il y a cette discussion avec le pianiste André Gagnon l'automne dernier au sujet de cette pièce instrumentale intitulée simplement «Le piano de Claude» qu'il lui a offert dans un geste d'amitié noble sur son dernier album, «Les chemins ombragés».
Dédé Gagnon, qui l'a longtemps accompagné, en parlait avec beaucoup d'émotion depuis son lumineux condo située à l'orée du mythique Carré Saint-Louis à Montréal : «J’ai attendu que le mixage soit complètement terminé. Ensuite, j’ai fait en sorte que la pièce se rende jusqu’à lui. Il m’a téléphoné tout de suite après l’avoir écoutée. Il était très ému, ce qui a produit le même effet sur moi. Vous savez, les succès à la radio sont venus plus tard, mais c’est lui qui m’a donné confiance en moi. Il m’avait choisi parmi d’autres, à l’époque, pour l’accompagner. C’était au début des années 60, et cela nous a conduits à une véritable osmose artistique», se souvenait alors le créateur du méga tube «Wow».
Sur le plan personnel, je conserve le précieux souvenir d'avoir offert à Laurence Jalbert l'un de mes vinyles sur lequel nous retrouvons la magnifique pièce «La scène» de Léveillé qu'elle devait interpréter à l'occasion de la remise la médaille de Chevalier de l'ordre du Québec en 1998 à son auteur.
Merci à vous, Monsieur Léveillé.
lundi 6 juin 2011
La Discorde !
Saviez-vous que, bien qu’elles évoquent à merveille la poésie des quartiers populaires, une dizaine d’arrondissements montréalais interdisent… les cordes à linge ?
À Anjou, il est même stipulé dans un Règlement qu’elles «constituent une nuisance» !
À l’heure où la plupart des gens tentent de réduire leur consommation d’énergie, voilà que certains élus contraignent les citoyens à l’utilisation de la sécheuse électrique.
Le monde à l’envers…
Il semblerait que la situation ne soit pas plus verte aux États-Unis où environ 50 millions de foyers n’ont pas droit à la redoutable corde à linge.
Un mouvement en faveur de ladite corde à linge à même vu le jour et un documentaire à ce sujet a été réalisé : Drying For Freedom.
Comme quoi, il y a là-bas des cordes plus populaires que d’autres…
* source : Marie-Claude Lortie, La Presse, 26 avril 2010.
samedi 4 juin 2011
Brigitte Fontaine : l'excentricité élégante
L’un n’empêche pas l’autre
Avec Ivor Guest (Brian Eno) à la réalisation et l'éternel complice Areski Belkacem à la co-réal, lui qui signe aussi la plupart des musiques, la grande papesse sombre de l’underground français a conçu une album composé d’inédits (4), de raretés (3) et de classiques (6) interprétés en duos avec des farfadets de la nuit déchirée : Arno, Grace Jones, Christophe, Alain Souchon, Jacques Higelin, Mathieu Chédid et, malaise…Bertrand Cantat.
Si cet album peut sembler rébarbatif à prime abord, surtout pour ceux qui n'ont pas encore apprivoisé l'univers parfois déjanté de la grande dame, il se révèle encore une fois artistiquement au-dessus de la mêlée.
Entre mélodies techno pop accrocheuses et conte lugubre, la poétesse dégoupille sa plume superbe histoire de sublimer les profondeurs de l’âme humaine lorsqu’elle ne déconne pas allègrement mais de façon toujours étonnante et intelligente. Envoûtant. ****
Entre mélodies techno pop accrocheuses et conte lugubre, la poétesse dégoupille sa plume superbe histoire de sublimer les profondeurs de l’âme humaine lorsqu’elle ne déconne pas allègrement mais de façon toujours étonnante et intelligente. Envoûtant. ****
mercredi 1 juin 2011
Confectionneur de chansons
Alex Beaupain
Pourquoi battait mon cœur
Auteur de la bande originale du très célébré film «Les Chansons d’amour» (César meilleur musique de film en 2008), Beaupain fait figure d'hédoniste expert du sentiment amoureux et surtout de son déclin en distillant une mélancolie à la fois subtile et littéraire.
