jeudi 6 mars 2008

Discographie : Alexandre Belliard


Belliard et Renaud à Québec


En plus d’effectuer sa rentrée montréalaise et de lancer son recueil de poésie «Tu cours après les pigeons», l’auteur du très bel hommage au poète mythique Denis Vanier La star du rodéo sillonnera les salles du Québec avant de traverser la grande mare pour participer à des Marché de la poésie. Rendu là, il espère effectuer une tournée de son spectacle «Demain… la peur». Vendredi 7 mars au Lion d’Or à 20h00. Avec 4 musiciens, Monsieur Mono comme invité et Louis-Étienne en vedette américaine.

Claude André


Le premier disque ?
Shot At The Devil, de Mötley Crue. Et le premier que j’ai reçu en était un d’Angèle Arseneault, «Libre». D’ailleurs excellent et que j’écoute encore.

Ton disque préféré à vie ?

Hummm….Étant donné que j’en possède deux milles à la maison, ce n’es pas évident. Si je ne devais en choisir en seule je dirais «Ma gonzesse» de Renaud sur lequel on retrouve ma chanson préféré Salut Manouche en plus de Ma gonzesse et de La tire à Dédé. Mais pour être honnête, ça serait toute la discographie de Renaud. C’est comme s’il s’agissait d’une œuvre entière. J’aime tous ses albums.

Et son dernier, tu l’aimes avec autant de passion ?

C’est vrai que «Rouge sang» est celui que j’ai écouté un peu moins. Mais je trouve ça plate de dire que j’aime moins quelque chose de Renaud, il a tellement de belles affaires. Tous les albums de Renaud m’ont habité d’une façon obsessionnelle.

Le disque qui t’a donné le goût de faire de la chanson ?
Je dirais «L’escalier» de Paul Piché. J’ai commencé à jouer de la guitare avec des chansons de Beau Dommage et de Paul Piché.

Tu portais des chemises à carreaux ?

N….oui, mais en fait j’étais grunge. J’écoutais Paul Piché et Soungarden en même temps.

Album québécois préféré ?
Je dirais «Planter le décor», de Fred Fortin.


Album français préféré hormis Renaud ?

L’album «Les chansons perdues» de Mick est tout seul (Mickaël Furnon). Le chanteur de Mickey 3D.

Album anglophone de prédilection ?

J’aime bien Grant Lee Buffalo.

Plaisir coupable ?
Ben avec Angèle Arseneault, c’est quand même pas pire coupable. Mais c’est des textes écœurants de l’époque de la libération de la femme. Moi, en tout cas, je trouve ça vraiment très fort mais je ne peux pas faire écouter cela à mes amis…Ils ne me trouveraient pas drôle.

Dernier cd acheté ou volé ?

Acheté c’est The Deils et volé c’était la cassette de «Shot At the Devil» en 1984.

La plus belle chanson du monde ?
Je dirais que c’est Mistral gagnant de Renaud.

On ne te demandera pas qui est ton chanteur préféré…mais la chanteuse que tu affectionnes le plus, pas Angèle Arseneault quand même ?
Ouais, je dirais Angèle Arseneault et il y a aussi PJ Harvey.

Ton fantasme musical ?
J’aimerais, à la manière de Brassens ou Félix Leclerc, parvenir à faire une œuvre, pratiquement guitare/voix qui se tient et ne vieillit pas.

Le disque que tu apporterais au fond de l’océan. Donc il ne faudrait pas trop déprimer…?
Une compil de Brassens avec quatre cent tounes.

La chanson le plus drôle que tu connais ?
Je pense que c’est Martiniquaise de Soldat Louis.

La plus triste ?
Que je t’étranglerai, de Fred Fortin. Ah oui, il y a aussi Lomer de Richard Desjardins. Un texte très réussi à la manière de François Villon. C’est magnifique et tellement cinématographique imagine : adieu la terre pourtant si bonne…

Ta toune préféré de toi et pourquoi ?

La star du rodéo. Parce que le sujet, la mélodie… J’aime l’attitude, bref j’aime tout de cette chanson là. Il y a même un extrait de poème de Denis Vanier dedans. C’est ma chanson préféré de moi de tout les temps.


Le plus grand auteur selon toi, Renaud ou Desjardins ?

Pour moi, ça reste Renaud parce ça fait 40 ans et qu’il a 28 albums mais les deux univers sont essentiels. On ne peut pas en bafouer un.

dimanche 2 mars 2008

Patrick Bruel: qui a le gauche?



Histoire de couronner vingt ans de Bruelmania, Maurice Benguigui vient lancer «des souvenirs…ensemble», un encodé et un dvd captés en public de l’été 2006 à octobre 2007. Rencontre.

Claude André

Je l’observe scruter, commenter et maugréer au sujet son horaire serré des prochaines heures à l’endroit de son attachée de presse. «Sans doute pas facile à vivre, le type», me dis-je en ayant en mémoire une discussion avec une relationniste qui l’a «subi» un jour.

Puis, la discussion s’amorce. Malgré quelques bâillements imputables au décalage horaire, l’homme, enfilait-il un nouveau rôle ?, est affable, séduisant, plutôt mec assumé et généreux dans ses réponses. Je comprends petit à petit un peu mieux l’engouement autour de sa personne. Regard vif, on sent qu’il est passé maître dans l’art de jauger son interlocuteur. Champion du monde de poker, c’est ça aussi.

