samedi 17 octobre 2009

L'ultime lâcher-prise


                   To jump or not to jump ? Telle est la question...

Lorsque j’ai communiqué avec Voltige 2001, l’école de parachutisme fondée par le comédien Guillaume Lemay-Thivierge et quelques autres en 2001, un des dirigeants, Mario, m’a fait une proposition après que nous eûmes réglé les détails: «Si tu as envie, tu sauteras toi aussi. Comme ça, tu sauras mieux de quoi tu vas parler». Fuck ! Voilà ce que je craignais. Moi, m'expulser d’un avion à 13 500 pieds d’altitude ?

Car si j’étais enthousiaste à l’idée d’accompagner quelqu’un histoire de savoir comment ça se passe lors d’un premier saut en tandem, je n’avais certes pas l’intention de le découvrir par moi-même. Moi, qui, depuis l’enfance, suis en proie au vertige et ressens l’appel inquiétant du vide dès que je me retrouve sur le balcon du second étage qui mène à mon appartement.

«Y a pas de trouble si tu ne décides pas tout de suite, tu verras sur place le matin même» a-t-il rajouté avec, au bout du fil, un sourire, que je devinais. Sans le savoir en recevant cette proposition, je venais, silencieusement, de conclure un pacte avec le diable.

Une sentence

Cet appel eut lieu quelques jours avant le moment prévu pour le saut de mon amie Isabelle, une comédienne devenue maman depuis peu.

Trois journées et surtout trois nuits de doutes et d’angoisses à la manière d’un condamné qui attendrait sa comparution devant un magistrat.

Car si d’une part j’en avais nullement envie, une autre partie de moi insiste depuis longtemps : «Tu dois affronter cette peur de sauter en parachute pour te sentir plus libre et te prouver que tu as du courage».

Jour J (pour jump)

Puis vint le jour fatidique. Lundi 18 mai. Ciel radieux. Fête des patriotes. Bonne journée pour accomplir un geste héroïque… On se rend à Joliette. L’endroit ressemble à un terrain de golf. À gauche, une aire de pliage où seuls les parachutistes sont admis. À droite, un dortoir pour les sauteurs réguliers en plus des vestiges des installations de l’équipe de tournage du film Les pieds dans le vide de Marie-Loup Wolfe qui met en vedette Guillaume Lemay-Thivierge et Laurence Leboeuf et qui devait prendre l’affiche en août.

Je trépigne. Ma potesse qui vient d’allaiter son petit arbore une totale zen attitude. Elle a même plutôt hâte de plonger dans le ciel cette dingue qui «aime les émotions fortes et a toujours rêvée de voler tel un oiseau». Tandis que, moi, je me demande encore ce que je suis venu foutre dans cette galère.

Puis dans l’azur les parachutes entament leur ballet multicolore. L’effet est saisissant. Je m’enquiers auprès de deux ou trois «survivants» et tous affichent le sourire gaga de ceux qui viennent de s’envoyer une cigarette de clown (lire joint) carabinée avant de me répondre : «Vas-y. Tu seras content par la suite». Isa me dit qu’elle commence à avoir un peu peur mais est quand même excitée.

La décision

On nous appelle au micro. Jusque-là, je me garde le droit de prendre ma décision finale après la petite formation qui durera une quinzaine de minutes mais je suis tenté. Le sympathique Richard nous explique le processus. Je lui demande ce qu’il adviendra de mon vertige : «Cela se manifeste seulement lorsqu’il y a ancrage au sol ce qui n’est pas notre cas….», me répond-t-il. Humm. Pas convaincu. Une intuition me dit que je ne dois pas y aller. J’annonce à Richard que je me désiste et quitte pour m’asseoir sur une table à pique-nique. Il me rejoint et me propose de sauter avec lui. M’explique que je vivrai la plus belle expérience de ma vie et patati et patata avant de conclure pince-sans-rire : « Tu seras entre bonne mains, c’est moi qui en échappe le moins ici » !



L’envol (cliquez pour visionner le vidéo du saut).

Finalement, j’enfile la combinaison. La quinzaine de sauteurs monte à bord de l’avion. Vingt minutes s’écoulent. Ma dernière heure semble venue. Surtout ne pas paniquer. Demande à mon partenaire, qui est l’instigateur du tandem au Québec, si je peux changer d’avis. Nenni. Je regarde en bas par le hublot. La vue des conifères m’effraie. Les arbres deviennent des tâches. Nous sommes à hauteur de cumulus. Richard, derrière moi, me rassure et me dit de ne pas me laisser impressionner quand la porte s’ouvrira sur l’immensité. Je suis à genoux. La tête dressée vers le ciel. Je regarde l’éternité. Puis hop, on plonge dans le vide. J’ouvre les yeux. Le caméraman est devant moi. Sa présence me rassure. J’ai l’impression de flotter même si je descends à 200 km/h. On dirait une pièce de hardcore tant s’est rapide. Je me dis : «Man, tu flottes dans les airs, tu voles». Sourire. La crainte se dissipe. Cinquante secondes se sont égrainées. Tape sur l’épaule. Je m’accroche les mains sur les harnais. Pop. Choc, je suis à la verticale. Le rythme effréné se transforme en valse. L’horizon est magnifique. «Crisss, comme c’est beau», je m’exclame. «Bienvenue dans mon bureau», rétorque Richard. Il effectue quelques vrilles. «Yahouuu». Le cœur monte en me titillant l’entre-jambe comme dans les montagnes russes à La Ronde. 5 minutes s’écoulent. Hors du temps, hors du monde.

Je viens, après la naissance de ma petite fille, de passer le plus beau moment de ma vie. Atterrissage en douceur. Sourire grand comme le bar du Ritz. Désormais, je serai au dessus de tout…



samedi 10 octobre 2009

Beauté perdue

Tellement beau et touchant. Magnifique album. Bravo Luc.

vendredi 9 octobre 2009

À l'agenda



Fesser dans l’dash
Il est des coups de poing en pleine gueule qui sont parfois des plus salutaires tant ils ébranlent notre confort béat et notre hébétude. C’est à ce type d’expérience physique, au sens figuré bien entendu, que nous convie le théâtre La Licorne à l’occasion des présentations de la pièce Scotstown qui avait reçu de chaudes accolades de la part des observateurs et du public lors de sa présentation l’hiver dernier. Non politiquement correct, cette pièce dissidente signée, mise en scène et interprétée par le très intense, crue et coloré Fabien Cloutier (seul sur scène) nous fera revisiter la mythologie québécoise tout en nous distillant ici et là fous rires et réflexions sur la société.
Scotstown
La Licorne
Du 27 octobre au 7 novembre
http://www.theatrelalicorne.com/






