samedi 26 janvier 2008

Tomas Jensen


La révolution personnelle

Exit la cavale avec les Faux-monnayeurs, Tomas Jensen est désormais engagé dans une nouvelle révolution musicale personnelle.

Claude André pour l'hebdo Ici Montréal

Il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis que l’auteur de ces lignes, voilà presque dix ans, s’en rendu à la table de Tomas Jensen au P’tit Bar pour lui signifier que j’avais beaucoup apprécié son tour de chant et lui prédire une belle carrière s’il changeait de gérant.
Malgré les chaleureuses accolades et les prix, l’artiste argentin a néanmoins choisi d’effectuer une première révolution et de produire un second album qui le coupait de la tradition classico-française pour s’intégrer dans la mouvance altermondialiste incarnée par Tryo, Manu Chao et autre Rue Kétanou.

Puis hop, voilà qu’il remercie ses frères d’armes des dernières années, «je commençais à donner dans l’exercice de style», pour effectuer un autre virage qui le ramène à une certaine intimité dans le propos. Toujours imprégné d’effluves sonores world que ce soit arabe, tsiganes ou brésiliennes, cette fois nappées d’un orchestre de cordes, le polyglotte a également confié sa destinée à l’arrangeur François Lalonde (Lhasa, Leloup, Dobacaracol…). «Je trouve que je retourne, justement, plus vers l’album Au pied de la lettre avec celui-ci, Quelqu’un d’autre.

C’est sûr qu’en ce qui a trait au son les choses ont beaucoup progressé mais je dirais que l’écriture des chansons revient un peu à mes débuts, quoi. À l’époque, je n’avais pas vu un changement aussi radical. C’est après coup, en lisant les critiques et en écoutant les commentaires des gens que je m’en suis aperçu. Là, par contre, le changement il est souhaité», assure le papa de deux petites jumelles de 5 ans.

Transfuge

Après six ans avec les Faux-monnayeurs donc, l’artiste nous propose un album un peu moins engagé mais toujours un tantinet irrévérencieux et certainement philosophe où il n’est «sur de rien et c’est peut la chose qui le rend plus humain».

Cela dit, il demeure deux trucs dont il demeure persuadé : son amour pour le Che, même s’il connait un petit crime de lèse gogauche en faisant rimer révolution avec play station et que nous sommes tous le con de quelqu’un comme il l’affirme pertinemment dans une pièce.

Et s’il rigole lorsque nous lui demandons de qui il le serait, l’homme qui arbore un gaminet à la gloire des Breastfeeders évoque une histoire personnelle et demeure coi. Ce qui n’est plus le cas lorsqu’on lui cause de sa rencontre avec l’arrangeur François Lalonde. «C’est lui qui réussi a transformé ce qu’on a dans la tête en quelque chose de concret sur le plan sonore. Tout ce qui se retrouve dans le disque a été analysé par nous deux à la base mais après c’est vraiment lui qui donne le ton. Il joue d’ailleurs de presque tous les instruments sur l’album. Et il sera là pour mon prochain disque», s’enthousiasme Tomas dont les toutes premières chansons se voulaient plutôt renaudiennes paraît-il. Et il nous sera loisible de découvrir ses plus anciennes et mêmes récentes puisque s’il a congédié il y a longtemps son premier gérant, Tomas Jensen reviendra néanmoins proposer ses chansons aux habitués du P’tit Bar avec sa seule guitare tout en préparant en parallèle son prochain spectacle en formation complète. Une occasion unique de l’entendre et de le voir faire sa révolution presque nue.

Tomas Jensen
Quelqu’un d’autre

jeudi 24 janvier 2008

Nico Lelièvre


Mélancolectro

Près de trois ans après son savoureux «P’tit gamin», Nico Lelièvre se dissèque le spleen sur toile sonore électro pop exploratoire.

Claude André

Il se pointe dans le café du Mile End. Tuque calée, kangourou noir, chainette d’argent à la ganse, l’œil semble triste malgré ce très beau «Parallèle» qu’il doit lancer à l’humanité ces jours-ci. Humanité ? Le mot n’est pas fortuit. Avec la part de rejet dont il a fait les frais au cours de son existence, on sent que Lelièvre poursuit une quête, une lumière, qui lui permettraient de s’accrocher à l’univers. Comme pour se réconcilier avec «ce monde de fous» dans lequel la propulsé un jour sa mère junkie française qui l’a conçu avec un «inconnu».

