
Billet satirique en forme de clin d'oeil dédié à Tonton Dan. La version «officielle» de cet édito est arrivée hier sur les présentoirs via La Voix au masculin. Comme le magazine prendra un virage gai et consommation dès le prochain numéro et qu'il sera désormais dirigé par l'équipe du Voir, concururent du Ici pour lequel je collabore depuis 10 ans, ce petit texte était ma dernière contribution à La Voix. J'en suis tout de même un peu triste mais Épik Épok survivra d'une façon ou d'une autre.
Dans le nouveau film de Denys Arcand, L’âge des ténèbres, nous vivrons dans la tête d’un écrivain qui s’imagine devenir star. En plus, paraît-il, de voir le zizi et les fesses de l’inénarrable et excellent Marc Labrèche, la caméra nous fera découvrir le « charme exotique » de la vie de banlieue, du moins si l’on se fie à la rumeur. Cela me rappelle un sondage publié en avril dernier : selon l’IRB (l’Indice relatif du bonheur), la ville de Repentigny, qui se classe bonne première parmi les 25 plus importantes villes du Québec (avec un IRB de 79,40), serait l’endroit où les gens sont le plus heureux. N’importe quoi…
Avez-vous vu la pièce Les Voisins de Claude Meunier, laquelle se déroule en banlieue? À un certain moment un personnage déclare : " Y’a-tu moyen qu’il n’arrive rien dans la vie? ". Voilà qui résume tout.
Juste à les voir, ces banlieusards qui viennent jouer les touristes à Montréal et assister à des shows d’humour, la seule idée de vivre en leur compagnie sucrée, tiède et vide comme du jus en poudre Tang, vous dégoûte à jamais.
Non mais qu’est-ce qu’ils sont ridicules avec leurs jeans «déchirures étudiées» et leur chandails clinquants lorsqu’ils attendent en ligne devant le restaurant « L’Avenue » sur Mont-Royal les dimanches matins, pour manger des œufs à $ 20
Et ils croient passer incognitos. Or, voyez-vous, la banlieue rend phosphorescents le pousseux-de-tondeuse-en-bas-blancs et sa silly-conne-aux-grosses-boules.
Au moins ils pourront désormais, ceux de Laval, venir nous faire rigoler en métro. Quoique beaucoup d’entre eux s’imaginent encore qu’il faut avancer en évitant de marcher sur les corps lorsqu’on se balade dans les rues de Montréal …
Pour moi, la banlieue, c’est ça : le summum du grand Rien.
Récemment, j’interviewais le jeune chanteur Alexandre Belliard qui, pour des raisons économiques, a choisi de s’installer sur la rive sud de Montréal. « Je me fais chier, me disait-il. C’est vraiment juste pour les enfants que je suis là. Il n’y pas de café ou de petit bistro pour retrouver les copains. Tu ne peux aller nulle part à pieds. Tu es toujours dans ta voiture. En fait, tu n’as qu’un choix : la maison ou le char, mais je ne pouvais plus vivre sur le Plateau où mon 4 1/2 me coûtait 850 $ par mois », raconte avec dépit celui qui a écrit un magnifique hommage au poète urbain Denis Vanier (La Star du rodéo) dont on peut voir un poème illustré sur un mur, dans le Village
Mis à part le cas de l’ami Belliard, la banlieue c’est aussi, très souvent, le degré zéro de la conscience écologique. Car les propriétaires de petits cottages drabes et gémellaires sont souvent titulaires de deux, quand ce n’est pas trois, véhicules. Sans compter les joyeux propriétaires de Hummer. Omer Simpson...
On les reconnait à leur façon de chercher une place de stationnement, le samedi midi dans le centre-ville, avec leur cellulaire vissé à l’oreille... après avoir, sans s’en rendre compte, failli occire deux ou trois cyclistes au passage.
Évidemment, sur le boulevard Taschereau, à Brossard, on n’est pas habitués aux trottoirs et aux piétons. L’endroit est tellement sinistre qu’il déprimerait même un Polonais.
Et leurs ridicules crachoirs. Imaginez si tous les habitants de Montréal possédaient une piscine hors terre dans leur cour! Sans parler de cette odieuse manie qu’ils ont tous, celle d’arroser leur entrée de garage pour y faire pousser de l’asphalte.
Moi je suis heureux, dans mon Miles-End. Je n’ai qu’à mettre le nez dehors pour jouir des effluves d’Europe de l’Est ou d’Afrique. J’ai mes habitudes au café italien dont le latté est si exquis qu’il remplace avantageusement l’alcool. Et cette épicerie pakistanaise, avenue du Parc, qui vous ensorcelle grâce à la musique magique qu’on y diffuse. Je pourrais parler de bien d’autres choses. De cette église au magnifique dôme de bronze dont le sous-sol a servi à la représentation clandestine d’un spectacle de la top formation Arcade Fire il y a quelques mois. De la tour de Babel du Boulevard Saint-Laurent. Des mots du poète Leonard Cohen qui suintent des murs de la rue Saint-Urbain.
Des filles qui, l’été, sont les plus belles de la planète.
