Journaliste culturel au «Journal Métro» (ex «24 H», «Ici», «Ici et là»...) et recherchiste, je cause cd, ciné et livres entre des commentaires politiques, des entrevues et un zeste d'humour frelaté.
jeudi 15 novembre 2007
Question
Si quelqu'un possède la réponse...
mardi 13 novembre 2007
France D'Amour: Le goût des autres

Si l’enfer c’est les autres, le bonheur serait-il les uns ? Tout porte à croire que si lorsque l’on rencontre France d’Amour.
Avec son nouveau disque optimiste et hop-la-vie aux accents rock parfois assez vitaminés, ses allusions aux Leloup, Colocs et autres Bélanger s’écouleront assurément à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires tant la fille casquée possède le sens de la mélodie qui tue. Cependant, tout le mystère qui entoure le succès de la chanteuse ne se limite pas à sa musique. Que des fans collectionnent tout sur elle est banale. Mais qu’une Française, qui l’a découverte en vedette américaine de Garou, décide d’immigrer ici pour s’en rapprocher et assister à tous ses spectacles peut en dire plus long. Cas isolé, certes, mais il démontre peut-être en partie pourquoi le public de France D’Amour est composé majoritairement de femmes. En plus de vraiment s’intéresser aux autres, de ne pas jouer les grosses têtes, et d’assurer une image de fille forte et intrépide, la chanteuse qui dit avoir une propension naturelle au bonheur fait également office de grande sœur pour tout un pan de jeunes filles (et moins jeunes) qui vivent pas procuration ses histoires ou se sentent réconfortées par ses chansons. Comme se sera le cas avec des titres comme Ma sœur ou Le bonheur te fait de l’œil.
Émoi, émoi, émoi
À 40 balais bien sonnés, France D’Amour considère avoir «fait le tour de son nombril» mais cela n’explique pas tout au sujet du concept des autres qui se dessine en filigrane tout au long de l’album. Cela serait-il imputable à l’âge qui rend plus humble ? À une thérapie ? «Le concept a commencé avec une chanson que j’ai faite pour ma sœur dont c’était l’anniversaire et qui n’allait pas bien. Je lui ai organisé un surprise party et tout. Une des personnes avec qui j’ai fait l’album m’a suggéré de l’intégrer. Ensuite, j’ai fait une chanson pour mon band qui s’appelle D’amour PQ. Les gars, avec leur petit côté orgueilleux, on tellement trippés. Puis ensuite, la chanson qui s’appelle Les autres. Je n’ai pas prémédité ce concept mais quand j’ai réalisé avec le recul que j’avais fait le tour de mon nombril dans les autres tounes, il s’est imposé. Puis lorsque tu parles des autres, tu parles de toi aussi ». Justement, difficile, pour une femme de surcroît, d’enfiler la guitare de rockeuse à 40 ans ? « Moi, personnellement, je trippe à vieillir. Je ne voudrais pas être con comme je l’étais à 20 ans. Le corps ? Ouais, c’est la seule chose un peu dommage», raconte la belle avant que l’on cause de la chanson sur le Québec Je l’appelle ma maison. « Moi, j’adore les Québécois. À 20 ans, je n’aurais pas pu dire cela, je ne connaissais pas mon monde. Avec une journaliste, on en est venue à la conclusion, en parlant des accommodements, que c’est comme si le Québécois avait été un gros boutonneux il y a ben longtemps et serait devenu un Brad Pitt qui pense encore qu’il est un gros boutonneux ! »
France D’Amour
Les autres
Tacca/Select
dimanche 11 novembre 2007
Ce frisson
Tu incendiais la fin du monde
Tu allumais toutes les étoiles
L’éternité dans les secondes
L’enfance me tendait ses voiles
Tu m’emmenais sur les nuages
Tu m’enseignais la dignité
N’avais plus peur de l’orage
Quand t’étais à mes côtés
Mais ce matin dans le journal
Une photo qui te ressemblait
Y’avait quelque chose d’anormal
Dans le texte qui défilait
Puis tout à coup j’ai lu ton nom
C’était de toi dont on parlait
J’ai ressenti l’immense pression
Sur ma p’tite vie qui se noyait
J’ai pleuré pendant des semaines
J’ai même voulu tuer les dieux
Ton visage m’inspirait la haine
Et je souffrais aussi pour eux
Il n’y aura pas de pardon
C’est toi l’bourreau pas la victime
Car pour chacun de tes frissons
C’est une enfance que t’assassines
Martin Léon: Le facteur vent
Le Facteur vent
Cinq ans après Kiki BBQ et son chaleureux accueil de la part de nombreux observateur sauf quelques dissidences (une ?) dont votre serviteur qui avait du mal avec les textes disons minimalistes joualisants, retour de l’ex Ann Victor. Et ma foi, l’introspection généreuse empreinte de questionnements proposée est fort probante. Merci Leonard Cohen et son aura qu’il a rencontrés. Avec un son planant qui nous convainquit en spectacle, le bidouilleur qui a également eu la chance de suivre un jour les enseignements du gigantesque Ennio Morricone propose un univers aux teintes vaporeuses, country, reggae valse et poétique. Et il y a de la chair autour de l’os. Comme les sublime Le Râteleur et Je m'demande que votre serviteur déguste quotidiennement depuis des semaines. Sustentez-vous. *** *
Autres tubes:
Je m'demande
L’enfer est sold-out
Pour mieux s’aimer
dimanche 4 novembre 2007
Coups de coeur infidèles

Avec, hélas quelques jours de retard, Belliard c'était le 2. Une photo d'Alexandre Belliard en bonne compagnie renaudienne pour se faire pardonner...