Cirque déglingué
Tant chez les amateurs que les observateurs avertis, il est généralement reconnu que Tom Waits demeure le prince incontestable de la musique underground. Avec sa voix rocailleuse de bars glauques, l’artiste sombre qui est à la musique ce que Bukowski est à la littérature est désormais une légende bien que ses spectacles demeurent rarissimes. Qu’à cela ne tienne, L’Orchestre d’Hommes-Orchestres, coqueluche de la ville de Québec, nous gratifiera d’un rendez-vous musical exceptionnel placé sous les auspices du grand maître et sa musique théâtrale peuplée de personnages aussi déjantés les uns que les autres. Quatre multi instrumentistes, une centaine d’instruments (parfois inventés) et bien sûr le cirque déglingué et théâtral du génie tomwaitien, ça ne se refuse pas.
L’Orchestre d’Hommes-Orchestres joue à Tom Waits
Usine C
Du 28 au 30 octobre
http://www.usine-c.com/




Trip eighties
Les leggies, cheveux gonflés au spray net, chandails en coton ouaté et autres cubes Rubik’s vous titillent la nostalgie ? Alors pour rien au monde vous ne devrez louper la venue des deux formations phares des eighties réunit sur une même scène : Psychedelic Furs et Happy Monday. Si les premiers sauront à coup sûr émoustiller la Pretty In Pink qui sommeille en vous, les seconds, s’ils ne sont pas trop sous «influences», devraient nous démontrer pourquoi et comment ils ont marqué leur époque grâce aux albums Bummed et Pills ’N Thrills And Bellyaches.
Psychedelics Furs + Happy Mondays
Olympia
Le 15 octobre








L’énigme du retour
Nous le savions romancier exceptionnel il nous restait à apprendre que Dany Laferrière peut aussi se faire poète fulgurant. Avec L’énigme du retour (Boréal), où le narrateur retourne sur les traces de son père qui vient de mourir, Laferrière fait éclater le carcan du roman classique habituel pour nous faire savourer une œuvre à la fois touchante et lumineuse où se mêlent récit et prose avec en toile de fond l’identité, l’exil, l’écriture, l’enfance. Bref, toute cette sorte de choses qui nous prennent aux tripes. On lui souhaite la meilleure des chances pour les prestigieux prix Médicis et Femina pour lesquels il est encore en liste. Un must.

samedi 3 octobre 2009

Lettre à Nelly

                         



La lourdeur écrasante du vide



Il pleut. Tes funérailles auront lieux aujourd'hui. Comme je commençais à guérir de toi. Comme on venait d’enterrer le grand froid qui nous a séparé, voilà que tu t’en vas. Nous laissant, les autres et moi, dans la lourdeur écrasante du vide. Deux peines de toi. Lourde sentence que celle de la semaine dernière.

Et pourtant, je ne t’en voudrai pas.

Il fait nuit dans le Mile-End. Je farfouille dans nos lettres virtuelles. On ne se parlait presque jamais au téléphone. Comme si nous voulions que nos échanges s’imprègnent dans le tumulte du temps.

À moins que ce ne soit imputable à notre timidité mutuelle, va savoir, d’éclopés écartelés entre le rêve clinquant et le réel parfois gris.

Je n’ai pas encore trouvé la force de pleurer ton exil. Tu as choisi le plus violent. À qui voulais-tu faire si mal ? Souhaitais-tu à ce point avoir le dernier mot comme d’aucuns l’ont suggérés ? Ou étais tu simplement si down à ce moment-là que la seule lueur qui semblait apparaître au bout du tunnel était-celle d’un train qui arrive en trombe ?

Qui de Nelly ou d’Isabelle ai-je connu ? Était-ce toi ou une autre ? Un personnage inventé pour le roman de ta vie ? Un rôle de quête de rédemptrice pour l’enfant blessée que tu étais ? Et que tu ne voulais pas quitter.

Pourtant, je sais que tels des âmes fracassées qui planent sur des papillons d’argent, les «exaltés à l’état pur» savent se reconnaitre dans la noirceur.

Dès le début de nous deux, à l’automne 2M7, tu m’as écrit que tu craignais m’effrayer avec tes appels «au secours». Puis, il y a quelques semaines, tu me disais avoir décidé de vraiment faire un move pour tout arrêté.

C’est étrange comme, avec le recul, je me rends compte que nos changes étaient des plus volatiles. Parfois on parlait des paradis artificiels assassins. Ensuite de la postmodernité vue par Finkielkraut que tu adorais, puis tantôt des récriminations que tu avais reçues au sujet de ta nouvelle couleur de cheveux.

Je me souviens qu’on s’est étudiés au début. Méfiants comme des boxeurs pendant nos entretiens au resto Rumi, que tu aimais découvrir, tandis que nous dégustions du thé à la menthe.

Puis il y a eu ce gala de boxe. C’était le 7 décembre au Centre-Bell.

Tu m’as invité chez toi ensuite. Peut-être y as-tu cru en cet instant ? Tout était parfait. Quintessence de la volupté. Le lendemain, j’étais certain d’avoir enfin pu toucher à la lumière bleutée du sublime. Grâce à toi.

Puis j’ai marché dans la neige de l’aurore pour remonter vers chez moi. Tes reflets charnels de Chanel sur ma chair. Dans mon iPod, Cohen chantait Dance Me To The End of Love. J’étais enfin heureux.

Il y a eu une histoire qui a été la nôtre. Une parmi tant, je sais. C’était pareil pour moi. Mais c’était délicieux. Puis on s’est perdus. Le train que je te proposais alors s’était trompé d’heure. Je sais que nous allions nous retrouver. D’ailleurs nos regards se cherchaient encore mais sans pudeur cette fois à la première d’Ici et là le 17 septembre.

Tu m’excuseras, je t’en prie, d’avoir dévoilé ton secret, si mal gardé par ailleurs, vendredi dernier à la télé. Je sais que certaines de tes amies m’en ont voulu. Mais devant le mythe qui se construit, la légende qui se crée autour de toi, je ne peux m’empêcher de tenter de faire triompher la vérité : ton geste n’avait rien de glamour.

Je refuse de me faire le complice d’une starification de ton désespoir.

«Tout part en morceaux dans ma vie... à cause de ça», m’as-tu écrit en mai dernier. Tu parlais de l’alcool. Je peux comprendre cela. Mais si nous ne pouvons plus rien pour toi, je sais que tu serais d’accord pour que ton geste ne serve pas d’exemple.

D’ailleurs il a d’ores et déjà des conséquences désastreuses près de moi. Tu n’aurais surtout pas souhaité cela.

«Je ne veux pas t'effaroucher avec mes confidences, mais ça me fait du bien de te dire ça, je sais que tu comprends. Contrairement à mes amis qui ne voient rien, qui ne sentent rien. Pas méchamment, juste parce qu'ils ne savent pas ce que c'est», m’as-tu écrit encore cet été.

Après avoir lu les lettres de certaines d’entres-elles, j’ai reçu tel un baume une missive fraternelle du poète Lucien Francoeur: «Les gitans reviennent toujours sur les lieux de leurs amours», y disait-il.

