Journaliste culturel au «Journal Métro» (ex «24 H», «Ici», «Ici et là»...) et recherchiste, je cause cd, ciné et livres entre des commentaires politiques, des entrevues et un zeste d'humour frelaté.
samedi 19 mai 2012
Red Ketchup : 30 ans dans les dents !
30 ans dans les dents !
Avant le désormais très célèbre Paul, la bédé québécoise a
enfanté un autre personnage qui a fait le bonheur de milliers de
lecteurs : Red Ketchup! Pour
souligner les 30 ans du réputé agent du FBI qui carbure à la coke et à l’antigel,
la Pastèque réédite l’intégrale de l’œuvre qui a vu le jour dans le défunt et
regretté magazine satirique Croc.
Entrevue croisée avec Pierre Fournier (scénariste) et Réal Godbout (dessinateur
et coscénariste) à l’occasion de la parution du couteau Aztèque et du tome 1 des recueils.
Dans le conflit entre
le gouvernement Charest et les étudiants, qu’aurait fait Red Ketchup?
Godbout : Généralement, il est du côté du pouvoir, ce
qui n’en fait pas quelqu’un de toujours sympathique. Il taperait probablement
sur des manifestants dans la rue. C’est un peu ça le personnage.
En relisant les Red, on se rend compte que la coke était
dans l’air du temps des années 80. Faisait-elle partie du matériel créatif?
Godbout : Dans mon cas, non. Avant même que je fasse Red Ketchup, j’ai gouté au cannabis et
si cela a été un moment un déclencheur, je me suis dit qu’il me fallait en
sortir car j’étais davantage productif lorsque je n’en prenais pas. Quant à la
coke, ça m’a toujours tombé sur les nerfs. Beaucoup de gens autour de nous en
consommaient à l’époque du Croc et je
n’aimais pas l’effet désagréable que cela produisait chez eux. Si on fait des
allusions à cette substance dans Red,
c’est plutôt par dérision.
Quel parallèle
pourrait-on brosser entre Red, qui
évoluait à l’époque de Reagan et Tatcher, et notre contemporanéité?
Fournier : Bien que Red
fût conçu pour divertir, il s’agissait quand même une charge contre les films
d’action un peu cons et bruyants. Effectivement, nous évoquions l’actualité par
la bande. On a connu Bush et les montées de la droite un peu partout à l’époque
et cela est encore en plein dans l’actualité. Bref, c’est un peu comme si nous
avions fait un cycle complet.
Vous ne semblez pas
avoir vraiment joué la carte commerciale à l’époque : dessins animés, figurines,
t-shirt, etc.
Fournier : Non, nous nous sommes tenus éloignés de ça.
Je crois que Croc, où nous
travaillions, a lancé un t-shirt pendant quelques mois en guise de promo. Nous
n’étions pas trop partisans d’une exploitation commerciale qui aurait sans
doute eu pour effet de diluer le personnage.
L’état de la bédé au
Québec?
Godbout : On voit des auteurs qui commencent à être
connus et qui obtiennent une belle reconnaissance. On peut établir un parallèle
avec le cinéma québécois. Au début des années soixante, il y avait quelques
fous qui faisaient des films et on s’efforçait un peu, par patriotisme, d’aller
les voir. Aujourd’hui, un grand nombre de films québécois sont produits et on
ne se pose plus de questions avant d’y aller. Je crois qu’avec la bédé on se
dirige vers cela.
Est-ce que Red, tout comme Paul, sera un jour
adapté au cinéma et quel acteur le personnifierait dans vos fantasmes?
Fournier : Nous avons des pourparlers à ce sujet tous
les ans et cela depuis longtemps. C’est très long et dispendieux une adaptation
au cinéma. On le ferait en personnages réels et non en dessins animés.
L’acteur? Quand on a écrit Red Ketchup,
on s’est inspiré de l’acteur Jack Lord, la vedette de la télésérie Hawaï 5-0 mais là, aucune idée. Tu as des suggestions ?
![]() |
| Pierre Fournier et Réal Godbout, les créateurs de Red Ketchup. |
dimanche 13 mai 2012
dimanche 6 mai 2012
Chinatown et les sexy sixties
Et la lumière fût
Avec un 2e
album en bandoulière, les cinq garçons dans le vent de la formation Chinatown
partiront à l’assaut du Québec au cours des prochains mois, en plus de réaliser
un clip pour chaque nouvelle pièce. Un spectacle acoustiques avec cordes et une
relecture de toutes les chansons de Comment
j’ai explosé en version jeux vidéo sont également au programme. Rencontre
avec Félix Dyotte, Pierre-Alain Faucon (PAF) et Toby Cayouette.
Claude André
Votre album s’intitule
Comment j’ai explosé. Au moment de le
choisir, aviez-vous en tête une métaphore sexuelle ou une vision prémonitoire
du succès à venir?
(Trio de rires)
Félix : La réponse est non.
Toby : Il arrive très souvent, et c’est surprenant, que
l’on soit inconsciemment influencé par des courants sociaux dont nous ne
comprenons la teneur que quelques mois plus tard. Par exemple, il y a eu une
chanson au début de l’année 2001 qui évoquait New York sous les flammes.
