samedi 19 juin 2010

Entrevue avec Rose



La Mélancolitude

Encore une fois, la mélancolique Rose viendra ponctuer un cycle de sa vie dans nos contrées

Claude André

Entre chagrins amoureux et goguettes arrosées, valeurs familiales et remises en question, l’ex institutrice Rose écrit de jolies ritournelles intimistes et touchantes qui nous titillent le vague à l’âme. 

Découverte en 2006 avec le tube «La liste», tiré d’un excellent premier chapitre (éponyme) qui a su rallier toute une génération hexagonale à sa cause, Keren Rose est venue à la chanson par exutoire suite à une rupture amoureuse avec un garçon qu’elle aura finalement marié puis divorcé. Le fameux Julien de la chanson titrée par ce prénom.

Mais, n’ayez crainte, elle se dit heureuse aujourd’hui. Ce qui lui causerait d’ailleurs quelques difficultés sur le plan de l’écriture vu qu’elle carbure à la mélancolie.

Heureux paradoxe, ce n’était pas encore le cas lors de l’élaboration du très touchant Les souvenirs sous ma frange (2009) qui, bien que moins retentissant, est venue la cautionner auprès de ses pairs et des amateurs de chansons raffinées.

«Oui cet album a apaisé des craintes dont la principale: est-ce que je peux encore écrire ? J’étais assez heureuse de voir que j’avais de l’inspiration et que musicalement ça venait toujours parce qu’écrire c’est un truc que je sais faire depuis toute petite, mais la musique c’est plus récent. Or, ce second album m’a effectivement légitimée mais le fait qu’il ait moins bien marché m’a un petit peu inquiétée au départ. Je me demandais si ce n’était pas l’inverse, si je n’étais pas en train de disparaître. Finalement, j’ai eu des retours, comme tu me le disais tout à l’heure, beaucoup  plus positifs  que sur le premier disque de la part des journalistes. Plusieurs fois cependant  je me suis dit : est-ce que les gens vont m’attendre ? Ne sont-ils pas sans cesse en quête de nouvelles découvertes ? Je me posais la question en me disant que je me reconvertirais peut-être dans l’écriture de chansons pour les autres, de nouvelles ou dans les contes pour enfants», relate la belle sans fausse pudeur.




Le bonheur d’être triste

Pudeur ? Un mot qu’elle ne semble pas trop connaître comme en témoigne la chanson «Chez moi», où en décrivant les membres de sa famille elle fait aussi état de sa propre judaïté ainsi que des exaltations religieuses de son frangin. Autre exemple,
«Le mal de l’aube» qui évoque son penchant pour les chimères éthyliques qui peuvent également susciter l’apparition de cette sacro sainte mélancolie.

État d’être à la fois honni des cœurs fêlés mais également sublimé par les âmes d’artistes. «Disons que si on veut être un petit peu honnête, je suis quelqu'un qui aime faire la fête. Et ce sont ces lendemains de fêtes qui ont parfois un aspect plus triste, simplement parce que je suis fatiguée et que j'ai un peu trop
abusé. Pourtant, ce léger vague à l¹âme me permet de retrouver l¹état dans lequel j'aime écrire. Mais je n'aimerais pas vivre cela au quotidien. En fait je préférerais ne plus jamais écrire et être bien plutôt que l'inverse si on me donnait le choix», analyse Rose qui, à l’instar de sa précédente,  terminera encore une fois sa tourné de spectacles en Nouvelle France. 

Parions que si, comme le disait Hugo, la mélancolie c’est bonheur d’être triste, et bien on passera un fort heureux moment ce soir au Club Soda.

vendredi 18 juin 2010

Rapt de Lucas Belvaux avec Yvan Attal



Affaire classée

Un homme d’affaires au flair certain se fait kidnapper, le monde de la finance s’affaire et ne sait trop que faire tandis que la presse pipeul fait ses choux gras de l’affaire.

Inspiré d’événements qui se sont réellement produits en 1978 et qui impliquaient le baron belge Édouard Empain, ce film de Lucas Belvaux reproduit les avatars d’une chute sociale, la lourdeur sourde et inquiétante de la captivité et le vide inhérent au retour.

Dès les premières scènes, on se sent aspiré par ce film noir prometteur. La scène du rapt s’avère très réussie et le climat de stress s’installe rapidement. L'efficacité américaine n'est pas très loin.

Grace à des dialogues intelligents et savoureux dignes des meilleurs romans d’espionnage, le spectateur plonge dans les réunions de crise avec une certaine délectation en regard de la putasserie des actionnaires qui ne veulent pas payer les 5 millions d’euros mais souhaitent garder la face et les analyses «real politic» de la classe politique.

Hélas, trois fois hélas, la tension s’étiole et le film devient de plus en plus anecdotique jusqu’à ce que le cinéphile attentif observe, dans trois scènes plutôt qu’une, un vilain micro perché au sommet de l’écran.

Il observe sa montre et assiste au retour peu convainquant d’un milliardaire déchu et antipathique mais toujours riche (Yvan Attal, bof malgré les kilos perdus pour ce rôle) dont la vie de débauche est devenu pendant un moment le reality show le plus couru en France.

Affaire moyenne. ** 1/2

lundi 14 juin 2010

Entrevue avec Rachid Taha

KousKous Klan

À la fois festif et charismatique, Rachid Taha devrait de nouveau nous faire entrer dans une transe collective lors de son passage aux Francos


Claude André

Toujours inquiétant de téléphoner au camarade Rachid. Sa réputation de noceur le poursuit et le journaliste se demande s’il tombera sur un de ces jours où il se remet d’une goguette assassine.

