mercredi 2 janvier 2008

Un rendez-vous avec Grand Corps Malade


Ci-haut: slam dédié à tonton dan.

En lisant l’excellent Sylvain Cormier dans Le Devoir du w-e dernier, me suis dit que si je l’avais vu, j’aurais sans doute également, comme lui, inséré le spectacle que Grand Corps Malade a livré à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts lors des dernières FrancoFolies au sommet de ma liste de mes meilleurs concerts de l’année. Manque de bol, à moins que ce ne soit par un étrange déchirement paternel, toujours est-il que je n’ai pas trouvé de baby-sitter ce soir là.
Mais j’ai quand même eu le bonheur de vivre une compensation du tonnerre le 14 novembre dernier.


Tandis que je dinais avec Yann Perreau au Café du Nouveau Monde histoire de se raconter nos vies, un drôle de personnage nous salue depuis la rue Sainte-Catherine. Puis, il s’en vient vers nous : «bordel, c’est Leloup», que je me dis.

Volubile et exalté comme jamais, Leloup-Leclerc, entre deux coupes de pinard, nous a fait rigoler un bon coup lorsqu’il nous a lancé être en train d’écrire un hit pour Éric Lapointe : Je suis un hors-la-loi. Fallait voir la tête de sa copine, mi rieuse, mi-gênée, lorsque la bête y allait de son imitation de Lapointe.
Puis, après une discussion plus ou moins cohérente, nous nous sommes quittés tous les quatre en début d’aprèm après que Yann m’eut invité à l’accompagner le lendemain à un atelier rencontre organisé incognito par la Sacef (Société pour l’avancement de la chanson d’expression français) avec nul autre que Grand Corps Malade.


C’est donc dans la studio-théâtre de la PdA que le prince des slameurs nous a entretenus de son art en plus de nous livrer quelques textes après nous avoir confié qu’au lycée, la poésie classique, l’emmerdait royalement. Le temps s’est arrêté pour la cinquantaine de privilégiés qui savouraient l’instant.

Puis, pendant la période de question, lui ai demandé, mi-sérieux mi blagueur, s’il se réclamait du mouvement anarchiste vu que sa façon de décrire la philosophie slam, avec ses concepts d’autogestion et d’attentats verbaux, s’apparente aux idées libertaires. M’a simplement invité à aller prendre un pot après la rencontre pour discuter. Je ne l’ai, hélas, pas pris au sérieux. Puis l’ami Yann y est allé de très beau texte qui parle de révolution et d’une employée de supermarché tiré de son recueil Perreau et la plume qu’il ne m’a pas encore remis…

Yann ne m’en voudra sans doute pas de vous confier qu’il semble plus heureux que jamais grâce à cette fille avec laquelle il semble prêt pour une «longue chevauchée» amoureuse…

Et c’est peut-être aussi mon cas. C’est ce que je vous souhaite pour 2008.


lundi 31 décembre 2007

Destin

Entendu hier au Café Pico.

Une maman juive est à la plage avec ses deux petits. Tout à coup, elle entend un Monsieur qui l’apostrophe :

-Madame, madame, il y a un de vos enfants qui est en train de se noyer ! La dame, catastrophée, se retourne.

-Lequel: l’avocat ou le docteur ?

samedi 29 décembre 2007

Nullestalgie


Au moment où j’écris ces lignes, on rediffuse l’émission Sommes-nous trop nostalgiques (Ici et là) à Vox enregistrée à l'automne.
L'occasion ne s’y prêtait pour en parler en ondes, mais il m’arrive souvent par pure nostalgie de mon papa d’acheter des biscuits soda Premium Plus. Biscuits que je déguste accompagnés de tranches de fromage Kraft oranges qui, pliées en quatre, arborent toujours la taille parfaite pour se marier aux fameux craquelins.
Vous vous en doutez, j’ai évidemment perpétué cette savoureuse tradition paternelle avec ma gamine Noa. Une des grandes joie de mon existence parfois futile est d'ailleurs de tombée sur un sac dont un côté des petits carrés salés est brun. Je grignotte alors goulument le côté grillé tel un écureuil du Parc Lafontaine.
Or, crime et châtiment, j’ai découvert récemment que, sans doute par soucis d’économie de bouts de chandelles, on avait réduit la quantité de pâte pour fabriqué les biscottes.
Comment expliquer autrement le fait qu’elles se brisent désormais à la seule vue du pot de cheez-whiz ? Comme disait l’autre : «la nostalgie n’est plus ce qu’elle était»…
Avec le goût désormais infect de la fameuse gomme savon (Thrill) et le ragoût de boulettes en canne Cordon bleu qui ne ressemble en rien à celui de ma mémoire d’adolescent, l'amateur de zique que je suis et qui a écumé les sous-sols de filles «déniaisées» au son de Led Zep se demande sérieusement quoi penser de l’éventuelle tournée de Robert Plant et sa bande.

vendredi 28 décembre 2007

Mon top 5 shows 2M7

Western Spaghetti Orchestra

Western Spaghetti Orchestra.
Imagination au service de la dextérité notamment pour la reproduction des bruits comme celui du vent ou de la mouche qui rend fou. Pour un moment, lors du Festival de Jazz, j’ai retrouvé l’enfance assassinée par le temps en plongeant dans l’univers des films d’Ennio Morricone visités par ces franc-tireurs venus du pays des kangourous. (De retour en février.)