Je lui raconte que j’ai visionné la veille un document dans lequel il expliquait que c’est un concert de l’illustre Serge Reggiani qui l’a amené à la chanson. Or, lui, Bruel, est devenu l’idole des minettes qui s’agglutinent par dizaines de milliers à son passage. Si l’auteur de ces lignes à pu s’identifier à la colère de «Casser la voix» il y a vingt ans, nenni par la suite. Y aurait-il eu un malentendu entre Bruel l’auteur de chansons et le public qui l’a choisi ?

Le malentendu

«Celui qui m’a vraiment donné envi de chanter, ça dû être Brel quand j’avais 4-5 ou 6 ans. Ma mère avait acheté un disque et ça me touchait beaucoup. Ensuite, un jour, par hasard, on a croisé un ami de ma mère qui allait voir Reggiani à Bobino. On est allé avec lui et le lendemain, j’ai demandé le disque et je chantais ses chansons devant la glace. Ce sont toujours des chanteurs qui m’ont donné envie de faire ce métier. Probablement à cause d’un phénomène d’identification. Soit le chanteur me racontait une partie de mon histoire, soit je rêvais de devenir le chanteur», explique Bruel avant de convenir qu’il y a effectivement eu un malentendu sur la perception que le public pouvait avoir de lui. Les gens auraient choisi de mettre l’emphase sur les jeunes filles exubérantes alors qu’il n’y avait pas que cela dans les salles. Et, soutient-il, ces jeunes filles qui étudiaient ses textes au lycée aimaient également Brel, Reggiani, Brassens et même Ferré. «Cela n’était pas incompatible. Mais il est vrai qu’on a mis un peu de temps à m’accepter, à me faire rentrer dans la famille des auteurs-compositeurs-interprètes respectés. Il y a eu une espèce de condescendance en regard de mon succès auprès des jeunes filles mais cela s’est équilibré. Le respect est un long combat, surtout lorsque tu as beaucoup de succès.»

Le respect du public plus «sérieux» était donc programmé dans les astres. Il est surtout venu avec la publication de l’excellent Entre-deux en 2002 (on n’en retrouve hélas qu’une chanson sur le récent dvd). Un disque de classiques puisés dans le répertoire français de l’entre-deux guerres qui, coquin de sort, allait faire un pied de nez aux lepénistes de tout acabit. Eux qui, malgré leur succès au premier tour des élections présidentielles de cette année-là, devaient se farcir ce Benguigui qui s’emparait des chansons fétiches de la grande France. «C’est vrai que l’album est sorti dans des circonstances particulières avec Le temps des cerises chanté par Jean-Jacques Goldman et moi a capella». C’était lourd de sens n’est-ce pas que cette reprise tiré du répertoire des classiques de la gauche ? «Oui. Surtout chanté par deux Juifs ».

Patrick Bruel
Des souvenirs ensemble…
Musicor/Select

Cd et dvd.

jeudi 28 février 2008

Thomas Fersen : Discographié

Texte paru dans l'édition en cours du Ici

Discographie : Thomas Fersen

Lors de son précédent passage, le zazou de la chanson nous apprenait que «le ukulélé est à la guitare ce que le string est au caleçon». Exhibitionnisme ou raffinement, pour sa prochaine visite, Fersen et son complice nous présenterons encore à nouveau l’univers chansonnier bestiaire et fort en gueule si joliment dépouillé du plus québécois des chanteurs français. Thomas Fersen-Duo Ukulélé à Latulippe, «parce que j’adore le restaurant à côté», les 28 et 29 février à 20h00.

Claude André

Premier disque acheté ?

Il était une fois la révolution ou Il était une fois dans l’Ouest d’Ennio Morricone en 1969. Parce que moi j’aimais bien les cowboys, hein. (Thomas se promet d’assister au concert du Spaghetti Western Orchestra lorsqu’on lui explique ce dont il s’agit et lui signale sa présence à Montréal au même moment).

Le plus récent encodé acheté ?

Amy Whinhouse pour la chanson «Back to Black» que j’aime bien.
Quelle musique écoutes-tu lorsque tu prends ton bain ?
J’écoute surtout de la musique dans la salle de bain. Elle communique avec la chambre…Heureusement je l’ai emmené dans la salle de bain parce que je n’en écoutais plus lorsqu’elle était dans le salon. Je ne suis pas tellement du genre à m’asseoir dans un fauteuil pour écouter de la musique. Ça c’était mon père. Il fallait mettre des gants blancs pour toucher à la chaîne.

Ton disque québécois préféré ?

Moi je suis fan d’un artiste québécois qui s’appelle Fred Fortin.

Tu connais Galaxie 500, son groupe ?

Ouais, ouais, ouais. Bien sûr. D’ailleurs je les ai vu à Paris l’année dernière à côté de chez moi à La flèche d’or. Fred, il est en train de réaliser mon nouvel album là…

C’est étonnant parce qu’on penserait que tu aimes la musique disons plus douce que celle de Galaxie 500.

Oui mais j’aime bien aussi le rock bien fait. Mais il est vrai que je suis plus porté sur le côté chanson de Fred. Ce qu’il faisait sur ses deux premiers albums. Ce qu’il refait d’ailleurs en ce moment un peu, des chansons avec des personnages un peu forts. Forts en odeur, quoi.