S’il ne se gêne pas pour exprimer ses nombreuses opinions, toujours imprégnées d’une certaine culture libertaire, le rocker se fait aussi très discret lorsqu’on lui demande de quoi sera composé son prochain spectacle ou s’il viendra avec une grosse équipe de musicien. «Je viendrai avec une équipe normale, quoi», rigole-t-il depuis Paris visiblement de bonne humeur ce jour-là.

On lui cause de sa tante qui pratiquait le vaudou, comme nous l’apprend l’excellente bio Rock la Casbah qui lui est consacrée (Flammarion, 2008) et de cette écume quasi mystique que l’on peut ressentir lors de ses spectacles. «Le vaudou ? Oui, bien sûr, complètement. C’est un côté de ma vie, un côté sorcier. Parce que la musique nous soigne, ça me permet de me soigner parfois», lance-t-il- avant de répondre, comme la plupart des adeptes précisons-le, que non il ne pratique pas.

Et si cette icône contemporaine qui compte Patti Smith, Brian Eno, Mick Jones et Robert Plant parmi ses idoles doit encore se soigner, ce serait, semble-t-il, de moins en moins de ses excès nocturnes. «On devient un peu plus vieux, on récupère moins vite, c’est sûr. Mais il est vrai que le métier est un peu plus dur qu’avant. Avec les histoires d’Internet…Aussi, l’industrie du disque ne va pas très bien en ce moment».

Peut-être aussi pour ce la que, bien que toujours fidèle à son habitude de métisser les genres musicaux et les culture, son dernier encodé «Bonjour», sur lequel on retrouve la chanson titre en duo avec Gaëtan Roussel, est également plus pop que les précédents comme l’illustre d’ailleurs cla pochette fushia et cette chemise mexicano-kitsh qu’il arbore sourire béat. «C’est mon côté un peu mariachi. (rires du journaliste).  Non mais c’est vrai. Du reste c’est typiquement français parce que le mot mariachi vient de mariage. Ce sont d’ailleurs les Français qui y ont exporté la trompette et le mariachi au Mexique», poursuit-il enthousiaste.

Puis on le relance au sujet de ce spectacle à venir. «À quoi vous attendre? Je ne le sais pas du tout. Je suis un peu dans l’ignorance. Ça va être une surprise pour moi et pour vous. Je joue un peu ma coquette là…(rires). Mais il y aura beaucoup de chansons de «Bonjour» et je suis en train de faire le tri parmi mes quelques 80 chansons».

En attendant son séjour chez-nous, il écoutera encore et toujours les chansons de Johnny Cash qu’il adore entre deux séances de chaabi. Cette musique classique arabe qu’il affectionne tant sans parler des films western de John Ford. Et, qui sait, quelques petites sessions de vaudous, cette activité qui n’est pas si loin des rites du rock finalement. Inch’Allah.


Bonjour
Outre le duo «Bonjour» avec Gaëtan Roussel, la présence du leader de Louise Attaque se fait manifeste sur le huitième opus studio de Rachid Taha. Coréalisateur avec Mark Plati (Les Rita Mitsouko, Bowie, Bashung…), Roussel insuffle une énergie rock et permet encore une fois à Rachid Taha de proposer un savant amalgame entre l’Orient et l’Occident. Malaxage que nous ne saurions étiqueter tant il touche à des genres différents qui vont de l’électro hip-hop au chaâbi en passant par le rock lent, les trompettes sublimes et les effluves latines. Entre écorchures, engagements humanistes, hommages aux anciens, légèreté amoureuse et réconciliation Juifs et Arabes, ce fils d’Oran propose peut-être son album le plus pop et favorisera sans doute l’adhésion d’une légion de nouveaux adeptes. *** 1/2




Rachid Taha en collaboration avec  Dominique Lacout
Rock la casbah
Flammarion, 2008, 348 p.
Si vous êtes fan de Rachid Taha et/ou de rock, nous ne saurions trop vous recommander cette bio cosignée par Domique Lacout qui nous a déjà donné des ouvrages sur Lavilliers mais aussi l’immense Léo Ferré. On retrouvera d’ailleurs la large influence de la pensée anarchiste de Ferré dans le parcours de Rachid Taha qui, bien que de gauche, ne se gêne pas pour critiquer ses pairs artistes dont Coluche, par exemple. Outre les anecdotes propres à ses débuts dans le milieu de la contre-culture avec le groupe Carte de Séjour, Taha raconte avec beaucoup de tendresse son enfance algérienne, sa position d’immigrant et ses influences artistiques en émaillant son propos de textes de chansons et autres contes. On y apprend une foule de choses savoureuses dont le fait qu’il faille demander la légion d’honneur pour espérer  l’obtenir. Tiens tiens… Savoureux. CA.


Rachid Taha sera en spectacle ce mardi 15 juin à 21h00 au Métropolis dans le cadre des FrancoFolies de Montréal.



samedi 12 juin 2010

Entrevue avec Xavier Dolan



 



Risibles amours

Un jour, pour évoquer notre époque, nous nous référerons aux films de Xavier Dolan. En attendant, il nous cause de son second opus et autres petits et grands mystères de l’amour.