Perreau et la lune au Quat’ sous
Sous une lune mauve, l’écorché charnel nous prouvait encore une fois qu’il est un véritable fauve sur scène lors du dernier spectacle dispensé dans ce théâtre de poche avant sa destruction.

Pierre Lapointe en concert dans la fôret des mal-aimés avec l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal dirigé par Yannick Nézet-Séguin.
Nous avions écrit suite à son premier démo qu’il jouerait un jour dans la cour des grands. Nous restait à apprendre que Lapointe le ferait aussi vite.

WD-40 au Lion D’or
Plus en forme que jamais, Alex Jones et ses sbires flanqués d’invités de classe dont Mara Tremblay et Éric Goulet nous ont joyeusement brassé l’exutoire.

Stefi Shock
Maître dans l’art de malaxé des riffs éprouvés, c’est un Stefi galvanisé par une section de cuivres qui nous a servi un salvateur électro Shock et fait tanguer le popotin en avril dernier au Club Soda.

Culture pour enfants



Vu hier Le dragon des mers (8/10) avec Noa. L'histoire somme toute sympathique et accrocheuse du célèbre monstre du Loch Ness qui se déroule dans le décor enveloppant de la campagne écossaise.
Après la comédie musicale Les 7 (7/10), il y a deux semaines au Saint-Denis, Ratatouille (9/10), Drôle d'abeille (7/10) et Alvin et les Chipmunks (7.5/10) , l'année culturelle juvénile se terminera demain avec le spectacle de Arthur l'aventurier à la Place des Arts.
Peut-être devrais-je désormais me spécialiser en culture pour enfants ?

dimanche 23 décembre 2007

Mon top cd franco 2M7

1-Grand Corps Malade
Midi 20

2-Martin Léon
Le facteur Vent

3-Rose, Rose

4-Pierre Lapointe, Symphonique

4-Sylvie Paquette
Tam Tam

5-Renan Luce
Repenti

6-Jérôme Minière
Cœurs

7-Gatineau

8-Daniel Bélanger
L’échec du matériel

9-Diane Dufresne
Effusions

10-Moran
Tabac

vendredi 21 décembre 2007

Bell arnaque ? L'humoriste et co-auteur des Bougon Jean-François Mercier s'indigne.

Le party à Éric Lapointe

Les habitués de ce blogue savent que, depuis quelques années, votre hôte a quitté la vie rock and roll pour un rythme beaucoup plus propice à l'éducation d'une gamine. Mais je dois confesser qu'il m'a fait extrêmement plaisir, récemment, de braver la tempête blanche histoire de retrouver, pour le Ici, Éric Lapointe et Sébastien Plante (deux artistes avec lesquels j'ai parfois écartelé la nuit de biture), notamment, dans un local de répète histoire de causer du traditionnel show des fêtes mis sur pied par Éric.
On cause zique et ... rince-cochon (lire: antidote pour lendemain de brosse).


Party Animals

Le ministre de la défonce nationale Éric Lapointe entend poursuivre la tradition et dégoupiller le temps des fêtes avec ses complices.

Claude André

Éric Lapointe, Nanette, Gabrielle Destroismaisons, Mike Ward, Marc Déry, Martin Deschamps, Les Respectables et Paul Piché.

Avec cette escouade d’artistes qui interprétera plusieurs succès du répertoire québécois, ne manque que Normand Brathwaite et vous voilà avec un show de la Saint-Jean en plein hiver, non ? « Nous allons jouer avec le monde. C’est le temps des fêtes pour nous autres aussi. Le mot d’ordre était vraiment de faire des tounes que tout le monde connaît», lancé Éric Lapointe. «La St-Jean ? Généralement, avec les shows multi-artistes, il y a une table avec douzaine d’officiels dont un qui tient un chronomètre. Tandis que nous, on fait ce qu’on a envie et on chante avec qui on a envie de tripper. Il n’y a pas vraiment de metteur en scène mais plutôt un travail de concertation. Lorsque nous sommes arrivés dans le local de répètes, il n’y avait rien de couler dans le ciment. On s’amuse, on mange de la pizza et on boit de la bière. Le party est déjà poigné. Et ça sera la même dynamique sur scène. On m’a proposé de la présenter à la télé et j’ai refusé histoire de ne pas casser toute la magie», raconte Lapointe volubile avant de s’enfiler une rasade d’orge fermenté. Puis, il poursuit : «Le temps des fêtes, c’est quelque chose de familial, et mon équipe représente ma seconde famille. C’est un peu pour les garder proche de moé durant cette période que j’ai commencé ces shows là il y a huit ans», confie-t-il avant de retourner, à la fois boute-en-train et professionnel, distiller ses blagues et son enthousiasme. Un scoop : il y aura un bar sur scène et… une barmaid.