Pas étonnant qu’il cause d’anges dans ses chansons et s’emmitoufle de l’aura de cette rencontre du hasard avec un homme barbu qu’il aurait croisé une nuit dans une ruelle et lui aurait dit : «Va, suis ton chemin». Puis, une fois l’apparition disparue, il aurait débusqué un vieux clavier jonché dans la ruelle et avec lequel il a enregistré en deux semaines, nu dans son studio, les climats qu’il portait en lui depuis deux ans. «Je pense que c’est mon clavier qui m’a inspiré. J’étais directement connecté sur quelque chose», lance Nico en levant les yeux au ciel.

ADN

Votre humble serviteur lui avoue qu’il craignait beaucoup, vu cette tendresse particulière que je lui porte, ne pas aimer son album dont je trouvais parfois les refrains trop répétitifs. Puis, au final, l’effet hypnotique aura opéré et me voilà sous le charme. « C’est bien ça. Car comme avec les filles, lorsque l’on aime trop vite…», lance t-il en guise de réponse avec ce sourire particulier et familier qui a même un jour déstabiliser Thierry Séchan, frère de Renaud, tant la ressemblance avec celui du «chanteur énervant» est hallucinante.

Un cri de détresse cet album? «Ah, ce n’est plus le «P’tit gamin». J’ai vécu beaucoup d’expériences. Il y a eu des prises de conscience sur l’amitié par exemple… Le changement de compagnie de disque Bref, plein de choses. Tu sais, quand tu es désillusionné… … Je me suis donc enfermé pendant un bout en tentant de contrôler des pulsions bizarres (…). Pour Renaud, tu as dû savoir ce qui c’est passé. Tu as été parmi les premiers à t’intéresser à ça. Je l’ai remercié sur l’album pour les tests d’ADN auxquels il a accepté de se soumettre et qui se sont finalement avérés négatifs. Et le plus étrange c’est, qu’inconsciemment, la personne qui a conceptualisé la pochette a utilisé des formes et des images qui ressemblent étrangement à des résultats de test d’ADN», confie l’ultrasensible qui, bang, a vécu comme un autre rejet de l’univers ce résultat qui lui enlevait cette idée du père qu’il entretenait depuis une dizaine d’années.

Mais Nietzsche n’a-t-il pas clamé que «ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.» Tel un bouddhiste, le p’tit gamin a donc transformé les épreuves de son existence en quelque chose de beau. Très beau.

Nico Lelièvre
Parallèle
Into/Outside

mercredi 16 janvier 2008

C't'une fois...

Dans un avion :

«Quel est votre problème, Madame ?», demande l'hôtesse. «Mais vous ne le voyez donc pas ?», répond la dame. «Vous m'avez placée à côté d'un Noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres dégoûtants. Donnez-moi un autre siège »
«S'il vous plaît, calmez-vous», lance l'hôtesse. «Presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.» L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard. «Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de place dans la classe économique. Toutefois, nous avons encore une place en première classe.» Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air continue : «Il est tout a fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne de classe économique de s'asseoir en première classe. Mais, vu les circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi répugnante». Puis, s'adressant au Noir, l'hôtesse lui dit : «Donc, monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège en première classe vous attend.» Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène se levèrent et applaudirent...

samedi 5 janvier 2008

Libérez Ingrid et les autres otages !


Clip dans la jungle


Trois années dans la jungle
Ligotée, bâillonnée
Entourée de ces dingues
Ces doux illuminés

Qui t'ont fait prisonnière
Otage précisément
De leur triste guerre
Perdue depuis longtemps

Eux qui voulaient jadis
La liberté, le droit
Crachent sur la justice
En s'en prenant à toi

Ils méprisent la vie
Et la femme que tu es
Au bout de leurs fusils
La victoire est fanée

Nous t'attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Trois années dans la jungle
Ligotée, bâillonnée
Avec ces porte-flingues
Devenus tes geôliers

Qui te citent Staline
Ou te lisent Mao
A toi qui, j'imagine
Préfèrerais Rimbaud

Peut-être, comme moi
Les croyais-tu, naguère
Fils de Che Guevara
Et porteurs de lumière

Mais leur lutte finale
Leur matin du grand soir
C'est la haine et le mal
Et surtout les Dollars

Nous t'attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Je n' connais pas le nom
De tous ceux, comme toi
Qui croupissent en prison
Otages ici ou là

Anonymes, oubliés
Victimes de conflits
Où, de chaque côté
Sévit la barbarie

Des narcotrafiquants
D'un pouvoir corrompu
D'un indigne président
Vous payez le tribut

Alors, chantant pour toi
Ingrid, je veux aussi
Rappeler que tu combats
Contre un double ennemi

Nous t'attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Trois années dans la jungle
Ligotée, bâillonnée
Avec le vent qui cingle
Dans tes cheveux défaits

Tu restes, malgré tout
Sereine et élégante
Ta revanche sur ces fous
Est de rester vivante

Pour tous ceux que tu aimes
Et qui ne t'oublient pas
Qui veulent briser ces chaînes
Qui ne te briseront pas

Ton nom est synonyme
Ingrid Bétancourt
Contre l'armée du crime
De courage et d'amour

Nous t'attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Renaud

mercredi 2 janvier 2008

Un rendez-vous avec Grand Corps Malade


Ci-haut: slam dédié à tonton dan.