C’était neuf mois avant les événements du World Trade Center… (Note : Le Grand incendie de Noir Désir)
Il y a trois ans, vous
avez lancé Cité D’Or. Est-ce que cela
vous a permis de connaître la gloire, le succès et les femmes?
Félix : Un peu des trois! Nous sommes au Québec, donc
nous n’avons reçus que des échantillons gratuits d’un peu tout ça. Maintenant,
nos réserves sont à sec, voilà pourquoi on sort un nouvel album (rires).
Terminez la
phrase suivante : avec Comment
j’ai explosé, la formation Chinatown propose une approche toujours
imprégnée des sixties mais plus
rugueuse…
Félix : C’est plus rugueux, mais en général il y a
aussi plus de texture sur cet album. Il respire davantage et se laisse
explorer : on peut le réécouter à plusieurs reprises et percevoir chaque
fois de nouvelles couches. Bien sûr, c’est toujours sixties, cependant on s’est rendu compte qu’il ne s’agissait pas
d’un style volontaire mais plutôt d’une façon d’écrire des chansons qui
correspond à un mouvement né dans les années soixante. Nous vivons dans une
société d’immédiateté où l’on semble croire que ce qui s’est produit dans le
passé doit y demeurer. Or, s’il est vrai que nous reprenons des éléments issus
de cette époque, il n’y a aucune raison pour qu’un style musical meure.
Toby : À quelques exceptions, le côté sixties se situe davantage dans la
sensibilité du songwriting que dans
les arrangements et les sonorités. C’est surtout notre structure chansonnière
qui vient de cette période. Hormis quelques pièces, l’aspect sixties est beaucoup moins présent que
sur le premier album.
Et toi PAF, qu’en
penses-tu?
J’expérimente des façons d’écrire qui se rapportent à la
tradition des chansons sans auteur. Comme l’étaient les vieilles chansons de
marins imaginées par des gens qui ne pouvaient pas écrire en ramant. Cette
tradition est beaucoup plus ancienne que les sixties.
Ce nouvel album est
plus étoffé musicalement que le premier, mais moins accessible de prime abord.
Est-ce une volonté d’être désormais perçus comme un groupe plus sérieux?
Toby : Cette ambition était présente dès le départ,
sauf que cette fois nous ne nous sommes pas empêchés de la suivre. C’est aussi
pour cela que nous avons réalisé le disque nous-mêmes. Il s’agit donc d’une
synthèse de nos cinq visions de la musique. Cela dit, on ne s’est jamais
demandé ce que les gens penseraient de cette approche, car on a d’abord fait
cet album pour nous.
Félix : On acquiert des outils avec l’expérience et on
se sentait prêts à le réaliser. Ce qui n’était pas le cas du premier album,
pour lequel nous avions besoin d’une lumière pour nous guider. Cette fois, la
lumière, ce sont nos ambitions personnelles.
Comment j’ai explosé est présentement en magasin.
samedi 5 mai 2012
Yann Tiersen et son cinéma pour aveugles
Cinéma pour non-voyants
Imaginez un Ennio Morricone trash qui aurait composé la trame d’un film post-apocalyptique et
vous aurez une idée de ce à quoi peut ressembler le nouveau disque de Yann
Tiersen.
Moins d’un an près le sublime Dust Lane, le multi-instrumentiste Yann Tiersen dégoupillait Skyline qui vient d’atterrir dans nos
contrées. Un autre objet radioactif presque entièrement instrumental qui
distille un post-rock/noise mélodique sous haute tension. Ce qui ne déplairait
pas à un Morricone devenu trash.
Créé à Paris, San Francisco et en Bretagne, Skyline pourrait très bien, pour les
oreilles non aiguisées, donner l’impression d’émerger du même élan créatif que
son prédécesseur. « Les deux sont assez rapprochés dans le temps, donc ils
sont assez proches, quoique Skyline soit
complètement différent. Moins sur les textures, moins sur les guitares et plus
sur les synthés analogiques », analyse Tiersen au bout de l’onde en
admettant du bout du lèvres qu’ils sont peut-être cousins.
Quant à sa méthode de création, ce n’est pas Tiersen qui
livrera le secret de la Caramilk.
« Je n’ai aucun instrument de prédilection ni de recette particulière.
J’aime bien me laisser porter. Je pars toujours d’une idée de base assez
simple, qui peut-être répétitive, et je construis à partir de cela »,
avance le créateur, qui n’aime pas intellectualiser son art. « On ne peut
pas avoir d’influences musicales lorsqu’on essaie d’être honnête. Dès que l’on
sent des influences, on s’en détache instinctivement », poursuit cette
figure de proue du post-rock. La mort du rock? « Faux débat. On vit une
époque dense. On a accès à toutes les cultures, à toutes les musiques et tout
cela se mélange et évolue. La musique évolue aussi », tranche le créateur
encore très associé à la bande sonore du méga succès Le fabuleux destin d’Amélie Poulain.