Party des fêtes Éric Lapointe
Métropolis
26 décembre 20h30 (pour tous)
31 décembre 21h30 (pour tous)


Petites confessions

Éric Lapointe
«La toune qui me fait tripper, elle ne sera pas dans le show, est I don’t wanna stop, d’Ozzy. Je la ferai au show Harley», confie le rocker qui a vécu une importante tournée et deux divorces en 2007 : épouse et guitariste et dont l’antidote au mal de cheveux, en plus de la cuillère de vinaigre, consiste désormais à descendre s’entraîner au sous-sol en boxer. «En 2008, on tourne la page ostie pis on décolle sur d’autres choses.»

Sébastien Plante, Les Respectables
«En 2007 ? On a fait Place des Arts avec l’OSM en compagnie de Claude Dubois, Marjo et Nanette en plus de la sortie du DVD de notre show au Centre Bell», se souvient, encore ému, l’attachant chanteur qui entend terminer les partys seul avec sa Dulcinée. Rince-cochon ? Riz blanc et 7 Up flat.

Nanette
«Musique de party préférée ? Ça dépend du party. Il y a quelques années, quand j’allais au États-Unis pour des concours de tirs, je mettais souvent ACDC», explique la chanteuse qui a connu une année 2007 occupée. «Je n’ai pas roulé beaucoup sur ma moto». Les 24-25, elle ira dans une pourvoirie à Saint-Michel-des-Saints et, puisqu’elle ne boit presque plus, Lady Marmalade n’aura pas à recourir à une quelconque alchimie du lendemain.

Paul Piché
Outre son concept «étrange» de récurrence des modes, Paul Piché a travaillé à l’écriture d’un album prévu pour 2008. Les lendemains ? «Avant je mangeais beaucoup de junk. Mais je n’aime plus ça. Je suis capable d’avoir du fun sans me mettre la face dans la ma…(rires)». Pas de chanson festive en 2007 : « Je suis en mode de production et non de réception sur le plan musical», explique le nouveau papa.


Mike Ward
«Happy Chistmas, de John Lennon est ma chanson festive à chaque année. Les lendemains de brosse, je m’ouvre de la bière le matin. Je peux me réveiller black out mais je n’ai pas mal à la tête. Deux jours après, je me souviens de toutes mes gaffes et j’ai honte. Pour oublier ça, je déménage. Mon année 2007 ? Écriture ».

Marc Déry
«Pour buzzer, j’écoute les Charbonniers de l’enfer. Pour remettre d’une cuite, je bois du Perrier ou je reprends une bière. Mais je ne brosse plus vraiment. Je préfère demeurer feeling. Le 26 ? Je vais rentrer à la maison. C’est davantage en tournée genre à Jonquière que je ne réponds plus de moi. À chaque année, pour les fêtes on se réunit les 4 frères et on se joue des tounes

Gabrielle Destroismaisons
«Pas souvent de cuites, mais si j’ai bu du vin rouge je sirote un thé vert le lendemain matin. Pour être de bonne humeur, j’écoutais en 2007 Put Your Hands Up For Detroit de Fredde Le Grand», souligne la «rockeuse zen » qui a participé à plusieurs spectacles des Porn Flakes et qui sera de la tournée européenne de Dracula en 2008.

Martin Deschamps
«Pour tripper j’écoutais, comme d’habitude Highway to Hell que l’on reprend d’ailleurs dans ce show. Quand je veux me remettre d’une brosse, j’engloutis un bon bol d’Honeycomb. Le 26 je retournerai à Rawdon pour d’autres partys. Le 31, je vais me prendre un hôtel et rester en ville», soutient celui qui s’est libéré de ses attaches professionnelles en 2007 et poursuivra ses conférences en 2008.

mardi 18 décembre 2007

Père Noël: 1ère partie



Comme le disait Dylan: «Le monde et les temps changent...». Si on m'avait dit un jour que j'aurais un enfant et que je l'emmènerais voir l'icône commerciale inventée, telle qu'on la connaît, par Coca-Cola...