En lisant l’excellent Sylvain Cormier dans Le Devoir du w-e dernier, me suis dit que si je l’avais vu, j’aurais sans doute également, comme lui, inséré le spectacle que Grand Corps Malade a livré à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts lors des dernières FrancoFolies au sommet de ma liste de mes meilleurs concerts de l’année. Manque de bol, à moins que ce ne soit par un étrange déchirement paternel, toujours est-il que je n’ai pas trouvé de baby-sitter ce soir là.
Mais j’ai quand même eu le bonheur de vivre une compensation du tonnerre le 14 novembre dernier.


Tandis que je dinais avec Yann Perreau au Café du Nouveau Monde histoire de se raconter nos vies, un drôle de personnage nous salue depuis la rue Sainte-Catherine. Puis, il s’en vient vers nous : «bordel, c’est Leloup», que je me dis.

Volubile et exalté comme jamais, Leloup-Leclerc, entre deux coupes de pinard, nous a fait rigoler un bon coup lorsqu’il nous a lancé être en train d’écrire un hit pour Éric Lapointe : Je suis un hors-la-loi. Fallait voir la tête de sa copine, mi rieuse, mi-gênée, lorsque la bête y allait de son imitation de Lapointe.
Puis, après une discussion plus ou moins cohérente, nous nous sommes quittés tous les quatre en début d’aprèm après que Yann m’eut invité à l’accompagner le lendemain à un atelier rencontre organisé incognito par la Sacef (Société pour l’avancement de la chanson d’expression français) avec nul autre que Grand Corps Malade.


C’est donc dans la studio-théâtre de la PdA que le prince des slameurs nous a entretenus de son art en plus de nous livrer quelques textes après nous avoir confié qu’au lycée, la poésie classique, l’emmerdait royalement. Le temps s’est arrêté pour la cinquantaine de privilégiés qui savouraient l’instant.

Puis, pendant la période de question, lui ai demandé, mi-sérieux mi blagueur, s’il se réclamait du mouvement anarchiste vu que sa façon de décrire la philosophie slam, avec ses concepts d’autogestion et d’attentats verbaux, s’apparente aux idées libertaires. M’a simplement invité à aller prendre un pot après la rencontre pour discuter. Je ne l’ai, hélas, pas pris au sérieux. Puis l’ami Yann y est allé de très beau texte qui parle de révolution et d’une employée de supermarché tiré de son recueil Perreau et la plume qu’il ne m’a pas encore remis…

Yann ne m’en voudra sans doute pas de vous confier qu’il semble plus heureux que jamais grâce à cette fille avec laquelle il semble prêt pour une «longue chevauchée» amoureuse…

Et c’est peut-être aussi mon cas. C’est ce que je vous souhaite pour 2008.


lundi 31 décembre 2007

Destin

Entendu hier au Café Pico.

Une maman juive est à la plage avec ses deux petits. Tout à coup, elle entend un Monsieur qui l’apostrophe :

-Madame, madame, il y a un de vos enfants qui est en train de se noyer ! La dame, catastrophée, se retourne.

-Lequel: l’avocat ou le docteur ?

samedi 29 décembre 2007

Nullestalgie


Au moment où j’écris ces lignes, on rediffuse l’émission Sommes-nous trop nostalgiques (Ici et là) à Vox enregistrée à l'automne.
L'occasion ne s’y prêtait pour en parler en ondes, mais il m’arrive souvent par pure nostalgie de mon papa d’acheter des biscuits soda Premium Plus. Biscuits que je déguste accompagnés de tranches de fromage Kraft oranges qui, pliées en quatre, arborent toujours la taille parfaite pour se marier aux fameux craquelins.
Vous vous en doutez, j’ai évidemment perpétué cette savoureuse tradition paternelle avec ma gamine Noa. Une des grandes joie de mon existence parfois futile est d'ailleurs de tombée sur un sac dont un côté des petits carrés salés est brun. Je grignotte alors goulument le côté grillé tel un écureuil du Parc Lafontaine.
Or, crime et châtiment, j’ai découvert récemment que, sans doute par soucis d’économie de bouts de chandelles, on avait réduit la quantité de pâte pour fabriqué les biscottes.
Comment expliquer autrement le fait qu’elles se brisent désormais à la seule vue du pot de cheez-whiz ? Comme disait l’autre : «la nostalgie n’est plus ce qu’elle était»…
Avec le goût désormais infect de la fameuse gomme savon (Thrill) et le ragoût de boulettes en canne Cordon bleu qui ne ressemble en rien à celui de ma mémoire d’adolescent, l'amateur de zique que je suis et qui a écumé les sous-sols de filles «déniaisées» au son de Led Zep se demande sérieusement quoi penser de l’éventuelle tournée de Robert Plant et sa bande.