Et en chanson française ?
J’écoute Loic Lantoine, un gars qui s’appelle Fantazio, Les Têtes raides…

La chanson qui te fait rire ?
Il y en a certaines de Serge Gainsbourg, de Jacques Dutronc, de Bobby Lapointe, de Charles Trenet. Un titre ? «Le serpent python» de Charles Trenet.

Et la chanson la plus triste ?

«Avec le temps» de Léo Ferré. Alors ça, pour me foutre les boules, c’est bien. Et c’est agréable en même temps.

Tu considères que c’est la plus belle chanson française ?
Elle est pas mal. Vraiment pas mal.

Il y a «Ne me quitte pas» de Brel aussi….

Je suis moins fan. Parce que là c’est un peu plus larmoyant. Dans le sens où le mec il pense à lui quand même. Il se pose un peu en victime en s’apitoyant sur lui-même.

La plus belle chanson du monde selon toi ?
C’est une chanson qui va m’emmener les pieds à l’étrier. Qui va me donner l’envie de faire quelque chose, de me lever le matin, de travailler, de partir en voyage…

Ta chanson préférée de toi ?
Ça change mais c’est forcément une des dernières chansons que j’ai écrites mais vous ne la connaissez pas encore.

Tu es plus Beatles ou Rollings Stones ?

J’ai commencé par être plus Beatles quand j’étais petit. Puis, quand j’ai grandi un peu à l’adolescence, ils m’ont fait peur la première fois que je les vu. À l’époque, on a montré un genre de clip à la télé où on les voyait jouer Angie en concert de très loin. On ne les voyait pas bien et ils avaient les cheveux longs. J’ai beaucoup aimé cette peur.

Chanson la plus ringarde que tu aimes et faut pas dire la Compagnie Créole parce qu’ils sont à Montréal…

Ah oui, la Compagnie créole. Très bon choix. «Au bal masqué». Mais honnêtement, je n’ai pas de chansons dont j’ai honte.

Pas de plaisirs coupables ?

Si je te le dit, ils ne vont pas me laisser revenir au Québec la prochaine fois…

Le prochain disque que tu achèteras ?

Le Spaghetti Western Orchestra

mercredi 27 février 2008

Blues au coeur



Assité hier au Lion D'Or au lancement de l'excellent album de l'harmoniciste Guy Bélanger en compagnie de l'ami Pierre, son fils Malek et ma Nounou à moi.

Un peu de blues sur ces lancinantes notes de pluie glengouldiennes qui m'accompagnent depuis bientôt deux semaines.

Parait qu'il y a une esthétique de la douleur. Parait que nos petites noirceurs font aussi parti de la vie. Qu'elles nous enseignent la résilience.

Malgré de belles rencontres de la semaine dernière avec Bruel, Birkin et Fersen et le spectacle de la muse de Gainsbourg samedi avec ma super pote Karine, pas encore libéré de cette chape de mélancolie qui serait le bonheur d'être triste selon Hugo.

Mais bon, la vie continue.

J'aurais voulu l'aimer celle -là. L'est encore trop empêtrée dans une dynamique d'accessibilité-fuite genre: «je te veux si tu n'es pas accessible histoire de monter plus haut dans mon propre estime de moi».

Comme plusieurs, elle cherche à débusquer le bon,. «J'en passerai tant que je ne trouverai pas le sentiment amoureux», qu'elle m'a dit. Comme s'il attendait quelque part tapi dans l'ombre.

Mais l'amour, n'est-il pas un sentiment volontaire? Un truc que l'on décide de vivre avant que la petite euphorie s'installe ?

Hâte de changer de disque...

jeudi 21 février 2008

Guy Bélanger

Guy Bélanger
Éponyme
Bros/Fusion 3
Figure emblématique des nuits écartelées du Bistrot à Jojo et des musiciens de l’excès depuis 25 ans, le souffleur d'étoiles Guy Bélanger présente son premier album solo. Révélé au grand public grâce à sa participation au film «Gaz Bar Blues» réalisé par son frère Louis, l’harmoniciste y revisite ici la pièce Retour à Berlin tiré du film. Avec, notamment, l’excellent Claude Fradette aux guitares dobro, électrique, et acoustique, l’homme aux mille harmos propose donc un album de blues soft et accrocheur surtout instrumental malgré les apparitions de Bob Walsh sur une pièce de Lyle Lovett (My Baby Don’t Tolerate) et Kim Richardson en plus de se commettre sur une chanson avec modestie avec propre voix qui, hélas, ne casse pas la baraque. Très bon. *** ½. CA

lundi 18 février 2008


Naïla
Compteuses d’Étoiles
Outside/Indica
Si on dit qu’elle aurait commencé, petite, à enregistrer et siffloter des chansons en écoutant des casettes de Gainsbourg c’est également des teintes de M et surtout des Rita Mitsouko et Niagara que l’observateur entend. Dégaine sixties kitsh mais électrop-pop contemporaine avec quelques clin d’oeils au passé, Naïla et sa voix d’hélium proposent des récits amoureux enveloppés d’un lyrisme urbain plutôt accrocheurs. Réalisé par Watcat (Lhasa, Jean Leloup, Arthur H) ce premier opus devrait lui permettre une entrée remarquée dans le petit monde de la musique kèbe trop conssensuelle. En voilà une que ne renierait pas Diane Dufresne de l’époque extravagante. La voix haut perché peut cependant devenir un irritant à l’occasion. Tiens, tiens…*** (CA)