Voici donc ma petite Nounou un peu craintive pour son premier rancart avec Santa-Claus au Complexe Desjardins.

samedi 15 décembre 2007

Michel Rivard et consorts


Échangisme musical

Si certains profitent des partys de Noël pour s’envoyer en l’air, plusieurs amateurs d’échangisme musical attendent la St-Phonic en salivant les babines.

Claude André

Non, il ne s’agit pas d’un nouveau saint canonisé par un Benoit XVI en goguette mais bien du nom d’une bâtisse dont les différentes cellules sont occupées par une trentaine de musicos.

Plusieurs d’entres-eux espèrent donc créer une nouvelle tradition avec le tout premier spectacle de La St-Phonic !

Parmi ces joyeux saltimbanques qui sont tous actionnaires de la coop St-Phonic ; Gilles Vigneault, Michel Rivard, Michel Pagliaro, Mes Aïeux, Marc Déry, Vincent Vallières, 3 gars su’l sofa, Band de garage, Éric Goulet, Dilemme, Stephend Pagliaro, The National Parcs, Madame Moustache, Manymental Mistakes ainsi que Nelson Minville qui assurera la mise en scène.

Situé à l’orée du Village, l’immeuble St-Phonic ressemble à un bloc appartements comme les autres vu de l’extérieur.

À la réception : un bureau et une cuisinette plutôt frugale avec micro-ondes et frigidaire. Une table et des chaises ainsi qu’un présentoir en mélamine sur lequel sont disposées quelques revues de musique et de coop ainsi qu’une pléthore de dépliants de pizzerias.

Un bruit roulement de batterie au second vient confirmer au visiteur la vocation des lieux.

Michel Rivard, café à la main et casque de poils sur la tête, arrive et emprunte une porte de verre qui mène au second étage. Je monte le rejoindre. Une distributrice attire mon regard. Entre les tablettes de chocolat et les paquets de gommes, des cordes de guitares en enveloppes cartonnées pour $ 1.50.

Puncher à la shop

Toc toc. Rivard me reçoit dans son studio à lui où s’entassent une quinzaine de guitares en plus de l’équipement électronique. Il s’enquiert au sujet de Face Book avant de m’entretenir quant l’histoire de cet ancien entrepôt en ébénisterie dont les multiples studios ont fait leur apparition en 1999.

Et on écoute, fasciné, l’histoire de cet immeuble que lui et les autres artistes résidants ont racheté et transformé en coop en 2006 lorsqu’il s’est avéré que l’ancien propriétaire n’arrivait pas à trouver un acheteur qui aurait souhaité conservé la vocation de «ruche musicale» de l’endroit.

«Quand je suis arrivé ici, il 5 ou 7 ans, je cherchais un endroit pour installer mon studio et je voulais avoir un petit local pour répéter quand mes chums viennent. Je me suis vite aperçu qu’il y a avait pas mal de monde que je ne connaissais pas. Puis mes chums sont arrivés : Marc Déry, Daniel Bélanger…Il y a désormais pleins de gens différents. Ça va du heavy metal à Gilles Vigneault. Leur point en commun, c’est qu’ils sont ici pour faire de la musique», raconte l’ex Beau Dommage qui est aussi président de la coop. «À un moment donné, je possédais mon local de pratique à la maison», reprend Rivard. «C’est pratique, tu peux descendre en pyjama. Sauf qu’à un moment donné, tu t’aperçois que tu ne décroches pas vraiment. Partir de la maison pour venir dans un lieu de travail, c’est toujours quelque chose d’excitant. Voilà une façon extrêmement sympathique d’aller puncher même si parfois les autres bands nous dérangent…» On entend déjà Pag : J’entends puncher….



Fêtons la St-Phonic
21 décembre à 21h00
Métropolis
514-908-9090
www.stphonic.com

mercredi 12 décembre 2007

S'apprivoiser...







L'ours est revenu jouer avec son ami chien tous les soirs de la semaine.

mardi 11 décembre 2007

Étienne Daho



L’invitation

Capitol/Fusion3

Monstre sacré, l’Officier des Arts et des Lettres est un défricheur issu de l’école du Velvet, notamment, et branché sur Londres. Et alors ? Quand Daho nous fait sa pop saccadées-yéyé aux textes froids et, ma foi, un peu genre sous Miossec, on a parfois l’envie de balancer le lecteur. Puis, il nous foudroie littéralement dans une mer de frissons avec le titre Boulevard des capucines où il relate les lettres que son père lui a envoyé tandis qu’il brûlait les planches de l’Olympia. Ce paternel peu connu qui l’a un jour abandonné aux atrocités de la guerre dans son Algérie natale. Rebelote, mais moindre mesure, lorsqu’il nous balance l’anti histoire d’amour Un merveilleux été. Le meilleur comme le pire avec ce Daho nouveau. À vous de choisir. ** ½ CA