Putain de destin
Il semble d’ailleurs éprouver un étrange rapport avec ce
film. Ras-le-bol d’en causer? « Cela m’est égal. J’ai rien contre, il m’a
fait connaître dans le monde entier, mais je n’ai pas créé cette musique pour
ce film », lance-t-il le ton désabusé. Et lorsqu’on lui demande, narquois,
s’il compte revenir un jour à ces images d’Épinal musicale de Paris, le pote de
Christophe Miossec se rebiffe : « Moi, je suis né en Bretagne. Nous
avons passé des siècles en guerre contre les Français. Je ne suis pas du tout
lié à l’image d’Épinal parisienne. L’accordéon est pour moi un instrument
celtique. » « Peut-être, mais il a servi à cette image, un peu bluette,
dans le film », relance l’intervieweur. « Justement, mes morceaux
n’étaient pas liés à cela. Ils ont été tirés de mes premiers albums. Moi,
autant je cautionne le film, j’aime bien son côté suranné noir et son côté
humaniste, autant je n’aime pas du tout son côté parisien et français. Or,
précisément, c’est parce que je ne suis pas en accord avec le film que ça m’a
un peu gêné d’être collé à cette image », conclut-il.
vendredi 4 mai 2012
On se fait tous fourrer !
![]() |
| Le mépris et l'entêtement d'Alexandre Chartrand |
L’art de la provoc’
Bénéficiant d’une certaine sympathie dans le milieu du
cinéma underground, grâce à son long métrage de fiction La Planque (2004) ainsi qu’à son documentaire sur le peintre
d’envergure Serge Lemoyne (2005), Alexandre Chartrand, également peintre,
présente une troisième expo à la fois provocatrice et engagée qui promet de
brasser la cage : On se fait tous
fourrer!
Claude André
Votre exposition
s’intitule On se fait tous fourrer!
Pourquoi?
Je suis un peintre engagé et dénonciateur. Pour cette expo,
j’ai décidé d’aller droit au but. Les tableaux ont également un aspect
caricatural, car j’ai représenté, sans détour, des gens qui se font fourrer
dans le sens strict de l’expression. Pour ce faire, j’ai, notamment, mis
l’accent sur les visages.
Êtes-vous influencé
par Magritte?
Oui. On se souvient tous de son œuvre Ceci n’est pas une pipe, qui illustrait une pipe. J’essaie, comme
lui, que les titres de mes œuvres aient autant d’importance que les
représentations elles-mêmes.
Comment on en vient à
faire une expo sur cette thématique?
Ça fait longtemps que je suis désenchanté par la politique.
Les politiciens font, en général, davantage partie du problème que de la
solution. Je trouve qu’il y a trop peu de gens qui s’intéressent à la chose
politique et je me disais que la peinture, à la fois ludique et très colorée,
pourrait attirer les regards. Il faut dire que si le sujet semble à la mode en
ce moment, il ne l’était pas au moment où j’ai eu cette idée d’expo, il y a
deux ans.
Cette expo est donc volontairement
racoleuse.
Exactement. Généralement, lorsque je peins, je m’inspire de
photos que j’ai prises moi-même de mes sujets. Dans ce cas, j’ai travaillé avec
de photos glanées sur Internet, en cherchant délibérément la provocation par
l’intermédiaire de la pornographie.
On retrouve même la
reine d’Angleterre en position, disons… inhabituelle.
Oui, c’est le clou de l’exposition et ce geste est, par sa
nature, illégal au sens de la loi, car il est interdit de représenter la reine
sans son consentement. Je n’ai pas commencé par cette image, mais j’ai
tellement trouvé effrontée la venue du couple royal après leur mariage que je
me suis dit qu’il me fallait émettre un commentaire sur la monarchie. Cela
semble anodin, mais le fait que nous soyons encore une colonie, que l’on ramène
encore l’appellation « royale » dans les institutions, que l’on paie
à ces jeunes un voyage pour venir rire de nous en pleine face et nous rappeler
que nous sommes encore sous domination, m’apparaît totalement déplacé. Ces gens
sont quand même les descendants des grands dictateurs de l’histoire européenne.
Vous présentez cette
expo dans une galerie de l’Ouest de l’île, double provocation?
Oui et non. Ce n’était pas aussi flagrant qu’il ne paraît,
car j’en suis à ma troisième expo à cet endroit. Je m’entends particulièrement
bien avec la propriétaire de la galerie. J’ai pu lui proposer mon concept
verbalement et elle l’a accepté d’emblée. Cela dit, je suis bien content, car
l’emplacement de la galerie a pour effet de confronter plusieurs personnes. Il
y a déjà des gens qui se sont plaints du mauvais goût de ma série.
Et il serait
imputable, selon vous, à l’aspect politique ou pornographique de l’expo?
L’aspect politique. Parce que des gens nus, en peinture, ça
pleut. C’est surtout le fait d’avoir associer la reine à la porno qui choque.
D’autant plus que je lui ai donné un titre assez salé…
Lequel?