Quelques rencontres charnelles que nous ne voudrions pas louper au Coup de cœur.
Après le pacte des loups scellé avec le doué écorché Alexandre Belliard le 2 novembre à 20h30 au Lion D’or, nous nous reviendrons filer à l’anglaise le 5 au même endroit pour le spectacle jazz, soûl, blues de la formation anglo Moriarty. Du nom de l’ennemi juré de Sherlock Holmes. Celui là même qui aurait été mordu par le célèbre chien de Baskerville…
Parlant de canins, c’est avec un préjugé favorable que nous irons renifler le Husky. Ce jeune écorché qui tient son pseudonyme d’une morsure canine subie au cours de l’enfance. Analogie avec une blessure d’amour qui tarderait à se refermer ? Peut-être percerons-nous le mystère. En plus, avec notre veine de cocu légendaire (c’est la veine qui est légendaire), nous auront droit à la formation Chocolat menée par Jimi Hunt, le prince de l’underground montréalais obsédé par les femmes qui a sans doute cocufiés plusieurs mecs. Le gus offrira le même soir et au même endroit son rock garage psychédélique. On dit que la formation est top malade sur scène. Cabaret du musée juste pour rire le 7 novembre à 20h30
Hélas, comme nous ne disposons pas du don d’ubiquité, on loupera ainsi le spectacle de Thomas Hellmann, ce bon chien dont nous savons dore et déjà qu’il est de race singulière comme ne peux que l’être un croisement de Brel et Tom Waits. Il officiera le dernier spectacle de la tournée L’appartement sur la scène du Club Soda dès 20 h.
Comme si on s’était donné le mot pour nous écarteler la conscience déjà fragile, le rock n’ country des Fréres (sic) Cheminaud et leur prose fermentée dans le houblon fera swingner Le Lion d’Or dès 20h30 en compagnie l’Acadien J-P Leblanc et des Suisses du Gypsy Sound System.
Si jamais on survit à cette nuit d’enfer et d’alcôves viriles, on ira le lendemain (8 nov.) se lécher les blessures dans le cinoche aux teintes country, folk, aériennes et tomwaitiennes top sophistiquées de Magnolia au Lion d’or dès 20h30.
Chose certaine, le 11 pour clore l’escapade frénétique, nous serons fidèle au rendez-vous fixé par un Vincent Vallières solitaire au Lion D’Or à 20h00. Chienne de vie…
Diane Dufresne

Une erreur (oui, je sais), qui laisse entendre exactement le contraire de mon propos réel, s'est glissée dans l'édition en cours du Ici lors de la révision de mon commentaire sur le dernier cd de Diane Dufresne. Voici la bonne version.
Effusions
Disques présence/Select
Trésor national qui ne vibre plus depuis un moment pour la pop classique, Diane Dufresne a donc réquisitionné la lumière pianistique d’Alain Lefèvre. Échange à la fois intense et introspectif pendant 6 chansons. Michel Donato, également invité dans cette démarche faite de rencontres disparates mais cohérente prend le relais pour le volet observation du monde sur lequel on retrouve un vibrant hommage à la terre signé Hubert Reeves ! Avec un lyrisme à la fois subtil et empreint d’envergure chapeauté par les arrangements de cordes de Marie Bernard, le 25 ième opus de l’albatros multicolore de la chanson planera encore longtemps sur les récifs de nos âmes fracassés.
**** CA
J’t’aime plus que j’t’aime
Mille et une nuits
Desperado du désespoir
Alors loubard anonyme, Roger Tabra avait lancé à l’auteur de ces lignes, entre deux clopes roulées et quelques scotchs que son « plus grand rêve serait de voir son nom recensé parmi les dictionnaires de la chanson ». Avec plus de 250 chanson endisqués par, notamment, Johnny Hallyday, Laurence Jalbert, Éric Lapointe et France D’amour, celui dont un texte ouvre le dernier disque de Diane Dufresne s’apprête à enfiler ses plus beaux habits noirs pour l’hommage qui lui sera rendu dans le cadre du Festival du monde arabe de Montréal.
