samedi 3 juillet 2010

Faire rêver: entrevue avec Elisapie Isaac



Moi, Elsie


Au delà du folklore, la gypsie magnifique Elisapie Isaac distille des ambiances métissées de clairs obscurs folks et de bulles enivrantes pop.

Claude André

Rendez-vous dans un resto soufi d’Outremont. Resplendissante et sans maquillage, elle se pointe comme une étoile en plein jour. D’emblée, on ressent l’agréable impression que nous sommes face à une fille plus sympa et généreuse que la moyenne. Le ton est donné. Focus sur ce visage aussi fascinant que la lumière du Nunavik. Terre de glace qui l’a vu naitre et qu’elle chante ave tendresse et émotivité, sans discours politique ou revendicateur.

«Si j’avais voulu tenir un tel discours, j’aurais choisi un autre métier. Moi, je suis une chanteuse et j’ai besoin de faire rêver. Ce qui me drive dans la vie, c’est l’aspect poétique des choses. Je suis déjà une fille très concrète je pense, mais je trouve qu’il manque parfois de mystère, de choses nouvelles.»                                                       Photos: Valerie Jodoin Keaton

Cela dit, la quête identitaire est néanmoins toujours présente chez cette petite-fille d’un grand traditionnaliste inuk. On ne choisit pas l’exil montréalais, depuis maintenant onze ans, sans y laisser une part de soi. Elle a d’ailleurs réalisé un documentaire, «Si le temps le permet» à cet effet et ne manque jamais d’illustrer ses vidéoclips de nombreuses images, souvent époustouflantes, captées dans le Grand Nord.

Si on ne sait jamais vraiment qui nous sommes, Elisapie voit la chanson comme un mega trip qu’elle a toujours souhaité faire et ne veut surtout pas arborer l’étiquette de la «fille qui va nous montrer comment ça se passe là-bas». Bien qu’elle souhaite, à travers son œuvre, partager son bagage culturel de façon subtile et imprégnée d’une certaine approche peace & love. Influences de ces chères seventies, dont celle d’Abba, son groupe fétiche.

Chose que semble avoir très bien comprise Eloi Painchaud, réalisateur de There Will Be Stars. Le magnifique encodé post Taïma. Ce projet qu’elle partageait en duo avec le guitariste Alain Auger et qui nous l’a fait connaître en 2004 avec la publication de leur unique album.

«La rencontre s’est faite comme ça, dans un café, via l’intermédiaire de mon gérant qui est l’un de ses amis. Ça juste cliqué comme ça ne se peut même pas. Je crois qu’il a vu quelque chose dans mes petites chansons. Je lui ai fait entendre un démo en lui décrivant comment j’imaginais certains trucs et lui il comprenait. Sa vision des choses partait de la mienne et il a fait preuve d’une grande humilité. Au final, Éloi m’aura appris beaucoup de choses dont la nécessité rester moi-même et de croire en ce que je pense», raconte la belle entre deux gorgées de thé marocain.

Rester soi-même certes, mais dans un écrin de luxe!


Naissance d’une chanson

Comment est née la sublime chanson «Moi, Elsie» dont le texte est signé Richard Desjardins et la musique Pierre Lapointe ?
J’avais déjà rencontré Richard à l’événement Présence autochtone. Je le savais occupé mais, il y a deux étés maintenant, je l’ai appelé et lui ai demandé de m’érire une chandson. À ce moment là, j’ai compris qu’il acceptait alors je lui ai fait part de mes idées. En fait, il me l’a rappelé plus tard, je lui avais envoyé une lettre avec mes flashs et il s’en ait inspiré. Je n’aurais jamais pensé qu’il irait aussi que ça. Il décrit vraiment les choses comme elles se passent là-bas. Quant à la musique, mon gérant m’avait déjà recommandé Pierre Lapointe mais je ne voulais pas faire la fille qui s’emparait du buzz. Finalement, après avoir même essayé de faire la musique avec Éloi (Painchaud), je me suis dit : «why not ?». Ce que j’aimais de cette idée c’était la perspective qu’il trippe sur le texte et écrive la plus belle musique du monde. Une semaine plus tard la chanson était faite.

Les mots
Lexique qu’Elisapie a rédigé sur un bout de papier au terme de l’entretien en souriant . Elle qui se désole des nombreuses erreurs factuelles commises à son sujet.

Moi = Elisapie de Salluit (Nunavik)

Inuk (singulier)

Inuit (Pluriel)

Inuktitut (langue)

Nunavik (Québec)

Nunavut (Canada)

Pas moi= Les Innus (Montagnais)

8 commentaires:

Anonyme a dit…

très joli comme chanson!

Anonyme a dit…

ah la séduction des membres des peuples amérindiens ou des inuits difficile de leur résister, elle est unique et envoutante, leurs histoires de grands esprits, de nature... bonne chance Claude André, car leur charme est tenace et invite a oublier le monde des ''blancs''

Anonyme a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=HEZPDlHNLMU

voila l'illustration des ce que je disais: y'as-tu vraiment
queslqu'un qui voudrait pas embarquer dans les canot?

Anonyme a dit…

je voudrais pas avoir l'air d'insister, mais y'a-t-il une version masculine d'eliesapie chez les Inuits? je sais comment faire du canot moi aussi!

Anonyme a dit…

pour ceux que la culture amérindienne et inuit intéresse mon ami Philippe Gauthier un ancien journaliste vend des bijoux amérindiens et des peaux des loup et des renard argentés on peux le trouver facilement sur internet.

nicole a dit…

Cher Monsieur Claude,
Pierre chante magnifiquement bien cette chanson faite pour Elisapie (spectacles ''piano-solo''). La musique est venue d'un jet et il semble selon lui que c'est très rare dans son cas. Après 18 spectacles vus de Pierre à ce jour, je suis un peu au courant... Je suis une intoxiquée de ses chansons. Pas besoin de poudre blanche, j'ai bien mieux !
Toujours aussi agréable de vous lire, une qualité d'écriture à part... J'aime.
Au plaisir
Nicole
http://nsimard.blogspot.com/

Anonyme a dit…

Nakurmiik pinguatillunga takuniatsimalaujujuit, Iqalunniilartunga march nunguani, takuutilaaqqugut!

ah, je comprends! je pense qu'elle nous dit:
venez faire des grandes marches dans les Nord avec nous les Inuits, on va être heureux ensembles,on va aller a la chasse, a la pêche, on va se raconter nos rêves, il va y avoir des beaux Inuits plein de charme et vous ne voudrez plus jamais retourner a Montréal.

Anonyme a dit…

Merci pour vos commentaires. Ils sont très précieux pour moi.

Claude