dimanche 17 février 2008

jeudi 14 février 2008

Citizen Jane



Escale à Montréal de la grâce incarnée et fragile

Claude André


Voir Birkin en spectacle c’est comme s’attendrir du vol affolé d’un oiseau aux ailes fracassées. Une forme de sublimation de la beauté frêle Pas étonnant d’apprendre qu’elle décida de s’exiler de la chanson à la mort de Gainsbourg en 1991 quelques jours avant celle de son père, le commandant de la Royal Navy David Birkin. Puis, les ailes recousues, tant bien que mal, elle devint prêtresse du mythe de l’homme à tête de choux et choisit de faire rayonner son œuvre à travers la planète. Il aura fallu 5 ans de deuil pour enfin publier Versions Jane en 1996, puis À la légère en 1999 et le très célébré Arabesques, consacré à l’œuvre de Gainsbarre, en 2002.

Après une séance de visionnement de vieux clips du tandem Gainsbourg-Birkin sur Youtube, c’est avec, notamment, une question relativement délicate au sujet d’Arabesques que l’auteur à téléphoné à l’Anglaise mercredi dernier de bon matin. Citizen Jane souhaitait-elle, avec ce disque, contribuer au rapprochement entre deux peuples en interprétant des classiques de Lucien Ginzburg sur des orchestrations arabisantes ? «Ah oui. Il y a des trucs comme ça sur Youtube. C’est super. Je ne vais jamais là-dessus», commencera-t-elle par s’exclamer avant d’énumérer sa douzaine de venues au Québec dont une, hélas pas enregistrée, avec Seige en 1990. Puis, après cet échange de bons procédés, elle plonge dans ses souvenirs : «Des musiques arabes sur les chansons du Juif, vous mettez le marteau sur le clou comme on dit», lance –t-elle en souriant avant d’expliquer avec moult détails la naissance du concept. «France Culture m’avait donné carte blanche pour un spectacle en direct, à la radio, du prestigieux Festival de théâtre d’Avignon. Comme je ne suis pas quelqu’un qui aime faire des lectures, contrairement à ma fille Lou qui est géniale, j’ai téléphoné à mon directeur artistique pour lui demander ce que je pourrais faire pour surprendre les gens. Il m’a dit : Vous avez chanté des chansons de Serge depuis 20 ans. Donc ils ont tout entendu. Tu peux en faire deux ou trois au piano, mais si j’étais toi, quitte à choquer les gens, j’essaierais de trouver un autre angle complètement. Écoute Djemel Benyelles. Ce que j’ai fait. Puis, quand j’ai demandé à Djamel de faire un essai sur Élisa, les gens de la maison de la radio étaient sidérés (…). Puis, j’ai rencontré un manager, je n’en avais jamais eu. L’idée d’aller chanter à Ramallah,Gaza et Tel-Aviv est venue plus tard. Fallait d’abord demander aux musiciens s’ils voulaient jouer à Tel-Aviv, ce qui n’était pas évident . Djamel Benyelles m’a répondu : écoutez, nous serions fiers de jouer des chansons de Serge Gainsbourg et d’avoir une audience de Juifs, debout, qui nous applaudit», se souvient la Jane avec émotions.

La sélection naturelle

Mais toute bonne chose ayant une fin, comment la muse de Gainsbourg choisit-elle ses chansons, désormais. Pour Fictions, son dernier album paru en 2006 par exemple ?«Je n’ai pas choisi les chansons pour «Fictions». C’est Gonzales et Renaud Letang qui ont fait un tri de ce qu’il leur semblait être les meilleurs nouveaux artistes en France et en Angleterre. La seule chose que je voulais faire moi était de chanter «Alice» de Tom Wait (paroles Kathleen Brennan). Je voulais aussi faire une chanson de Kate (Bush). Sinon, je n’ai pas d’idées moi, généralement. Et ils ont eu la bonne idée de récupérer Cali que j’avais refusé, et j’ai été bien bête, pour l’album «Rendez-vous» (2004). Et il y a eu Rufus Wainwright, j’ignorais qu’il avait du temps pour m’écrire des chansons quant à Divine Comedy, je n’aurais jamais osé leur demander des chansons. Pour Beth Gibbons cependant j’ai osé et pour The Magic Numbers, j’ignorais leur existence. C’est Gonzales qui était au courant de tout ces artistes qui ont écrit des chansons merveilleuses pour moi, qu’ils auraient du garder pour eux d’ailleurs. Les cadeaux sont somptueux. Est-ce qu’il m’est arrivé de dire à un artiste, même célèbre, que ça ne me convenait pas ? Oui, souvent. Mais je ne demande pas, en principe, aux personnes dont le travail est susceptible de ne pas me convenir. C’est moi qui fais la demande, donc c’est a priori, des personnes que j’aime. C’est plutôt eux qui ne trouvent pas l’inspiration ce jour-là où qui n’ont pas envie. Et ce n’est pas la moitié de la planète qui m’envoie des chansons», révèle l’attachante interprète. «Mais c’est vrai que nous avons reçu des réponses positives de toutes les personnes à qui nous en avons demandé. Même des personnes un peu obscures comme Tom Wait. Cependant, il m’arrive parfois d’écrire des choses comme la pièce Oh ! Pardon tu dormais. Quand on me demande de la jouer, je suis plus que contente car une pièce de théâtre ou une chanson n’existent pas si elles ne sont pas jouées. Mais de se mettre devant une page blanche pour vous écrire une chanson en plus de courir le risque de se faire dire «ce n’est pas ce que j’avais en tête» relève pour moi d’une modestie sans nom ».

