Journaliste culturel au «Journal Métro» (ex «24 H», «Ici», «Ici et là»...) et recherchiste, je cause cd, ciné et livres entre des commentaires politiques, des entrevues et un zeste d'humour frelaté.
lundi 3 septembre 2007
Mercis
vendredi 31 août 2007
Le mystique charnel
Il y a une douzaine d'années, alors qu'il créchait chez moi, le parolier Roger Tabra qui avait choisi l'exil montréalais m'a fait découvrir l'oeuvre du magistral Leonard Cohen. Depuis, je l'écoute régulièrement.
Particulièrement ces jours-ci alors que je suis en train de lire une récente et très intéressante biographie écrite par le français Gilles Tordjman, ed. Castor music. Le titre: Leonard Cohen. Je vous en reparlerai.
En attendant, voici un de ses classiques.
Coup de coeur

Rose
Claude André
Si vous êtes de ceux qui ont eu le coup de foudre pour Carla Bruni, il est fort probable que vous craquiez également pour Rose, ancienne institutrice niçoise de 28 ans qui fredonne tantôt et chante parfois fort joliment des poèmes et des histoires pas piqués des vers, avec un filet de voix aux mailles beaucoup plus larges que celles de l’Italienne cependant.
Et tout comme Carla, elle sait écrire l’amour avec élégance et manipule également bien l’ironie.
Avec sa tête de mannequin et ses mélodies qui tuent, la belle, noceuse paraît-il, a publié ce premier album il y a un an pour se remettre d’une peine d’amour.
Oscillant entre folk, country, chanson française et variété, ce dernier est tout simplement savoureux et devrait également plaire aux fans de Keren Ann, idole de Rose.
Voilà un album hyperféminin qui donne envie de dimanches langoureux et de faire une petite fille, comme elle le stipule dans La liste, un tube en puissance qui cartonne déjà depuis un moment en Hexagonie.
Ah oui, et en parlant d’ex, l’est revenue avec son Jules. Zut.
jeudi 30 août 2007
Ici et là
J'aurai encore une fois cette année le privilège d'y participer en compagnie de Marie-Louise Arsenault, Nelly Arcan, Mélissa-Maya Falkenberg, VJ Homing et bien sûr, ce sacré Pierre que officiera cette fois en qualité d'animateur. Avec un joueur de moins, nous devrions avoir davantage de temps de glace pour développer notre propos...
Pour la première qui aura lieu le jeudi 20 septembre à 20h00, on se demandera, jusqu'à preuve du contraire, si le québécois est .... ?
Je ne sais pas pour vous autres mais moi j'ai très hâte.
mardi 28 août 2007
Noa et papa-klod à la Ronde
Ma petite Noa qui est présentement en vacances avec sa mère, qui a choisi des semaines, ô coïncidence, qui nous privent de nos w-e, me manque terriblement. Voici un petit vidéo tourné cet été histoire de me remonter le moral.
Complicités...
«Bonjour à tous !Le 11 juillet dernier le réseau Rythme Fm organisait un concours intitulé '' Le plus beau rythme du Québec '' et invitait les auteurs compositeurs interprète à faire parvenir leur chanson.Je fus choisi finaliste et eu la chance d'interpréter ma chanson Live en première partie de Kain sur l'immmmeeeeense scène Bell du Festival d'été.J'ai finalement remporté les honneurs du concours.Suite à ma victoire, ma chanson est en diffusion sur tout le réseau rythme Fm.Je profite de cette visibilité pour relancer les maisons de disques et susciter le même engouement que celui des gagnants de l'année passé Alpha Roccoco.Merci de vos encouragement en visitant le www.myspace.com/joannelefebvre et n'hésitez pas à faire une demande spéciale de ma chanson Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ? au http://www.rythmefm.com/.»
Parlant de mots de femmes. Ce soir se déroulera la demi-finale de la saison Slam 2007 au Lion D'or. Au programme: Mario Cholette, Maybe Watson, Jean-Sébastien Larouche, Tristan Malavoy, Sebastien Boulanger Gagnon, Jocelyb Thoin, Mathieu Arsenault et, bien sûr, Violaine Forest. Une des rares femmes que je crois avoir vraiment aimé. Je lui avais d'ailleurs offert un texte qui est devenu la chanson titre du premier album de Peluso : Malgré tout.
Au Lio D'Or à 20h00. 8$
Pour plus de détails visitez le blogue du slameur Mario Cholette.
Puisque je vous cause de femmes que j'aime, je vous recommande fortement de tendre l'oreille et le coeur d'un côté de chez Rose. Méchant coup de coeur.
Ironie quand tu nous tiens !
mardi 21 août 2007
Potinons un peu...

Parlant d’écriture, très agréable surprise cette semaine d’entendre la voix de la belle Diane Rythme (cliquez) qui m’a fait le bonheur d’accoler une mélodie à mon texte Elle chante encore écrit il y a quelques années déjà en hommage à ma mère-grand (lire dans la section Slam à droite).
lundi 20 août 2007
Johnny Guitare: le clairvoyant

Leclerc voyant de la pop nous revient avec un album allumé, groovy et hallucinant qui, malgré son côté sombre, évoque les années où l’amour était sans pitié
Claude André
Ne chantez pas la Mort, c'est un sujet morbide/Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est ditLes gens du "show-business" vous prédiront le "bide"/C'est un sujet tabou... Pour poète maudit…Ne chantez pas la mort
Cette chanson de Jean-Roger Caussimon interprétée par Léo Ferré, visiblement, ne fait pas partie de celles qu’affectionne celui que ses amis surnomment Johnny Guitare.