À faire bander Stephen Harper…
Le tableau titré Le Mépris et l’entêtement (voir au sommet du texte) qui a été ajouté in extremis à l’expo a rapidement trouvé preneur et les 1779,00 $ demandés symboliquement pour son acquisition seront
entièrement remis à la CLASSE en
signe de soutien au mouvement étudiant. « En tant que non
étudiant, je me suis demandé de quelle façon je pouvais soutenir le mouvement
et manifester mon désaccord avec la position du gouvernement Charest sur la hausse
des frais de scolarité. J’ai participé aux marches, j’ai transmis les textes
sur ma page Facebook, j’ai signé des pétitions. Mais je me rends compte que je
dois parler le même langage que Charest pour qu’il cesse de nous ignorer :
le langage de l’argent! »
On se fait tous fourrer!, dès le 2 mai à la galerie Point Rouge.
jeudi 26 avril 2012
Paris canaille en musique
Paris canaille
Amateurs de
chanson française et de poésie encanaillée, le trio Rue de Lappe vous fera
plonger dans le Paris des amours sublimés au son de l’accordéon et de l’orgue
de Barbarie avec, en prime, la rare présence du poète/parolier Roger Tabra.
C’est à travers
des chansons de Boris Vian, Aristide Bruant, Ferré, Reggiani, Aragon, Caussimon
et autres Mouloudji que le trio nous fera plonger dans le Paris immortalisé par
les photos de Doisneau au cours de cette soirée qui sera magnifiée par la
présence d’un enfants de la goualante, le parolier Roger Tabra.
Bien connu
pour ses textes chantés par Éric Lapointe, France d’Amour et, notamment, Diane
Dufresne, Tabra a également endisqué des albums quasi introuvables qui sont de
véritables trésors.
Il nous
gratifiera ce soir là de trois nouvelles chansons dont La Mélancolitude et la magnifique La poésie qu’il nous est loisible d’entendre sur Youtube. «La Rue de Lappe est l’une des petites rues du Paris que
j'aimais et qui devenue maintenant une rue branchée, c’est moche. Mais le
groupe reprend avec amour ces vieilles chansons que j'aimais aussi et les raconte avec une certaine
gouaille qui me plait», lance Tabra en deux volutes de tabac noir en rappelant
que le grand Francis Lemarque est né sur cette rue.
Une
présence rare
«J'ai d'abord dit oui à mon ami
Émilio qui m'est cher parce que c'est aussi l'occasion pour moi de remonter sur
scène près de 7 ans plus tard. J’y interpréterai quelques chansons qui seront
sûrement un peu plus sombres que les leurs mais c'est Tabra... J'y vais aussi
parce si cela peu l'aider à gagner quelque voix, j'en serai fort heureux. Je
les aime ces gars là», conclue le parolier de sa voix de canailles truffée
d’argot qui doit ressembler à celle des voyous
qui fréquentaient les cafés-charbon et les filles de joie de cette rue, située
dans le quartier Bastille dans le 14ième arrondissement, qui a vu
naitre les premiers bal musettes en 1880.
Le trio, qui
en sera à son premier spectacle à Montréal, est composé de Emilio Armilles au
chant et à la guitare, de Frédéric Gateau au chant et à l’accordéon et de
Pascal Brenot à la contrebasse.
Samedi 28 avril
à 20h
Studio théâtre
de la Place des Arts
Infos :
514-842-2112
mercredi 25 avril 2012
André Pratte, l'homme de tous les services
![]() |
| Un éditorialiste toujours Pratte à servir la bonne cause... |
Une autre caricature de l'excellent Yvon Roy
samedi 21 avril 2012
L'exil selon Gabriel Anctil
Choisir l’exil
Passionné de Kerouac et marqué par l’œuvre de Michel Tremblay et sa petite musique joualisante, l’auteur Gabriel Anctil fait, avec son premier roman Sur la 132, une entrée tonitruante dans notre paysage littéraire.
Votre personnage Théo, avant de partir à Trois-Pistoles, évolue dans le milieu de la pub. Peut-on établir un lien avec 99 Francs de Beigbeder ?
Je ne l’ai pas lu et Beigbeder ne figure pas parmi mes auteurs préférés. La publicité ? Je ne pense pas que cela apporte beaucoup de choses positives. Si j’ai voulu situer mon personnage dans ce milieu, c’est qu’avec son ancrage dans la superficialité et l’image, il me semblait le plus opposé à la région.
La thèse de votre roman est donc la quête de soi, la quête du sens ?
Oui, Théo n’a jamais été plus loin que la ville de Québec. Il a vécu, après l’université, dans une bulle hermétique avec des gens qui pensent et vivent comme lui. Ce qui fait en sorte qu’il ressent tout un clash culturel lorsqu’il arrive en région mais sa quête le poussera à s’ouvrir aux autres dont quelques babys boomers.
Contrairement au discours ambiant (Martineau, Buck-Côté, Duhaime) vous êtes, à 32 ans, fasciné par les boomers et semblez vouloir en quelque sorte les réhabiliter…
Je me suis réconcilié avec eux en écrivant le roman. Ma conception du Québec ne s’articule pas autour de l’idée d’une guerre entre les générations mais plutôt dans esprit de continuité. Je crois, contrairement à ceux que vous venez de nommer, que chaque génération doit nourrir la suivante. Je suis aussi fasciné par les boomers car ils ont évolué dans un contexte qui est difficile à imaginer aujourd’hui. Ils avaient un peu plus de 30 ans en 1976 lorsque le Parti Québécois est arrivé au pouvoir. Collectivement, ils ont vraiment essayé beaucoup de choses et sur le plan culturel, ça demeure la génération qui a été la plus forte au Québec.