Je veux y croire. Et si je dors, réveille-moi je t’en prie Nellouche. Pour me dire : «Je vais pas si pire…mais je me suis trompée.»

Je t’aime.

Claude

jeudi 1 octobre 2009

Génération Passe-Partout




Génération Passe-Partout
Artistes variés
Tandem/Select

Puisque je ne suis pas un enfant de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la «génération Passe-Partout», les chansons de la cultissime télésérie pour enfants qui a marqué les années quatre-vingt et quatre-vingt dix ne revêtent pas pour moi le caractère sacré qu’elles représentent pour des milliers de trentenaires.

Alors c’est quasiment avec des «oreilles neuves» que je découvre cet univers gentil et charmant qui incarne une certaine idée de l’éducation consensuelle faite de partage de l’émotion et autres exploration de son vécu propre à cette époque.

Une quinzaine d’artistes qui ont bien connu les années de gloire de Cannelle et Pruneau ont accepté de relevé le gant et de revisiter quelques uns des classiques composés par Pierre.F Brault aujourd’hui âgé de 70 ans.

Résultat ?

L’album composé de 17 plages débute en force avec la pièce Des maisons reprise par Cœur de pirate qui songe d’ailleurs à l’intégrer à son répertoire.

Ça se poursuit de façon toute aussi convaincante lorsqu’ Alfa Rococo balance sa relecture électro-pop de la très réussie Des fois j’ai peur (qui plait beaucoup à ma gamine de 6 ans).

Les Denis Drolet, un duo d’humoristes qui donne souvent dans l’humour absurde, brun et parsemé d’effets de voix totalement synchros, livre ici une amusante Dans le poulailler qui se démarque grâce à l’utilisation assez grasse de l’accent québécois

Marie-Hélène Thibert, l’ex reine de la Star Académie, réussie pour sa part à nous faire une version émouvante de Monsieur le chat qui était la chanson fétiche du personnage incarnée par la très bandante, pour les grands frères comme moi, Claire Pimparé.

Puis hop, les Lost Fingers nous refont le coup des arrangements manouches à la Django avec À trois on a... mais le résultat fleure le réchauffé et emprunte outrageusement aux Triplette de Belleville de Ben Charest.

Patrick Groulx, quant à lui, demeure aussi mauvais chanteur que piètre humoriste. Zapping sur Laisser sa trace.

Le fan fini d’ACDC qu’est Martin Deschamps propose pour sa part la pièce la plus rugueuse de l’album avec sa version rock de Ils étaient quatre et sa rigolote allusion à son propre état physique à la fin.

Lynda Thalie ne convainc guère avec Les grenouilles en version arabisante tout comme les toujours insupportables interprétations nunuche et fleurs bleues de Tricot Machin (C'est l'été).

La très fragile émule de Françoise Hardy qu’est Miss Stéphanie Lapointe n’a pour sa part sans doute pas héritée de la bonne chanson avec Le fantôme blanc

Fred Pellerin tire son épingle du jeu avec Zig Zag et sa finale poignante (le message sur le répondeur) quant à Madame Moustache, la voix nasillarde de la chanteuse à failli faire éclater mes fenêtres.

Moments forts ? La ballade instrumentale Confidences signée P.F Brault et C.A Gosselin et la très enveloppante Bon dodo, mon ami reprise par Kaïn qui évoque les chansons de Stéphane Venne et l’atmosphère seventies. Tube annoncé.

La Berceuse créole de Florence K n'est pas piquée des vers non plus.

Profitons de l'occase pour souligner la qualité d'écriture de la porolière Michèle Poirier qui signe de nombreux textes et dont on entend pas souvent parler dans cette mega mise en marché et poser une question : comment expliquer l'absence des Cowboys fringants sur cet album ? Eux qui ont pourtant été catalyseurs du projet en livrant un spectacle composé uniquement de reprises de Passe-Partout en mars 2005.

Un album plus que satisfaisant qui ne révolutionnera toutefois pas le genre mais, comme chacun sait, la nostalgie n’est plus ce qu’elle était. 3/5

mardi 29 septembre 2009

Et vlan !





Caricature tirée du récent Geluck se lache (Casterman) où le célèbre dessinateur dénonce la prise de position du pape contre les condoms. Efficace...et refusée par France 2.

dimanche 27 septembre 2009

À l'agenda



Pièce de choix
Ils sont beaux, jeunes et gays. L’un vit en 1949 et l’autre en 2009. Le hic ? Ils forment un couple ! Bien qu’elle puisse sur papier sembler surréaliste voire rébarbative, la nouvelle pièce Fragments de mensonges inutiles du trésor national qu’est Michel Tremblay s’avère encore une fois une réussite tant par l’acuité de l’observation, le rythme captivant que les échanges savoureux tantôt graves tantôt rigolos. Dans une mise en scène sobre et dépouillée mais diablement efficace signée Serge Denoncourt, Fragment....fait mouche et porte à réflexion : si les pères manquaient de mots jadis pour exprimer leurs émotions peut-être en possèdent-ils trop aujourd’hui pour camoufler leur désarroi... ? Mention spéciale au jeu de Maude Guérin dans le rôle de la mère qui défend son fils bec et ongle contre un ecclésiastique omnipotent.
Chez Duceppe à la Place des Arts
Jusqu’au 17 octobre


Taqwacore: The birth of Punk Islam, film d’ouverture de la section Temps 0

Se faire une toile
Des punks musulmans, des groupies de Michel Louvain, une Charlotte Gainsbourg antichrist, une star déchue de la porno japonaise, la flamboyante Penelope Cruz en plus d’une rétrospective de Jane Campion (Le Pianiste), voilà un mince aperçu de ce que nous pourrons savourer à l’occasion de la grand messe montréalaise du cinoche qu’est le Festival du Nouveau Cinéma. D’avant-garde certes mais loin d’être hermétique ou pompeusement intello, cet événement qui proposera cette année 250 films provenant de 48 pays nous fera passer par toute la gamme des émotions et tout un chacun y trouvera son compte, promis juré.
38e Festival du Nouveau Cinéma
7 au 18 octobre
eXcentris, Impérial, Cinéma Parallèle, Cinéma du Parc, Cinémathèque québécoise, Goethe-Institut et le Quartier général, situé à l'Agora du Cœur des Sciences de l'UQAM
http://www.nouveaucinema.ca/


Le Buzz…
Les paroissiens de la musique indépendante se donneront rendez-vous lors de la divine tradition annuelle que constitue le festival Pop Montréal. Pendant 5 jours, l’événement dégoupillera une pétarade de concerts plus allumés les uns que les autres. Outres les dj d’exceptions que sont Ghislain Poirier et Kid Koala, les programmateurs ont également invité Ariane Moffat pour un concert acoustique ainsi qu’une rencontre au sommet folk avec : Loudon Wainwright III (papa de Rufus), Buffy St.Marie et Iris Dement. Amateurs de desperados de la six-cordes ne loupez pas le film It Might Get Loud qui met en vedette les légendaires Jimmy Page (Led Zep), The Edge (U2) et Jack White (White Stripes). Quant à nous Babe, on se roulera des pelles le 3 oct. au son du psychédélisme brésilien d’Os Mutantes. À moins que ce ne soit au show des légendaires Faust le même soir mais ailleurs?
Pop Montréal
30 sept.au 4 oct.
http://popmontreal.com/

samedi 19 septembre 2009

Je me souviens...