Car sur son dernier encodé intitulé « Mexico », le Dead Wolf aborde le sujet à maintes reprises et basta pour les règles de convenance de l’industrie. « En fait, ce sont des faits divers que je chante. La première toune c’est une femme qui tue son mari et qui s’enfuit. La seconde c’est un gars qui tue une fille. La troisième c’est un mort dans son cercueil qui n’a jamais rien fait bon dans sa vie… ».
On interrompt l’artiste pour lui rappeler que cela évoque la tragédie du collège Dawson. « Si ce gars avait compris le trip de jouer de la guitare, cela ne serait jamais arrivé. S’il avait exprimé ce qu’il ressentait et le faisait souffrir ça ne serait pas resté pogné dans sa gorge jusqu’à ce qu’il explose. Il a eu un problème lorsqu’il était petit, c’est clair », soutient le fantasque créateur étonnement sérieux en ce vendredi après-midi.
Passionné de faits divers tordus, on sent que Leclerc s’est rapidement intéressé à la chose. Sous des airs de farfadet, l’artiste demeure un fin observateur qui se nourrit des banalités ou des horreurs du quotidien.
Il nous parlera longuement de ce monsieur dont la méticulosité fascinante avec laquelle il confectionnait ses sandwichs le rend encore interrogatif : « Qu’elle drame avait-il vécu pour se dire ainsi : moi je vais faire les meilleurs sandwichs au monde ? ». On ne le saura sans doute jamais.
Puis il poursuit en parlant de Jean Leloup et des raisons qui l’ont incité à cesser de mitonner des sandwichs : lire de tuer le personnage. « J’aime beaucoup le rock and roll, moi. Pas dans le sens : drogue, sexe, machin. Mais plutôt l’intégrité de la protestation dans les chansons. J’aimais Hendrix parce qu’il protestait. C’est sûr qu’il souffrait beaucoup alors il prenait de la dope et tout mais ce n’est pas parce qu’il prenait de la dope qu’il était Jimi Hendrix. Moi, je ne voulais pas devenir un fonctionnaire ou la valeur sûre.Et pour revenir à ton allusion à la chanson de Ferré. Je pense que ce sont les moines tibétains qui disaient : « assis-toi et songe comme il faut à ta mort comme si elle survenait maintenant et essaie de voir de quoi il s’agit ». « La première fois que je l’ai fait ça, j’ai angoissé comme un cochon. J’ai braillé en me disant : c’est vrai, je vais mourir. Depuis, je vis beaucoup comme si c’était déjà fait, je suis dans l’instant présent ».
Après tout, la mort vous va si bien, Monsieur Leclerc.
Le clerc solitaire
Les deux premiers disques à vie ?
Smoke in The Water de Deep Purple et Dark Side of the Moon de Pink Floyd. Comme il n’y avait pas de disques disponibles en Afrique, j’ai acheté mon premier à 14 ans. L’Algérie était communiste à l’époque et les disques rock and roll n’entraient pas.
Premier disque offert ?
Du reggae souvent. Mais le premier, cela réveille un beau souvenir en moi, je pense que c’était Meddle de Pink Floyd que j’avais offert à mon frère à Noël.
Le dernier disque acheté ?
Erik Satie, c’est beau en chien ! Et avant Nick Drake et la collection de Lee Perry, l’inventeur du dub. C’est mon idole avec Drake
Tu télécharges ou tu achètes ?
J’achète les disques mais c’est parce que je n’ai pas l’internet. Ça fait trop de factures à gérer. Moralement ? Pour une toune je ne serais pas contre mais je trouve cela compliqué. Puis, comme je gagne correctement ma vie je n’ai pas besoin de penser à ça. Mais si je n’avais pas une cenne je téléchargerais sans problème.
Disque préféré ?
J’hésite entre Harvest Moon de Neil Young, la compilation de Hank William, BB King et James Brown. Et Nina Simone, que j’ai découvert récemment.
Disque dont tu aurais honte?
Dans les années 80 tout le monde détestait le disco et maintenant c’est à la mode. Non, je n’ai honte de rien.
jeudi 16 août 2007
Marthi Mag

http://www.marthiii.com/Marthi_mag/cover.htm
Ils sont deux dont mon ami Thibaud de Corta, ex Frères à ch'val, à créer ce mag virtuel ma foi fort divertissant et intéressant.
À vous de juger.
jeudi 9 août 2007
De la répartie...

On ressort du magasin de l’Avenue du Parc.
-Oh, elles sont trop coools papa ! Et en quoi elles sont faites mes babouches ?
-Du cuir, Noa. Les babouches sont des chaussures traditionnelles marocaines fabriquées avec du cuir. Donc de la peau d’un animal. Les tiennes? On dirait bien du cuir de chèvre.
-Alors comme ça, mes pieds, ils vont sentir le fromage de chèvre !
Il y a eu un papa très ému l’espace d’un instant hier sur ce qui a failli devenir le boulevard Robert-Bourrassa.
mardi 7 août 2007
Courrier d'été


Quelques petites brèves.