Fils d'un papa cheminot et coco et d'une maman enseignante et socialiste, il a notamment mitonné sur cet album une très belle pièce qui brosse un parallèle entre une histoire d'amour remplie de lendemains qui chantent et l'histoire de la gauche française depuis l'élection de Mitterrand en mai 1980 (clip ci-dessous).
Fils d'un papa cheminot et coco et d'une maman enseignante et socialiste, il a notamment mitonné sur cet album une très belle pièce qui brosse un parallèle entre une histoire d'amour remplie de lendemains qui chantent et l'histoire de la gauche française depuis l'élection de Mitterrand en mai 1980 (clip ci-dessous).
Issu du courant classico-classique, il distille néanmoins un style moderne qui à défaut de réinventer le genre lui insuffle une couleur contemporaine notamment grâce à l'utilisation de l’électro.
***/5
***/5
lundi 30 mai 2011
Merci Lady Alys Robi
Il y a quelques années, dans un élan de gratitude et une envie soudaine de lui rendre hommage, j'ai eu l'idée saugrenue de tenter de me glisser dans la peau de Lady Alys Robi et d'essayer d'imaginer ce qu'elle pourrait dire à son public au soir de sa vie.
J'ai fait parvenir le texte à mon éternel complice Mario Peluso qui l'a mis en musique et nous l'avons offert à la potesse Johanne Lefebvre qui lui a collé sa voix unique et touchante.
La chanson se nomme «Aucun remord, aucun regrets»
Voici le lien pour l'écouter :
http://www.myspace.com/224761554/music/songs/82185068
Au revoir Madame Alys.
et merci...
J'ai fait parvenir le texte à mon éternel complice Mario Peluso qui l'a mis en musique et nous l'avons offert à la potesse Johanne Lefebvre qui lui a collé sa voix unique et touchante.
La chanson se nomme «Aucun remord, aucun regrets»
Voici le lien pour l'écouter :
http://www.myspace.com/224761554/music/songs/82185068
Au revoir Madame Alys.
et merci...
Le bling-bling, la porno et les nouveaux réacs
Sarko et Carla Bruni, instrumentalisation de la vie privée à des fins politiques.
Je tiens à remercier la Rédaction du quotidien Le Devoir qui a publié ce texte aujourd'hui p. A7 section «Idées».
«Tout le monde a une Rolex. Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie!», dixit Jacques Séguéla, publicitaire français.
Si cette phrase a heurté de nombreuses personnes après que le célèbre créatif l'eut prononcée en février 2009 dans le cadre d'une entrevue qu'il accordait à l'émission Télématin, elle a sans doute fait sourire le philosophe Gilles Lipovetsky et plusieurs lecteurs de son célèbre ouvrage L'Ère du vide: essais sur l'individualisme contemporain, publié en 1983.
Au moment où il était interrogé au sujet du côté bling-bling du président Nicolas Sarkozy et de son affection pour les objets clinquants, Jacques Séguéla, l'inventeur du slogan «La Force tranquille» — puisé dans un discours de Léon Blum — qui a contribué à l'élection du président socialiste François Mitterrand en mai 1981, venait, mine de rien, de cristalliser en une phrase lourde de sens le concept fondamental du livre de Lipovet-sky: l'«hyperindividualisme».
Président marié à une chanteuse pop et ex-mannequin, Sarkozy instrumentalise sa vie privée, refuse la critique, avilit la fonction présidentielle — on se rappelle son célèbre «Casse-toi, pauv'con!» —, affiche un goût prononcé et assumé pour les marques de luxe et s'avère ultradoué dans la «pipeulisation» de la mise en scène politique...