Cette incarnation de la féminitude aérienne ailée d’humilité nous proposera un amalgame de chansons tirées de Fictions, Rendez-vous et, bien sûr, du répertoire de Seige. Mais que des chansons qu’elle n’a pas interprétées lors de ses trois escales montréalaises pour Arabesques comme «Manon» ou «Le moi et le je». Et si Seige se retourne dans sa tombe, ce sera pour mieux écouter. Of course.

Samedi 23 février 2008 à 19 h 30
Théâtre Maisonneuve - PdA
514-790-1245

jeudi 7 février 2008

Sandrine Kiberlain cd.


Sandrine Kiberlain
Coupés bien net et bien carré
EMI/Fusion 3
Deuxième encodé pour cette valeur sûre du cinéma français et ex petite amie de Vincent Lindon dont elle pleure ici le départ sous l’angle de la retenue en public malgré les sanglots intérieurs (excellente Parlons plutôt de vous). Avec des compositeurs doués pour les mélodies qui tuent tels Bazbaz, Daho, Mickey 3 D ou Souchon fils, la comédienne écrit des petits scénarios enveloppés de sonorité sixties et britanniques qui ne sont pas sans rappeler Françoise Hardy. La voix, bien sûr, n’est pas exceptionnel mais le climat général est agréable et devrait plaire aux amateurs d’une pop légère et un brin branchouille. Pour votre serviteur, l’impression qu’il s’agit d’un truc de calories plutôt vides, finalement. ** ½ (CA)

mercredi 6 février 2008

Yann Perreau dvd.


Yann Perreau
Perreau et la lune live au Quat’Sous.
Bonsound Records/Fusion 3

Réalisé par Éric Morin (Mange ta ville, ARTV), cette captation du dernier spectacle présenté au Quat sous avant sa démolition est tout simplement exquise. À la fois poète lunaire, crooner, rocker et farfadet de la nuit, Yann Perreau flanqué de l’excellent Alex McMahon au piano, claviers, voix, batterie, programmations… nous offraient un spectacle énergique et inspiré qui a subjugué tous ceux qui y ont assisté. Sacrés veinards que nous sommes, ils nous l’offrent en plus des six clips, d’images de coulisses et des deux cd live du spectacle sur lesquels on retrouve une relecture électro kitsh de La vie n’est pas qu’une salope et une rare Alabama Song. **** (CA)

mardi 5 février 2008

Bernard Lavilliers. cd


Bernard Lavilliers
Samedi soir à Beyrouth
Universal
Pour les uns, il est catalyseur de colères et témoin des affres de l’époque. Pour les autres, parlez-en aux Fatals Picards (tordante Bernard Lavilliers sur Youtube), il est à la chanson de ce que le président Chavez, auquel il rend hommage avec Tryo, est au général Alcatraz dans Tintin : une caricature. C’est en chaloupant les hanches sur les rythmes reggaes mâtinés de soul, de r & b et de calypso que nous tantôt rêvé de marins en cavale, de beautés du désert et d’amoureuse qui revient et tantôt lever le poing à l’endroit du capitalisme bimbo à la Sarko et poufiasse. Capté à Kingston dans le studio de Marley et à Memphis, ce chapitre plus intime succède superbement au magistral «Carnets de bord». **** CA.

vendredi 1 février 2008

Barbara cd.


Barbara
Le temps du lilas
Le chant du monde/Fusion 3
Ange de velours sombre, Barbara devait nous quitter en novembre 1997. Elle demeure à ce jour, au même titre que Ferré et Brel, une auréole qui plane au dessus des âmes mélancoliques et autres aficionados de la grande chanson à textes sublimatoires. Voici donc un coffret de 4 cd qui réunit 77 chansons recoupant 15 années de sa carrière, parfois entrecoupés de commentaires de la dame débusqués dans les archives de Radio-France et de l’INA. En plus de l’excellente qualité sonore des pièces voix et accordéon électrique ou piano, captées tantôt sur scène tantôt en studio, on y recèle 7 chansons inédites en plus d’un savoureux livret de 64 pages. De Nantes au Mal de vivre, voici l’ultime frisson noir de l’émotion. ****1/2

jeudi 31 janvier 2008

Escapade en traîneau à chiens


Décrocher la lune

Depuis le temps qu’ओं nous parle de retrouver l’enfant en soi !

Claude André

Vallée de la Gatineau près de Maniwaki. Après avoir roulé quelques 335 kilomètre et dormi au Pavillon du Black Rollway, une halte multifonctions fréquentée par surtout par les motoneigistes et travailleurs forestiers par les temps qui courent mais beaucoup d’aventuriers en été, votre serviteur et son ami s’apprêtent à vivre le fantasme de nombreux Européens que nous semblons souvent bouder puisque nous avons le nez collé dessus : une escapade canine en traineau.