Claude André

On décèle chez toi un don de dialoguiste manifeste. Est-ce que écris à voix haute à la façon du maître Henri Janson ou tu improvises au tournage?
Des fois oui, il est possible que je fasse une reconstitution de la scène pendant que je l’écris mais il y a vraiment très peu d’improvisation dans le film. Mon école ? Il n’ y en a pas. J’écris comme je parle dans la vie. J’essaie de faire en sorte que cela soit le plus naturel possible : parlé et non explicatif, que les acteurs ne disent pas ce qu’ils savent mutuellement juste pour mettre le spectateur en situation.

Tu utilise néanmoins beaucoup l’humour.
Ce qui m’a été donné de vivre et d’expérimenter jusqu’à maintenant avec mes amis ce sont des situations absurdes (un peu), et empreintes d’humour. J’essaie juste de renvoyer le ton de ma vie qui n’est pas juste composée de drames.

Il n’y a pas une volonté de produire des dialogues dont certaines tirades deviendraient cultes ?
À l’origine ce n’est même pas écrit pour faire rire. Juste pour être réaliste : léger par moments et grave à d’autres.

Dans ce film, le véritable couple est visiblement composé de ton personnage et celui de Monia. L’objet de leur fantasme, Niels, n’est peut-être qu’une façon pour eux de vivre une sexualité?
Écoute, je ne l’avais pas vu comme ça. Mais il n’y a pas de vérité dans ce film là. C’est un anti scénario. C’est un anti film construit à partir d’une surface, d’un mirage, d’une idéologie. Il n’y a pas de rencontre, pas de contact. Ce film est une errance. Il est aussi superficiel que l’histoire qu’il contient.

Tes personnages vivent une peine d’amour pour une personne avec laquelle ils n’ont pas eu de rapports charnels, tu crois  vraiment cela possible?
Oui. Moi j’ai été très souvent en peine d’amour avec des gens que je n’ai même jamais embrassés.

Vraiment, une peine d’amour !
Une peine d’amour c’est le rejet amoureux. L’amour n’a pas besoin de la sexualité pour se concrétiser mais il en a besoin pour survivre.



Les amours imaginaires

Souper d’amis. Un beau grand blond débarque (Niels Schneider). Bang! Le cœur de Marie Camille (Monia Chokri, irrésistible)  et Francis (Xavier Dolan) fait tilt. 


S’installe une rivalité amoureuse pour ce garçon dont l’orientation sexuelle semble indéfini. Et nous on se demande qui finira par se le taper ?


 Si l’intrigue se révèle plutôt mince, et c’est voulu ainsi, le second film de Xavier Dolan confirme son don exquis de dialoguiste doublé d’un fin observateur de son époque.


Musique kitsch, nombreux clins d’œil aux classiques, plans ralentis accrocheurs on passe un très agréable moment avec cette œuvre universelle qui illustre avec sincérité et élégance  le triomphe du fantasme amoureux kaléidoscopique sur la grise et morne lucidité. 


*** 1/2

vendredi 11 juin 2010

Agenda culturel


J’ai rendez-vous avec vous

S’ils elles préludaient la fin de l’été, les FrancoFolies de Montréal annoncent cette année la magnificence de l’été montréalais. À ne pas louper : le baudelairien Jean-Louis Murat les 10 et 11 juin, Gaëtan Roussel (Louise Attaque) le 11, le sorcier du KousKous Klan Rachid Taha le 15, le prince de la rime et de la fantaisie Jacques Higelin le 18, la gracieuse et mélancolique Rose le 19 ainsi que le rebelle au cœur écartelé Miossec le 12 (avec Vincent Vallières en ouverture). Côté local : l’inénarrable Plume et ses Mauvais Compagnons nous gratifieront de leurs trop rares sorties les 10 et 11 tandis que Charlebois fera des siennes le 15. Notons au passage que l’ami Louis-Étienne nous chantera ses complaintes folk et rock, gratos, le 12 juin à 18 h00.
FrancoFolies de Montréal
http://www.fracofolies.com/
10 au 19 juin
                                                                                                                                                                                                                              

Corée âme

Parmi les films qui figureront sur les recensions de fin d’année, le thriller Mother du Sud-Coréen Bong John-ho se retrouvera assurément sur les listes de nombreux observateurs et cinéphiles. En empruntant à Hitchcock et Tarantino mais également à Freud, l’ultra doué cinéaste du renouveau asiatique brosse l’histoire captivante d’une mère courage (magistrale Kim Hye-ja) qui fera tout pour innocenter son fils, un simple d’esprit, du meurtre d’une jeune fille. En parallèle des codes sociaux de la société coréenne, le cinéaste, avec une approche d’apparence hollywoodienne, manie habilement les ruptures de ton et décrit les petites lâchetés bureaucratiques tout en nous démontrant qu’il ne faut pas toujours se fier aux apparences. Du grand cinoche.






Je me souviens ?

Livré devant 300 000 personnes en liesse le 23 juin 1976 sur le Mont-Royal, 1 fois 5, qui réunissait Robert Charlebois, Jean-Pierre Ferland, Yvon Deschamps, Gilles Vigneault et Claude Léveillé, est probablement l’événement/spectacle estampillé le plus profondément dans l’inconscient collectif des Québécois. Une réédition format cd de l’album vinyle, qui comportait son lot de classiques, accompagné d’un DVD du spectacle dans son intégralité et de plusieurs entrevues avec les principaux protagonistes (sauf Léveillé) vient de paraître dans les bacs de la Belle Province. Voilà une excellente façon de se laisser parler d’amour en prévision de votre barbecue de la St-Jean.