Société civile
Cet hyperindividualisme se vérifie dans la classe politique bien sûr, mais également tous les jours dans la société civile: «L'idéal moderne de subordination aux règles rationnelles collectives a été pulvérisé», nous dit Lipovetsky.
Désormais, la valeur fondamentale est celle de l'accomplissement personnel. Exit les idéologies. «C'est la transformation des styles de vie liée à la consommation qui permit ce développement des droits et des désirs de l'individu, cette mutation dans l'ordre des valeurs individualistes.»
Près de 30 ans plus tard, force est de constater que non seulement l'agrégé de philosophie a su cerner et codifier notre époque, mais dans bien des cas, s'avérer prophète.
En effet, ce que nous dit la déclaration du fils de pub Séguéla, en somme, bien au-delà de l'apparente prise de défense du président ou du repli stratégique de quelqu'un qui viendrait de s'apercevoir qu'il a lancé une bourde, c'est que Sarkozy incarne de façon on ne plus éloquente, et cela, au sommet de la hiérarchie sociale, le symbole de son époque: institué par la société qui l'entoure et les conditions mises en place par le fonctionnement et les origines du libéralisme, Sarko cristallise l'hyperindividualisme contemporain poussé à son paroxysme.
Individu narcissique
Bien sûr, ce contemporain se décline dans la quotidienneté. On le voit à la télé, on le lit dans les journaux populaires, sur les blogues, sur Twitter, car partout il cherche un reflet dans l'approbation des autres, partout il quémande la gratification éphémère de la reconnaissance: versatile et sans passion dominante sinon que le culte de lui-même ou d'elle-même, relativiste absolu, bref, véritable girouette que Platon appelait déjà l'«homme démocratique»: une personne qui ne parvient plus à séparer ses désirs superflus de ses besoins nécessaires.
C'est cet individu narcissique qui serait réapparu avec la société industrielle des années soixante, à l'âge de la consommation de masse, à aujourd'hui. On a dit Sarko, mais cela aurait pu tout aussi bien être Paris Hilton ou, chez nous, les faiseux de recettes, lofteurs et autre pléthore d'histrions qui dispensent leurs avis émotifs, polémistes et souvent démagogiques contribuant ainsi à vider de son sens le débat public.
«L'âge moderne était hanté par la production et la révolution, l'âge postmoderne l'est par l'information et l'expression», confie Lipovetsky avant de pêcher cette perle: «Mais il en va ici comme pour les graffitis sur les murs de l'école ou dans les innombrables groupes artistiques: plus ça s'exprime, plus il n'y a rien a dire, plus il n'y a rien a dire, plus la subjectivité est sollicitée, plus l'effet est anonyme et vide.»
Effet anonyme pour gratification éphémère, l'opinion généralisée avec stars, codes, morcellement et effets chocs façon porno a encore de belles années devant elle...
Lipovetsky avait raison il y a 30 ans. Et après avoir vu l'hypernarcissisme et ses corollaires triompher au sommet de la hiérarchie française, ce qui semble le plus étonnant, c'est de constater à quel point les pornographes de l'opinion sont devenus, à peu de frais, les nouveaux gardiens de l'ordre moral. Bref, les nouveaux réacs.
***
Si cette phrase a heurté de nombreuses personnes après que le célèbre créatif l'eut prononcée en février 2009 dans le cadre d'une entrevue qu'il accordait à l'émission Télématin, elle a sans doute fait sourire le philosophe Gilles Lipovetsky et plusieurs lecteurs de son célèbre ouvrage L'Ère du vide: essais sur l'individualisme contemporain, publié en 1983.
Au moment où il était interrogé au sujet du côté bling-bling du président Nicolas Sarkozy et de son affection pour les objets clinquants, Jacques Séguéla, l'inventeur du slogan «La Force tranquille» — puisé dans un discours de Léon Blum — qui a contribué à l'élection du président socialiste François Mitterrand en mai 1981, venait, mine de rien, de cristalliser en une phrase lourde de sens le concept fondamental du livre de Lipovet-sky: l'«hyperindividualisme».