La voix éteinte par la maladie mais le verbe toujours haut, ce fils de Kabyle qui ne sort pratiquement plus de ses appartements de l’Est de Montréal, bosse en ce moment au prochain disque d’Éric Lapointe en plus de préparer le sien dont le titre sera «Pro Memoria»... Tant que l’encre continuera de couler dans ses veines, cette vieille canaille écriera sa désespérance chantée par les autres qui deviennent autant de biographe d’une vie jadis très mouvementée et dont nous pourrons connaître quelques chapitres dans un roman à venir.
Hommage à Roger Tabra
Avec France D’Amour, Éric Lapointe, Michel Rivard… et consort sous la direction musicale de Claude Pinault
Mercredi 7 novembre à 20h00
vendredi 26 octobre 2007
Gala de l'Adisq

Juste avant l'halloween, on sort notre chapeau pointu et notre boule de cristal pour jouer le jeu des prédictions et des préférences pour le gala de l'A-10 qui se déroulera dimanche. Voici mon texte publié dans l'édition en cours du Ici.
Album de l'année Populaire
Artistes variés/Duos Dubois
Nous serons six milliards/ Nicola Ciccone
Garou/Garou
Marie-Élaine Thibert/ Comme ça
Certains collègues l’ont qualifié de «karaoké». Mais avec cette relecture d'un pan important de la trame sonore du Québec des 40 dernières années, Dubois a fait banco. Si certaines versions des tubes s'avèrent discutables voire mièvres comme celles en compagnie de Lynda Lemay ou Corneille, nous sommes nombreux à avoir été émus par un Bruel infidèle et, pour une très rare fois également, par une Céline angélique qui se demande Si Dieu existe? Oui, et c'est un sacré businessman...
Choix de l’Adisq : Marie-Élaine Thibert
Album de l’année Pop Rock
Dany Bédar/ Acoustique…en studio !
Daniel Bélanger/L’échec du matériel
Dumas/Fixer le temps
Richard Séguin/Lettres ouvertes
Vincent Vallières/Le repère tranquille
Album de l’année Rock
Robert Charlebois/ Charlebois au National-Tout écartillé
Les Respectables/Live au Centre Bell, 22 septembre 20006
Les Trois Accords/Grand champion international de course
Papillon/Pop Rop
Damien Robitaille
Tricot machine et Daniel Beaumont
Vincent Vallières
Vulgaires Machins
Chanson populaire de l’année
La fin de l’homme/Daniel Bélanger
Entre Matane et Baton Rouge/Isabelle Boulay
Sous une pluie d’étoiles/Cindy Daniel
Je l’ai jamais dit à personne/Étienne Drapeau
Laisse l’été avoir 15 ans/Claude Dubois-Natasha St-Pier
Au gré des saisons/Dumas
Mexico/Kaïn
Tangerine/Jean Leclerc
8 secondes/Les Cowboys Fringants
Dégénérations/Le Reel du fossé/ Mes Aïeux
Follow Me remix/Ariane Moffat
Je pars à pied/Vincent Vallières
Interprète féminine de l’année
Isabelle Boulay
Luce Dufault
Florence K.
Chloé Sainte-Marie
Marie-Élaine Thibert
Mara Tremblay
Annie Villeneuve
Interprète masculin de l’année
Daniel Bélanger
Xavier Caféïne
Nicola Ciccone
Dumas
Pierre Lapointe
Richard Séguin
Vincent Vallières
Groupe de l’année
Karkwa
Les Trois Accords
Malajube
Mes Aïeux
Révélation de l’année
Audrey de Montigny
Damien Robitaille
Tricot Machine
Vulgaires Machins
Comme on vous dit tout le bien que l’on pense de Damien depuis au moins trois ans, Ici poke Vulgaires Machins même si le groupe existe depuis 11 ans!!!
Spectacle de l’année Auteur-compositeur-interprète
Fixer le temps/Dumas
Dans la forêt des mal-aimés/Pierre Lapointe
Perreau et
Lettres ouvertes/Richard Séguin
Le repère tranquille/Vincent Vallières
Le très conceptuel spectacle de Pierre Lapointe a ébloui mais celui de la bête de scène Yann Perreau pour le dernier souffle intimiste du Quat’Sous demeure historique. Zen, on vote Yin et Yann.
Spectacle de l’année interprète
Les 7/ Artistes variés
De retour à la source/Isabelle Boulay
La fin du monde/Michel Faubert
Les villes où je vais/Mario Pelchat
Quand je ferme les yeux-Acoustique/ Annie Villeneuve
Roulement de tambour, le Ici opte pour le bon yâble Faubert sans hésitation.