Buzz pour Zaz

Je ne le connaissais ni des lèvres ni des dents mais depuis quelques jours l’album éponyme de la française Zaz ne quitte plus mon lecteur. Avec son côté gamine du bitume, sa joie de vivre jazzée et sa bonne humeur bohème, l’artiste suscite l’adhésion spontanée des petits et des grands partout où elle passe. Contagion salvatrice garantie.
Aux FrancoFolies le 11 juin et le 13 en première partie de la sublime Bïa.


Ce petit bouquet de propositions culturelles a d'abord été publié mercredi dernier, comme à toutes les deux semaines,  dans l'hebdo : Accès Laurentides.

jeudi 10 juin 2010

FrancoFolies 2M10

Survol francofou

Rimes sublimées et rythmes envoûtants, l’édition 2010 de FrancoFolies de Montréal sera un grand millésime

Claude André

Foi d’observateur, nous avons rarement vu une programmation aussi relevée au cours des 21 éditions précédentes. Et cela est attribuable au changement de dates de l’événement.

Plutôt qu’en août, traditionnellement associé aux vacances en France, l’édition 2010 se déroulera du 10 au 19 juin. Permettant ainsi la venue d’un florilège de pointures hexagonales sur un site tout revampé.

Parmi les incontournables qui nous procureront des moments extatiques, notons, dans le cadre de la série «Tendance» de Vidéotron, la présence de Gaëtan Roussel le 11 juin. Ancienne figure de proue de Louise Attaque et auteur de chansons magiques pour Bashung, ce non-conformiste débarquera avec sa bande pour présenter Ginger, un album de pop survoltée qui cartonne.

Le 19, rendez-vous avec Rose, sorte de quintessence de la féminitude que nous avons découvert avec la chanson «La Liste» et dont le second chapitre, Les souvenirs de ma frange, parut en 2009, s’est avéré à la hauteur du premier.

Autres incontournables de France : le roi Higelin le 18 juin (parions que sa potesse D. Dufresne sera dans la salle), le baudelairien Jean-Louis Murat les 10 et 11 juin ainsi que le rebelle au cœur fêlé Miossec, le12 juin (avec Vincent Vallières).

Des monstres sacrés

Côté local, les festivaliers auront également l’embarras du choix avec cette programmation qui relève du savant dosage entre monstres sacrés et bêtes à surveiller.

L’incontournable Monon’c Pluplu nous gratifiera de l’une de ses rares sortie en compagnie de ses Mauvais compagnons les 10 et 11 juin. Une autre icône, Robert Charlebois alias Garou 1er du nom, fera danser les bougalous le 15 juin tandis que Miss Country herself, Renée Martel, déballera ses classiques en compagnie des ses invités le 16 juin.

Les fins gourmets en matière de chansons se régaleront encore avec Catherine Major, récipiendaire d’un prestigieux prix Charles-Cros, le 19 juin.

Au chapitre des événements spéciaux à marquer d’une pierre blanche, mentionnons l’arrivée montréalaise des Misérables du 8 au 19 juin, le retour, dans une nouvelle distribution du Big Bazar, cette formation culte des seventies (8 au 19). L’avant-garde éclairée, pour sa part, ne loupera pas Malajube le 14 juin et, pour conclure ce magistrale tour de force des programmateurs, le 19 juin sera scellé par la soirée 20ième anniversaire du hip-hop québécois. Maximum respect.

Ouf ! Vous avez dit ubiquité ?

www.fracofolies.com


Les Francos c’est aussi…


Près d’un million de spectateurs
1000 artistes provenant d’une douzaine de pays
Plus de 250 spectacles dont 180 offerts gratuitement en plein air!
8 scènes extérieures alimentées par 2000 projecteurs qui représentent 2 millions de Watt.
10 salles de spectacles.
137 moniteurs
300 haut-parleurs
Plus de 700 micros utilisés



Aménagement :

2 km de fil pour le système de caméra de surveillance
Utilisation de 280 000 livres de béton pour le lestage des tours techniques (vidéos, éclairage, son)
1400 opérations réparties sur 14 jours de montage
200 personnes qui travaillent à l’aménagement et la technique aux Francos.

Les Francos captent les 20 spectacles présentés sur la scène principale pour une vingtaine de transmissions en simultanés sur les 4 écrans géants sur la Place des Festivals.

mercredi 9 juin 2010

Nouveauté dvd: Éden à l'Ouest



Éden à l’ouest

Méditerranée. Nuit. Boat people. Tension. Gardes côtes. Ça saute à l’eau. Parmi les fugitifs, le jeune Élias se retrouve au matin sur une plage de nudistes qui jouxte un luxueux hôtel. Se fait passer pour un employé, se tape une richarde esseulée et tente de fuir vers Paris après avoir été identifié. Les cinéphiles qui ont adoré Z, Missing ou Music Box chercheront en vain l’immense réalisateur Costa-Gavras. Mais c’est une version européenne d’une sorte de Forest Gump en moins taré qui se profile dans ce conte initiatique pétri de bons sentiments mais tellement décevant. **. 5 (CA)

lundi 7 juin 2010

Diane Tell et Boris Vian




Tell qu'elle

Quatre ans après Popeline, Diane Tell revient à ses premières amours avec l’enjazzé Docteur Boris & Mister Vian.


Afin de réaliser ce projet d’album jazz qu’elle caressait depuis toujours, la chanteuse au regard vert absinthe s’est mise à farfouiller dans le grand répertoire de la chanson franco mais la moisson s’est avérée chiche.