Benjamin Biolay


Benjamin Biolay
Trash yéyé
Sony-BMG/ Select

Après le flop de « À l’Origine» paru en 2002, le dandy à la voix traînante revient avec un album total introspectif. Là où les confrères cherchent à quelle époque gainsbourienne il se réfère, votre serviteur entends l’écho de Bashung dans Regarder la lumière, l’irrévérence mordante de Miossec dans Qu’est-ce que ça peut faire et les objets familiers chers à Delerm dans La chambre d’amis. Vaporeux et gris comme le ciel de Nouvelle-Angleterre, Biolay qui, résigné, semble avoir troqué l’amour pour les branlettes dispensées dans les salons de massage, propose un album ambitieux aux arrangements somptueux et accrocheurs mais dont le propos s’avère quasi post-junkie. À apprivoiser. *** ½. (CA)

vendredi 7 décembre 2007

Renaud

Photos: Louis-Étienne Doré

Le sang qui passe

Bientôt Noël, Renaud lance deux cadeaux rouges : un album double et un dvd. Fruits de sa dernière tournée. Car la «vie ça change, les chansons ça reste»

Claude André

Lors de sa dernière série de concerts à Montréal en 2001, alors qu’il refusait des entrevues, votre serviteur avait commis une lettre pastiche adressée à une imaginaire boniche d’Outremont (où il a habité jadis) à la manière de Renaud.

L’avait pas apprécié Mister Renard et s’en était offusqué vertement à l’émission Le Point. J’étais donc nerveux de causer à mon idole d’adolescence et ne voulais surtout pas louper cette quasi unique entrevue que le «chanteur énervant» consentirait cette fois au Québec. Des fois que l’artiste, devant des questions qui heurteraient sa susceptibilité, me raccrocherait au nez…

Oserais-je lui causer de sa désintox à la clinique du Nouveau Départ? Lui demander s’il a rencontré, finalement, le chanteur Nico Lelièvre qui lui ressemble comme une photo de jeunesse… ? Ou m’enquérir quant aux résultats visiblement très modestes de ses cours de chants ?

«Allo, Montréal ! Salut mon chum tabarnak», entends-je depuis Paname. Très sympa. « C’est bien toi Renaud ?». « Oui, c’est moi câlice ». La voix est nasillarde et souriante à la fois. Il tousse comme un train à charbon. N’avait –t-il pas cesser la clope (et l’alcool) sous l’influence du regard bienveillant et scrutateur de son épouse Romane qui a d’ailleurs filmé les images de loges et coulisses de Québec que l’on retrouve dans le bonus du dvd?

Se battre

«Ben oui, je n’arrête pas d’arrêter. J’arrête tout le temps la clope…. 40 fois par jour, j’arrête. Mais un jour je vais la prendre par surprise. Au moment où elle ne s’y attendra pas. Pas le premier janvier comme convenu, comme tout le monde, et là ça sera ma dernière», lance Renaud qui, malgré un rhume et une bronchite, semble afficher une «patate d’enfer». Comme il l’annonce d’ailleurs sur «Tournée rouge sang Paris Bercy + Hexagone» avant de présenter 500 connards sur la ligne de départ qui villipende la course Paris-Dakar. «Je la chante depuis 15 ans. C’est vrai que j’ai un petit peu l’impression de me battre contre des moulins à vent mais je suis un peu teigneux comme garçon. Je suis un peu comme un genre de pitt bull (…)», clame –t-il.

Vrai qu’avec la publication de l’album Rouge sang, dont les couleurs rouge et noir de la renvoyaient directement aux idéaux anarchisant de sa jeunesse, Renaud semble avoir effectivement retrouvé son flingue. Il y reprend même, ô bonheur, la très engagée Hexagone façon protest song à la Dylan. «Hexagone c’est quand même un peu mon brûlot, mon pamphlet…La chanson que les fans ont réclamé pendant trente ans. Celle dont je disais vous aller me voir la chanter tout le temps et que les plus jeunes ne m’ont jamais vu chanter. Donc là, les plus jeunes vont pouvoir me découvrir sur scène et les plus anciens me retrouver», lance Renaud qui semble s’être réconcilié avec la presse lors de son dernier séjour en Nouvelle-France. Lui qui était en brouille avec les médias québécois. «Pas tous les médias. C’était surtout Montréal, le Journal de Montréal. En 32 ans de carrière, faire un mauvais concert, ça arrive à tout le monde», conclut celui qui ne se fera pas prier pour causer de la libération d’Ingrid Bétancourt.