Dimanche 13h00. Sous un soleil de glace, notre guide Sylvain attèle le premier traineau. Cinq magnifiques Sibérien-Huskies, d’habitude ils sont six mais la femelle de tête, en chaleur, est restée au chenil histoire d’éviter les affrontements entre ces bêtes de meute dont le code hiérarchique est strict. Les autres canins gémissent comme des enfants tristes dans la remorque de notre guide et attendent tant bien que mal leur tour.

Je suis assis dans le second traineau, emmitouflé dans une couette, tandis que mon pote Pierre est debout derrière, les deux pieds sur le frein. Nos tireurs à quatre pattes trépignent et rauquent de plus belle. Allez savoir pourquoi, leur impatience fébrile se fait contagieuse. Nous redevenons gamins. Réminiscences : Crocs Blanc et Jack London se mêlent aux souvenirs de Davy Crockett. Sylvain lance «OK. En avant». Et vlan, notre traineau démarre en trombe suivant celui de notre guide. Pierre maitrise bien les instructions : tenir la corde tendue entre les chiens et l’embarcation puis maintenir une distance convenable entre les deux traineaux. Surtout que nous jeunes athlètes sont facilement tentés d’épater la forêt en dépassant leurs prédécesseurs. Ce qui pourrait causer des embouteillages dans le sentier !

Rapidement nous atteindrons les 30 km dans ce layon vallonné qui sillonne la magnifique Forêt de l’Aigle. «Wow», une bête est ralentie par un besoin urgent. Nous nous arrêterons ainsi à quelques reprises histoire de laisser les bêtes évacuer leur repas constitué d’une mixture d’eau, de poulet et de grains.

Sous la lune exactement

L’urbain qui écrit ces lignes et qui n’a longtemps juré que par les bars et autres salle de concerts est ébahie par le spectacle tranquille de cette forêt de pins blancs et ses nombreux ruisseaux. Il fait -30 degré et je sourie à l’univers. Le froid commence toutefois à me mordiller le bout des orteils. Heureusement, le guide Sylvain m’avait refilé une paire de bottes digne de ce nom et un pantalon de neige au départ. Nous avons parcouru environ 7.5 kilomètres. Demi-tour. On change de rôle et je prends la direction du frêle esquif. Bien qu’il fasse moins froid lorsque l’on est debout, à la forêt comme à la vie, je commence à avoir un sérieux problème avec mes phalanges malgré les mitaines que m’a prêté Sylvain. «Wow». Les chiens s’immobilisent et j’enquis leur maître de mon tracas. Il me refile un sac de chaux qui ressemble à une poche de thé. Très rapidement la chaleur se diffuse et ma petite poche vient faire toute la différence entre une chevauchée réussie et une journée ratée…

Ce soir, la lune sera pleine. Je regrette déjà de ne pas avoir choisi l’excursion dite «La Grande ourse». Parait que les indiens Chukchis (peuple de Siébérie) prétendaient que l’Husky est né de l’amour d’un loup et de la lune. Ce loup était amoureux de la lune et une nuit celle-ci le rejoignit. De leur anamour, naquit l’Husky sibérien qui conserve l’apparence du loup mais qui porte la queue en croissant de lune et des étoiles dans les yeux. Parait que c’est pour cela que les soirs de pleine lune, les Huskys et les loups hurlent pour l’appeler afin qu’elle descende à nouveau. Et moi qui allais bientôt tomber amoureux de celle qui est restée là-bas. Et dire que je me demandais déjà comment lui décrocher la lune…




Escapade Eskimo

819 840-8031
www.escapade-eskimo.com

Tourisme Outaouais
1 800 265-7822
www.tourismeoutaouais.com
www.foretdelaigle.com

Chienne de vie...
Sylvain Drapeau, d’où vient cette passion pour le traîneau à chiens ?

Il s’agit d’un amalgame de mes deux passions : les chiens et la nature. J’adore l’idée de me faire tirer par des animaux. Il n’y a ni moteur ni essence. On entend seulement le traîneau qui glisse sur la neige. Il y a aussi le fait de contrôler l’animal avec notre seule et unique voix qui est très stimulant.

Une chose inhabituelle ?

Récemment, j’ai reçu un client de Montréal qui voulait partir pendant deux jours en traineau à chiens. L’homme a 73 ans ! Ça s’est super bien passé.

Les chiens peuvent s’avérer dangereux pour les enfants pas exemple ?

Tous nos chiens sont vraiment dociles et polyvalents. On effectue parfois des randonnées dans des parcs pour des Centre de la petite enfance (CPE) où l’on retrouve des enfants de 18 mois à 5 ans. L’an passé, on s’est également rendu dans des écoles.

Parle-nous des Huskys.

Les Huskys-Sibériens sont originaires de Sibérie. Ils ont été conçus pas des peuples nordiques qui avaient besoin de chiens dociles puisqu’ils ne les attachaient pas. Ces chiens étaient également réquisitionnés pour la chasse. Ils ont le côté hiérarchique des loups avec l’idée de mâles et de femelles alphas.


mardi 29 janvier 2008

L'arrêt de mon c....

Très drôle. Merci à 1200 sur Facebook.

Cd. Sarah Brightman

* Bienvenue particulière aux abonnés du bulletin mensuel de mon amie et loyale confidente Nathalie Rochefort qui atterrissent ici grâce au sympathique clin d'oeil qui figure sur son dernier envoi.
Pour mieux connaitre votre hôte ou tout simplement farfouiller parmi les centaines de post d'entrevues, d'opinions, de critiques et autres calembredaines, rendez-vous sur le sommaire à droite en bas de cette page. Bonne lecture.