Gala de l’Adisq : De retour à la source/Isabelle Boulay
Album de l’année-Alternatif
Western Shangai/ Call me poupée
Mexico/Jean Leclerc
Les matins de grands soirs, Les Breastfeeders
100% Boeuf, Pépé
Compter les corps, Vulgaires Machins
Dilemme. Puisque Dieu Leclerc a déjà tout, on tranche en faveur des Breastfeeders en versant une larmichette pour Vulgaires Machins.
Choix de l’Adisq : Mexico/Jean Leclerc
lundi 22 octobre 2007
La plus grande chanson
J'en parlais avec Daran la semaine dernière, cette oeuvre de Léo Ferré est pour lui, comme pour moi d'ailleurs, la plus sublime chanson au monde toutes époques confondues.
Parlant de chansons, j'ai appris récemment, de la part d'une chanteuse en vue, que Johnny Hallyday serait venu incognito à Montréal il y a quelques temps afin de régler les détails concernant la reprise éventuelle de la chanson Mon Ange signée Tabra/Pineault et créée par Éric Lapointe.
Voilà qui devrait assurer l'avenir financier du petit Leny Tabra, celui là même auquel la chanson s'adresse contrairement à la croyance générale qui y voit une chanson d'amour d'un gars pour sa blonde.
Au fait, j'aimerais souhaiter la meilleure des chances sur le plan santé à Tabra qui fît figure, à une époque, de grand frère pour moi.
dimanche 21 octobre 2007
Nom d'une pipe !
Attention: interdit aux oreilles chastes. Top vulgaire mais trop drôle.
samedi 20 octobre 2007
Je t'attends
Près d'une aurore boréale
Parce que j'ai goûté à tes eaux
l'océan de ton littoral
Parce que j'ai frôlé ta noblesse
Sur l'esquif du courage
Parce que sur la vie tu te dresses
Même quand l'amour fait naufrage
Je t'attends
Parce que j'ai sombré tant de fois
Sur mille champs de batailles
Parce que j'ai trouvé dans tes bras
La plus glorieuse des médailles
Parce que tu es ma forêt
ma pleine lune et mon île
Parce que tu es mon secret
Mon rêve le plus fébrile
Je t'attends
Parce que tu débordes de moi
Pour me caresser de ton ciel
Parce qu'il n'est plus d'autrefois
Quand ton souffle m'appelle
Parce qu'il y a ta dignité
Qui fait scintiller les étoiles
Parce que dans ta voie lactée
Je pose mon feux de Bengale
Je t'aime tant
Discographie d'Emmanuelle Seigner

Célébrée par les cinéphiles notamment en raison de ses performances dans Place Vandôme ou dans le classique Lune de fiel, la frangine de Mathilde Seigner et épouse d’un certain Roman Polanski nous présentait récemment son premier chapitre musical, Ultra orange & Emmanuelle. Une œuvre aux ambiances vintages chantée dans la langue de Bowie qui n’est pas sans rappeler Blondie et le Velvet et dont les métaphores évoquent Cohen (ouf…). Rencontre avec une vamp fana de musique anglo-saxonne.
Pas vraiment de préféré mais il y en plusieurs que j’aime beaucoup : «Berlin», de Lou Reed. «Sticky Fingers» des Stones, «Station to Station» de Bowie, «Let it Be» des Beatles.
Premier disque acheté ?
Ah…Je ne m’en rappelle pas. Il y a si longtemps.
Tes idoles d’enfance ?
Quand j’avais 5-6 ans, j’écoutais beaucoup de chanson française comme celles d’Édith Piaf. Brassens, Brel, Léo Ferré. J’aimais beaucoup ce genre de musique quand j’étais petite.
Léo, à 5 ans !
C’est vraiment ce que j’écoutais dans ma famille.
Moi, à 17 ans, je ne comprenais pas encore ce qu’il racontait…
C’est vrai… ? Mais c’est beau quand même. Pas besoin de comprendre. La voix…Moi je suis très sensible aux voix des gens. Je trouve que la voix c’est l’âme. Et Piaf, par exemple, je trouve qu’elle avait une voix superbe.
Tu aimes sans doute Dalida qui possédait une voix d’âme déchirée ?
C’est vrai mais j’aime moins sa musique. Trop variété.
Et quelle est la voix masculine qui te touche le plus ?
Elvis Presley. Pour moi c’est le plus grand chanteur de tous les temps.
Et féminine ?
Il y a plein de voix que j’aime. Piaf, bien sûr. Marianne Faithfull…Blondie aussi, que j’adore. En fait, c’est plus son style de musique que sa voix qui me fait craquer. Il y a aussi Nancy Sinatra…
Qu’écoutiez-vous, Ultra orange et toi pendant le processus d’enregistrement de l’album ? Pierre (Emery), le compositeur des pièces et réalisateur me faisait écouter des choses comme Nico (chanteuse du Velvet) que je ne connaissais pas très bien. En fait je disais : « Nico, c’est horrible. Elle chante faux…» et tout. Et il me disait : « Nooooooon, il y a des trucs qui sont supers ». Et finalement c’est vrai qu’il y a des trucs très très bien.