Militant, comme avant qu’il n’annonce prématurément son désengagement politique lors de sa dépressive période «Boucan d’enfer» dont il nous est loisible de lire quelques avatars dans Tangage et Roulis où David McNeil relate son séjour (romancée) à la clinique Nouveau Départ en compagnie d’un certain Reinhart. «C’est un centre pour les alcooliques anonymes sur le rue Papineau. Ça a été écrit pas un ami. Il y parle de moi abondamment hein. Ça ma replonger dans des souvenirs un peu noirs…»

Si Renaud a retrouvé son flingue, hélas pas sa voix, ceux qui ont assisté à une certaine décrépitude de l’idole devenue grasse et nihiliste voire caricaturale seront néanmoins heureux de replonger dans les souvenirs heureux de leur jeunesse à travers ce Renaud rouge comme la passion. Rouge comme le sang de Rimbaud coulant sur un cahier. Ce Renaud d’enfer.






D’anar à bobo, les nous de Renaud

«Tous des tocards, tous faux-culs», Hexagone.

Période pré-mitterandienne (1975 à 1981). Renaud est proche des idées libertaires. L’utilisation du «je» inclusif permet à Renaud de créer un sentiment d’appartenance sur le plan politique en ridiculisant l’Autre : les gens associés au nationalisme qui, en France, est l’apanage, sauf exception, de la droite et de son extrême. Hexagone (1975) est fort éloquente à cet égard. Pendant cette période, le nous de Renaud s’adresse surtout à l’extrême-gauche comme en témoigne aussi le brûlot Où c’est que j’ai mis mon flingue (1977).

«Tonton laisse pas béton», slogan pro-Mitterand
De 1981 à 1995 la France est gouvernée par un président réputé de gauche, François Mitterand. Renaud s’adresse directement à ce dernier sur l’album «Morgane de toi» publié en 1983 avec la relecture du classique Le Déserteur de Boris Vian. Nous sommes loin du «roi des cons sur son trône» qu’il utilisait pour parler de la présidence pendant la période précédente. Renaud, bien que toujours anarcho-mitterandiste (sic), affiche sa sympathie pour les Verts et pour le p.s notamment avec la chanson Socialiste. Pendant cette période, il développe l’utilisation du récit avec personnage pour distiller ses positions marquées à gauche et pro-palestiniennes. Ex. Deuxième génération.

« À part peut-être José Bové, qui pourrais-je jamais aimé ? », Je vis caché.
Période post-mitterandienne de 1996 à aujourd’hui. Suite au départ de sa Dominique, Renaud sombre dans une dépression éthylique qui coïncide avec un certain désabusement sur le plan politique. «Mais bouger mon cul, m’engager, c’est pas d’main qu’vous m’y reprendrez », Je vis caché. En 2006, un récent amour avec Romane est prélude à l’album Rouge sang et permet à Renaud de «retrouver son flingue». Le nous de l’artiste est incarnée par une nouvelle classe sociale ; les bobos (bourgeois bohèmes). Fini les héros salvateurs à la Mitterand mais Renaud retrouve le goût de l’engagement politique et une certaine sérénité.



lundi 3 décembre 2007

Johnny Hallyday


Le cœur d’un homme
Warner

Chant impeccable, voix sublime mise de l’avant, émotion qui arrive juste là où il le faut, paroliers de qualité tels Jean Fauque (Bashung), le romancier Marc Lévy ou Bono, Djeuni s’est offert la totale pour son retour à ses racines musicales, le blues. Avec ses refrains accrocheurs, l’idole joue à fond sa légende et son manichéisme bien qu’il affiche parfois une étonnante humilité. «Je voudrais m’endormir comme avant/Sans craindre de ne pas me réveiller», Ma vie. Avec pour toile de fond la participation de légendes du blues comme Tony Joe White, Taj Mahal, Keb'Mo' et Paul Personne et de plusieurs musicos top pointures, Johnny, l’Albatros de la variété, semble prendre un nouvel envol plutôt convenu et hyper léché *** (CA)

jeudi 29 novembre 2007

Richard Séguin : Au pied de la lettre

Un an après la publication de ses très belles «Lettres ouvertes», Richard Séguin poursuit sa quête.

Claude André

Le song writer au cheveux d’argent qui a tout récemment reçu de chaleureuses accolades de la Socan pour ses nouveaux «classiques » Protest Song et Tu reviens de loin, diffusé plus de 25 000 fois sur les ondes hertziennes, est également l’auteur d’un chapelet de tubes qui devaient, l’an dernier, aboutir au superbe encodé «Lettres ouvertes».

Une œuvre aussi intime que touchante qui fleure bon la maturité et l’achèvement artistique. C’est d’ailleurs autour de cet opus que s’articule le concept du spectacle en formation complète de cinq musiciens (en plus de six techniciens) qu’il trimbale par les temps qui courent. Spectacle au cours ces derniers et leur figure de proue dispensent, bien sûr, des pièces récentes mais aussi plusieurs tubes réarrangés pour notre plus grand bonheur nostalgique.