vendredi 28 décembre 2007

Mon top 5 shows 2M7

Western Spaghetti Orchestra

Western Spaghetti Orchestra.
Imagination au service de la dextérité notamment pour la reproduction des bruits comme celui du vent ou de la mouche qui rend fou. Pour un moment, lors du Festival de Jazz, j’ai retrouvé l’enfance assassinée par le temps en plongeant dans l’univers des films d’Ennio Morricone visités par ces franc-tireurs venus du pays des kangourous. (De retour en février.)

Perreau et la lune au Quat’ sous
Sous une lune mauve, l’écorché charnel nous prouvait encore une fois qu’il est un véritable fauve sur scène lors du dernier spectacle dispensé dans ce théâtre de poche avant sa destruction.

Pierre Lapointe en concert dans la fôret des mal-aimés avec l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal dirigé par Yannick Nézet-Séguin.
Nous avions écrit suite à son premier démo qu’il jouerait un jour dans la cour des grands. Nous restait à apprendre que Lapointe le ferait aussi vite.

WD-40 au Lion D’or
Plus en forme que jamais, Alex Jones et ses sbires flanqués d’invités de classe dont Mara Tremblay et Éric Goulet nous ont joyeusement brassé l’exutoire.

Stefi Shock
Maître dans l’art de malaxé des riffs éprouvés, c’est un Stefi galvanisé par une section de cuivres qui nous a servi un salvateur électro Shock et fait tanguer le popotin en avril dernier au Club Soda.

Culture pour enfants



Vu hier Le dragon des mers (8/10) avec Noa. L'histoire somme toute sympathique et accrocheuse du célèbre monstre du Loch Ness qui se déroule dans le décor enveloppant de la campagne écossaise.
Après la comédie musicale Les 7 (7/10), il y a deux semaines au Saint-Denis, Ratatouille (9/10), Drôle d'abeille (7/10) et Alvin et les Chipmunks (7.5/10) , l'année culturelle juvénile se terminera demain avec le spectacle de Arthur l'aventurier à la Place des Arts.
Peut-être devrais-je désormais me spécialiser en culture pour enfants ?

dimanche 23 décembre 2007

Mon top cd franco 2M7

1-Grand Corps Malade
Midi 20

2-Martin Léon
Le facteur Vent

3-Rose, Rose

4-Pierre Lapointe, Symphonique

4-Sylvie Paquette
Tam Tam

5-Renan Luce
Repenti

6-Jérôme Minière
Cœurs

7-Gatineau

8-Daniel Bélanger
L’échec du matériel

9-Diane Dufresne
Effusions

10-Moran
Tabac

vendredi 21 décembre 2007

Bell arnaque ? L'humoriste et co-auteur des Bougon Jean-François Mercier s'indigne.

Le party à Éric Lapointe

Les habitués de ce blogue savent que, depuis quelques années, votre hôte a quitté la vie rock and roll pour un rythme beaucoup plus propice à l'éducation d'une gamine. Mais je dois confesser qu'il m'a fait extrêmement plaisir, récemment, de braver la tempête blanche histoire de retrouver, pour le Ici, Éric Lapointe et Sébastien Plante (deux artistes avec lesquels j'ai parfois écartelé la nuit de biture), notamment, dans un local de répète histoire de causer du traditionnel show des fêtes mis sur pied par Éric.
On cause zique et ... rince-cochon (lire: antidote pour lendemain de brosse).


Party Animals

Le ministre de la défonce nationale Éric Lapointe entend poursuivre la tradition et dégoupiller le temps des fêtes avec ses complices.

Claude André

Éric Lapointe, Nanette, Gabrielle Destroismaisons, Mike Ward, Marc Déry, Martin Deschamps, Les Respectables et Paul Piché.