Président marié à une chanteuse pop et ex-mannequin, Sarkozy instrumentalise sa vie privée, refuse la critique, avilit la fonction présidentielle — on se rappelle son célèbre «Casse-toi, pauv'con!» —, affiche un goût prononcé et assumé pour les marques de luxe et s'avère ultradoué dans la «pipeulisation» de la mise en scène politique...
Société civile
Cet hyperindividualisme se vérifie dans la classe politique bien sûr, mais également tous les jours dans la société civile: «L'idéal moderne de subordination aux règles rationnelles collectives a été pulvérisé», nous dit Lipovetsky.
Désormais, la valeur fondamentale est celle de l'accomplissement personnel. Exit les idéologies. «C'est la transformation des styles de vie liée à la consommation qui permit ce développement des droits et des désirs de l'individu, cette mutation dans l'ordre des valeurs individualistes.»
Près de 30 ans plus tard, force est de constater que non seulement l'agrégé de philosophie a su cerner et codifier notre époque, mais dans bien des cas, s'avérer prophète.
En effet, ce que nous dit la déclaration du fils de pub Séguéla, en somme, bien au-delà de l'apparente prise de défense du président ou du repli stratégique de quelqu'un qui viendrait de s'apercevoir qu'il a lancé une bourde, c'est que Sarkozy incarne de façon on ne plus éloquente, et cela, au sommet de la hiérarchie sociale, le symbole de son époque: institué par la société qui l'entoure et les conditions mises en place par le fonctionnement et les origines du libéralisme, Sarko cristallise l'hyperindividualisme contemporain poussé à son paroxysme.
Individu narcissique
Bien sûr, ce contemporain se décline dans la quotidienneté. On le voit à la télé, on le lit dans les journaux populaires, sur les blogues, sur Twitter, car partout il cherche un reflet dans l'approbation des autres, partout il quémande la gratification éphémère de la reconnaissance: versatile et sans passion dominante sinon que le culte de lui-même ou d'elle-même, relativiste absolu, bref, véritable girouette que Platon appelait déjà l'«homme démocratique»: une personne qui ne parvient plus à séparer ses désirs superflus de ses besoins nécessaires.
C'est cet individu narcissique qui serait réapparu avec la société industrielle des années soixante, à l'âge de la consommation de masse, à aujourd'hui. On a dit Sarko, mais cela aurait pu tout aussi bien être Paris Hilton ou, chez nous, les faiseux de recettes, lofteurs et autre pléthore d'histrions qui dispensent leurs avis émotifs, polémistes et souvent démagogiques contribuant ainsi à vider de son sens le débat public.
«L'âge moderne était hanté par la production et la révolution, l'âge postmoderne l'est par l'information et l'expression», confie Lipovetsky avant de pêcher cette perle: «Mais il en va ici comme pour les graffitis sur les murs de l'école ou dans les innombrables groupes artistiques: plus ça s'exprime, plus il n'y a rien a dire, plus il n'y a rien a dire, plus la subjectivité est sollicitée, plus l'effet est anonyme et vide.»
Effet anonyme pour gratification éphémère, l'opinion généralisée avec stars, codes, morcellement et effets chocs façon porno a encore de belles années devant elle...
Lipovetsky avait raison il y a 30 ans. Et après avoir vu l'hypernarcissisme et ses corollaires triompher au sommet de la hiérarchie française, ce qui semble le plus étonnant, c'est de constater à quel point les pornographes de l'opinion sont devenus, à peu de frais, les nouveaux gardiens de l'ordre moral. Bref, les nouveaux réacs.
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dimanche 29 mai 2011
Nolween Leroy : La Bretagne dans la peau
Nolwenn Leroy
Bretonne
La méga star française et ex star académicienne renoue avec ses racines sur ce disque qui ne dépaysera pas le public québécois dont le folklore est souvent similaire.