Vous pensez pas que cette génération a fait un gros party et que c’est la suivante, la X, qui a eu la gueule bois ?
(Rires) Oui, vous en avez vraiment plus bavé que nous. Dans le milieu du travail il est vrai qu’ils ont occupé tous les postes mais je les vois partir depuis deux ou trois ans. Mon personnage, qui ne connaît rien du Québec, rencontre Clermont, un vieux militant boomer qui l’invite à regarder les élections et l’éveille à la politique.
Votre intention d’auteur était-elle de secouer votre génération ? La trouvez vous aphasique à l’égard de la politique ?
Oui, mais ma réflexion a changé depuis quelques semaines avec le mouvement étudiant. Avant cela, j’étais plutôt découragé par le faible pourcentage de gens de ma génération qui se rendent voter. Mais les plus jeunes sont en train de prouver à tout le monde que ce n’est pas une génération d’égoïstes, qu’ils sont très articulés et pourvus d’une vision d’avenir. Cela me rempli d’espoir.
Comme votre personnage, vous avez vécu en région. Votre souvenir le plus marquant ?
À Trois-Pistoles presque chaque coin de rue est associé à une légende. Ça m’a profondément marqué. La ville existe depuis 350 ans et avant on y retrouvait des Amérindiens. Il y a tout un imaginaire qui entoure cette région. L’église par exemple est associée à une légende que j’ai reproduite, en l’adaptant, dans mon roman. Sans parler du paysage qui est vraiment extraordinaire.
Sur la 132 est disponible en librairies
Gabriel Anctil est né en 1979 à Montréal. Sur la 132 est le premier roman qu’il publie mais il en a écrit d’autres. Il a publié des textes sur Kerouac dans Le Devoir et bosse à Télé-Québec où il est chargé des achats de films présentés dans le cadre de Ciné-cadeau.
mercredi 18 avril 2012
Lettre à la CLASSE
Lettre à la CLASSE
La situation est tendue tel un fil sur le point de casser.
Après plus de deux mois de manifestations historiques, de répression et, plus récemment, un processus de judiciarisation du conflit, la ministre Beauchamp semble reculer. La muraille entêtée du gouvernement Charest se fissure. Cette brèche est suffisante pour faire pénétrer la lumière dans le débat.
Mais voulant sans doute sauver la face du gouvernement, et ce qui reste de dignité au premier ministre Charest, celle qui commence probablement à paniquer sous la pression des multiples bavures policières et les échecs de la job de bras digne de l’époque de Duplessis, lance aujourd’hui un ultimatum : « condamner les violences et y renoncer afin de faire avancer les choses ».
Je comprends que vous ne souhaitiez pas participer, voire vous abaisser, à cette logique paternaliste qui va à l’encontre des principes même de la démocratie directe. Je comprends très bien que vous ne souhaitiez pas adhérerà cette façon de penser selon laquelle un porte-parole, confondu avec un chef, devrait dénoncer des gestes isolés qui, dans certains cas, n’ont peut-être rien à voir avec le mouvement qu’il représente.
Je comprends qu’en refusant de vous prononcer à ce sujet vous refusez un amalgame qui a sans doute pour objectif de vous discréditer auprès de la population.
Mais le récent (et ignoble) débat auquel le porte-parole de la CLASSE a participé face au chroniqueur Christian Dufour, inutilement provocateur et sincèrement obtus à l’émission de Denis Lévesque sur les ondes de LCN, démontre que même un professeur comme M. Dufour ne semble pas comprendre la culture de la démocratie directe.
Même lui, habitué à la chose politique, ne parvient pas, et je ne doute pas de sa sincérité, à comprendre votre refus d’adhérer à la politique spectacle et à la personnalisation des enjeux politiques.
Le culte de la personnalité ambiant jumelé à un hyperindividualisme devenu culturel les empêche, lui comme Martineau et de nombreuses personnes hostiles au mouvement étudiant, de comprendre une autre logique que celle qui est devenue la leur.
Voilà pourquoi je ne saurais trop vous suggérer de tenter une autre approche que celle de la confrontation des idées et d’obtenir auprès de vos adhérents le mandat de formuler une déclaration qui irait dans ce sens :
« Nous condamnons la violence utilisée par certains de nos membres, ainsi que la brutalité policière qui a été déployée depuis le début des manifestations. »
Cette déclaration qui aurait pour effet de permettre au gouvernement Charest de sauver la face auprès de la population, ce qui le rendrait plus disposé à négocier, pourrait du même souffle lui jeter à la figure sa propre responsabilité quant à l’escalade de la violence.
De plus, elle lierait les mains de la ministre Beauchamp qui ne pourrait plus se réfugier derrière un écran de fumée pour refuser de vous inviter à la table des négociations, tout en permettant à la CLASSE de faire preuve d’une certaine envergure.