Avec cette escouade d’artistes qui interprétera plusieurs succès du répertoire québécois, ne manque que Normand Brathwaite et vous voilà avec un show de la Saint-Jean en plein hiver, non ? « Nous allons jouer avec le monde. C’est le temps des fêtes pour nous autres aussi. Le mot d’ordre était vraiment de faire des tounes que tout le monde connaît», lancé Éric Lapointe. «La St-Jean ? Généralement, avec les shows multi-artistes, il y a une table avec douzaine d’officiels dont un qui tient un chronomètre. Tandis que nous, on fait ce qu’on a envie et on chante avec qui on a envie de tripper. Il n’y a pas vraiment de metteur en scène mais plutôt un travail de concertation. Lorsque nous sommes arrivés dans le local de répètes, il n’y avait rien de couler dans le ciment. On s’amuse, on mange de la pizza et on boit de la bière. Le party est déjà poigné. Et ça sera la même dynamique sur scène. On m’a proposé de la présenter à la télé et j’ai refusé histoire de ne pas casser toute la magie», raconte Lapointe volubile avant de s’enfiler une rasade d’orge fermenté. Puis, il poursuit : «Le temps des fêtes, c’est quelque chose de familial, et mon équipe représente ma seconde famille. C’est un peu pour les garder proche de moé durant cette période que j’ai commencé ces shows là il y a huit ans», confie-t-il avant de retourner, à la fois boute-en-train et professionnel, distiller ses blagues et son enthousiasme. Un scoop : il y aura un bar sur scène et… une barmaid.


Party des fêtes Éric Lapointe
Métropolis
26 décembre 20h30 (pour tous)
31 décembre 21h30 (pour tous)


Petites confessions

Éric Lapointe
«La toune qui me fait tripper, elle ne sera pas dans le show, est I don’t wanna stop, d’Ozzy. Je la ferai au show Harley», confie le rocker qui a vécu une importante tournée et deux divorces en 2007 : épouse et guitariste et dont l’antidote au mal de cheveux, en plus de la cuillère de vinaigre, consiste désormais à descendre s’entraîner au sous-sol en boxer. «En 2008, on tourne la page ostie pis on décolle sur d’autres choses.»

Sébastien Plante, Les Respectables
«En 2007 ? On a fait Place des Arts avec l’OSM en compagnie de Claude Dubois, Marjo et Nanette en plus de la sortie du DVD de notre show au Centre Bell», se souvient, encore ému, l’attachant chanteur qui entend terminer les partys seul avec sa Dulcinée. Rince-cochon ? Riz blanc et 7 Up flat.

Nanette
«Musique de party préférée ? Ça dépend du party. Il y a quelques années, quand j’allais au États-Unis pour des concours de tirs, je mettais souvent ACDC», explique la chanteuse qui a connu une année 2007 occupée. «Je n’ai pas roulé beaucoup sur ma moto». Les 24-25, elle ira dans une pourvoirie à Saint-Michel-des-Saints et, puisqu’elle ne boit presque plus, Lady Marmalade n’aura pas à recourir à une quelconque alchimie du lendemain.

Paul Piché
Outre son concept «étrange» de récurrence des modes, Paul Piché a travaillé à l’écriture d’un album prévu pour 2008. Les lendemains ? «Avant je mangeais beaucoup de junk. Mais je n’aime plus ça. Je suis capable d’avoir du fun sans me mettre la face dans la ma…(rires)». Pas de chanson festive en 2007 : « Je suis en mode de production et non de réception sur le plan musical», explique le nouveau papa.


Mike Ward
«Happy Chistmas, de John Lennon est ma chanson festive à chaque année. Les lendemains de brosse, je m’ouvre de la bière le matin. Je peux me réveiller black out mais je n’ai pas mal à la tête. Deux jours après, je me souviens de toutes mes gaffes et j’ai honte. Pour oublier ça, je déménage. Mon année 2007 ? Écriture ».

Marc Déry
«Pour buzzer, j’écoute les Charbonniers de l’enfer. Pour remettre d’une cuite, je bois du Perrier ou je reprends une bière. Mais je ne brosse plus vraiment. Je préfère demeurer feeling. Le 26 ? Je vais rentrer à la maison. C’est davantage en tournée genre à Jonquière que je ne réponds plus de moi. À chaque année, pour les fêtes on se réunit les 4 frères et on se joue des tounes

Gabrielle Destroismaisons
«Pas souvent de cuites, mais si j’ai bu du vin rouge je sirote un thé vert le lendemain matin. Pour être de bonne humeur, j’écoutais en 2007 Put Your Hands Up For Detroit de Fredde Le Grand», souligne la «rockeuse zen » qui a participé à plusieurs spectacles des Porn Flakes et qui sera de la tournée européenne de Dracula en 2008.