La musique la plus ringarde que tu aimes ?
Ben…Dalida ! Rires. Delpech ? Ouais, Pour un flirt c’est pas mal. Ou alors Aline.
Ah mais c’est de Christophe ça. Maximum respect. Son album exploratoire «Comme si la terre penchait» est merveilleux quand même, non ?
(Elle opine de chef). Ouais, ce n’est vraiment pas ringard ça (puis, elle hésite). Tu sais, je suis très proche de Christophe. Sur « La terre penchait » il a écrit une chanson pour moi : La man.
Non, vraiment ! Sublime chanson. Comment c’est arrivé?
C’est parce que je le connais bien. Il a vécu avec ma sœur pendant 8 ans.
Mathilde ?
Non, une autre sœur. Donc voilà, il a fait partie de ma famille pendant une période.
Ce que fait Christophe, ce n’est pas le genre de musique que je voulais. Et pour ce style, l’anglais s’y prête beaucoup mieux. Le rock que nous on voulait faire, un peu sale, un peu sixties, ça marchait en anglais quoi.
Mais il y a quand même Noir Désir qui a fait du super rock en français…
Nous sommes d’accord mais je crois que c’est le seul groupe qui a réussi. Gainsbourg est parvenu, en faisant une variété un peu pop, à faire que le français marche. Mais avec le rock pur, comme on a sur cet album, ça ne fonctionne pas.
Tu es une comédienne qui cartonne, quelle est ta musique de film préférée ?
Les bandes-originales des films de Tarantino. J’aimais beaucoup Komeda (Krzysztof) celui qui a fait la chanson du film «Rosemary’s Baby». Il a fait de très belles musiques de film.
Avec ton célèbre Polanski de mari, vous écoutez quel genre de musique ?
De tout. Nous n’avons pas vraiment les mêmes gouts. Lui, il aime la variété. Des choses comme Céline Dion, tout ça…
Tes albums de variétés préférés ?
J’aime bien Raphaël. Et Carla Bruni. J’adore «Quelqu’un m’a dit». En anglais, j’aime moins.
vendredi 19 octobre 2007
Station de metro...sexuels
Comme je viens d'écouter un débat à Télé Qc ayant pour thème «Le Québécois est-il l'homme idéal?» au cours duquel l'auteur Stéphane Dompierre s'est fait littéralement happé par une Pascale Navaro qui considère que l'homo quebecensis molluscus incarne l'homme idéale, me suis rappelé ce petit reportage réalisé à l'automne dernier pour le Ici. Voilà, je vous laisse à cette petite incursion chez les métrosexuels car Peluso arrive pour le gala de boxe diffusé à la téloche ... Allez Bute !
Non, l’homme n’est pas une femme comme les autres comme l’écrivait la grande Simone. Mais dans cette époque des métrosexuels, incarnés par le footballeur anglais David Beckham (dandy urbain qui connaît la mode, les gyms et les cépages), et de son supérieur, l’übersexuel (de l’allemand au-dessus, représenté par Bono ou Philippe Couillard !) qui se préoccupe moins de sa petite personne et sait prendre des décisions, Montréal était mûre pour un centre de beauté pour mecs.
Situé au cœur du quartier des affaires à l’ombre des tours de verre et d’acier, MANN propose «l’unique destination pour les soins masculins à Montréal ». À l’heure ou les ventes dans le secteur cosmétique pour hommes progressent de 30 % par année, la métropole était-elle en retard sur les grandes cités ? « J’ai constaté qu’il y avait une lacune à cet égard sur le marché montréalais », explique Ian Sutherland. « Avec mon ancien emploi, j’ai voyagé énormément et j’ai vu l’ouverture de tels endroits à Londres, Paris, New York. J’ai visité quelques spa, ici, mais c’était vraiment conçus pour les femmes notamment en raison des produits utilisés et de l’environnement. C’est vrai que nous étions un peu en retard, même derrière Toronto ou Vancouver », poursuit le sympathique rouquin d’une voix douce.
Puis, il laisse votre humble serviteur sous les bons soins de l’avenante Kimo pour une manucure. Si on se sent ridicule à prime abord, la jeune femme travaille de façon si naturelle qu’on se laisse prendre au jeu. Le charme opère, c’est la base du commerce, on a, pour un instant, l’impression d’être quelqu’un d’important tandis un homme, fin trentaine, se fait couper les cheveux à quelques pas derrière.
Cette impression fera place à un immense confort jumelé à une détente salvatrice lorsque, dans un cabinet de massage, la dame nous appliquera des serviettes chaudes prélude à un nettoyage facial au son d’une musique relaxante.
