mardi 5 octobre 2010

Des femmes dans le Placard




Des femmes dans le Placard

Le dernier album de Dany Placard, musicalement plus accessible à un large auditoire, dévoile aussi une galerie de personnages uniquement féminins



On dirait que cet album nommé tout simplement Placard est moins «tomwaitien» que le précédent…
C’est vrai que les médias ont beaucoup accroché là-dessus mais Tom Waits était déjà là depuis Plywood 3/4. Cette fois, on voulait s’en aller ailleurs. Pour ce faire, pendant 3 mois on a monté une toune par semaine mais nous ne la pratiquions pas. Ainsi, lorsque nous sommes arrivés en studio, les boys y ont ajouté leurs touches. Par exemple, la ligne de basse de Michel-Olivier Gasse sonne groovy années 70, les drums de Jean-François Mineau sont très Nirvana…Chacun a mis sa couleur et moi je n’ai pas dit grand chose.

D’autres changements ?
On a aussi enlevé les sections de cuivres et de cordes et on a «slaqué» sur les percussions à la Tom Waits, justemment. Nous voulions des pièces avec des refrains, des hooks. La thématique ne tourne plus autour des grands espaces, cet album est plus urbain.

Parlant de thématiques, à l’époque de Plywood ¾ tu faisais un trip de gars. Cette fois, tu ne parles que de filles…
Je trouve que Raccourci est un beau disque et je me demandais si je serais capable d’en faire un autre aussi cool que celui-là. Puis, j’ai comme décroché et ça m’a permis de trouver le thème de celui-ci : 24 heures dans la vie de 10 femmes différentes.

Toutes des filles que tu connais ou tu les as imaginées ?
La Prieuse, c’est une fille qui m’a croisé sur la rue et m’a demandé la permission de prier pour moi. Je lui ai répondu que je n’en avais pas vraiment besoin et que je n’avais pas d’argent. Elle m’a dit «non, non, je veux seulement prier». J’étais lendemain de veille…Il y a une des filles qui est amie avec un gars du band. Madame Henriette raconte l’histoire de la vieille dame qui souhaite aller rejoindre son mari décédé. Ça arrive à toutes les personnes âgées, le gars part toujours en premier. Je l’ai faite cette chanson un mois après avoir discuté de cela avec ma voisine d’en bas qui vivait cette situation.

Un peu à la Bukowski, tu nous montres l’envers de l’Amérique proprette…
Oui. Il y une junkie, une aveugle de naissance qui s’en va au bord de la mer. Il y a la grande Kim qui raconte un peu le phénomène des jeunes des régions qui viennent faire les sqeegees à Montréal pour mettre du piquant dans leurs vies. Parfois ça ne marche pas...

1 commentaire:

Françoise a dit…

Bravo pour ton blog