Et puis moi, Mossieu, j’ai la chance d’avoir des voisins multicolores et bigarrés Ma vie n’est pas banale : je suis un miles-ender, moâ. Je suis snob et j’écoute en pédalant vers mon Mont-Royal une chanson de Katerine. Que vous ne connaissez pas, évidemment. Elle se nomme : Je vous emmerde…
Dans le nouveau film de Denys Arcand, L’âge des ténèbres, nous vivrons dans la tête d’un écrivain qui s’imagine devenir star. En plus, paraît-il, de voir le zizi et les fesses de l’inénarrable et excellent Marc Labrèche, la caméra nous fera découvrir le « charme exotique » de la vie de banlieue, du moins si l’on se fie à la rumeur. Cela me rappelle un sondage publié en avril dernier : selon l’IRB (l’Indice relatif du bonheur), la ville de Repentigny, qui se classe bonne première parmi les 25 plus importantes villes du Québec (avec un IRB de 79,40), serait l’endroit où les gens sont le plus heureux. N’importe quoi…
Avez-vous vu la pièce Les Voisins de Claude Meunier, laquelle se déroule en banlieue? À un certain moment un personnage déclare : " Y’a-tu moyen qu’il n’arrive rien dans la vie? ". Voilà qui résume tout.
Juste à les voir, ces banlieusards qui viennent jouer les touristes à Montréal et assister à des shows d’humour, la seule idée de vivre en leur compagnie sucrée, tiède et vide comme du jus en poudre Tang, vous dégoûte à jamais.
Non mais qu’est-ce qu’ils sont ridicules avec leurs jeans «déchirures étudiées» et leur chandails clinquants lorsqu’ils attendent en ligne devant le restaurant « L’Avenue » sur Mont-Royal les dimanches matins, pour manger des œufs à $ 20
Et ils croient passer incognitos. Or, voyez-vous, la banlieue rend phosphorescents le pousseux-de-tondeuse-en-bas-blancs et sa silly-conne-aux-grosses-boules.
Au moins ils pourront désormais, ceux de Laval, venir nous faire rigoler en métro. Quoique beaucoup d’entre eux s’imaginent encore qu’il faut avancer en évitant de marcher sur les corps lorsqu’on se balade dans les rues de Montréal …
Pour moi, la banlieue, c’est ça : le summum du grand Rien.
Récemment, j’interviewais le jeune chanteur Alexandre Belliard qui, pour des raisons économiques, a choisi de s’installer sur la rive sud de Montréal. « Je me fais chier, me disait-il. C’est vraiment juste pour les enfants que je suis là. Il n’y pas de café ou de petit bistro pour retrouver les copains. Tu ne peux aller nulle part à pieds. Tu es toujours dans ta voiture. En fait, tu n’as qu’un choix : la maison ou le char, mais je ne pouvais plus vivre sur le Plateau où mon 4 1/2 me coûtait 850 $ par mois », raconte avec dépit celui qui a écrit un magnifique hommage au poète urbain Denis Vanier (La Star du rodéo) dont on peut voir un poème illustré sur un mur, dans le Village
Mis à part le cas de l’ami Belliard, la banlieue c’est aussi, très souvent, le degré zéro de la conscience écologique. Car les propriétaires de petits cottages drabes et gémellaires sont souvent titulaires de deux, quand ce n’est pas trois, véhicules. Sans compter les joyeux propriétaires de Hummer. Omer Simpson...
On les reconnait à leur façon de chercher une place de stationnement, le samedi midi dans le centre-ville, avec leur cellulaire vissé à l’oreille... après avoir, sans s’en rendre compte, failli occire deux ou trois cyclistes au passage.
Évidemment, sur le boulevard Taschereau, à Brossard, on n’est pas habitués aux trottoirs et aux piétons. L’endroit est tellement sinistre qu’il déprimerait même un Polonais.
Et leurs ridicules crachoirs. Imaginez si tous les habitants de Montréal possédaient une piscine hors terre dans leur cour! Sans parler de cette odieuse manie qu’ils ont tous, celle d’arroser leur entrée de garage pour y faire pousser de l’asphalte.
Moi je suis heureux, dans mon Miles-End. Je n’ai qu’à mettre le nez dehors pour jouir des effluves d’Europe de l’Est ou d’Afrique. J’ai mes habitudes au café italien dont le latté est si exquis qu’il remplace avantageusement l’alcool. Et cette épicerie pakistanaise, avenue du Parc, qui vous ensorcelle grâce à la musique magique qu’on y diffuse. Je pourrais parler de bien d’autres choses. De cette église au magnifique dôme de bronze dont le sous-sol a servi à la représentation clandestine d’un spectacle de la top formation Arcade Fire il y a quelques mois. De la tour de Babel du Boulevard Saint-Laurent. Des mots du poète Leonard Cohen qui suintent des murs de la rue Saint-Urbain.
Des filles qui, l’été, sont les plus belles de la planète.
Et puis moi, Mossieu, j’ai la chance d’avoir des voisins multicolores et bigarrés Ma vie n’est pas banale : je suis un miles-ender, moâ. Je suis snob et j’écoute en pédalant vers mon Mont-Royal une chanson de Katerine. Que vous ne connaissez pas, évidemment. Elle se nomme : Je vous emmerde…