Par l'entremise de l'ami Roger Grégoire, qui a obtenu la permission de Grand Mère Johanne Chayer, voici son texte qui est en train de faire le tour du Québec sur les courriels. Parions que cette dame sera invitée à l'émission de Guy A.Lepage. Le texte est intégral et n'a pas été retouché!



''J'aurais voulu aller rencontrer ces femmes musulmanes à Hérouxville pour partager leur culture et leurs recettes, mais surtout pour profiter de l'occasion de leur expliquer notre devise je me souviens. Je me souviens que, dans mon jeune âge, nous ne pouvions pas entrer à l'église sans avoir un voile ou un chapeau sur la tête. À cette époque, je me souviens aussi que c'était aussi un péché mortel de manger de la viande le vendredi.

Dans la même décennie, je me souviens que ma mère a été chassée de l'Église parce qu'après avoir mis au monde quatre enfants, elle ne voulait plus en avoir d'autres. Je me souviens que pour cette raison, le pardon de ses fautes lui était refusé par l'Église à moins qu'elle ne laisse son corps à son mari, avec ou sans plaisir, au risque d'atteindre la douzaine. Je me souviens qu'elle a refusé et qu'elle a quitté l'Église comme beaucoup d'autres femmes de sa génération. Je me souviens que ma mère s'est ensuite séparée de mon père et que nous sommes devenus la cible des regards et des commentaires désobligeants de notre paroisse.


Cependant je me souviens qu'à la suite de sa séparation, nous avons vu le collet romain sur la table de nuit. Le prêtre voulait-il tester les moyens de contraception de l'heure ? Dans la même décennie, je me souviens que la cousine de ma mère a obtenu le divorce et qu'elle a reçu du même coup son excommunication de Rome. Je me souviens que quelques années à peine avant ma naissance, les femmes ont obtenu le droit de vote et en même temps le droit d'être considérées comme des citoyennes à part entière dans la société. Je me souviens que lorsque j'étais jeune, nous devions nous aussi, comme pour les religions musulmane et autres, prier sept à huit fois par jour.

La messe à tous les matins, une prière avant le déjeuner, une prière en entrant en classe, une au diner sous le coup de l'Angélus, une autre avant la classe de l'après-midi, les grâces au souper, le chapelet en famille avec le Cardinal Léger et une dernière prière avant d'aller au lit. Il y avait le mois de Marie, les Vêpres, etc.. Nous avions aussi de longues périodes de jeûne avant Noël (l'Avant), avant Pâques (le Carême). Je n'ai pas dit non plus que nous devions porter le deuil durant un an et moins selon le degré de parenté de la personne décédée.

Je me souviens que, tour à tour, ma mère et ma belle-mère ont vu une opération urgente retardée en attendant que leur mari respectif, de qui elles étaient séparées de fait et non légalement, apposent leur signature pour autoriser leur intervention chirurgicale.

Devenue adulte, je me souviens que grâce aux pressions de la génération précédente, j'ai eu accès aux premiers moyens de contraception qui m'ont permis de restreindre le nombre de mes propres rejetons. Je me souviens aussi qu'il n'était plus un péché de manger de la viande le vendredi. Je ne sais pas ce qui est arrivé à ceux qui sont allés en enfer. J'espère qu'on les a rapatriés.

Devenue adulte, je me souviens avoir travaillé dans des environnements traditionnellement réservés aux hommes. je me souviens des frustrations de ne pas avoir été traitée au même titre que les hommes dans les entreprises et surtout dans la vie en général. Je me souviens qu'après avoir eu un fils, je ne voulais plus d'autres enfants de peur que ce ne soit des filles, par solidarité et parce que le travail qui restait encore à faire pour atteindre l'égalité était énorme.

Je me souviens des efforts que beaucoup de femmes ont dû déployer pour se faire reconnaître et pour obtenir des postes administratifs de haut niveau. je me souviens du militantisme de beaucoup de femmes qui ont travaillé d'arrache-pied pour obtenir l'équité dans notre pays comme politicienne, au sein des chambres de commerce, des syndicats, du Conseil du statut de la femme, etc.

Je me souviens qu'il a fallu plus de cinquante ans d'efforts collectifs pour nous libérer de l'emprise de l'Église et de la religion sur nos vies. Je me souviens qu'il a fallu plus de soixante ans (1940 à 2006) pour obtenir l'équité salariale et que ce n'est pas encore fini. Mes soixante ans font que je sais que rien n'est acquis dans la vie et qu'il faut maintenir voire redoubler nos efforts pour ne pas perdre le résultat de tous ces labeurs.

Je ne suis pas raciste, cependant, lorsque je vois d'autres ethnies, imprégnées par leur religion contrôlante, vouloir s'imposer dans notre société, j'ai peur. J'ai peur parce que ces hommes et ces femmes ne savent pas quel chemin nous avons parcouru. De plus, les jeunes québécoises qui embrassent cette religion qui voile les femmes ne se souviennent pas. C'est donc par ignorance qu'on explique leur choix. Aucun animal dans la nature à part l'homme, n' habille sa femelle par dessus la tête. Je suis maintenant une grand-mère de quatre merveilleuses petites filles et j'ai peur. J'ai peur lorsque je vois une femme voilée travailler dans un CPE ou dans nos écoles ou encore lorsqu'on y laisse un enfant porter le Kirpan.

Nous nous sommes débarrassés de tous ces symboles religieux et voilà qu'ils reviennent à l'endroit même où l'éducation de notre nouvelle génération est cruciale et à la période à laquelle on doit inculquer les principes fondamentaux de vie en société à nos enfants. La tolérance envers ces symboles religieux que sont le voile, le Kirpan, le turban dans les CPE, dans nos écoles et dans nos institutions en général est un manque de respect pour les générations précédentes qui ont travaillé si fort pour se retirer de l'emprise de la religion sur nos vies. Vous ne vous souvenez pas ! Moi, je me souviens et à cet égard, je n'ai aucune tolérance et je ne veux aucun accommodement par respect pour ma mère, ma tante et pour mes petites filles.

Je me souviens que la charte des droits et libertés permet à chacun de pratiquer la religion de son choix, mais de grâce que cette religion demeure dans la famille. Le port du voile dans la religion musulmane est pour nous la démonstration la plus importante de la soumission de la femme et c'est cela qui nous fait peur et qui nous choque parce qu'on se souvient. On se souvient que ce symbole existait il y a cinquante ans et on ne veut pas revenir en arrière.