Puis, un jour, banco, elle tombe sur un recueil de textes écrits par Boris Vian. Parmi les 500 titres, outre les grands classiques, on en retrouvait qui n’avaient pas été mis en musiques ainsi que des inédits qui étaient en faits des traductions de standards américains signées par le Bison Ravi lui-même.

«Là, j’ai eu le coup de foudre», lance-t-elle. D’abord les textes étaient sublimes et les chansons américaines auxquels ils correspondaient, des mélodies magnifiques, je les connaissais. C’est à ce moment que j’ai compris que je possédais la matière première pour un album de chansons, inédites de surcroit, puisque la plupart de ces pièces n’ont pas fait été enregistrées.»

C’est cet emmitouflant chapitre coréalisé avec le pianiste Laurent de Wilde que Miss Tell présentera dans le cadre des Franco. Évidemment, l’artiste qui possède plusieurs cordes à son arc dont un brevet de pilote d’avion nous gratifiera de quelques classiques dont l’incontournable «Moi si j’étais un homme».

Au fait, pourquoi une femme ne pourrait-elle pas de son propre chef réaliser les fantasmes romantiques dont il est question dans la chanson ? 

«Je pense qu’il y a différentes façons d’interpréter cette chanson. Moi, ce que j’ai voulu dire au départ, c’est que j’aurais fait toutes ces choses là pour le garçon que j’aimais. Mais je ne le faisais pas parce que j’étais une femme. C’est une chanson qui date du début des années 80 quand même. Et dans les codes, c’est plutôt le garçon qui a la personnalité protectrice et qui prend soin de sa femme et tout ça. À l’époque, même si je n’étais pas riche, j’avais les moyens de payer le restaurant à mon copain qui lui était très pauvre mais je ne le faisais pas car ça ne lui plaisait pas. Comme une forme légère d’émasculation quoi...Aujourd’hui ? Je pense qu’il y a une partie du monde qui est complètement libérée, particulièrement au Québec où les femmes sont très indépendantes, mais on assiste aussi ailleurs, hélas, au retour d’un certain intégrisme».

Le dimanche 13 juin 2010 à 20 
Théâtre Maisonneuve - PdA








samedi 5 juin 2010

Complices de Frédéric Mermoud avec Emmanuelle Devos

On ne badine pas avec le c...


Intrigue policière mêlée à une réflexion sur la banalisation sexuelle, Complices se révèle magnétique et intriguant.

En utilisant le procédé du whodunit (Who done it ?), le jeune réalisateur Frédéric Mermoud ne réinvente pas la roue mais dès les premiers plans, où l’on aperçoit le visage tuméfié du cadavre d’un prostitué de 19 ans retrouvé dans le Rhône, il plante un décor glauque et intense qui capte l’intérêt.

À l’aide d’un efficace effet miroir, nous suivons en parallèle des événements réels l’enquête menée par un duo de flics composé d’Emmanuelle Devos (toujours juste) et Gilbert Melki (criant de banalité).
Soit la rencontre amoureuse dans un cybercafé d’un petit loubard issu de la classe moyenne qui se fait passer pour un mineur auprès de ses éventuels clients (Cyril Descours, très crédible) et d’une fille au cœur pur (Nina Meurisse, solaire) dont la maman est toujours absente.



À travers le désir amoureux et les perversions banalement violentes, le film démontre avec panache et sans vains discours moraux, où peut mener la passion qui devient de la dépendance jalouse mais également comment la banalisation de l’acte sexuel, ne serait-ce que pour se la jouer facile et se fringuer griffé, peut parfois être très lourde de conséquences.

Et cela même si l’acte en question demeure «purement mécanique», comme le dit le prostitué à son amoureuse lorsqu’il lui avoue son vrai travail avant de la rendre elle-même complice.

Malgré une réalisation qui rappelle parfois les téléfilms, cet opus au climat oppressant propose une très juste et intéressante réflexion sur la sexualité à l’ère du vide et de la société de consommation.

*** 1/2

mardi 1 juin 2010

L'exorciste de Cécile Doo-Kingué





L’exorciste

Après des années dans l’ombre des autres, la flamboyante chanteuse/guitariste Cécile Doo-Kingué publie son propre corpus histoire d’exorciser ses démons.


Claude André

Installée à Montréal après avoir vécu à New York et Paris, cette Camerounaise qui a accompagné tout le monde et son frère dont Corneille et Tricia Foster depuis qu’elle est ici présente enfin son propre Freedom Calling. 

Un opus à la fois blues, rock, r&b, pop et afro beat surtout anglophone, «la langue des racines», dans lequel elle se livre «afin de recoller les morceaux et de regarder les pièces brisées. Ce qui fait partie de l’exorcisme», explique –t-elle au sujet de ces pièces où elle se demande, par exemple, si elle devrait enfin dévoiler son amour secret (Lettre à personne) ou encore comment survivre à l’état de manque qui suit le départ d’un amour perdu.

«Je ne parle pas nécessairement des drogues dures, à moins que l’on compte les gens comme en faisant partie, en fait, je crois que ce sont les drogues les plus dures…l’amour, la famille (…). J’ai eu mes flirts avec l’excès, je suis chanceuse car je réussie à me contrôler. J’en connais qui se sont complètement détruits», lance cette fille qui, malgré sa stature de joueuse de basket, semble porter une âme encore brisée.