Envieux, Louis-Étienne le photographe s’enquiert du nombres de représentes de la communauté japonaise à Montréal tandis que je bénis les dieux d’avoir un jour inventé la geisha moderne.
Frais et dispo, on poursuit l’audace jusqu’à « subir » un bain de pieds suivi d’un massage. Dehors le temps est gris et on se dit : tiens, voilà un cadeau de Noël plutôt sympathique.
Environ $ 99 pour une heure et demi. Le prix d’une bonne bouteille quoi, pas pire pour donner à un homme le sentiment d’être quelqu’un.
samedi 13 octobre 2007
De la pression
samedi 6 octobre 2007
Viser la tête
jeudi 4 octobre 2007
L'artiste doit-il s'engager?

Mais en vérité, disons-le, en ce monde où la majorité d'entre-eux vit d'une pitance incertaine, qu'est-ce qu'un artiste engagé sinon qu'un artiste qui possède un contrat d'engagement ?
mardi 2 octobre 2007
Je Rêve

De croire encore à toutes ces choses
Qu’au temps d’avant le chemin d’ croix
J’ai aperçu dans la névrose
Je rêve du parfum des essences
Qui me ramèneront au passé
Celui du temps de l’innocence
Que le cynisme a remplacé
Je rêve de rendre enfin les armes
Que j’avais braqué sur mon cœur
Puis de laisser couler mes larmes
En faire des perles de bonheur
Je rêve de marché avec elle
Sous l’ciel de Nouvelle-Angleterre
Et dans une petite chambre d’hôtel
Lui promettre le ciel et la mer
Je rêve de lui toucher les doigts
Et de les poser sur ma tête
De lui raconter ces millions de fois
Que j’l’ai cherché sans la connaitre
Je rêve d’une musique de Glen Gould
Sur le film de nos émotions
Et si le ciel devient trop lourd
Nous inventerons des prénoms
lundi 1 octobre 2007
Le petit cosmonaute

Lors de la correction d'épreuves au Ici la semaine dernière, une erreur s'est glissée dans mon commentaire sur le dernier album de Jérôme Minière. Ladite erreur a eu pour effet de changer radicalement le sens de mon propos qui stipulait que la sophistication musicale de l'artiste devenait plus accessible avec l'album «Coeurs». Or l'erreur laisse entendre exactement l'inverse. Voici la bonne version.
Jérôme Minière
Cœurs
Farfadet timide mais ultra doué de la chanson électro, Jérôme Minière ne verse pas, moins cette fois, dans l’easy listening grand public mais plutôt dans la sophistication. Pas pour rien d’ailleurs qu’il figure parmi les chouchous de la critique et des observateurs de la scène musicale d’avant-garde. C’est d’ailleurs avec la complicité de pointures de la musique actuelle d’ici tels René Lussier aux guitares et basses ainsi que, notamment, Mélanie « Magnolia» Auclair aux violoncelles que le petit cosmonaute a bidouillé cet album qui se veut l’anti thèse de son alter ego Harri Kopter sous lequel il se dissimulait hier encore. Plutôt que de caricaturer la société de consommation, le papa de deux enfants a choisi de forer la mine des sentiments et d’en extraire des chansons qui magnifient la banalité et ses petites brindilles de la quotidienneté. Récipiendaire du Félix de l’auteur-compositeur en 2003, ce Québécois d’adoption laisse transparaître une belle vulnérabilité qui pourrait le voir élargir le cercle de ses amis ici comme en Hexagonie. Une fois n’est pas coutume, on vous exhorte à découvrir le très inspiré clip de la chanson Trains : www.jeromeminiere.ca. ****
samedi 29 septembre 2007
Noa en studio
mardi 25 septembre 2007
C'est beau un bum

En novembre 2000, je me demandais pourquoi certaines femmes préfèrent les bums. Voici la première version d'un reportage paru alors dans un magazine féminin. Les noms de certaines interlocutrices ont été changé à leur demande.
Toutes les femmes n’aiment pas pour les mecs en costard et attaché-case. Pour certaines, cuir, t-shirt et tatouages ont la cote. Pourquoi préfèrent-elles les bums?