Cette envergure que la population attend encore d’un homme d’État, c’est de vous qu’elle viendrait.
Chose qui, en plus d’être noble, s’avérerait positive pour le rayonnement de votre cause auprès de l’opinion publique.
Merci de votre attention,
Cordialement.
Claude André
mardi 17 avril 2012
Hollywood et la politique : se divertir sans s'abrutir
Certains ne s’en vantent pas dans les salons, mais la plupart des gens adorent savourer des films hollywoodiens. Dans son captivant essai Hollywood et la politique, paru chez Écosociété, Claude Vaillancourt nous invite à ne pas bouder notre plaisir tout en demeurant attentifs aux messages qui y sont véhiculés.
Votre livre est-il une charge contre le cinéma d’Hollywood?
Non, au contraire. L’objectif est de contribuer à ce que les gens comprennent mieux ce qu’ils voient car de nombreux messages sont transmis par le cinéma hollywoodien. Il s’agit d’un contexte assez particulier où les investissements sont très élevés et où nombre de personnes interviennent dans le processus de production. Dans ce contexte, est-ce que les réalisateurs peuvent vraiment transmettre des idées qui leur sont personnelles ou qui vont à l’encontre des intérêts de ceux qui financent ces films? Un contrôle est-il exercé et, si oui, dans quelle mesure?
Et la réponse est…
Il subsiste un contrôle qui est assez grand mais les gens peuvent y échapper car, malgré tout, on y retrouve une certaine liberté d’expression.
Vous dites qu’Hollywood souffre, en ce moment, d’un grave manque d’imagination. Quel serait l’âge d’or?
Je reproduisais un propos que l’on entend souvent, dont celui du célèbre critique Roger Ebert. Si on analyse les années 40-50, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup de bons films à cette époque, dont ceux de Frank Capra. On y retrouvait une grande richesse dans les dialogues, qui s’est transformée avec le temps en scènes d’action. Chaque année, de bons films sont réalisés. Par exemple, en 2011, The Descendants avec George Clooney est un exemple assez intéressant de film qui pose de bonnes questions. L’idée de mon livre m’est venue pendant les années Bush durant lesquelles la presse était soumise aux dépêches et aux communiqués qu’émettait son gouvernement. Or, le cinéma américain a connu une excellente période à ce moment-là. Je pense à des films contestataires, comme Lord of War, Syriana ou Munich (Steven Spielberg).
Parlant de Spielberg, que pensez-vous du discours selon lequel le cinéma hollywoodien serait contrôlé par des Juifs qui s’en serviraient comme d’un instrument de propagande?
Je n’embarque pas là-dedans. Les studios appartiennent à des empires financiers qui sont plus grands qu’eux-mêmes et ces empires viennent de partout. Il y a Sony, qui appartient à des Japonais, l’Australien Murdoch est propriétaire d’un studio, il y a aussi General Electric qui en possède… C’est une sorte de grande sphère financière. Certains, comme Hervé Kempf, ont parlé d’une oligarchie mais j’ai ne crois pas à une oligarchie dominée par une ethnie particulière. Cela dit, aux yeux des républicains, Hollywood est un nid de démocrates et c’est pour cela qu’ils s’y attaquent souvent.
Claude Vaillancourt est romancier, essayiste, conférencier, musicien, professeur de littérature, militant altermondialiste et cinéphile. Membre du comité de coordination de la revue À bâbord, il a écrit Mainmise sur les services et les romans Les années de bataille et L’inconnue. Son dernier ouvrage, Hollywood et la politique, est actuellement en librairie.
«The Descendants avec George Clooney, un exemple assez intéressant de film qui pose de bonnes questions», selon l'auteur Claude Vaillancourt.
lundi 16 avril 2012
Le western urbain de Marie-Hélène Poitras
Fana des films de Sergio Leone et de polars, l’auteure et journaliste Marie Hélène Poitras nous livre un western-spaghetti nappé de
« montréalités » avec son roman Griffintown. Une oeuvre qui sublime ces marginaux, souvent poqués, qui conduisent des calèches. À lire avec du Ennio Morricone en musique de fond.
Vous avez choisi d’écrire un western urbain…
Je laisse les gens décider si c’est vraiment un western ou non. Mais je le suggère d’autant plus que j’ai eu vraiment du plaisir à jouer avec les clichés qui s’y rattachent. Je ne parle pas des westerns traditionnels construits de façon manichéenne, mais bien des westerns-spaghettis avec leur côté série B, leur aspect lyrique et leurs trames musicales. Mon défi était de trouver une façon de faire passer ces effets sonores dans l’écriture. C’est d’ailleurs pour cela que j’emploie un style assez sensible et que la prise en charge de la narration frôle la forme poétique. Pour la conclusion du livre, j’avais la volonté de créer quelque chose qui pourrait rappeler la célèbre scène finale du film Le bon, la brute et le truand, lorsque le gars se sauve à cheval avec la musique qui embarque sur l’image.
Vous dites que les cochers sont des gens qui construisent leur légende. Pourrait-on dire que ce sont aussi des poqués qui se font du cinéma?
