dimanche 21 novembre 2010

Entrevue avec Michel Folco sur l'enfance d'Hitler




Folco : Sans faux col

Auteur de Dieu et nous seuls pouvons (1991) qui devait initier la saga d’une famille de bourreaux, l’auteur à succès Michel Folco était de passage chez nous cette semaine histoire de présenter La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler. Un autre roman qui imagine, avec le peu d’information dont nous en disposons, l’enfance du plus célèbre bourreau de tous les temps. Rencontre avec un personnage à la fois truculent, cultivé, un tantinet provocateur et éminemment sympathique.

Claude André

Est-ce que l’adaptation cinématographique de votre premier roman devenu Le Bâtard de Dieu vous a rebuté du cinéma ?
En France, les gens faisaient la ligne pour sortir tellement c’était mauvais. C’est plutôt le cinéma qui s’est rebuté de moi. Ils sont vachement superstitieux dans cette industrie et si un premier film ne marche pas…Je n’ai plus jamais eu de contact ni quoi que ce soit. Même avec le producteur qui était également le metteur en scène.

Votre livre n’aborde pas la gestation de l’antisémitisme de Hitler. Était-ce, puisqu’il faut un minimum d’empathie pour adhérer à une personnage, une stratégie afin d’évacuer d’emblée son côté le plus antipathique ?
Non, parce que après tout ce que j’ai lu sur la petite enfance, l’enfance, ses parents, bref le background, il y avait de l’antisémitisme ambiant. Mais lui ne l’était pas, antisémite. Du moins pas encore. On situe les premières manifestations en 1918-19. Juste après la première guerre mondiale (Folco évoque une théorie selon laquelle c’est au contact de pacifistes juifs qui n’avaient pas fait la guerre qu’Hitler serait devenu antisémite. Il relatera d’autres thèses en cours d’entrevue.)

Le sujet est très délicat, j’ignore si vous êtes Juif, mais on peut évidemment être accusé d’avoir eu des «intentions» en écrivant un livre comme celui-là. Surtout de la part de ceux qui refusent d’humaniser Hitler ?
Certains refusent de le voir jeune en photo. Ça leur paraît impossible, intolérable. On ne peut être aussi banale que ça et devenir Hitler. Il faut des sources, peut-être mystiques… c’est très curieux.

Le refus de l’humaniser ?
Complètement, moi c’était mon propos inverse. Tout ce que je lisais le dépeignait comme cela, d’une grande banalité : psychorigide,  aucun humour… Freud dit que l’enfance, c’est le cœur de l’homme. Tout ce qui est important serait jouerait de 0 à 5 ans. Or, pendant cette période Hitler, dont le père douanier était constamment à l’extérieur de la maison, a été complètement pourri par sa mère et par sa tante. Jamais on lui a dit non. Quand son père a prit sa retraite et a tenté de régir tout le monde, Hitler avait 5 ans et tout de suite il s’est rebellé. À partir de ça, il a vécu une succession de rébellions contre son père qui souhaitait en faire un fonctionnaire. C’est là que tout s’est joué, de 0 à 5 ans. Pas l’antisémitisme mais le caractère fonceur et sûr de lui…

Puisque l’on sait qu’Hitler n’a pas eu d’enfants, comptez-vous lui en attribuez un illégitime afin de poursuivre une saga éventuelle ou vous avez fait le tour ?
Non, non, non. Je compte même le faire survivre au bunker et en faire le bibliothécaire de l’enfer du Vatican. Ecoutez, pour les curés et pour les catholiques, Hitler c’était du pain béni. Il était anti communistes et anti Juifs. Les deux ennemis de la chrétienté… poursuit l’écrivain qui nous assure que ses personnages à lui devraient croiser la route du Führer dans les prochains romans :  «puisque c’est la guerre, ils s’affronteront.»  





1 commentaire:

Anonyme a dit…

article intéressant mais Hitler, je commence à en revenir pas mal!