Martin Deschamps
«Pour tripper j’écoutais, comme d’habitude Highway to Hell que l’on reprend d’ailleurs dans ce show. Quand je veux me remettre d’une brosse, j’engloutis un bon bol d’Honeycomb. Le 26 je retournerai à Rawdon pour d’autres partys. Le 31, je vais me prendre un hôtel et rester en ville», soutient celui qui s’est libéré de ses attaches professionnelles en 2007 et poursuivra ses conférences en 2008.

mardi 18 décembre 2007

Père Noël: 1ère partie



Comme le disait Dylan: «Le monde et les temps changent...». Si on m'avait dit un jour que j'aurais un enfant et que je l'emmènerais voir l'icône commerciale inventée, telle qu'on la connaît, par Coca-Cola...

Voici donc ma petite Nounou un peu craintive pour son premier rancart avec Santa-Claus au Complexe Desjardins.

samedi 15 décembre 2007

Michel Rivard et consorts


Échangisme musical

Si certains profitent des partys de Noël pour s’envoyer en l’air, plusieurs amateurs d’échangisme musical attendent la St-Phonic en salivant les babines.

Claude André

Non, il ne s’agit pas d’un nouveau saint canonisé par un Benoit XVI en goguette mais bien du nom d’une bâtisse dont les différentes cellules sont occupées par une trentaine de musicos.

Plusieurs d’entres-eux espèrent donc créer une nouvelle tradition avec le tout premier spectacle de La St-Phonic !

Parmi ces joyeux saltimbanques qui sont tous actionnaires de la coop St-Phonic ; Gilles Vigneault, Michel Rivard, Michel Pagliaro, Mes Aïeux, Marc Déry, Vincent Vallières, 3 gars su’l sofa, Band de garage, Éric Goulet, Dilemme, Stephend Pagliaro, The National Parcs, Madame Moustache, Manymental Mistakes ainsi que Nelson Minville qui assurera la mise en scène.

Situé à l’orée du Village, l’immeuble St-Phonic ressemble à un bloc appartements comme les autres vu de l’extérieur.

À la réception : un bureau et une cuisinette plutôt frugale avec micro-ondes et frigidaire. Une table et des chaises ainsi qu’un présentoir en mélamine sur lequel sont disposées quelques revues de musique et de coop ainsi qu’une pléthore de dépliants de pizzerias.

Un bruit roulement de batterie au second vient confirmer au visiteur la vocation des lieux.

Michel Rivard, café à la main et casque de poils sur la tête, arrive et emprunte une porte de verre qui mène au second étage. Je monte le rejoindre. Une distributrice attire mon regard. Entre les tablettes de chocolat et les paquets de gommes, des cordes de guitares en enveloppes cartonnées pour $ 1.50.

Puncher à la shop

Toc toc. Rivard me reçoit dans son studio à lui où s’entassent une quinzaine de guitares en plus de l’équipement électronique. Il s’enquiert au sujet de Face Book avant de m’entretenir quant l’histoire de cet ancien entrepôt en ébénisterie dont les multiples studios ont fait leur apparition en 1999.

Et on écoute, fasciné, l’histoire de cet immeuble que lui et les autres artistes résidants ont racheté et transformé en coop en 2006 lorsqu’il s’est avéré que l’ancien propriétaire n’arrivait pas à trouver un acheteur qui aurait souhaité conservé la vocation de «ruche musicale» de l’endroit.

«Quand je suis arrivé ici, il 5 ou 7 ans, je cherchais un endroit pour installer mon studio et je voulais avoir un petit local pour répéter quand mes chums viennent. Je me suis vite aperçu qu’il y a avait pas mal de monde que je ne connaissais pas. Puis mes chums sont arrivés : Marc Déry, Daniel Bélanger…Il y a désormais pleins de gens différents. Ça va du heavy metal à Gilles Vigneault. Leur point en commun, c’est qu’ils sont ici pour faire de la musique», raconte l’ex Beau Dommage qui est aussi président de la coop. «À un moment donné, je possédais mon local de pratique à la maison», reprend Rivard. «C’est pratique, tu peux descendre en pyjama. Sauf qu’à un moment donné, tu t’aperçois que tu ne décroches pas vraiment. Partir de la maison pour venir dans un lieu de travail, c’est toujours quelque chose d’excitant. Voilà une façon extrêmement sympathique d’aller puncher même si parfois les autres bands nous dérangent…» On entend déjà Pag : J’entends puncher….



Fêtons la St-Phonic
21 décembre à 21h00
Métropolis
514-908-9090
www.stphonic.com

mercredi 12 décembre 2007

S'apprivoiser...