Oui, c’est cela. Ce sont tous des conteurs nés. C’est ainsi qu’ils gagnent leur vie. Plus leur tour de calèche est captivant, davantage ils touchent en pourboire. En les côtoyant, j’ai découvert que ces gens colorés ont souvent un passé assez rough qu’ils essaient d’oublier. Un cocher raconte toujours sa légende, celle qu’il a peaufinée. Or, lorsqu’il n’est pas présent, les autres cochers proposent une autre histoire sur ce même cocher. En passant pas mal de temps avec eux, on finit par connaître la vérité qui est toujours fascinante. Par exemple, lorsque nous attendions les touristes, il m’arrivait de les observer, de les écouter et j’avais l’impression d’être dans une pièce de théâtre où il n’y aurait jamais de temps morts.
Vous révélez que les cochers sont détestés des résidents du Vieux-Montréal.
Ce sont des gens assez fortunés qui achètent des condos de luxe. Pour eux, de voir un gars à l’allure un peu louche qui n’a pas bien nettoyé son emplacement en partant et en y laissant l’odeur du cheval, c’est dérangeant. Vous savez, le fouet dont sont munis les cochers n’est pas destiné aux chevaux. On me l’a dit assez tôt. Une fois, alors qu’un conducteur me mettait de la pression pour me dépasser dans une petite rue où cela n’était pas possible, j’ai arrêté mon cheval et je suis descendue de ma calèche avec mon fouet pour lui en administrer un coup retentissant sur le capot de sa voiture! Et je lui ai dit : « Si t’es pressé, ne passe pas par les petites rues du Vieux. » Je suis ensuite remontée sur ma calèche avant de repartir très lentement.
Marie Hélène, si je vous invitais à savourer un bon steak de cheval…
(Rires). Jamais de la vie. Je ne mange même pas de poisson ni de fruit de mer, alors encore moins du cheval!
Née en 1975, Marie Hélène Poitras est critique musicale à l’hebdomadaire Voir. Elle a publié Soudain le Minotaure, en 2002, qui lui a valu le prix Anne-Hébert, et La mort de Mignonne et autres histoires, en 2005, qui fut finaliste au Prix des libraires du Québec. Marie Hélène est également éditrice à la Zone d’écriture de Radio-Canada.
samedi 14 avril 2012
lundi 9 avril 2012
Le Grand Martineau
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| Caricature signée Yvon Roy dont on peut consulter le site en cliquant ici |
Bestiaire
Un zoo la vie
Avec Bestiaire, son dernier long métrage dépourvu d’histoire et de dialogue, Denis Côté propose une œuvre de formalisme pur qui, venant d’un autre cinéaste, passerait peut-être inaperçue mais qui s’inscrit à merveille dans la démarche qui est la sienne. Certains crieront au génie, d’autres au scandale. Une chose demeure certaine, le petit prince tatoué du cinéma d’avant-garde ne laissera, encore une fois, personne indifférent. Rencontre.
Sur l’affiche, on peut lire «Productions Métafilms». Comme dans supérieur ou au-delà. Est-ce que
Bestiaire est un méta film ?
Contrairement à la plupart des gens dans le cinéma québécois qui disent que ça prend une bonne histoire, la narration n’est pas la chose qui m’intéresse le plus. Est-ce que je suis en réaction à quelque chose ? Peut-être. Je ne veux pas utiliser le mot provocation, cela m’a apporté des problèmes. Mes films ne cherchent pas à provoquer mais ils réagissent. Les États nordiques réagissait à ma job de critique qui devait couvrir des films en pleine période de politique de performance. J’ai toujours une impulsion un peu juvénile qui consiste à réagir à mon film précédent, à ce qui se fait au Québec et dans le cinéma en général.
D’où est venue l’idée de Bestiaire ?
La direction du Parc safari, rencontrée pour la scène de lion dans Curling, m’a invité à revenir tourner à ma guise. Je me suis dit : «on y fera quoi ? » Je ne suis pas un amoureux des animaux, je ne fais pas des films de sujets, je n’ai pas d’agenda social particulier, je ne fais pas de films de causes et je n’essaie pas de vendre quelque chose.
Mais je suis obsédé par les éléments constitutifs du cinéma comme le montage et le son. Puisque je ne voulais pas faire un documentaire sur un zoo et que je n’avais pas d’argent pour une fiction, je me suis demandé : qu’est-ce qui reste ?
Et alors ?
Généralement, lorsque l’on tourne un animal c’est pour nous faire rigoler sur Youtube ou par anthropomorphisme. Mais un animal, ça ne s’ennuie pas et ça ne possède que 7 ou 8 secondes de mémoire. Ma question était de départ était donc : peut-on filmer un organisme vivant de façon à la fois esthétique et frontale ? Contrairement à ceux qui avancent que je ne fais des films que pour moi-même, la pire insulte, Bestiaire est le film absolu pour le public parce que les gens sont obligés d’y projeter leur propre personnalité et leur vie personnelle en le regardant.
Ce film ne brosse –t—il pas quand même un parallèle avec l’univers carcéral ?