Mes confrères de la presse culturelle ne contiennent plus leurs sanglots devant la mort du Spectrum, hier. Une nostalgie toute boomer qui suinte un peu le refus de vieillir, si vous voulez mon avis. Moi, mon plus beau souvenir demeure ce spectacle complètement bouleversant livré par Mano Solo lors de son dernier passage chez nous il y a quelques années. Mais, entre vous et moi, est-ce vraiment une si mauvaise chose qu’il ferme ses portes ? Et si l’immeuble, en particulier le toit, était complètement en train de pourrir et devenir éventuellement menaçant pour la sécurité des spectateurs? Une idée comme ça…
Lu la semaine dernière mon premier Éric-Emmanuel Schmitt dont on dit qu’il est l’auteur francophone le plus lu au monde. Son dernier ouvrage Odette Toulemonde et autres histoires est un recueil de nouvelles. Excellente lecture de plage, j’en conviens. Rythme soutenu, personnages attachantes (8 histoires de femmes dans le cas qui nous intéresse), petite morale sympa. Bref, si nous n’avons pas affaire à de la grande littérature voilà divertissement savoureux. Schmitt serait-il le Lynda Lemay de la littérature ?
Également lu : Le joueur d’échec de Stefan Zweig. Une plaquette tout simplement géniale qui se lit en quelques heures. Pour tout le monde, même ceux qui ne connaissent que dalle aux subtilités du damier. Je recommande aussi fortement son magistrale Le monde d’hier que j’avais eu le bonheur de lire à l’université. Un ouvrage majeur dans lequel l’auteur annonce qu’il se suicidera à la fin de l’écriture de son récit qui relate l’âge d’or de Vienne et la montée d’Hitler dont les artistes et intellectuels ont négligé de façon plus ou moins condescendante, la menace pourtant réelle.
Finalement, pour ceux qui s’intéressent aux banlieues françaises et à la « racaille », dirait Sarko, je suggère Dit Violent de Mohamed Razane. Un premier roman haletant qui lève le voile sur le désœuvrement d'un large pan la jeunesse beur de la troisième génération.
samedi 28 juillet 2007
Le fantasme: sous la pluie?

La dernière fois que nous l’avons rencontré, il affichait un profil taciturne, songeur. Même si on se connait plutôt bien, l’homme regardait ailleurs ou dessinait sur la table en répondant aux questions. Comme s’il était en proie au doute ou en plein processus de remise en questions. Ses deux cd/dvd s’apprêtaient à sortir. La campagne électorale du PQ battait de l’aile… Et, Daniel Boucher, même s’il le camouflait tant bien que mal, semblait plutôt à côté de ses pompes.
La semaine dernière, c’est un tout autre artiste que nous avons eu le bonheur de retrouver.
Dès notre arrivée au rendez-vous, on aperçoit un gamin de trois ans qui gambade partout autour. Derrière, son papa qui se prête de bonne grâce à la séance de photos. Il lui aura suffit de m’adresser son sourire grand comme le bar du Ritz pour rapidement me rassurer quant à la nature de l’atmosphère de la rencontre qui s’amorçait. Nous avons alors entamé la discussion dans cette salle vide de l’hôtel Godin sise dans ce même immeuble où jadis Dédé Fortin faisait les 400 coups. Et, en effet, le Dan était en forme.
C’est que le vent souffle en poupe pour le bummer funambule par les temps qui courent et
c’est peut-être aussi pour cela qu’il a choisi de ne pas être de l’aventure Dracula en France:
« Le gros stage man, en solo, c’est quelque chose… », lance –t-il d’emblée après que nous nous
fûmes installé au bar de l’hôtel. Puis, je lui ai fait remarquer que ces spectacles de fermetures,
tel celui des Francos, sont, depuis peu, officiés par des artistes de sa génération. « J’ai
35 ans, on arrive, nous autres-là, à l’âge où on va bientôt se mettre à contrôler le monde. Il
Faudra cependant qu’on se réveille, qu’on finisse par la prendre notre place», raconte Boucher qui bien qu’il soit ravi de voir sont statut changer craint néanmoins d’y laisser une part d’audace. Et puis, n’y aura-t-il pas toujours des plus jeunes des plus fous pour faire danser les bougalous ?
«Je ne suis plus un jeune chanteur qui monte mais, en même temps, il y a le risque de s’asseoir là-dessus. Chose que je veux absolument éviter. Car ce qui se produit dans ce temps là, c’est que tu te mets à dater. Tu commences à sonner standard et tu arrêtes d’innover. Tu te complais un p’tit peu toi-même dans ta propre case…», analyse Boucher.
Éviter l’embourgeoisement
« Oui, c’est ça, il faut éviter l’embourgeoisement. Je pense que ça ne donne rien d’essayer de devenir quelqu’un d’autre à chaque disque», lance Boucher tandis que le petit Émile, flambant nu, vient tenter de grimper sur le fauteuil qu’occupe son ancêtre. « Habille toi Émile, ici on ne peut pas se mettre tout nu. Je sais que t’es bien là mais on n’est pas à la maison… Ah pis reste donc de même. Tu va pouvoir dire que tu t’es promené tout nu à l’hôtel Godin». «Et tu pourras ajouter que tu étais à jeun », rétorque votre serviteur. On rigole. « Si sont pas content, ils viendront nous le dire mais je pense qu’il y a pire que ça dans la vie ». Et voilà notre Dan qui repart sur la notion d’embourgeoisement à éviter, de la difficulté d’évoluer tout en restant soi-même.