«Tu sais, moé je suis au service de la chanson. Tout ce que tu fais en amont de ça vient prendre son sens quand je passe deux heures avec le monde sur la scène. Tout est orienté vers ce rendez-vous là. Cette fois, ce sont les nouvelles chansons qui ouvrent le chemin à ça. Ce ne sont pas les anciennes qui viennent comme une locomotive. On a construit ce show là d’une façon différente et j’aime cela car ça procure une autre lecture. Tu sais, nous avons revisité les pièces sans clavier. Il s’agit vraiment d’un univers de guitares. Simon Godin et Hugo Perreault, deux solides, ont fait une sacrée belle job de guitares là-dessus… », s’enthousiasme le Richard lui-même encore solide, droit et fort comme un chêne dans notre paysage musical.

Illusions perdues

Toujours debout donc (il a d’ailleurs expédié par courriel une pétition contre la privatisation du Mont-Orford à votre serviteur après l’entrevue), Richard Séguin a néanmoins perdu quelques idéaux au fil du temps. Comme en témoigne la chanson Des allumettes pour s’éclairer dont le texte, malgré qu’il soit livré à la deuxième personne du singulier, représente en fait le je si singulier de notre folk singer national.

«Les idéaux ? Il faut en avoir une grosse dose en partant parce que ça se dilue à la cuisson», s’esclaffe cet homme qui frappe aux portes du matin. Puis, il reprend plus sérieusement : « Moé, je trouve qu’il y a un côté très très positif à la désillusion. Ça te fait réagir de façon plus concrète dans des choses très au jour le jour comme c’est le cas pour notre implication pour le Mont Orford. Mais, ce n’est pas encore gagné cette affaire là. Ils ont trouvé 10 000 façons de contourner en refilant le dossier au municipal qui va régir les parties du parc amputées. Et nous savons évidemment que leur première préoccupation n’est pas l’écologie mais bien de rapporter plus de taxes et de favoriser le développement pour les gens alentours. Il reste donc encore 480 acres à réintégrer dans le parc », soupire le chanteur qui a bâti, fidèle à ses habitudes, son dernier spectacle autour d’une phrase thématique. Cette fois, il s’agit aussi du titre d’une récente chanson : Qu’est-ce qu’on leur laisse… ?

1er décembre

Salle André-Mathieu

Laval

450.667.2040

514.790.1245

dimanche 25 novembre 2007

Fred et Nicolas Pellerin


Entre vous pis moé pis la boîte à beurre, il s’en publie une trâlée de records trads dans nos contrées à chaque année. Or, il faut vraiment résolument maîtriser le genre d’une main de maître tel Monsieur Lambert (avec lequel joue Nicolas dans le Bébert orchestra) ou apporter un élément nouveau façon Faubert pour se démarquer ou, encore, afficher une touchante voire poignante sincérité. C’est le cas ici.

Bien qu’ils soient parfois verts comme peut l’être occasionnellement le Beaujolais nouveau, l’as des conteurs et son frangin Nicolas nous proposent des chansons d’une exquise rareté glanées dans le répertoire de mère-grand, de l’arrière grand-père ou parmi les 911 interprétations réalisées par des anciens et capturées sur bandes par l’ancien maire du Village de Mont-Carmel.

Ce qui assurait d'emblée un corpus pour le moins étoffé. Au final, les deux farfadets et leurs voix empreintes des sanglots propre aux vieilles âmes sont ressortis de chez leur voisin Jeannot Bournival (Les tireux d'roches), chez lequel ils ont enregistré en toute simplicité, avec un chapelet d’histoires d’amour brisées qui, bien dépouillé, verse des larmes de westerns, de blues et même de reggae. Touchant. *** ½ Claude André

Tounes suggérées pour téléchargement : L’île aux loups, Ripanpan

samedi 24 novembre 2007

Vincent Vallières

Qui voudra bien m'accompagner au concert de Vallières ce soir, voilà ma question existentielle.

Sur la route

Casquette de camionneur nonchalante et chemise à carreau pour unique drapeau, Vincent Vallières trace sa route folk dans le cœur de nombreux amateurs de chansons simples mais bien ficelées.

Claude André

«Évidemment, il s’agit d’un genre qui est peut-être peu original et où les surprises ne sont pas nécessairement les plus grandes. Quand tu écoutes un disque de Vallières, tu ne t’attends pas à être étonné mais je pense que mon talent premier est d’écrire des chansons simples et c’est là-dessus que j’ai envie de miser encore. Je sens que je commence à peine à maîtriser cet art là, que j’ai encore tout à y apprendre», analyse l’auteur du «Le Repère tranquille» au bout du cellulaire lorsqu’on lui demande s’il entend poursuivre la même route folk pour la suite des choses.