Je me souviens surtout que lors de la Révolution tranquille, les communautés religieuses ont suivi tout naturellement l'évolution de notre société en se laïcisant. Elles ont troqué, sans qu'on le leur impose, leurs grandes robes noires et leurs voiles dans le cas des femmes pour des habits civils sans pour autant renier leur foi et sans cesser de prier. Plusieurs de ces personnes sont encore vivantes aujourd'hui. Doit-on leur dire qu'elles ont évolué à tort et qu'elles ont fait tous ces efforts pour tomber dans l'oubli ? Que l'on prie Jésus, Mahomet ou Bouddha m'importe peu, mais nous nous sommes battus, québécois et québécoises, pour que notre société soit laïque.

Nous nous sommes battues, québécoises, pour obtenir l'égalité du droit de parole entre les hommes et les femmes autant que pour l'égalité des chances au travail. Souvenez-vous que si vous avez immigré au Canada et surtout au Québec, c'est pour faire partie d'une société ouverte qui vous donne sur un plateau d'argent tous les acquis que les générations précédentes ont obtenus particulièrement au chapitre des droits des femmes. Je veux croire aussi que c'est par ignorance de nos traditions et de nos coutumes et non par manque de respect que les femmes musulmanes veulent montrer au grand jour voir imposer ce symbole de leur croyance qu'est le voile. Peut-être que notre société va trop loin avec ses libertés. Mais, le balancier doit s'arrêter au milieu et non régresser jusqu'au point de départ.

Il faut se souvenir. L'intégration à une société commence par le respect de ses traditions et de ses coutumes ainsi que par le respect envers ses citoyens et citoyennes qui ont participé à l'exercice. Peut-être que nos livres d'histoire ne se souviennent pas ou bien qu'ils n'ont simplement pas été mis à jour.

C'est donc la responsabilité du gouvernement d'appliquer notre devise «je me souviens » à notre Histoire et d'intégrer à cette Histoire les efforts de nos générations précédentes pour atteindre la société d'aujourd'hui et surtout de s'assurer que la génération montante s'en souvienne.

C'est aussi la responsabilité des organismes d'accueil aux immigrants de leur faire connaître cette devise du Québec « je me souviens » afin que ces nouveaux arrivants ne pensent pas que nous sommes racistes simplement parce que l'on s'en souvient et qu'on ne veut pas imposer à notre progéniture d'avoir à reprendre les mêmes débats qu'il y a cinquante ans.

En terminant, pour commenter le sondage du journal La Presse d'hier sur les musulmans heureux de vivre chez nous, je dis que même et surtout si les femmes voilées que l'on retrouve dans les CPE ainsi qu'ailleurs dans nos institutions font partie de cette majorité heureuse de vivre en notre terre, alors cette majorité m'incommode pour tous les arguments que j'ai soulevés précédemment.


Grand-mère Johanne Chayer

samedi 12 septembre 2009

À l'agenda


Des mots qui sonnent
Qu’il leurs assène un magistral coup d’estoc à la d’Artagnan, les fasse rouler dans son palais pour en savourer les subtilités tel un sommelier ou les lance dans l’air comme le ferait un prestidigitateur, le comédien Fabrice Luchini demeure un véritable passionné des mots. Coup de bol, ce comédien né à Paris d’une famille italienne qui nous avait bouleversé dans La Discrète et Nuits de la pleine lune sera bientôt en Nouvelle-France histoire de nous faire déguster des extraits de classiques de la littérature française. Au programme, un spicilège finement débusqué parmi les œuvres de Roland Barthes, Paul Valéry, Molière, Flaubert et Rimbaud.
Le point sur Robert
Du 13 au 27 septembre 2009
Monument-National


Lumières d’Orient
Depuis Marco Polo (qui y aurait ramené les pâtes et la crème glacée selon la légende) la Chine et son aura de mystères ne cessent de fasciner l’Occident. Il nous sera loisible de comprendre un peu pourquoi à l’occasion de la 17ième édition de La Magie des Lanternes. Inspirées de l’imagerie classique de l’astronomie chinoise et d’instruments de l’Observatoire antique de Beijing, la mise en place de ces lanternes promet de nous procurer une expérience aussi féérique que poétique et instructive. Pour l’occase, des télescopes seront mis à la disposition des visiteurs tous les jeudis soirs. Une excellente façon d’atteindre enfin «l’inaccessible étoile» dont parlait Brel…
La Magie des Lanternes
Du 11 septembre au 1er novembre jusqu’à 21h00 tous les jours au Jardin Botanique
www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/propos/lanternes.htm


Faire escale
Lorsque nous étions gamins, les chasses au trésor parsemées de trèfles à quatre feuilles imaginaires suffisaient à remplir nos étés de moment inoubliables. Nous avons grandi certes, mais qu’à cela ne tienne, le Vieux Port de Montréal sera bientôt l’hôte d’une série d’événements où s’entremêleront danse, sculpture, installation, poésie (Boris Vian), musique, peinture, multimédia dans des ambiances qui feront vibrer toute la gamme de nos émotions. Bref, un parcours captivant qui devrait, tel les bandes dessinées Philémon de Fred, nous transporter dans des mondes surréalistes où, par exemple, des oreillers peuvent raconter leurs rêves et les réveille-matins se donner rendez-vous pour créer une improbable symphonie !
Les escales improbables de Montréal
Vendredi 11 au dimanche 13 septembre 09
Quais du Vieux Port de Montréal
Volet gratuit
Volet payant $ 15 au Hangar 16
www.escalesimprobables.com


En plein cœur
Au moment d’écrire ces lignes, le journaliste déguste le dernier chapitre de Luc De Larochellière ; Un toi dans ma tête. Journal d’un amour troué qui s’échappe entre les mailles des violoncelles, cet opus s’avère beau comme une lune suspendue et accompagnera en douceur les «sanglots longs des violons de l’automne…» pour reprendre Verlaine.

lundi 7 septembre 2009

Partir sur une bulle 6... Fin



Amateurs de polars, on ne saurait trop vous recommander de mettre la main sur Britten et Associé de Hannah Berry (Casterman, 104 p.). Avec ses magnifiques dessins tirants vers le vert, le héros, un détective privé, mène une enquête haletante et remplie de rebondissements. Coup de maitre, enfin de maitresse qui rend hommage à Agatha Christie et aux films noirs genre Bogart et Bacall.



Après sa très décevante Tétralogie des monstres, les amateurs du grand maître de la science fiction Enki Bilal et ses cases qui sont de véraitables tableaux en soi, seront heureux d’apprendre qu’il est récemment revenu en force avec la parution d’Animal’Z. Une bédé d’anticipation sur, notamment, l’avenir du corps humain et de la planète.