Puis, il évoque Elvis, un de ses mentors, qui, selon lui, serait parmi ceux qui ont le mieux réussi à demeurer eux-mêmes, lorsqu’il a recommencé à présenter des spectacles en 69-70 avant qu’il ne soit happé par des problèmes de santé. On causera de Dylan aussi, Jagger,
Lennon, Iggy Pop… « Parmi les chanteurs de ma génération, il n’y en pas gros qui n’aurait pas aimé, en tant que showman, être un de ceux-là ». Parlant de showman, ça prend une méchante paire de couilles pour oser affronter tout seul un public composé de plusieurs dizaines de milliers de personnes comme il le fera bientôt, non ? «Écoute, c’est peut-être parce que je n’approche pas ça comme un affrontement genre vous allez rester icitte, m’a vous tenir… Il s’agit plutôt d’un échange. Mais si je sais que je suis capable de tenir une salle avec ma guitare, ben là, la seule différence c’est que le système de son est plus gros ». « Donc jouer dans ton salon ou devant 150 000 personnes, c’est la même chose ? ». « Non, tu as raison, j’ai exagéré un p’tit peu mais je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas possible car, au fond, l’important c’est qu’on entende la guitare et la voix du gars et qu’on sente son énergie », analyse-t-il candidement comme pour atténuer la pression qu’implique une telle responsabilité.
Le fantasme
Car il le sait bien qu’il s’agira là peut-être du plus grand challenge de sa carrière. Toujours sûr de ses capacités, chose trop souvent perçus comme de l’arrogance dans nos contrées, Daniel Boucher rêve même depuis toujours d’une telle proposition. «C’est un fantasme qui me poursuit depuis des années et des années », confie-t-il. «Ça a commencé bien avant que je ne sorte mon premier disque. Le fait d’avoir une présence tout seul avec ta guitare, ça veut dire que ta toune se tient », lance avec justesse celui qui a néanmoins déjà tâté ce genre d’atmosphère en offrant des prestations de son spectacle solo Chansonnier dans des festivals. « On s’est rendu compte qu’il se dégageait une énergie très brute ». Puis je reviens avec notre précédente rencontre en lui confiant qu’elle m’avait laissé un sentiment plutôt étrange en raison de ce sentiment d’amertume qu’il dégageait, du moins à mes yeux. «Ben oui, c’est normal man. Écoute, la situation est simple, je n’ai écrit qu’une seule toune depuis que mon gars est venu au monde. À un moment donné, le doute s’installe. Mais je pense qu’il ne faut pas forcer les choses et c’est peut-être ça que j’essayais de faire. Ma vie a changé et j’ai besoin d’adaptations. Genre : tant que je n’aurai pas fini de construire mon ostie de maison, je ne pourrais pas me concentrer sur l’écriture comme je le faisais dans le temps où j’étais sur le bs et je n’avais rien d’autre que ça à faire. Et que c’était ma seule chose à faire pour m’en sortir. Il y a quelque jours j’ai soupé avec un de mes chums et il m’a dit de prendre le temps de vivre ce que vis là histoire de faire de la place dans ma tête. On est comme on est. Moé, chu faites pour avoir des idées dans la vie. Chu pas faites pour transporter des frigidaires…J’ai compris, il y a seulement une couple de jours donc, que, tel un boxeur, il fallait rouler avec le coup que l’on reçoit sur la gueule. Si tu essaies de te battre contre lui, ça va faire encore plus mal. Pis là, la vie me fait rouler d’une façon et à un moment donné, la vague avec de la mousse, ça va revenir».
Comme l’impression que Dan ne sera pas tout à fait seul sur scène ce soir.
Marie-Jo l'exlatée
Claude André
Elle arrive, irradiante, sur la terrasse du resto avec sa crinière peroxydée, sa chienne « la Chèvre » et son look néo-baba. « Tout le monde qui la rencontre en tombe amoureux » lit-on à l’intérieur du dossier de presse. Pour l’auteur de ces lignes, voilà déjà 5 ans. Peu après la parution de l’album lunaire et magnifique La Maline qui devait la consacrer sous le ciel de la francophonie. La discussion était décousue et difficile à suivre par moment. Je l’avais écrit. Elle s’en souvient. Cette fois, la femme avec laquelle je partage un kawa sur la pelouse face au fleuve (le resto n’acceptait pas les chiens) s’ouvre davantage.
« Cet album a été enregistré pour les Français. Je ne croyais pas le sortir ici. Puis, la chose terminé on a démontré l’intérêt de la sortir ici.»
vendredi 27 juillet 2007
Marjo blessée !

Montréal le 27 juillet 2007 – Alors qu’elle donnait un concert à Saguenay dans le cadre de Jonquière en musique, la chanteuse québécoise Marjo s’est blessée en chutant de la scène.
Le fâcheux incident s’est produit au moment du rappel quand Marjolène Morin s’est avancée sur la scène pour tendre son micro à la foule et la faire chanter. Elle a alors perdu pied et est accidentellement tombée en bas de la scène. Elle a été immédiatement conduite au Centre hospitalier de la Sagamie où elle a été traitée pour de multiples fractures au pied gauche.