Annie, 25 ans, a grandi dans un milieu petit-bourgeois. Fascinée par les romans, elle a fait des études universitaires en littérature. Puis un jour, elle a décidé de correspondre avec un détenu, puis un second. «J’étais obnubilée par l’attrait du danger. Au début, ils nous idéalisent comme ce n’est pas permis. On reçoit des lettres enflammées et souvent très poétiques. Et puis, il y a cet aspect sauvage qui est très attirant. Parce que, il faut bien l’admettre, les bons gars sont généralement «plates», ordinaires. Le fait de me retrouver avec ce grand bébé bardé de tatouages éveillait avec beaucoup de vigueur mes instincts maternels. Je dois admettre que c’était peut-être, également, en réaction avec le milieu bourgeois auquel j’appartenais. Mais, hélas, j’ai été la reine des naïves! Ces gars-là sont généralement très manipulateurs. Ils passent souvent leur journée à établir des stratagèmes pour nous mettre à l'épreuve. On leur envoie même beaucoup d’argent, tout en se dessinant un scénario sur la petite vie qui nous attend à la libération de l’amoureux. Laissez-moi vous dire que les choses ne se déroulent généralement pas comme prévu. Enfin, pas dans mon cas. Ils ont essayé de me contrôler. Ils m’épiaient. Bref, le bel amoureux ressemblait davantage au personnage incarné par Michel Rivard dans le téléroman Scoop qu’à James Dean dans
André Grisé, un ex-taulard quinquagénaire confirme : « On leur écrivait des lettres et on envoyait nos photos, puis elles nous expédiaient de l’argent. » Il ajoute : « Je pourrais t’amener dans certains bars et, juste en annonçant le nombre d’années que j’ai fait en dedans et en exposant mes tatouages, je te garantis que c’est moi qui partirais avec des bonnes femmes. » Et pourquoi ces femmes, qui auraient pu rencontrer un homme dans un bar ou dans une agence de rencontres, correspondaient-elles avec vous? « Tu imagines ce qui ce passe dans la tête d’une femme qui rencontre un gars qui n’a pas baisé depuis 15 ans!»
Mario, son fils (!) 35 ans dont 15 en taule, renchérit : « C’est intéressant pour elles parce qu’elles ont le contrôle de la relation». Et elles sont physiquement intéressantes? « Généralement, se sont des femmes plutôt adipeuses. Pas des pétards, quoi ». Comme Annie, qui se décrit elle-même comme une fille belle « intérieurement ».
Bien sûr, le cas d’Annie est extrême. Il y a une nette démarcation entre le baroudeur de bar qui roule des mécaniques (de cuir) et le criminel. Les femmes attirées par les voyous sympathiques ne le sont pas nécessairement par les détenus. Mais il est effarant de constater à quel point ces derniers ont du succès auprès d’un certain type de femmes.
L’appel du loup
Qu’en est-il vraiment dans la vie de tous les jours? Pourquoi certaines femmes sont-elles systématiquement attirées par les mauvais garçons ? « Je pense que les femmes recherchent beaucoup le mâle alpha », avance la journaliste Marie-Anne Tardif. « Celui qui, à l’exemple des loups dans une meute, représente le chef de bande. D’ailleurs, c’est souvent le mâle alpha, chez les animaux, qui va se reproduire avec la plupart des femelles du groupe. Un bum ou un criminel, c’est souvent quelqu’un qui se fout des lois imposées par la société. Quelqu’un qui se pose au-dessus de tout cela. Ce genre de comportement peut être très attirant pour une femme. Parce que c’est une forme de pouvoir. Or, on sait que c’est souvent le pouvoir qui nous attire», poursuit celle qui a avoue avoir longtemps eu une préférence pour les anticonformistes, voire les délinquants. « J’ai déjà vécu une petite aventure avec un Roumain qui avait été mercenaire dans le passé. Il lui manquait des doigts et il avait la peau perforée de part et d’autre. Bref, un dur. C’était très excitant, parce qu’il me permettait d’affronter ma propre peur », se souvient-elle.
Délinquante refoulée?
Dans son livre La fille de son père (éd. Le jour), la psychanalyste américaine Linda Shierse Leonard attribue ce type d’attirance à une catégorie de femmes qu’elle qualifie de marginale; la puella. C’est-à-dire une femme dont le père serait en révolte contre la société, parce qu’il en serait devenu un objet de honte. Ainsi, lorsque cette jeune fille s’est identifiée à son père de façon positive, elle rejette alors la société qui a rejeté son paternel.
Pourtant, comme on l’a vu plus haut, certaines femmes peuvent très bien être attirées par des bagnards ou des bums, tout en ayant eu un père modèle. C’est le cas de Geneviève Bégin, cadre, ancienne conjointe et mère d’un enfant qu’elle a eu avec le parolier Roger Tabra (Lapointe, Bigras, Pelletier, Boulay, D’amour…), vieille canaille « gainsbourienne », s’il en est une. Enfant d’une famille nucléaire des plus traditionnelles, Geneviève a cherché à vivre sa propre délinquance. « Je ne m’en rendais pas compte d’emblée. Mais il s’est avéré que les gars avec lesquels j’ai vécu des histoires d’amour étaient des bums. Je pense que pour être attirée par ce genre de personnages, il faut être soi-même un peu délinquante », raconte Geneviève qui a essayé d’établir une relation stable durant un an avec un comptable pour, finalement, revenir auprès d’un loubard. Ce qui est souvent le cas, comme nous l'avons constaté au cours de ce reportage. « C’était un gars brillant. Rempli de belles valeurs, gentil et tout. Mais c’était tellement ennuyant que j’étais malheureuse comme les pierres.»