L'ours est revenu jouer avec son ami chien tous les soirs de la semaine.

mardi 11 décembre 2007

Étienne Daho



L’invitation

Capitol/Fusion3

Monstre sacré, l’Officier des Arts et des Lettres est un défricheur issu de l’école du Velvet, notamment, et branché sur Londres. Et alors ? Quand Daho nous fait sa pop saccadées-yéyé aux textes froids et, ma foi, un peu genre sous Miossec, on a parfois l’envie de balancer le lecteur. Puis, il nous foudroie littéralement dans une mer de frissons avec le titre Boulevard des capucines où il relate les lettres que son père lui a envoyé tandis qu’il brûlait les planches de l’Olympia. Ce paternel peu connu qui l’a un jour abandonné aux atrocités de la guerre dans son Algérie natale. Rebelote, mais moindre mesure, lorsqu’il nous balance l’anti histoire d’amour Un merveilleux été. Le meilleur comme le pire avec ce Daho nouveau. À vous de choisir. ** ½ CA

Benjamin Biolay


Benjamin Biolay
Trash yéyé
Sony-BMG/ Select

Après le flop de « À l’Origine» paru en 2002, le dandy à la voix traînante revient avec un album total introspectif. Là où les confrères cherchent à quelle époque gainsbourienne il se réfère, votre serviteur entends l’écho de Bashung dans Regarder la lumière, l’irrévérence mordante de Miossec dans Qu’est-ce que ça peut faire et les objets familiers chers à Delerm dans La chambre d’amis. Vaporeux et gris comme le ciel de Nouvelle-Angleterre, Biolay qui, résigné, semble avoir troqué l’amour pour les branlettes dispensées dans les salons de massage, propose un album ambitieux aux arrangements somptueux et accrocheurs mais dont le propos s’avère quasi post-junkie. À apprivoiser. *** ½. (CA)

vendredi 7 décembre 2007

Renaud

Photos: Louis-Étienne Doré

Le sang qui passe

Bientôt Noël, Renaud lance deux cadeaux rouges : un album double et un dvd. Fruits de sa dernière tournée. Car la «vie ça change, les chansons ça reste»

Claude André

Lors de sa dernière série de concerts à Montréal en 2001, alors qu’il refusait des entrevues, votre serviteur avait commis une lettre pastiche adressée à une imaginaire boniche d’Outremont (où il a habité jadis) à la manière de Renaud.

L’avait pas apprécié Mister Renard et s’en était offusqué vertement à l’émission Le Point. J’étais donc nerveux de causer à mon idole d’adolescence et ne voulais surtout pas louper cette quasi unique entrevue que le «chanteur énervant» consentirait cette fois au Québec. Des fois que l’artiste, devant des questions qui heurteraient sa susceptibilité, me raccrocherait au nez…

Oserais-je lui causer de sa désintox à la clinique du Nouveau Départ? Lui demander s’il a rencontré, finalement, le chanteur Nico Lelièvre qui lui ressemble comme une photo de jeunesse… ? Ou m’enquérir quant aux résultats visiblement très modestes de ses cours de chants ?

«Allo, Montréal ! Salut mon chum tabarnak», entends-je depuis Paname. Très sympa. « C’est bien toi Renaud ?». « Oui, c’est moi câlice ». La voix est nasillarde et souriante à la fois. Il tousse comme un train à charbon. N’avait –t-il pas cesser la clope (et l’alcool) sous l’influence du regard bienveillant et scrutateur de son épouse Romane qui a d’ailleurs filmé les images de loges et coulisses de Québec que l’on retrouve dans le bonus du dvd?

Se battre

«Ben oui, je n’arrête pas d’arrêter. J’arrête tout le temps la clope…. 40 fois par jour, j’arrête. Mais un jour je vais la prendre par surprise. Au moment où elle ne s’y attendra pas. Pas le premier janvier comme convenu, comme tout le monde, et là ça sera ma dernière», lance Renaud qui, malgré un rhume et une bronchite, semble afficher une «patate d’enfer». Comme il l’annonce d’ailleurs sur «Tournée rouge sang Paris Bercy + Hexagone» avant de présenter 500 connards sur la ligne de départ qui villipende la course Paris-Dakar. «Je la chante depuis 15 ans. C’est vrai que j’ai un petit peu l’impression de me battre contre des moulins à vent mais je suis un peu teigneux comme garçon. Je suis un peu comme un genre de pitt bull (…)», clame –t-il.