Au moment d’écrire ces lignes, la chanteuse, âgée de 53 ans, se trouvait en salle d’opération où elle subissait une intervention chirurgicale.
Nos meilleures pensées l’accompagnent.
Êtes-vous Saule ce soir ?

Libres ce soir? Je vous exhorte à découvrir le Belge Saule à 18h00 aux Francos. Gratos. Les textes qui suivent sont également publiés dans l'édition courante du Ici.
commentaire cd
Saule
Vous êtes ici
Anubis/Outside
Si le cynisme est la vérole de notre époque, l’ironie demeure un bonbon délectable. Cet ancien punk issu du pays du même pays que Mannenken Pis le sait et il nous propose des chansons qui observent le quotidien pour le moins savoureuses : De Madame Pipi qui fait, musicalement, dans la chanson classique à Le Boss qui évoque Les Négresses ou Minimum qui n’est pas sans rappeler les inflexion aigus de M et sa grandiloquence pop, Saule explore un éventail de style musicaux plutôt large qui va de la chanson au rock sur des vocalises toujours variés. Hyper sympa au téléphone, il proposera son autodérision et son sens de la répartie sur une scène
extérieur le 27 juillet et le 28 avec Jeanne Cherhal à la PdA. On y sera. *** 1/2 /5
Entrevue
Saule rieur
Capturé alors qu’il venait tout juste de triomphé sur une scène des Francofolies de Spa, c’est avec un souffle encore haletant et un taux d’adrénaline quasi prohibé que le nouveau venu Saule s’est prêté au jeu des questions loufoque histoire de nous sustenter un peu avant sa venue en formule trio. Parions qu’il possède sur scène le même sens de la répartie digne de sa belgitude. Tirons-nous une bûche et rigolons avec Saule.
Claude André
Tu affirmes dans une chanson que pour faire l’amour il faut être deux, minimum. Or, Woody Allen disait que la masturbation c’est faire l’amour avec la personne qu’on aime le plus au monde…
(Éclat de rires). Ce n’est pas faux non plus. Quand on a goûté au champagne, il est difficile de revenir à la bière. Quoique c’est difficile à dire pour un Belge.
Justement, tu es Belge et tu t’appelles Saule : souvent la gueule de bois ?
Ça m’arrive assez régulièrement mais je suis bien enraciné pour pouvoir me contrôler (rires).
De quel bois te chauffes-tu ?
De tous les bois. Pourvu qu’ils soient bien combustibles.
Ta chanson Le boss évoque Les Négresses Vertes et Minimum le chanteur «M», serais-tu de ce bois dont on fait les héros ?
En tout cas ce sont des artistes que j’aime beaucoup. Pour moi, M est un guitariste fantastique et il a une très belle voix. Je pense que, comme moi, il a aussi beaucoup écouté Jeff Buckley. Et c’est vrai que j’adore les Négresse. Ce sont deux groupes qui n’on rien à voir ensemble mais on pourrait en citer plein d’autres : j’adore Brassens, Ferré, Gainsbourg…
Tu as joué récemment à Paris plage, tu en as profité pour aller visiter la faune ( !) du bois de Boulogne… ?
(Rires). Non, c’est triste hein, pour un saule. Pas le temps, j’ai trop de bouleaux…
Tes chansons, elles sont faites de quel bois ?
Le bois du cœur. Et elles n’ont pas la langue de bois (rires). Ma philosophie est de rester le plus simple possible et d’essayer d’y trouver la beauté. C’est vers quoi j’ai envie de tendre.
Mais il est vrai que je m’offre aussi la possibilité de critiquer certaines choses et d’être un peu satirique.
Est-ce que tu as rencontré la belle au bois dormant ?
Oui. Et elle n’a plus l’occasion de dormir tant que cela parce que je fais du bruit quand je joue, hein…
Et il y a un bébé aussi, non ?
Deux. Il y en a un depuis un mois. Tu es bien renseigné, toi. Ah oui, c’est vrai j’en parle dans le blogue (rires). Je joue le mec étonné alors que c’est moi qui ait vendu la mèche.
Salut vieille branche….
La Baraka (chance)
Rendus près de l’ immense jet d’eau situé dans le parc qui longe la Côte Saint-Catherine que Noa réclamait, je m’aperçois que la roue arrière vacille. Décide de verrouiller le vélo et de poursuivre en taxi. Mon niveau de stress monte légèrement car je sais que les enfants de la garderie doivent quitter pour la Plage Doré à 9h30. Mon poignet indique 9h00. Me dit que même s’il y a grève, ils ont sans doute prévu un plan B. Aïe, aïe.
Je hèle un cab. Puis un autre. Et un troisième. Aucun ne ralenti sa course. Noa me demande pourquoi ils ne s’arrêtent pas. Je lui explique qu’ils ont déjà des clients à bord. « J’en ai marre, d’attendre », qu’elle me balance après 10 minutes. Un Bus STM arrive. Espoir. Je tâte mes goussets, que dalle. Zéro pièce. Niet ticket. Je le laisse filer en regrettant de pas y avoir monté avec la petite, le chauffeur s'aurait sans doute montré clément devant ma situasse. Surtout que la STM et moi…(hé hé).