Édith Boulanger, une fille apparemment “ straight ” qui bossait jadis en informatique a fréquenté des membres du crime organisé. « L’attrait sexuel joue un rôle important. Faire l’amour à côté d’un magnum 357 est très excitant. Avec ces gars-là, il y a plus de chance qu’il y ait de l’action. Puis, quand on te raconte qu’un tel est mort et que la police t’a poursuivie au cours de la journée, ça te sort de ton train-train. Bref, c’est de l’entertaining », gloussait l’excentrique qui établi une distinction entre le membre de la mafia et le « looser qui boit sa bière à la maison».
Aux dernières nouvelles, Édith purgeait une peine de prison pour fraude.
Hélène Vadeboncoeur, pour sa part, avocate et ancienne compagne d’un écrivain aussi reconnu pour ses frasques, pense également qu’il faut d’abord être délinquante soi-même : «On vit par procuration notre propre délinquance, laquelle est beaucoup moins tolérée chez les femmes par la société. Il y a, bien sûr, le besoin d’aller chercher une forme d’interdit. La question sexuelle? Non. Je ne crois pas que les bums fassent l’amour de façon si différente. » Qu’ont-ils donc de plus que les autres alors, les bum?
Cruauté quand tu nous tiens…
Les lectrices du roman Les hommes cruels ne courent pas les rues, de Katherine Pancol et paru au Seuil, se souviendront de ce révélateur passage :
« Je n’ai jamais aimé que les hommes cruels, m’avait déclaré Louise Brooks. Les hommes gentils, c’est triste mais on ne les aime pas. On les aime beaucoup, mais sans plus. Vous connaissez une femme qui a perdu la tête pour un gentil garçon?
Moi non. Un homme cruel est léger, riche, infiniment mystérieux… Imprévisible. Il vous tient en haleine. Alors qu’on finit par en vouloir à un homme à qui on peut faire confiance… »
Hélas! les hommes cruels ne courent pas les rues. À l’instar de l’héroïne de Pancol, une pléthore de femmes ont éprouvé ou éprouvent le même genre de sentiment à l’égard des hommes. Et s’ il y a toujours eu des femmes qui, à l’instar de Diane Dufresne à une certaine époque, «trippent sur les gars d’bécyks » la culture mâle a été marquée au fer rouge de l’ignominie durant de longues décennies. Elle semble recouvrer un certain lustre depuis quelque temps. Même lorsqu’elle est poussée à son paroxysme, comme on le voit dans des films tel que Fight Club, dans lequel on montre des hommes qui, sous la houlette du personnage incarné par Brad Pitt, retrouvent leur virilité à s’adonnant à une thérapie de bastonnade. Idem dans long métrage Magnolia, où le personnage interprété par Tom Cruise offre des ateliers très virils au cours desquels les hommes renouent avec leur testostérone et leur instinct grégaire. La culture mâle à la cote. Et que dire de ce récent engouement pour les tatouages ou pour les sports de combat, notamment la boxe. Même la frêle et végétarienne Julie Snyder affichait son plus beau sourire à l’occasion de certains galas. Sans compter les succès de chanteurs comme Éric Lapointe, Johnny Halliday ou de l’humoriste Patrick Huard qui, chacun à leur façon, incarnent une certaine idée de la masculinité. Chez les gays, le boy toy, (culte du corps et des muscles) symbolise désormais davantage cette forme de sexualité que le travelo ou la fofolle dans l’imaginaire populaire.
Il y a quelques années, les hommes étaient complètement déboussolés lorsque venait le moment d’aborder une femme dans un quelconque endroit. Souvent, ils courbaient le dos et se tenaient coi, histoire de ne pas se voir rejeter du revers de la main ou même d’être humilié. Ce qui est peut-être encore un peu le cas. Les chanteurs européens que j’ai eu le privilège d’interviewer, notamment Jean-Louis Murat, remarquent tous comme les femmes d’ici ont le port altier, en comparaison aux hommes qui ressemblent parfois à des eunuques. Mais les choses sont peut-être en train de changer avec ce parfum de Zeus qui plane dans l’air du temps.
« C’est très rassurant pour une femme de se retrouver avec un macho. Dans le sens qu’elles se sentent véritablement désirées », explique le psychanalyste Guy Corno.
Ainsi, l’auteure, ex-ministre et féministe Lise Payette n’avait peut-être pas tort lorsqu’elle affirmait que les femmes veulent un homme rose le jour et un macho la nuit. Mais voilà, pour un certain type de femmes, les nuits semblent plus belles que leurs jours.