«Je crois que nous sommes trop souvent gênés d’avouer les défis émotionnels qui se présentent. On  tente de se la jouer invulnérable et en contrôle. Parfois, il est salutaire de voir quelqu’un d’autres se montrer à vif, cela peut nous donner le courage de le faire aussi», poursuit cette admiratrice d’Angélique Kidjo avec laquelle elle rêve de jouer un jour.

D’ailleurs, à l’instar de son idole, son papa lui a dit, avant de décéder il y a 5 ans, de ne pas gâcher le don musical que Dieu lui a donné et d’y aller à fond.

Et c’est ce qu’elle fait avec cet album «coming out» sur lequel elle a joué de tous les instruments en plus d’écrire des textes qui relatent à la fois ses victoires et ses défaites mais qui au final se révèlent optimistes.

Ah oui, elle a finalement avoué son amour à la personne en question. Ils sont mariés depuis 5 ans…


Freedom Calling
Cécile Doo-Kingué
Lancement/spectacle ce soir le 1er juin au Divan Orange à 17h00.

samedi 29 mai 2010

Arno : Brussld



Dégaine alcolo magnifique, humour singulier et tendresse d’écorché, revoilà l’Arno que l’on adore avec un 11 ième chapitre bilingue taillé dans le rock (en anglais), l’électro, la musique festive et la chanson poignante (en français).

Il faut entendre la magnifique «Quelqu’un a touché ma femme» et cet hommage à la féminitude «Elle pense quand elle danse».

Fidèle à son habitude, le Bruxellois à la voix virile, sarcastique ou émue livre sa traditionnelle relecture de standard.

Cette fois : «Get Up, Stand Up» de Marley, en formule piano/voix.

Mais quand reviendra-t-il donc nous chanter les choses de la vie et nous faire tanguer sur ses guitares tranchantes, ses synthés eighties et ses hymnes fédérateurs ? *** ½

Voici un extrait piano-voix de la susmentionnée «Quelqu'un a touché ma femme». D'autres extraits live de l'album ici 

vendredi 28 mai 2010

Mother de Bong Joon-ho







Maman mène l’enquête

Afin d’innocenter son fils simplet accusé de meurtre, une mère ambiguë déploie sa propre enquête.

Claude André

Source de multiples tracas pour sa génitrice, Do-joon (Won Bin), 27 ans, qui ne rate jamais une aventure rocambolesque décide un jour de perdre sa virginité et se rend à un bar.

Bourré comme une huitre, il quitte l’endroit et se met à suivre une jeune écolière qui sera retrouvée morte le lendemain dans un building désaffecté.

Les apparences étant ce qu’elles sont, le simple d’esprit devient le bouc émissaire idéal et se retrouve en tôle après une enquête bâclée tandis que l’avocat chargé de la défense investit peu d’énergie dans cet accusé plutôt modeste.

La mère, quant à elle, persuadée de l’innocence de son fils plus ou moins amnésique, entreprend de mener sa propre enquête.

Icône populaire maternelle en Corée du Sud grâce à ses rôles à la télé et au cinéma, la comédienne Kim Hye-ja relève avec un brio remarquablement intense le gant que lui a lancé le réalisateur Bong Joon-Ho (Memories Of Murder et The Host ) avec ce Mother.

Une œuvre habilement maitrisée dans laquelle le réalisateur souhaitait explorer le courage et la détermination dont les mères font souvent preuve mais aussi les zones troubles qui peuvent exister dans les relations mères/fils histoire de briser les stéréotypes.

Outre les quelques évocations freudiennes (on y suggère l’inceste et l’infanticide) qui nous démontre comment l’apparente douceur cache parfois une malsaine volonté de contrôle, le spectateur plonge dans ce film qui mélange les genres avec un intérêt délectable.

Intérêt qui le fera osciller entre le ton humoristique, l’énigme meurtrière et la psychologie de personnages fascinante.

On pense à Hitchcok à certains moments, à Tarantino et ses clins d’oeil aux westerns et films d’arts martiaux à d’autres, mais surtout on se régale avec, ici et là, les follicules pileux au garde à vous.  À voir.

****

mardi 25 mai 2010

Laurence Hélie : country feutré

Éponyme

Sur la courte liste de ces artistes très doués qui donnent dans le country-folk ici, il faudra ajouter Laurence Hélie tout près du nom Catherine Durand.

Laquelle se retrouve d’ailleurs, en quelque sorte, la marraine artistique cette ex-Beauceronne qui chante l’amour et le déracinement sur des mots écrits par elle-même mais également un florilège d’auteurs dont Frédérick Baron, Martine Coupal et Brice Homs.

Avec un tube assuré en guise de carte de visite (Kérosène), Miss Hélie distille des ambiances feutrées accrocheuses et nappées de sonorités riches dont les subtilités portent les touches des réalisateurs Toby Gendron et Joe Grass (Lhasa).

On apprécie les inflexions vocales western totalement assumées et le côté intimiste de cette voix empreinte de sincérité. *** ½ Ca

http://www.myspace.com/laurencehelie

lundi 24 mai 2010

Nouveauté dvd : Le code a changé



Le code a changé

Autour d’un casting de grandes vedettes dont les cachets ont du faire augmenter la dette de la France, la réalisatrice/scénariste Danièle Thompson voulait amorcer une réflexion sur les petites lâchetés, la tentation charnelle et surtout la «dictature de l’apparence» et de la vacuité, les deux mamelles de l’ego.

L’histoire se déroule autour d’une rencontre «d’amis» à l’occasion d’un repas et ce qu’ils sont devenus un an plus tard.