Soudainement, une voiture surgie et s’arrête devant nous : «Je vous vois attendre depuis quelques minutes, besoin d’aide peut-être, où allez-vous ?» Le type, seul, arbore une bonne bouille de rouquin quinquagénaire et bon vivant. «Baraka». On embarque derrière.
Il démarre tout en m’expliquant qu’il vient de déposer son fils de 10 ans à son camp de vacances et m’offre de venir me reconduire à ma destination. Lui demande ce qu’il fait comme boulot : « Je monte des pages pour un journal » « Lequel ? ». « La Presse », il me répond. Je sursaute. «Mais… c’est que j’y ai collaboré pendant une dizaine d’années», je lui rétorque. Puis, je l’observe à travers le rétroviseur. Sa pomme ne m’est pas inconnue. «Me semble qui j’ai déjà vu cette tête en photo», me dis-je.Et il poursuit : «Je tenais une chronique, Oxygène, dans le cahier sport». «Tu ne serais pas Chartier ?», je lui demande en passant dare-dare au tutoiement. « Oui, Richard Chartier. Maintenant que je n’ai plus ma chronique, j’ai monté un site web. J’y raconte mes excursions en plein air avec mon fils ou d’autres. Il y a des diaporamas… ». Et je lui explique que, sans flagornerie aucune, j'étais un de ses fidèles lecteurs, même si le plein air m'intéressait moins à l'époque, car j'adorais sa façon de raconter des petites histoires. Noa intervient : «moi je suis montée sur un chameau la semaine dernière au Parc safari avec Papa». Qu’est-ce que je l’aime ma gamine…
La discussion est enthousiasmante. Richard me propose de m’attendre devant la garderie et de me ramener au point de départ. J'arrive dans la classe de Noa : queueleuleu pour séance d’application de la crème solaire avant d’aller à la pataugeoire, m’apprend la monitrice.
Je reviens à mon hôte chauffeur. Vraiment super. On cause de La Presse et de quelques journalistes. De l’ego, aussi. Comment parfois, certains confondent le média qu’ils représentent à leur propre personne. De quelle façon le traitement parfois royal, que dispensent les gens en quêtent d'une bonne couverture, qui accueillent les soldats du quatrième pouvoir (surtout lorsqu’il s’agit d’un organe prestigieux) peut fausser le jugement des journalistes même aux cœurs les plus purs. Puis on convient que l'important est de s'en rendre comte. Ce que plusieurs, au bord de la retraite, n'ont toujours pas entrepris de faire. Rigolade. Destination. On se promet de visiter nos sites web respectifs. Il note l’adresse du sien sur sa carte d'afffaire de la Presse : http://www.dehors.ca/.
Thanks, man. Tu me rassures quant au genre humain.
Lynda Thalie et la miouse
Cet entretien a été publié dans le Ici de la semaine dernière.Il nous sera loisible de déguster le chant et de savourer le baladi de la plus québécoise des algériennes lors de son spectacle complet qu’elle livrera à l’extérieur le 27 juillet (ce soir) à 20h.
Premier disque acquis ?
C’était une cassette, à l’époque. Ça me vieilli un petit peu. Il s’agissait de Like A Virgin de Madonna.
En Algérie ?
Oh oui, oui. Tout comme le premier spectacle auquel j’ai assisté d’ailleurs. Ça se passait à Alger dans un superbe amphithéâtre romain vieux de 2000 ans sur le bord de la mer. Je crois qu’il s’agissait de La Compagnie créole. J’ai déjà fait un spectacle là-bas et c’est assez impressionnant.
Certains la trouve complètement ethnocentriste, toi que penses-tu de l’épithète : «musiques du monde ?»
Merveilleux. Je ne trouve pas ça castrant. Mais je sais que certaines personnes considèrent cela limitatif. C’est une très très belle image : une musique qui peut aller partout dans le monde. Et c’est ce que j’essaie de faire.
Oui mais n’est-ce pas comme s’il y avait eux les twits, pour reprendre Claude Dubois que cela indigne, et nous ?
Moi, j’essaie de voir en chaque chose, la belle connotation. Je pense que nous avons moins de limites dans ce temps là.
Dernier coup de cœur musical ?
Oh la la. J’écoute tellement de musique. Surtout des trames sonores de films. Ce qui est sûr, c’est que parmi les artistes québécois, j’adore Yann Perreau. J’ai d’ailleurs participé à son dernier album que je trouve absolument sublime. J’adore mon ami Marco Calliari aussi pour son énergie, notamment. Florence K, également. Ce sont tous des bons amis et des artistes exceptionnels. Pour ce qui est de mes musiques de films, j’ai toujours aimé Hans Zimmer. C’est un immense compositeur : Black Hack Down, The House of the Spirits, Black Samouraï, Geisha… Il les fait toutes.
Le disque pour un exil sur Lune ?
Merci d’avoir choisi la lune, c’est tellement mon astre. Disons le dernier disque que j’ai acheté, celui de Rachid Taha «Diwan 2». En fait, j’apporterais mon I Pod.
Une idole ?
Céline Dion.
La question sera difficile pour toi : le pire disque que tu as acheté ?
Ah non, je ne peux pas. On peut revenir plus tard.
Qu’est-ce que tu écoutes et n’oserais pas avouer à tes amis ?