Vrai qu’avec la publication de l’album Rouge sang, dont les couleurs rouge et noir de la renvoyaient directement aux idéaux anarchisant de sa jeunesse, Renaud semble avoir effectivement retrouvé son flingue. Il y reprend même, ô bonheur, la très engagée Hexagone façon protest song à la Dylan. «Hexagone c’est quand même un peu mon brûlot, mon pamphlet…La chanson que les fans ont réclamé pendant trente ans. Celle dont je disais vous aller me voir la chanter tout le temps et que les plus jeunes ne m’ont jamais vu chanter. Donc là, les plus jeunes vont pouvoir me découvrir sur scène et les plus anciens me retrouver», lance Renaud qui semble s’être réconcilié avec la presse lors de son dernier séjour en Nouvelle-France. Lui qui était en brouille avec les médias québécois. «Pas tous les médias. C’était surtout Montréal, le Journal de Montréal. En 32 ans de carrière, faire un mauvais concert, ça arrive à tout le monde», conclut celui qui ne se fera pas prier pour causer de la libération d’Ingrid Bétancourt.

Militant, comme avant qu’il n’annonce prématurément son désengagement politique lors de sa dépressive période «Boucan d’enfer» dont il nous est loisible de lire quelques avatars dans Tangage et Roulis où David McNeil relate son séjour (romancée) à la clinique Nouveau Départ en compagnie d’un certain Reinhart. «C’est un centre pour les alcooliques anonymes sur le rue Papineau. Ça a été écrit pas un ami. Il y parle de moi abondamment hein. Ça ma replonger dans des souvenirs un peu noirs…»

Si Renaud a retrouvé son flingue, hélas pas sa voix, ceux qui ont assisté à une certaine décrépitude de l’idole devenue grasse et nihiliste voire caricaturale seront néanmoins heureux de replonger dans les souvenirs heureux de leur jeunesse à travers ce Renaud rouge comme la passion. Rouge comme le sang de Rimbaud coulant sur un cahier. Ce Renaud d’enfer.






D’anar à bobo, les nous de Renaud

«Tous des tocards, tous faux-culs», Hexagone.

Période pré-mitterandienne (1975 à 1981). Renaud est proche des idées libertaires. L’utilisation du «je» inclusif permet à Renaud de créer un sentiment d’appartenance sur le plan politique en ridiculisant l’Autre : les gens associés au nationalisme qui, en France, est l’apanage, sauf exception, de la droite et de son extrême. Hexagone (1975) est fort éloquente à cet égard. Pendant cette période, le nous de Renaud s’adresse surtout à l’extrême-gauche comme en témoigne aussi le brûlot Où c’est que j’ai mis mon flingue (1977).

«Tonton laisse pas béton», slogan pro-Mitterand
De 1981 à 1995 la France est gouvernée par un président réputé de gauche, François Mitterand. Renaud s’adresse directement à ce dernier sur l’album «Morgane de toi» publié en 1983 avec la relecture du classique Le Déserteur de Boris Vian. Nous sommes loin du «roi des cons sur son trône» qu’il utilisait pour parler de la présidence pendant la période précédente. Renaud, bien que toujours anarcho-mitterandiste (sic), affiche sa sympathie pour les Verts et pour le p.s notamment avec la chanson Socialiste. Pendant cette période, il développe l’utilisation du récit avec personnage pour distiller ses positions marquées à gauche et pro-palestiniennes. Ex. Deuxième génération.

« À part peut-être José Bové, qui pourrais-je jamais aimé ? », Je vis caché.
Période post-mitterandienne de 1996 à aujourd’hui. Suite au départ de sa Dominique, Renaud sombre dans une dépression éthylique qui coïncide avec un certain désabusement sur le plan politique. «Mais bouger mon cul, m’engager, c’est pas d’main qu’vous m’y reprendrez », Je vis caché. En 2006, un récent amour avec Romane est prélude à l’album Rouge sang et permet à Renaud de «retrouver son flingue». Le nous de l’artiste est incarnée par une nouvelle classe sociale ; les bobos (bourgeois bohèmes). Fini les héros salvateurs à la Mitterand mais Renaud retrouve le goût de l’engagement politique et une certaine sérénité.



lundi 3 décembre 2007

Johnny Hallyday


Le cœur d’un homme
Warner

Chant impeccable, voix sublime mise de l’avant, émotion qui arrive juste là où il le faut, paroliers de qualité tels Jean Fauque (Bashung), le romancier Marc Lévy ou Bono, Djeuni s’est offert la totale pour son retour à ses racines musicales, le blues. Avec ses refrains accrocheurs, l’idole joue à fond sa légende et son manichéisme bien qu’il affiche parfois une étonnante humilité. «Je voudrais m’endormir comme avant/Sans craindre de ne pas me réveiller», Ma vie. Avec pour toile de fond la participation de légendes du blues comme Tony Joe White, Taj Mahal, Keb'Mo' et Paul Personne et de plusieurs musicos top pointures, Johnny, l’Albatros de la variété, semble prendre un nouvel envol plutôt convenu et hyper léché *** (CA)