Lui qui présentera cette semaine à Montréal deux de ses derniers concerts en formation complète de 4 musiciens avec, cette fois, le retour du franc-tireur Olivier Langevin à la six-cordes. «Olivier nous avait quitté un bout de temps car il était parti jouer avec Galaxie 500 en Europe. On ne se connaissait pas vraiment, lui et moi, avant le début de notre tournée. Quand je l’ai appelé, je me disais : «c’est sûr qu’il ne viendra pas jouer dans mon band. Il n’en a sans doute rien à branler.» Je croyais que le genre de chansons que je fais ne peut pas intéresser un gars comme Langevin qui est capable d’aller dans des affaires vraiment plus poussées comme le démontre les derniers projets qu’il a fait avec Galaxie et Fred Fortin qui frôlent parfois la musique progressive. Je l’ai tout de même appelé. À ma surprise, il était bien content de l’invitation. Après 4 ou 5 shows les choses se sont placées et on est devenu des criss de bons chums. Je suis vraiment heureux de cette rencontre et c’est sûrement ce qui me reste de plus précieux de cette tournée là», raconte Vallières qui peut-être fière de la route parcourue depuis sa première tournée intitulée en 2003 intitulée Trois fois l’printemps en compagnie de deux autres chanteurs : Louis-Étienne Doré et Pépé

L’angoisse ?

Ainsi, après plus d’une centaine de représentations de son dernier spectacle qui a effectivement confirmé son talent de folk singer et sa place au sein des valeurs sûres locales, le papa de deux enfants regagnera bientôt son repère tranquille familiale de Magog pour plancher à l’écriture de son prochain chapitre. Et n’en sortira que pour quelques événements extérieurs ici et là.

Après avoir trimbalé ses tubes Un quart de piasse, Je pars à pied, Café Lézard et autre Le repère tranquille, le gus est-il angoissé à l’idée de quitter les chambres d’hôtel, la camaraderie virile et les poutines nocturnes pour se retrouver face à cette quotidienneté dont ont sait qu’elle occasionne souvent des passages dépressifs pour les bardes au repos ? « Tu voudrais des anecdotes, hein. J’aimerais te dire des choses qui soient pertinentes dans le cadre d’une entrevue…Quand nous partons sur la route, un coup que nous sommes dans un truck plus de deux jours, on entre dans un univers parallèle. Pis là, il y a comme un contact avec la réalité qui n’existe carrément plus. Ta bulle, ça devient tes musiciens, tes techniciens, les chambres d’hôtel et les salles de shows. Et tout ce qui se vit autour de cela doit demeurer dans le truck car ça n’a aucun criss de bon sens ! », rigole le chanteur qui bien qu’il aime siffler quelques cervoises après les concerts a mis une croix sur les poutines histoire de ne pas devenir trop adipeux.

Quoique la meilleure, il a oublié le nom de l’endroit, se commande à Jonquière entre le bar à spectacles et mico-brasserie La Voie Maltée et le stand de taxi.

Souvenirs, souvenirs... Craint-il de se sentir comme le junkie en manque de came après la tournée ou est-il soulagé ? «C’est la première fois de ma vie que ça me fait ça. Je suis comme à cheval entre les deux. Il faut réapprendre à vivre une fois que la route est terminée. Je vais retrouver mes vendredis et mes samedis. Écouter des films. Me remettre à écrire…» Et qui sait, rêver de la prochaine tournée avec son chum Olivier?

Vincent Vallières

Ce soir !

20h30

Le National


vendredi 23 novembre 2007

Mauvais pressentiment

Depuis mercredi soir, il y a une chose qui me tarabuste : ai trouvé un avis de courrier recommandé dans ma boite aux lettres.

Il y a parfois des vestiges d'une vie jadis rock and roll qui reviennent me faire des coucous : «Serait-ce en lien avec la garde de ma fille?, Un vieux compte de cellulaire impayé de l'époque où je faisais écouter des shows live en direct au téléphone à mes complices féminines du moment? ? Une poursuite en libelle en lien à des propos offensants que j'aurais tenus en ondes...», bref un petit pincement au coeur m'accompagne donc depuis.

Or, ce matin au Pico en cherchant la chronique de Martineau, histoire de faire le vide mental, j'ai soudainement, tel Archimède dans son bain découvrant la poussée des liquides sur les corps immergés, crié «Eurêka, j'ai la solution !»

Me suis en effet souvenu que je m'étais, lundi dernier, moi-même expédié une lettre enregistrée qui enveloppait quelques textes issus de ma modeste plume !

Technique de précaution juridique communément nommée «copyright» des pauvres.

Drôle d'émotion que de se sentir soulagé et con à la fois.

Faudrait que je commence à appliquer les leçons puisées dans mes livres de pop-psycho.