 L’idée est bonne, les dialogues et leurs doubles sens savoureux mais on à parfois du mal à adhérer aux personnages. **1/2

samedi 22 mai 2010

Stephen Barry Band

L'albatros du blues
                                                            photo: Jonathan Wenk
Trop méconnu du grand public, le Stephen Barry Band,  s’apprête à célébrer ses….35 ans avec un spectacle événement.

Claude André

Rencontrer Stephen Barry c’est un peu comme discuter avec la mémoire musicale du Montréal bluesy. Grand, mince, arborant casquette et dégaine nonchalante, l’ultra sympathique vétéran bassiste/contrebassiste est une véritable légende vivante auquel ses pairs vouent un respect sincère.

C’est qu’en plus d’avoir été touché par la fée des musiciens, Barry déploie avec ses ailes d’albatros une vocation quasi mystique qui le pousse encore à sillonner les routes Québec et d’ailleurs histoire de répandre la bonne nouvelle.

Plusieurs de tes musiciens se sont dispersés au fil des ans dont Jordon Officer recruté par Susie Arioli, il sera de l’événement ?
Oui, Susie et Jordon. Tout comme le violoniste Joel Zifkin qui joue beaucoup avec les sœurs McGarrigle et peut-être un de mes anciens guitariste. Une fois je me suis amusé à compter : 47 musiciens ont joués avec le band au fil des années. Maintenant, l’orchestre est très stable avec le guitariste original Andrew Cowan, le saxophoniste Jody Golick qui est avec nous depuis 15 ans, le batteur initial Gordie Adamson et moi-même.

Au cours de son existence, votre formation a donné dans plusieurs genres musicaux dont le folk et le country….
Il faut comprendre nous ne sommes pas exactement un orchestre de blues pur. Pendant les années 80, nous étions le house band du fameux bar Rising Sun. Souvent des musiciens américains arrivaient sans orchestres et ont jouait avec eux comme Buddy Guy, John Lee Hooker ou Big Mama Thornton.

Ce sont tes plus beaux souvenirs de musiciens ?
Oui, car il s’agit de personnalités qu’on ne peut pas imiter

Dans quel sens : la générosité, la liberté… ?
Non, c’est juste une question de génie ! Un talent. Un don de dieu.

Il y a des génies qui sont parfois insupportables….
Oui des fois. Big Mama était…ayayaye. Nous avions peur d’elle. C’est une personne très très tough. Mais on est chanceux, elle adore notre orchestre.

Est-ce plus difficile pour un musicien de vieillir sous les projecteurs que pour, disons, un avocat à
la cour ?
Oui, c’est plus difficile parce que tout est différent maintenant. Aujourd’hui c’est difficile pour les musiciens en général car le disco est partout. Et c’est «ben ben cheap» de payer juste un gars qui fait tourner des disques comparer à un orchestre de 4 ou 5 musiciens. Pendant les années 70, lorsque tu avais une gigue, c’était 6 soirs en ligne à la même place. Aujourd’hui, c’est juste un soir. Il faut faire quelque chose d’autre pour gagner sa vie.

Faut-il avoir vendu son âme au diable pour être encore aujourd’hui un musicien de blues ?
Ah ah ah… La joie de jouer est toujours là. Je ne suis pas tanné pantoute. Nous avons joué dans une petite salle la semaine dernière à Longueuil ça a levé et le feeling était extraordinaire. En plus, mes musiciens sont encore meilleurs qu’autrefois en raison de l’expérience acquise. La musicalité est totalement présente. Nous ne sommes pas tellement beaux mais le feeling est toujours là et on est bons…(rires)

Stephen Barry Band
L'Astral
22 mai à 20 h.

mercredi 19 mai 2010

À l'agenda du 19 mai au 2 juin

                                          Photo : Sylvain Lalande
J’y étais…

Voilà ce que pourront se dire les amateurs de blues, country et folk qui se rendront assister au concert qui célèbrera le 35ième anniversaire du Stephen Barry Band. Un artiste légendaire qui à hante encore les salles de spectacles de la Province et que d’aucuns qualifient de «père du blues» chez nous. Armé de sa contrebasse ou de sa basse électrique, Barry qui a déjà joué avec des mégas pointures telles Big Mama Thornton, Buddy Guy et autres John Lee Hooker sera entouré des ses 4 fidèles complices, notamment, Andrew Cowan (guitare) et Jody Golick (saxo). Lors de cet événement festif et nostalgique, la bande devrait recevoir un florilège d’invités spéciaux dont, chuchote-ton, Anna McGarrigle. Le blues nous guette…
Samedi 22 mai à l’Astral


Muter au Mutek

Du 2 au 6 juin, la communauté technoïde célèbrera son grand pèlerinage annuel à l’occasion du Mutek. Cet événement qui se déroule dans 40 villes à travers 18 pays produit des spectacles électrisants depuis maintenant plus de 10 ans. Pour l’occase, la géante bacchanale qui fait la part belle à la créativité numérique et à la musique électro permettra de faire, encore une fois, découvrir l’avant-garde et les valeurs sûres et cela au cœur du quartier des spectacles. Parmi les rendez-vous à inscrire d’une pierre blanche : Le spectacle extérieur électro-latino (mais très accessible) du célèbre «Senor Coconut» qui sera accompagné de sa bande de 8 musicos. Le Golden, pour sa part, nouveau projet de notre célébré Jean-Phi Goncalves allumera le party en première partie le 5 juin sur le Place des Festivals à 21h00.
Dilemme à prévoir puisque le même soir Guillaume & The Coutu Dumonts brûleront les planches du Métropolis.
http://www.mutek.org/
Photo: Senor Coconut, courtoisie Mutek
                                                        