Réalisé par Jon Kelly (Paul McCartney, Tori Amos…), elle y remet au goût du jour des chansons en gaélique, en breton et en français entre une pièce contemporaines de Souchon/Voulzy et deux de notre chouchou Christophe Miossec.
Hélas, on t retrouve pas la reprise de U2 pourtant annoncée il y a quelques temps.
Jolie voix, arrangements souvent enveloppants, émotion, hélas, couçi couça ***
vendredi 27 mai 2011
Arielle Dombasle : je pose donc je suis
Arielle Dombasle
Diva Latina
Entre tradition et contemporanéité, l'actrice et cantatrice née au Mexique, épouse d’un certain BHL, reprend des standards latinos en y insufflant une touche d’électro ou de surenchère dramatique comme sur Hasta Siempre, l’hommage à Che Guevera qui, s'il se retourne dans sa tombe, ce sera sans doute pour mieux rigoler.
Bien que l’ensemble s’avère généralement agréable et joyeux Porque Te Vas (Jeanette) , Gopher Mambo (Ima Sumac), Mala Vida (La Mano Negra), on lance des SOS lorsqu’elle laisse libre cours à ses vocalises particulièrement aigues. Inégal ** ½.
jeudi 26 mai 2011
Sirop de poteau
Matthew Morrison
Éponyme
Starlette de comédies musicale à Brodway devenue célèbre grâce à la télésérie «Glee», Morrison lance un premier chapitre «cheezy» qui suinte le formatage et l’entreprise commerciale.
Reprises correcte de standards tels Somewhere Over The Rainbow (avec Gwyneth Paltrow) et Rocket Man (avec Elton John), sa voix n’est pas si mal mais très modulée à l’eau de rose dans les hautes.
Si vous aimez romantisme des romans Harlequin c’est parfait… **
vendredi 20 mai 2011
Dessine-moi une chanson
Saynètes amoureuses qui tangent entre la déception et l’illusion appuyées par des références aussi fortes qu’assumées, voici Ingrid St-Pierre
Claude André
Cœur de Pirate téléphone à Pierre Lapointe : «On vas-tu jammer chez Richard Desjardins ?» Puis Desjardins de répondre : «Venez vous-en, Mari-Jo Thério arrive aussi dans pas long». Tout ce beau monde se retrouve dans le sous-sol de l’Abitibien et, entre deux chansons de Thomas Fersen à la radio, se met à composer des histoires de ruptures postmodernes truffées de doute, d’ironie et de tergiversations sur des notes de piano pluvieux et de cordes lancinantes.
Si vous arrivez à imaginer cela vous comprendrez l’essentiel des atmosphères qu’évoquent les chansons d’Ingrid St-Pierre qui lancera son premier album Ma petite mam’zelle de chemin lundi prochain à La Tulipe.
C’est qu’un plus de son timbre haut et de son piano accrocheur, celle qui se destinait hier encore à une carrière de psychologue écrit des chansons en utilisant la façon de procéder de Desjardins : plans-séquences cinématographiques. D’ailleurs une pièce de l’album se nomme Desjardin !
Influences assumées
«C’est exactement cela : j’aime créer des petits films. Je me plais à dire aussi que je dessine des chansons. Je tente de faire en sorte qu’on y rencontre des personnages que j’ai tricoté et que l’on vive avec eux le temps d’une chanson. Desjardins le fait également. Je l’ai beaucoup écouté et m’en suis inspiré, c’est une icône pour moi», confie cette native du village Cabano en Mauricie qui interprétait déjà Le Bon gars, déguisée, devant les enfants de sa classe à l’âge de 6 ans et demi !