Ah mon dieu seigneur, je vais me faire crucifier pour ça. Ce que j’aime écouter parfois sur mon I pod et personne ne le sait ce sont des vieilles tounes de Dalida et d’autres de Mireille Mathieu. Je d’ailleurs repris Histoire d’un amour qui a beaucoup joué à la radio. Ça bien fonctionné. Je suis contente d’avoir foncé avec cette chanson là, honnêtement.
Pourquoi ne reprends-tu pas Mourir sur scène, cette autre superbe et poignante chanson ?
Je la comprends Dalida. J’ai parfois l’impression de ressentir toute sa tristesse, tout son chagrin, tout ce qu’elle a voulu avoir et n’a pas obtenu, dans sa voix. Et c’est très très lourd à supporter. Cette chanson, je ne pourrais pas la chanter. Je ne veux pas mourir sur scène.
Où alors ?
Sur le bord de la Méditerranée entre des branches d’oliviers en voyant mes arrières petits-enfants en train de courir nus pieds sur le carrelage en écoutant une belle musique.
Laquelle ?
Ça serait le bruit des vagues.
mercredi 25 juillet 2007
Plaisirs solitaire
Mickael Furnon embrasera-t-il les FrancoFolies, lui qui livrera le premier concert en salle de cette édition 2m7?Les chansons perdues
Virgin/Fusion 3
On le sait, Mickey 3D compte parmi ce qui se fait de mieux en matière de rock français depuis Noir Désir. Or ce n’est pas sans une certaine excitation que plusieurs trépignaient à l’idée d’une version solo de celui qui constitue l’âme de la formation : Mickael Furnon. Avec l’enfance stéphanoise pour toile de fond et l’aura du papa parti depuis peu qui plane, l’album s’amorce puissamment. Notamment la superbe J’te jure qui cause, justement, au paternel avec cette singulière manière de dire les choses propres à celui qui écrit aussi pour Indochine, Birkin et Eicher. La mélodie qui tue accomplit son boulot et le propos, pas con, y est toujours aussi bien amené que chez Mickey 3D bien que beaucoup plus personnel que social. Les arrangements, aussi minimalistes que sophistiqués, font mouches… on se dit qu’on va adorer cet opuscule qui musicalement, bien qu’il aille dans plusieurs directions, ne nous dépayse pas du son 3D. Hélas, la pop surdouée du début se transforme en balades lourdes et lancinantes pour les trois derniers titres dont on se seraient bien passé. *** 1/2 (3.5/5) Claude André
Socio-réaliste avec la bande de Mickey 3D, Mick maintenant seul s’est malaxé à la casa un album poético-sentimental intimiste.
Claude André
Drôle de boulot que le notre : on écoute dans le noir les chansons-confidences d’un type qui parle de la mort de son papa et de ses souvenirs d’adolescence puis, soudainement, on se lève de bon matin à 7h30 et on le rejoint par téléphone de l’autre côté de l’Atlantique histoire de causer de son album. Ensuite, on s’étonne que le type qui ne nous connait ni des lèvres ni des dents ne nous parle pas comme si nous avions passé la nuit ensemble.
Avec l’enfance en toile de fond, tu utilises néanmoins sur plusieurs chansons des références à la mort, jeunesse difficile ?
Non, au contraire. Mais j’étais dans une période un peu noir.
Tu possèdes un style d’écriture très particulier, par exemple : «On se maquille la figure avec de la confiture/on ressemble à des bonbons qu’on écrase sur les murs », travaillé ou inné ?
Non, ce n’est pas forcément travaillé. Je laisse toujours venir les choses et lorsqu’elles viennent j’aime bien mélangé à la fois le sens et la poésie.
Ton dernier album s’intitule «Les chansons perdues». Est-ce parce que les autre membres les trouvaient trop perso qu’elles ne se sont pas retrouvées dans le répertoire de Mickey 3D ?
Non, je les ai enregistrés tout seul à la maison avec beaucoup de souvenirs et de sentiments très personnels. J’ai voulu les sortir telles qu’elles étaient, qu’elles avaient été faites sans y retoucher.
Et ce disque tu nous le présenteras seul ou avec des musicos ?
Je le présente seul. C’est pour cela que j’ai choisi ce nom. J’aurai la guitare et les boucles pour m’accompagner… La dernière fois que nous sommes venus, c’était pour faire la première partie des Cowboys fringants au Spectrum. Une très belle soirée. Ensuite nous avons joué dans la rue à Québec dans un festival. Je reviens avec plaisir.
Quel est l’avenir de Mickey 3 D ?
Je ne sais pas du tout. Nous somme en stand by.
Qu’est-ce qui te branche musicalement par les temps qui courent ?
Eh bien beaucoup de choses qui viennent de Montréal : Arcade Fire, Les Breastfeeders, Karkwa, Le Nombre…Je n’écoute pas beaucoup de rock en ce moment parce que je n’arrive pas à trouver des choses qui ne ressemblent pas à ce que j’écoutais avant mais, justement, je trouve cela dans certains groupes qui viennent de là-bas. Il me semble qu’actuellement la fraîcheur arrive vraiment du Québec. Il y existe une scène très intéressante qui est en train de s’internationaliser. On m’a donné plusieurs noms à découvrir comme Patrick Watson…
Tu les as rencontrés, tu les connais ?