L’avocat du zoo m’a posé la même question. J’ai répondu : «Monsieur, on a pas d’argent, nos sommes que trois munis d’une caméra vidéo et on filme vos enclos pendant l’hiver !». C’est un film qui vise l’objectivité la plus totale mais les gens veulent me prêter des intentions. J’avoue que le son, retravaillé, est assez dur mais il ne visait pas à choquer. Je pense que, puisque nous ne sommes pas particulièrement amoureux des animaux, c’est devenu extrêmement froid, neutre et clinique. Je ne peux pas te dire si tu as raison ou non quant à l’univers carcéral sauf que ce n’était pas mon impulsion. Fin de l’intellectualisation car on pourrait le faire pendant des heures avec ce film faussement naïf. Mais quand tu me dis, « on voit ce que l’on veut bien y voir, tu me fais un très beau compliment.»
Bestiaire, de mon ancien collègue du Ici Denis Côté, est présentement en salles.
Bestiaire, le 6ième long-métrage de Denis Côté, a eu sa première mondiale au prestigieux festival Sundance, était le film d’ouverture de la 30ième édition des Rendez-vous du cinéma québécois et comptait parmi la sélection de la 62ième Berlinale qui a eu lieu cette année.
vendredi 6 avril 2012
mercredi 4 avril 2012
Amadou, Mariam et... Bertrand Cantat !
Black Soul
Savant dosage entre modernité et tradition, Folila, le nouveau chapitre surtout anglophone d’Amadou & Mariam, est aussi celui des rencontres. Parmi les invités : Santigold, deux membres de TV on the Radio, le rappeur de Brooklyn Theophilus London, Ebony Bone ainsi que… Bertrand Cantat qui se retrouve sur 10 des 13 titres. Discussion avec Amadou Bagayoko
Claude André
Votre de nouvel album distille autant des ambiances d’instruments traditionnels (cora, ngoni, balafon) que des rythmes urbains puisés dans le hip hop. Le concept était-il d’établir un pont entre la tradition et la modernité ?
Oui, nous l’avons réalisé à New York, Bamako et Paris. Au départ, nous voulions faire, avec les mêmes chansons, un album purement traditionnel et un album moderne. Mais finalement nous avons réuni le tout pour en faire un seul.
Bertrand Cantat est très présent sur cet album. Vous avez sans doute discuté de tout ce que cela impliquait avec Mariam ?
Nous n’avons pas eu personnellement de discussions par rapport à ses problèmes. Ce sont des convictions personnelles qui nous ont guidés. Lorsque nous l’avons rencontré à Bordeaux, nous avons trouvé qu’il est quelqu’un de très généreux, de très sympa et de très ouvert au point de vue musical, c’est tout. On a beaucoup parlé de musique et après on l’a invité pour aller au Mali. Il est venu et il y a passé une dizaine de jours.
Vous savez néanmoins que vous aurez à défendre ce choix. Il y a une prise de position philosophique dans votre geste, non ?
Effectivement, ce qui peut être compris c’est que l’individu doit toujours donner une chance aux autres de se racheter. C’est surtout ça.
L’idée du pardon, du lâcher prise, c’est le discours qu’Amadou & Mariam a toujours véhiculé. SurOh Amadou, vous dites : «tu n’as pas le choix, c’est plus fort que toi, tu dois plié».
Oui, c’est le message que nous avons toujours tenté de véhiculer. Avant même de rencontrer Bertand nous avions cette chanson-là. Ce n’est pas parce qu’il était là qu’on l’a chanté même si ça peut coller avec son histoire.
Parmi les rencontres que l’on retrouve sur Folila, il y a donc celle avec le rap. Une musique que vous aimez particulièrement Amadou ou étais-ce simplement pour illustrer l’urbanité inhérente au concept de l’album ?
On n’a pas la même manière d’exprimer les messages et le rap est un bon véhicule. En tant que musique, on aime bien le hip hop et ça nous fait vraiment plaisir de voir les styles se rencontrer. Vous savez, il y a un de nos garçons qui fait du rap.
Vous écrivez la plupart des textes de vos chansons. Où puisez-vous cotre inspiration Amadou, la spiritualité ?
Dans la quotidienneté, la spiritualité, l’amour du prochain, la vie pacifique, le déroulement des choses dans la fraternité et l’amitié et aussi dans l’espoir qu’il faut donner aux uns et aux autres sur cette terre. Leur dire que tout n’est pas figé : aujourd’hui nous pouvons être dans le bonheur et demain être dans le malheur mais qu’avec le courage tout peut changer. Notre discours consiste surtout à donner de l’espoir aux gens. À leur dire que tout n’est pas perdu et qu’il est possible de se racheter.
Quelle différence majeure ressentez-vous lorsque vous êtes devant un public africain et face un public occidental?
Généralement, en Afrique, les gens montent sur la scène pour danser avec les artistes ou faire des accolades (rires).
Folila d’Amadou & Mariam est maintenant disponible.
dimanche 1 avril 2012
Bravo Sonia Johnson !
Chaleureuses accolades à mon amie Sonia Johnson qui a vu hier son album Le Carré de nos amours remporter le Junos du meilleur album de l'année dans la catégorie Jazz Vocal.
Pour savourer des extraits et/ou l'acheter en ligne cliquez ici.
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