Sarah Brightman

Symphony

EMI

Oyé oyé. Amateurs des Trois Ténors et autres gymnastes de l’organe vocal, allumez les chandelles magiques, voici le tout nouvel opus de la Diva de la variété-lyrique Sarah Brightman. Avec plus de 200 millions d’albums écoulés en 15 ans, la soprano britannique propose cette fois une approche vaguement gothique qui confère à l’opus un aspect cinématographique à grand déploiement. Après Harem paru en 2003 (woûuu les concepts !) et la compilation Diva: The Singles Collection en 2006, parions que la chanteuse nouvel-âge fera de nouveau malheur chez les matantes notamment grâce à des duos avec Andrea Borcelli, Alessandro Safina et Paul Stanley de… Kiss. Production hyper léchée, refrains guimauves, sentiments dégoulinants…Ô secours. ** (CA).

samedi 26 janvier 2008

Tomas Jensen


La révolution personnelle

Exit la cavale avec les Faux-monnayeurs, Tomas Jensen est désormais engagé dans une nouvelle révolution musicale personnelle.

Claude André pour l'hebdo Ici Montréal

Il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis que l’auteur de ces lignes, voilà presque dix ans, s’en rendu à la table de Tomas Jensen au P’tit Bar pour lui signifier que j’avais beaucoup apprécié son tour de chant et lui prédire une belle carrière s’il changeait de gérant.
Malgré les chaleureuses accolades et les prix, l’artiste argentin a néanmoins choisi d’effectuer une première révolution et de produire un second album qui le coupait de la tradition classico-française pour s’intégrer dans la mouvance altermondialiste incarnée par Tryo, Manu Chao et autre Rue Kétanou.

Puis hop, voilà qu’il remercie ses frères d’armes des dernières années, «je commençais à donner dans l’exercice de style», pour effectuer un autre virage qui le ramène à une certaine intimité dans le propos. Toujours imprégné d’effluves sonores world que ce soit arabe, tsiganes ou brésiliennes, cette fois nappées d’un orchestre de cordes, le polyglotte a également confié sa destinée à l’arrangeur François Lalonde (Lhasa, Leloup, Dobacaracol…). «Je trouve que je retourne, justement, plus vers l’album Au pied de la lettre avec celui-ci, Quelqu’un d’autre.

C’est sûr qu’en ce qui a trait au son les choses ont beaucoup progressé mais je dirais que l’écriture des chansons revient un peu à mes débuts, quoi. À l’époque, je n’avais pas vu un changement aussi radical. C’est après coup, en lisant les critiques et en écoutant les commentaires des gens que je m’en suis aperçu. Là, par contre, le changement il est souhaité», assure le papa de deux petites jumelles de 5 ans.

Transfuge

Après six ans avec les Faux-monnayeurs donc, l’artiste nous propose un album un peu moins engagé mais toujours un tantinet irrévérencieux et certainement philosophe où il n’est «sur de rien et c’est peut la chose qui le rend plus humain».

Cela dit, il demeure deux trucs dont il demeure persuadé : son amour pour le Che, même s’il connait un petit crime de lèse gogauche en faisant rimer révolution avec play station et que nous sommes tous le con de quelqu’un comme il l’affirme pertinemment dans une pièce.

Et s’il rigole lorsque nous lui demandons de qui il le serait, l’homme qui arbore un gaminet à la gloire des Breastfeeders évoque une histoire personnelle et demeure coi. Ce qui n’est plus le cas lorsqu’on lui cause de sa rencontre avec l’arrangeur François Lalonde. «C’est lui qui réussi a transformé ce qu’on a dans la tête en quelque chose de concret sur le plan sonore. Tout ce qui se retrouve dans le disque a été analysé par nous deux à la base mais après c’est vraiment lui qui donne le ton. Il joue d’ailleurs de presque tous les instruments sur l’album. Et il sera là pour mon prochain disque», s’enthousiasme Tomas dont les toutes premières chansons se voulaient plutôt renaudiennes paraît-il. Et il nous sera loisible de découvrir ses plus anciennes et mêmes récentes puisque s’il a congédié il y a longtemps son premier gérant, Tomas Jensen reviendra néanmoins proposer ses chansons aux habitués du P’tit Bar avec sa seule guitare tout en préparant en parallèle son prochain spectacle en formation complète. Une occasion unique de l’entendre et de le voir faire sa révolution presque nue.

Tomas Jensen
Quelqu’un d’autre

jeudi 24 janvier 2008

Nico Lelièvre


Mélancolectro

Près de trois ans après son savoureux «P’tit gamin», Nico Lelièvre se dissèque le spleen sur toile sonore électro pop exploratoire.

Claude André

Il se pointe dans le café du Mile End. Tuque calée, kangourou noir, chainette d’argent à la ganse, l’œil semble triste malgré ce très beau «Parallèle» qu’il doit lancer à l’humanité ces jours-ci. Humanité ? Le mot n’est pas fortuit. Avec la part de rejet dont il a fait les frais au cours de son existence, on sent que Lelièvre poursuit une quête, une lumière, qui lui permettraient de s’accrocher à l’univers. Comme pour se réconcilier avec «ce monde de fous» dans lequel la propulsé un jour sa mère junkie française qui l’a conçu avec un «inconnu».