Les nostalgique de Snoopy, Boule et Bill et autres Spirou devraient se délecter à la lecture de Cash-Cache. Le dernier opus des aventures de Madame Louise, signé André Geerts et Sergio Salma, où la gamine, qui ignore son statut de millionnaire, découvre le monde et nous fait réfléchir sur le sens des valeurs.

dimanche 6 septembre 2009

Partir sur une bulle 5: 184 rue Beaubien



184 rue Beaubien
Cyril Doisneau

Un Français, l’auteur et dessinateur Cyril Doisneau, décide après quelques voyages chez-nous de s’installer à Montréal. À l’instar de son célèbre homonyme photographe, le bédéiste, dont le dessin nerveux évoque Reiser, s’attarde surtout sur les détails de la quotidienneté.
Le lecteur ami de la France s’amusera avec ce carnet de bord divisé en quatre saisons qui recèle de nombreuses observations sur les différences entre les deux cultures mais, hélas, oubliera aussi très rapidement ce court récit néanmoins fort agréable. 3/5
184 rue Beaubien
Éd. La Pastèque 64 pages. $ 16.95




samedi 5 septembre 2009

Partir sur une bulle 4 : Le Chat du Rabbin



Le Chat du Rabbin
Joann Sfar

Puisque le biopic sur Serge Gainsbourg devrait prendre l’affiche sur nos écrans bientôt, le prétexte est plus que salutaire pour vous faire part de l’œuvre du réalisateur du film qui est également le bédéiste Joann Sfar.
Un artiste que je viens enfin de découvrir suivant ainsi l’excellent conseil du chanteur Arthur H qui m’a chaleureusement recommandé, il y a quelques années, la série Le chat du Rabbin dont le cinquième et dernier tome est paru en 2006.
Proche du conte surréaliste, le chat, doté de la parole après avoir bouffé le perroquet, veut devenir un bon Juif pour se rapprocher de la fille du rabbin, sa maitresse.
Mais ce chat qui est aussi philosophe et libre penseur n’accepte pas les préceptes de la Torah sans les remettre en questions.
Héritier de Fred et Hugo Pratt, Sfar s’avère d’ores et déjà une figure de proue de la bédé contemporaine et son œuvre déborde largement du cercle des bédéphiles. Magique.
Éditions Dargaud. 4.5/5


vendredi 4 septembre 2009

Partir sur une bulle 3


Un zoo en hiver
Jirô Taniguchi


Récipiendaire de nombreux prix dont l'Alph'Art du meilleur scénario au prestigieux Festival d'Angoulême pour le premier volume de la série Quartier lointain, le célèbre bédéiste japonais raconte ici les émois du passage de l'enfance à l'âge adulte dans le Japon du milieu des sixties.


De surveillant de la fille de son patron dans une usine de textile qui ne respectait pas son mariage de convenance à assistant d'un grand maître du manga à Tôkyo, l’apprenti mangaka découvrira l'alcool, la jalousie, les rivalités et les affres de la création.


En noir et blanc, l'auteur, qui utilise un dessin carré qui évoque les vieilles bédés américaines, propose un récit enlevant et touchant qui nous fait pénétrer dans l’atelier d’une bande de créateurs allumés mais besogneux. 4/5


Ed. Casterman 231 p.


jeudi 3 septembre 2009

Partir sur une bulle 2



Paul à Québec

L’achat d’une maison, un voyage en banlieue de Québec pour la Saint-Jean-Baptiste, un proche qui attend la visite de la Grande Faucheuse, bref l’apparente banalité de la vie de tous les jours. Pourtant, on ne saurait trop vous recommander le dernier opus de Paul.
Dessinée en noir et blanc à l’aide de traits clairs, la force de cette œuvre «confort food» réside dans ses dialogues exempts de rectitude et surtout de ses ambiances familières.
On y croise des effluves de marie-jeanne, on applique du beurre sur sa croûte de pizza au restaurant Madrid et, entre deux jurons made in Kebec, on invective le nouvel ordinateur…
Si les cinq précédentes aventures ont connu un certain succès, la consécration est désormais au rendez-vous puisque plus de 12 000 exemplaires du dernier opus ont trouvé preneur en quelques mois à peine.

Paul à Québec. 4/5
Michel Rabagliati
Éd. La Pastèque 187 p. $ 27.95



mercredi 2 septembre 2009

9 ième art : Partir sur une bulle

L’été : saison de bulles légères et d’histoires éphémères propice à la dégustation de savoureuses bandes dessinées comme d’autres des sundaes au caramel crépusculaires. Avant de lui dire adieu, voici un savoureux bouquet de parutions très récentes sauf exceptions. Enjoy.






Putain de guerre !
Jacques Tardi et Jean-Pierre Verney

À travers les souvenirs d’un jeune tourneur d’une vingtaine d’années appelé de front en front, Tardi (épaulé par son conseiller historique Jean-Pierre Verney) livre une autre œuvre bouleversante sur la guerre en générale et celle de 14-18 en particulier.

Au second degré, c’est aussi de notre époque dont il s’agit avec ses jeux d’alliances, son capitalisme assassin et sa chaire à canon internationale. Sur le ton intimiste, le personnage peu éduqué mais néanmoins lucide que dessine l’antimilitariste Tardi témoigne, sans l’utilisation des bulles propre à la bédé et de façon horizontale, de l’horreur au quotidien avec un esprit anar qui n’aurait pas déplu à un Georges Brassens.

Couleur vives au début, tirant vers le noir et gris à la fin, cette œuvre magistrale pourvue d’explications historiques à la fin pourrait vous rafraichir à la fois la mémoire et les convictions. note : 4/5
Ed.Casterman 67 p.

jeudi 27 août 2009

À l'agenda

Photo: Vincent Munier
Couper le souffle
Si vous avez grandi avec les livres de Jack London ou tout simplement si les images d’animaux vous interpellent, ne loupez surtout pas la magnifique exposition État sauvage qui se terminera le 7 sptembre. Parmi les 130 œuvres considérées parmi les meilleures sur la planète, il vous sera loisible de savourer 70 images capturées par le réputé photographe français de 33 ans Vincent Munier. Le seul au monde à avoir remporté trois fois le prix BBC Wildlife Photographer of the Year. Armée d’une patience de bouddhiste et d’un œil de lynx, ce passionné des pays froids présente des photos à couper le souffle qui font voyager. Deux autres expos ont cours en même temps au même endroit : Whales: From the Depths of the National Geographic Archives du National Geographic Museum de Washington, Nature's Best Photography, The Windland Smith Rice International Awards présentée au National Museum of Natural History de la Smithsonian Institution, situé également à Washington
Jusqu’au 7 septembre dans le grand chapiteau installé devant le Centre-Bell.
http://www.etat-sauvage.com/


Photo: Anthony Suau. Shérif qui inspecte une maison après l'éviction des anciens propriétaires.