Le rythme qui tue

Vous aimez la soul et le r&b? Nous ne saurions trop vous recommander de mettre la grappe sur «On trace la route», le plus récent encodé de Christophe Maé. Un opus qui ne quittera plus votre lecteur pendant des semaines et fera le bonheur de vos 5 à 7 ensoleillés. Avec ses pièces à la fois mélancoliques et entraînantes ainsi que des textes pas piqués des vers signés par le chanteur lui-même, Diam’ ou Boris Bergman (Bashung), ce gus qui cartonne grave en France et dont le chant haut perché est tout en reliefs nous balance de l’excellente file goude miousic.

Licha sort du sac

Il plane actuellement un buzz autour du créateur Emmanuel Licha et son Pourquoi photogénique ? Une expo labyrinthique qui réunit photos et vidéos captées à la base militaire Fort Irwin, Californie. Un endroit qui, pour fins militaires, reconstitue la ville de Bagdad.
Galerie SBC, 372, rue Sainte-Catherine O. jusqu’au 19 juin.

lundi 17 mai 2010

«On trace la route» de Christophe Maé



Passionné par Stevie Wonder et Bob Marley, le Français Christophe Maé distille une variété soul et R & B top qualité et ce quatrième encodé, qui cartonne en Europe, pourrait le faire connaitre ici.

Phrasé mordant, variations vocales colorées, ce trentenaire balance ses douleurs amoureuses chaudement rythmées ou réflexions sur le sens des choses sur des textes pas piqués des vers grâce, entre autres, à de solides collaborations avec Boris Bergman (Alain Bashung) et Diam’s.

On craque pour J’ai laissé et Pourquoi c’est beau. *** ½


«On trace la route»
Christophe Maé

dimanche 16 mai 2010

Le point rouge: un film sur la quête de soi


Présenté avec sous-titres en français au Quartier-Latin


La quête de soi

Le point rouge, un très beau film sur la culpabilité, le sens de la vie et la quête de soi

Claude André

Aki Onodora a 21 ans. Étudiante, elle vit à Tokyo et semble avoir toute la vie devant elle. Mais une certaine tristesse voile son regard. Un jour, alors qu’elle rend visite à ses parents qui habitent en périphérie, sa mère lui montre, fière, un pot de prunes confites qui macèrent dans un placard. Mais c’est une boite qui retient l’attention de la jeune femme.

Après insistance, elle peut enfin mettre la main sur ce contenant qui l’obsède depuis l’enfance et ce qu’elle y découvre la conduira en Allemagne où elle rencontrera un adolescent rebelle et cynique ainsi que sa famille dont le paternel semble porter un lourd secret.

Évidemment, le spectateur découvrira rapidement ce dont il s’agit mais là n’est pas le propos principal de ce film à la fois très lent et très beau avec ses image zen malgré quelques maladresses sur le plan de la mise en scène.

Car au delà de l’énigme, cette histoire imaginée par réalisatrice Marie Miyayama, dont ce premier long métrage était à l’origine un projet de fin d’études, tourne autour de la quête de soi.

Comment vivre avec le deuil d’une famille que l’on n’a pas véritablement connu ? Comment se manifeste la résilience ? Peut-on faire la paix avec sa propre tragédie humaine ?

On en ressort ému avec cette folle une envie de téléphoner à nos proches pour leur dire combien on les aime. Parfois ils ne sont plus là pour répondre, hélas.

***1/2

samedi 15 mai 2010

Les Contes de l'âge d'or de Christian Mungiu





Une fois c’t’un gars

Cinq légendes urbaines, une fin de régime communiste et un humour qui évoque tantôt les frères Coen tantôt Kusturica, voici les Contes de l’âge d’or

Claude André

Auréolé de la palme d’or qu’il a reçue à Cannes en 2007 pour son 4 mois, 3 semaines, 2 jours, le réalisateur et scénariste Christian Mungiu revient cette fois avec un patchwork qu’il a écrit et ensuite tourné en compagnie de quatre autres réalisateurs. 

Puisqu’il souhaitait revivre ses 20 ans, Mungiu nous replonge dans la grise Roumanie des années 80 sous Ceausescu.

Évidemment, lorsqu’on pense au dictateur roumain, ce sont les images de charnier et autres boucherie humaines qui nous viennent en tête. 

Pourtant, ce n’est pas de cela que traitent ces petits films mais bien de la quotidienneté empreinte de situations ridicules où la débrouillardise fraie avec la méfiance et la peur inhérentes aux régimes communistes. 

De l’absurdité de l’obéissance aveugle qui fait que des villageois se retrouvent à passer la nuit à tourner dans un carrousel volant avec des représentants du Parti à ce cochon qu’on ne sait trop comment abattre dans un HLM, en passant par des jeunes arnaqueurs qui capturent de l’air et un photographe gaffeur qui traficote mal une photo du président destinée à la presse officielle, les petits films forment un tout des plus cohérent. 

Et ces deux heures de cinéma nous prouvent que non seulement le ridicule ne tue pas mais qu’il peut aussi parfois «servir de socle au rejet d’une dictature» pour reprendre Mungiu. Jouissif malgré la grisaille du quotidien et la pénurie matérielle en toile de fond. *** 1/2