Pas étonnant qu’il cause d’anges dans ses chansons et s’emmitoufle de l’aura de cette rencontre du hasard avec un homme barbu qu’il aurait croisé une nuit dans une ruelle et lui aurait dit : «Va, suis ton chemin». Puis, une fois l’apparition disparue, il aurait débusqué un vieux clavier jonché dans la ruelle et avec lequel il a enregistré en deux semaines, nu dans son studio, les climats qu’il portait en lui depuis deux ans. «Je pense que c’est mon clavier qui m’a inspiré. J’étais directement connecté sur quelque chose», lance Nico en levant les yeux au ciel.

ADN

Votre humble serviteur lui avoue qu’il craignait beaucoup, vu cette tendresse particulière que je lui porte, ne pas aimer son album dont je trouvais parfois les refrains trop répétitifs. Puis, au final, l’effet hypnotique aura opéré et me voilà sous le charme. « C’est bien ça. Car comme avec les filles, lorsque l’on aime trop vite…», lance t-il en guise de réponse avec ce sourire particulier et familier qui a même un jour déstabiliser Thierry Séchan, frère de Renaud, tant la ressemblance avec celui du «chanteur énervant» est hallucinante.

Un cri de détresse cet album? «Ah, ce n’est plus le «P’tit gamin». J’ai vécu beaucoup d’expériences. Il y a eu des prises de conscience sur l’amitié par exemple… Le changement de compagnie de disque Bref, plein de choses. Tu sais, quand tu es désillusionné… … Je me suis donc enfermé pendant un bout en tentant de contrôler des pulsions bizarres (…). Pour Renaud, tu as dû savoir ce qui c’est passé. Tu as été parmi les premiers à t’intéresser à ça. Je l’ai remercié sur l’album pour les tests d’ADN auxquels il a accepté de se soumettre et qui se sont finalement avérés négatifs. Et le plus étrange c’est, qu’inconsciemment, la personne qui a conceptualisé la pochette a utilisé des formes et des images qui ressemblent étrangement à des résultats de test d’ADN», confie l’ultrasensible qui, bang, a vécu comme un autre rejet de l’univers ce résultat qui lui enlevait cette idée du père qu’il entretenait depuis une dizaine d’années.

Mais Nietzsche n’a-t-il pas clamé que «ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.» Tel un bouddhiste, le p’tit gamin a donc transformé les épreuves de son existence en quelque chose de beau. Très beau.

Nico Lelièvre
Parallèle
Into/Outside

mercredi 16 janvier 2008

C't'une fois...

Dans un avion :

«Quel est votre problème, Madame ?», demande l'hôtesse. «Mais vous ne le voyez donc pas ?», répond la dame. «Vous m'avez placée à côté d'un Noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres dégoûtants. Donnez-moi un autre siège »
«S'il vous plaît, calmez-vous», lance l'hôtesse. «Presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.» L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard. «Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de place dans la classe économique. Toutefois, nous avons encore une place en première classe.» Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air continue : «Il est tout a fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne de classe économique de s'asseoir en première classe. Mais, vu les circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi répugnante». Puis, s'adressant au Noir, l'hôtesse lui dit : «Donc, monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège en première classe vous attend.» Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène se levèrent et applaudirent...

samedi 5 janvier 2008

Libérez Ingrid et les autres otages !


Clip dans la jungle


Trois années dans la jungle
Ligotée, bâillonnée
Entourée de ces dingues
Ces doux illuminés

Qui t'ont fait prisonnière
Otage précisément
De leur triste guerre
Perdue depuis longtemps

Eux qui voulaient jadis
La liberté, le droit
Crachent sur la justice
En s'en prenant à toi

Ils méprisent la vie
Et la femme que tu es
Au bout de leurs fusils
La victoire est fanée

Nous t'attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Trois années dans la jungle
Ligotée, bâillonnée
Avec ces porte-flingues
Devenus tes geôliers

Qui te citent Staline
Ou te lisent Mao
A toi qui, j'imagine
Préfèrerais Rimbaud

Peut-être, comme moi
Les croyais-tu, naguère
Fils de Che Guevara
Et porteurs de lumière

Mais leur lutte finale
Leur matin du grand soir
C'est la haine et le mal
Et surtout les Dollars

Nous t'attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Je n' connais pas le nom
De tous ceux, comme toi
Qui croupissent en prison
Otages ici ou là

Anonymes, oubliés
Victimes de conflits
Où, de chaque côté
Sévit la barbarie

Des narcotrafiquants
D'un pouvoir corrompu
D'un indigne président
Vous payez le tribut

Alors, chantant pour toi
Ingrid, je veux aussi
Rappeler que tu combats
Contre un double ennemi

Nous t'attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Trois années dans la jungle
Ligotée, bâillonnée
Avec le vent qui cingle
Dans tes cheveux défaits

Tu restes, malgré tout
Sereine et élégante
Ta revanche sur ces fous
Est de rester vivante

Pour tous ceux que tu aimes
Et qui ne t'oublient pas
Qui veulent briser ces chaînes
Qui ne te briseront pas

Ton nom est synonyme
Ingrid Bétancourt
Contre l'armée du crime
De courage et d'amour

Nous t'attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Renaud