L’État du monde
Pour rester dans la photo, la désormais traditionnelle exposition World Press Photo proposera des images saisies aux quatre coins du globe pendant des conflits récents ou des catastrophes naturelles. Ayant pour but d’encourager le photojournalisme top qualité, cette expo itinérante veut également sensibiliser les citoyens des grandes métropoles aux réalités de notre époque tout en promouvant une circulation libre et sans restriction de l’information. Comme si cela ne suffisait pas, deux autres expos émouvantes et touchantes auront lieu sous le même toit : Anthropographia qui présente 32 photographes sélectionnés pour le concours de photoreportage sur les droits humains et La foire de l’image qui dévoilera pour sa part 400 photos réalisées par plus de 100 photographes canadiens.
Du 4 septembre au 4 octobre.
Musée Juste pour rire.
/www.worldpressphoto.org/



Doigts d’honneur
La troupe les 7 doigts de la main souligne ses 7 années d’existence avec 7 spectacles différents conceptualisés à tour de rôle par chacune de ses 7 phalanges. Ce w-e, ce sera au tour de l’équilibriste Samuel Tétreault de proposer étonnement et virtuosité à travers un cabaret/cirque d’improvisations contrôlées où le public est également de la partie. Notons, outre les 3 musiciens et les membres habituels de cette bande d’exaltés, la présence de l’auteur Michel Vézina aux textes, à la prose et à la narration en direct. Bonjour l’audace.
28 et 29 août à 20h00
La Scéna, Quai Jacques-Cartier, Vieux-Port de Montréal



Aurores boréales
Au profit de l’Action Boréale Abitibi-Témiscaminque (ABAT), se réuniront le 2 septembre, pour une soirée supplémentaire à celle déjà complète du 3, des artistes d’envergure tels Richard Desjardins qui offrira un bouquet de nouvelles chansons, Zachary Richard et ses ballades poignantes, Mes Aïeux et ses contes endiablés ainsi que le pourvoyeur de magie Fred Pellerin qui officiera en qualité de maitre de cérémonie. Des aurores boréales au cœur de la ville pour amorcer la rentrée.
2 et 3 septembre au Medley dès 20h00
http://www.actionboreale.org/

samedi 15 août 2009

À l'agenda

Produits du «tiroir»
Parce que la culture c’est aussi ce que l’on déguste avec les papilles, nous dérogeons de nos habitudes pour vous recommander deux activités qui, dans une ambiance festive et bon enfant, feront la part belle aux produits du terroir québécois. Tout d’abord la TOHUE propose la 6ième édition de sa désormais incontournable «Fête Éco-Bio Paysanne» où des artisans des quatre coins du Québec nous titillerons les gustatives armés de fromages, pâtés, légumes et autres saucissons relevés parmi les enfants maquillés, échassiers, clowns, chasse au trésor et papys joueurs de pétanque. Le Quai Jacques-Cartier, situé dans le Vieux Montréal, célèbrera pour sa part le même «tiroir» avec méga méchoui, conférences et, bien sûr, myriade de succulents produits dont le canard, l’oie, le kangourou, les chocolats artisanaux et plus encore dans le cadre de l’activité «Saveurs & tentations».

Fête Éco-Bio Paysanne à la Tohue (gratos)
14-15 et 16 août
http://www.tohu.ca/fr/activites/fiche.aspx?aid=324
Saveurs & tentations (gratos)
Quai Jacques-Cartier
12 au 16 août
http://www.saveursettentations.com/



Sex’art
Jouisseurs de tous les pays unissez-vous ! La troisième édition du Festival d’art érotique de Montréal poursuit sa quête des frissons artistiques en présentant des activités qui tournent autour du sujet le plus excitant du monde : le sexe. Que ce soit à travers le cinéma, la photographie, la bédé, la littérature, les performances, le théâtre, la peinture en direct, la danse burlesques, le travestisme et même un bal érotique électro qui clôturera le tout, le plus coquin des festivals explorera la thématique de la sensualité sous toutes ses coutures pour le plus grand bonheur des hédonistes charnels. Allez, ne soyez pas timides, on ne vit qu’une seule fois.
Festival d’art érotique de Montréal 2009
Du 13 au 16 août
Musée Juste pour rire : 2111 boulevard Saint-Laurent, 3e étage
http://conseildesarts.org/evenement/0908%20Festival/Festival-accueil.html



Pheromone et cool attitude
Il est de ces soirs où l’on a envie de se la jouer trendy dans une ambiance à la fois feutrée, chic et urbaine en faisant tinter les glaçons d’un coquetel orné d’une olive verte. Ces soirs là, où le séducteur en vous veut sortir de sa cage de cuir, il faut connaitre les meilleures adresses pour jouer le grand jeu à la personne qui fait l’objet de vos fantasmes de prouesses à l’horizontale. On vous suggère le Plateau lounge de l’hôtel W le mercredi 19 août dès 17h00 pour le spectacle de la formation électro-lounge Pheromone et ses effluves à la fois groovies et sensuelles. Et si jamais ladite personne acquiesce, (ce qui devrait être le cas) des chambres à couper le souffle demeurent dispos. Enjoy.
http://www.plateauloungemontreal.com/
http://www.pheromonelive.com/

Insolite
Regardez un film sur l’Antarctique dans un stationnement en dégustant une cramaglace ? Ça sera possible le 23 août dans le cadre des activités du Grand Débarras où l’on projettera, après les spectacles et activités, le film Le dernier continent du cinéaste-écolo bien connu Jean Lemire au Dairy Queen du 4545 Sainte-Catherine Est. Vite ça fond…
www.ste-cath.com

lundi 3 août 2009

À l'agenda

Les Breasfeeders
Nostalgie psychédélique
À l’époque où il faisait de la téloche, René Lévesque aimait prendre le pouls de la population en effectuant des vox pop sur la très kitsch rue St-Hubert. S’il revenait parmi nous cette fin de semaine, l’ancien premier ministre ne dédaignerait sûrement pas déguster un savoureux sandwich au Roi du Smoked Meat avant de se rendre au concert que livreront les très énergiques et entraînants Breastfeeders en compagnie de trois autres bands de garage propulsés directement des sixties. Comme d’ailleurs toutes les formations venues des quatre coins de notre Amérique qui défileront dans le cadre de la première édition du Wooly Week End. Parmi eux, certaines légendes vivantes des golden sixties dont Question Mark & The Mysterians et The Electric Prunes. Lévesque, entre deux verres d’orge fermentée, se dirait-il face à l’un des kiosques de vêtements vintage et autres disque vinyles: «À la prochaine fois ?»
Théâtre Plaza
6-7 et 8 août à 18h00.
www.myspace.com/woolyweekend

La Roux

Bacchanale musicale
Pour sa quatrième édition, ce festival de musique rock, pop, indie et électro pourrait enfin prendre son envol intergalactique malgré l’annulation du spectacle des légendaires Beastie Boys remplacés, en tête d’affiche, par les Yeah Yeah Yeah (qui étaient déjà programmés mais plus tôt). En effet, la formation phare Coldplay sera de la fête tout comme le très planant Rufus Wainwright. L’artiste majeur qui devrait marquer son époque nous présentera de nouvelles pièces de son album solo piano à paraître au début 2010. Ajoutez à cela les concerts de Caracol (anciennement du duo DobaCaracol), The Stills qui ont partagé la scène de McCartney à Québec l’été dernier, la nouvelle Grace Jones rousse La Roux, le duo Beast et sa géniale chanteuse Betty Bonifassi sans compter les néo yéyé style Chinatown et vous avez là un banquet relevé propre à satisfaire les plus fins gourmets de la hispster attitude.
1er et 2 août
Parc Jean-Drapeau
www.osheaga.com