Quant à Cœur de Pirate et Pierre Lapointe, rebelote, la belle assume : «J’adore Pierre Lapointe, csurtout pour ses textes. Cœur de Pirate, je l’aime aussi. C’est sur que je ne peux y échapper car nous sommes deux filles au piano mais je crois que nos univers se ressemblent un peu moins sur le plan de la couleur. IMarie-Jo Thério m’a également fortement influencé. Lorsque j’avais 14 ou 15 ans, j’ai découvert ce personnage et je l’ai tout de suite capoté. C’est elle qui a fait en sorte que je me suis dit : ok, c’est possible de s’accompagner au piano, conserver sa propre authenticité et continuer dans ce milieu-là. Elle a été le déclic pour moi», confie la belle au bout du fil en ce petit matin habitable et vert de gris.
Mais là où d’autres ne seraient qu’amalgame de réchauffé de leurs idoles, Ingrid St-Pierre possède, outre des chansons savoureuses et un univers qui lui est propre, un je ne sais quoi qui la rend instantanément très attachante.
Peut-être est-ce imputable à une hypersensibilité, une vieille âme qui fait en sorte que pendant que d’autres dansent sur Lady Gaga elle écoute des chants latins ? Ou ce côté épicurien et un peu canaille façon Thomas Fersen ? Quoique qu’il en soit, le buzz autour d’elle circule depuis un moment dans sa Mauricie natale et Montréal devrait bientôt suivre. Qui sait, peut-être ira –t-elle bientôt jammer chez Desjardins ? À moins que ce ne soit chez Marie-Jo ?
dimanche 15 mai 2011
Les lendemains qui chantent des Têtes raides
Têtes raides
L’an demain
Issue du courant «cabaret punk», la vénérable formation française revient avec une onzième mouture néoguinguette qui, tel un antidote à la variété générique, figurera à mon top 10 perso de fin d’année.
Ambiance cabaret surréaliste, voix gorgée de sanglots, accordéon nostalgique, cordes vibrantes, mélodies qui tuent et humanisme subtilement poéticolitique, voilà un grand crû sur lequel on retrouve aussi un duo tango avec la sublime Jeanne Moreau. ****
vendredi 13 mai 2011
Melissmell «Je me souviens» : Méchant coup de coeur
Un ami Français m'a posté ce clip ce matin sur Facebook. Stupéfaction. Émotion. Frisson. De la même tribu des âmes exaltées que l'était Mano qui nous manque tant. Merci Yan. Et vivement une présence québécoise pour MéliSsel. Bravo.
mardi 10 mai 2011
La bonheur mélancolique
Phillippe B
Variations fantômes
«La mélancolie c’est le bonheur d’être triste» disait Victor Hugo.
Et ça fait du bien de se sentir compris lorsque le mal d’amour nous écartèle les tripes, pourrait-on ajouter pour illustrer ce troisième chapitre du complice de Pierre Lapointe.
Un disque où des fantômes d’amours passés viennent danser sur des airs puisés chez Debussy, Vivaldi, Satie et autres Strauss entre, ici ou là, des filets d’harmonicas et de guitares folk. ****
lundi 9 mai 2011
dimanche 8 mai 2011
Le conteur chante
Patrice Michaud
Le triangle des Bermudes
Lauréat du Festival de Granby en 2009, Michaud, conteur fascinant réputé très fort sur scène, lance un premier chapitre fort convainquant.
Entre pop et folk, il distille des observations du quotidien d’une façon qui ne déplait sans doute pas à Richard Desjardins avec lequel il a récemment effectué une tournée en ouverture.
Ajoutez un sens de la mélodie accrocheuse évident et vous avez là un artiste qui devrait tracer son sillage. *** 1/2
jeudi 5 mai 2011
Johnny Hallyday
Jamais seul
Même chapeauté par Mathieu Chédid –M- qui a tenté de sortir l’idole du cliché amoureux-transi-qui-picole-pour-noyer-sa-peine en y mitonnant des textes rigolos, Jamais seul ne réinvente pas le Johnny.
Cela dit, la trame propose un blues nerveux et des riffs succulents qui assurent.
Entre textes punchés (merci B. Fontaine) et fadaises mièvres, Johnny tangue.
À quand le vrai disque de blues sans pipeau ? ** ½
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