Non, pas du tout. J’écoute ça comme j’écoute Neil Young, quoi ! Je vais être là pendant quelques jours, si je peux aller en voir quelque uns…
Ça te demande beaucoup d’adaptation que de passer d’une formation avec laquelle tu as des balises à une formule solo sans filet ?
Oui, je ne l’avais et il fallait que je le fasse un jour. J’avais envie de vivre cette peur. C’est excitant, c’est autre chose. J’aime bien les nouvelles expériences. Et je ne joue pas 1h30. Je fais des concerts d’à peine une heure. Là, j’effectuerai la première partie de Barbara Carlotti et c’est aussi pour cela que j’y vais aussi.
J’ai visionné le clip de La clé des chants dans lequel ont voit des p’tits vieux s’encanailler, super bonne idée, la tienne ?
Ces des humoristes français qui ont créés un truc qui s’appelle le Groland, un pays qui n’existe pas. Il s’agit d’une émission à la télé caricaturale de la politique. Ils m’ont contacté en me proposant cette idée. Et voilà.
Nous est avis que Mick ne sera plus longtemps tout seul. Nous est également avis que nous savons à quoi on veut ressembler quand on sera des «aînés»…
www.myspace.com/mickesttoutseul
dimanche 22 juillet 2007
Blogueur invité: Loulou rencontre Renaud
Longtemps que je ne l'avais pas vu le vieux loubard. En 2001, j'avais passé la soirée au Spectrum à pleurer en me cachant le visage dans les mains. Pas facile d’assister à la déconfiture de son idole. Comme un deuil, comme la fin de l'adolescence.
Toujours est-il qu'il était de retour, au Festival d'été de Québec, là où tout avait commencé pour lui en Amérique. Car, je le rappelle, c'est cet événement qui nous avait permis de découvrir le Titi parigot presque 20 ans plus tôt.La veille, j'avais appelé mon chum Belliard (Alexandre, le chanteur): «Salut mon vieux, comment ça va ? Je sais que t'es plogué avec la gang à Renaud depuis ta chanson qui lui rend hommage. Pourrais-tu me faire passer back stage histoire de rencontrer une nouvelle fois le monstre sacré?»
«Pas de problème mon Lou. J'ai deux passes et y'en a une pour toi.»
Parfait, rendez vous sur les plaine devant le stage à droite sous les colonnes de son. J'arrive c'est l'bordel : 25 000 personnes ! Tout l'monde est là sauf Alex. Donc, pas de passe VIP. Je commence à suer.Le Show commence. V'là L'idole. Faut que je me rapproche pour au moins prendre une couple de bonnes shots. Car je vous le rappelle chers lecteurs le Loulou, il est aussi photographe.
Je me frais un ch'min et je commence à bosser. Le spectacle suit son cour. Je suis juste devant la scène et je fais des photos canons car je suis le meilleur.
Devant moi, j'aperçois une jeune et magnifique jeune fille. Je l'observe. Elle regarde L'artiste sur scène d'une manière familière. Est-ce que c'est elle ? Je prends une Chance.
«Pardon est-ce que tu es Lolita ?» Elle me répond : «oui» !
«Avec grand plaisir », elle me répond avec un sourire à faire s'attendrir le grand inquisiteur. C'est un début, continuons le combat.
Le spectacle tire à sa fin et je n'ai toujours pas ma passe. Je quitte et je me dirige vers l'entrée des artistes. Je sais qu'il y a Cédric et Neslie et que logiquement Alex devrait passer pas là.
Personne, sauf un gardien de sécurité qui ne veut pas me laisser passer malgré mes explications. Je ne peux même pas lui en vouloir, il fait sa job et… il est vieux, con et moche. En plus il ne connaît aucune chanson de Renaud.
Finalement, après une heure d'attente désespérée, Alex se pointe avec Pépé. Sans sa guitare. Pépé c'est un super type ! Alex n’a pas la passe mais Pépé me donne la sienne. Pépé c'est un super type!!!!
«Ah le v'là», qu'il dit. Suis béat. Les copains lui avaient dit que j’attendais dehors et, lui, il s'apprêtait à envoyer quelqu'un me chercher. Le pied.
Il m »observe. J'avais apporté avec moi un livre de photos que je voulais lui faire autographier (ce qu'il a fait avec la mention "amitié d'enfer pour Louis-Étienne. Je ne vous raconte pas comme il était content le kid de Québec).
Puis, j'ai réclamé la photo d'usage, jeux auquel il s'est prêté avec attention et gentillesse. Le Loulou, l’était content !!!
Mission accomplie. Deux jours plus tard, quand je suis rentré à Montréal, j'avais mon trésor dans ma besace. Un bouquin autographié, une photo avec mon idole, et la conviction que tout est possible quand on le veut vraiment.
Au moment où je vous écris, la photo est dans un cadre devant mon poste de travail.
Je suis fier d'avoir su garder mon cœur d'adolescent. Je crois qu'il faut savoir volontairement conserver une certaine naïveté pour être heureux.
Pour ceux qui ne sont plus capable d'avoir des idoles, bah, tant pis pour vous.
Moi je suis top heureux.
Merci Renaud.
ps: Puisque l'on cause de Renaud, il vous est loisible de visionner une «performance» de votre hôte habituel qui a interprété Où c'est que j'ai mis mon flingue, en octobre dernier dans le cadre d'un événement spécial, dans la section vidéos située sur la page d'accueil de ce blogue.