Éric Lapointe

Câline de blues
S’ils font les belles nuits des écorchés qui s’échouent souvent au Bistrot à Jojo tel Éric Lapointe pour y célébrer les déchirures amoureuses le temps d’un jam, les bluesman de Montréal fréquentent aussi d’autres lieux que le mythique bar de la Saint-Denis. Par exemple, on pourra en croiser quelque uns au parc Ahunstic dont les pointures locales que sont Carl Tremblay, Jim Zeller et Jimmy James. Et, pour ajouter un peu de rock à l’affaire, seront également conviés au même party les Martin Deschamps, Lulu Hugues, Vilain Pingouin, Les Porn Flakes et, notamment, un certain Éric Lapointe…
Festiblues
Les 12-13-14-15 et 16 août
Parc Ahunstic
http://www.festiblues.com/

Aurélia O'Leary

Franco fun
La 21ième édition des FrancoFolies sera placée sous les bons auspices du regretté Alain Bashung dont l’œuvre se glissera au gré des quelques soixante spectacles en salles et la multitude de concerts extérieurs gratos. Une recommandation ? Aurélia O’Leary et son univers surréaliste parfumé de jazz, de chanson et de world le 2 août à 18 h00 à l’Espace Ford.
30 juillet au 9 août
www.francofolies.com

samedi 1 août 2009

Ommmmmmmmmm....


Si le yoga est aujourd’hui encore top tendance, c’est depuis 1963 que l’Ashram de Val-Morin rassemble les adeptes de la planète.

Claude André pour Accès Laurentides

Selon la légende, après qu’il eût fondé le premier centre de yoga de Montréal sur le boulevard Saint-Laurent en 1957, Swami Vishnudevananda s’est demandé un vendredi en fin de journée à quel endroit se dirigeaient toutes ces voitures qui filaient vers le Nord? «Ce sont des gens qui s’en vont se reposer à la campagne», lui aurait-on répondu. Vif d’esprit, l’émissaire qui avait envoyé en Occident pour y répandre l’enseignement de «la carte routière spirituelle pour la paix intérieure» par la sommité hindoue Swami Sivananda s’est dit: «C’est là qu’il faut aller».

Six ans plus tard, en 1963, après avoir ressenti, paraît-il, les énergies très puissantes d’un site enchanteur à l’orée des montagnes de Val-Morin, Swami Vishnudevananda, celui là même qui avait expliqué la posture sur la tête aux Beatles à l’aéroport de Los Angeles, fonda le désormais célèbre Ashram de Val-Morin.

Ce centre est aujourd’hui le quartier général de quelques autres dont ceux de New-York, des Bahamas et bientôt d’Italie et demeure un lieu de pèlerinage pour les adeptes du monde entier qui viennent s’y ressourcer, surtout pendant l’été.«Il y a quelque chose de particulier dans l’atmosphère autour de l’endroit où est situé l’ashram», soutient Ève-Marie Gascon, aujourd’hui professeure de Pilates qui y a reçu sa formation d’enseignante de yoga en 1999 et qui compte y retourner cet été avec son fils de 8 ans. «Ce que j’aime de l’ashram de Val-Morin c’est le dépaysement. C’est vraiment très traditionnel comme endroit contrairement au yoga à la mode…»

Mais encore? «Ça vient d’Inde et la façon de faire, sans doute parce que le lieu à conserver son approche à but non lucratif, demeure très traditionnaliste sur le plan de l’enseignement. Les gens qui vivent là sont devenus des swamis, des «prêtres» du yoga et ils passent le plus clair de leur temps à méditer. On y retrouve donc une énergie qui relève un peu de la dévotion. Si cela peut aux premiers abords effrayer certaines personnes, ceux qui décident d’y aller libre de préjugés et avec leur propre personnalité y découvrent un havre de paix total ou l’on peut vraiment se reposer, se ressourcer et même se retrouver», poursuit Ève-Marie.

Désintoxication

Et ils seront encore des centaines de personnes, experts comme néophytes, venus des quatre coins du monde à passer par là au cours de l’été pour se consacrer au yoga certes mais aussi pour se «désintoxiquer l’organisme et soulager le stress» à l’aide de la méditation mais aussi de l’alimentation végétarienne qu’on y propose et du mode de vie plutôt strict absout de toute viande, cigarette, alcool et… sexualité.

Car si la façon de fonctionner des ashrams peut s’apparenter à plusieurs points à la culture hippie, il ne s’agit certes pas ici de bacchanale à ciel ouvert. Même que le mode de vie suggéré, et il faut insister sur ce mot car nous ne somme pas dans un camp militaire, est plutôt spartiate avec ses premières méditations et chants dès 6h le matin (jusqu’à 8h) et ses deux cours de yoga quotidiens. Les plus motivés s’y rendent même pour suivre le programme de désintoxication et jeûne avec jus et bouillons de légumes!

Cela dit, les deux repas végétariens quotidiens préparés par les habitants de l’ashram qu’on y sert, souvent d’inspiration indienne sont, selon plusieurs personnes, délicieux et organiques.Si l’aventure vous tente, il est opportun de savoir que le mois de juillet demeure le plus achalandé avec ses 300 yogis mais sans doute aussi le plus intéressant car c’est à ce moment qu’on y fait le plus de rencontres internationales.

Et, comme il y a beaucoup de monde, le «personnel» ne saurait être sur le cas de tout un chacun en matière de discipline.

Parmi les camps à venir, mentionnons celui de yoga pour les enfants jusqu'au 31 juillet et la semaine de la famille du 3 au 9 août puis viennent ensuite des camps sur l’amour et la compassion, l’alimentation, le massage, le silence etc…Entre dortoir, chambre partagée, cabines et tentes, les prix varient de 285$ à 510$ par semaine et cela comprend, outre le programme d’activités quotidien, les deux repas de la journée.

On y retrouve également une piscine creusée et un sauna. «J’y suis allé l’an dernier avec une amie designer de mode à Paris. Je lui ai dit que si elle ne redessinait pas dans sa tête les costumes des swamis, elle et son fils de 9 ans pourraient vivre un super moment. Et ça a été le cas. On en ressort transformés. Par exemple, après chacun de mes séjours, lors de mon retour à la ville, les gens me disent sans même que je mentionne quoi que ce soit : dis, tu reviens de vacances?», termine la rayonnante Ève-Marie.


SIVANANDA ASHRAM CAMP DE YOGA673,
***8e*** Avenue,Val-Morin
Téléphone: 819-322-3226